Aphorismes informels

Samedi 23 mai 2009
- Tu m’as l’air songeuse*, soudain.
- …
- Perdue dans tes pensées ?
- …
- C’est pas bien grand pourtant.

- Enfin, tu sais bien qu’avec mon calamiteux sens de l’orientation,
je  suis capable de me perdre dans un mouchoir de poche.

* Ou "songeur" : voir réponse au premier commentaire.
Par Clarinesse
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Mercredi 20 mai 2009


 


Special thanks to Mrs de K, for this wonderful gift.




- Tu ne trouves pas que parfois, les espèces de bouclettes vaguement roussies, de chaque côté, ça fait un peu cocker ? Ou comme les oreilles d’un setter irlandais tout fou ? Ou d’un épagneul breton ?

- Moui... Ca ressemblerait plutôt à un Botticelli.

-  Ah bon ? C’est quoi comme race de chien ?

- … ?!

Par Clarinesse
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Jeudi 23 octobre 2008
La propriété ne donne pas tant de droits que de devoirs.
On n'est jamais que le dépositaire de ce que l'on possède, le responsable de ce que l'on construit.


Par Clarinesse
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Mardi 30 septembre 2008


Parce que nul mur gris ne mérite chaque jour
D’être repeint de cendres fraîches.
Par Clarinesse
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Mardi 30 septembre 2008


Le clavier devait être reconquis, touche après touche.



Par Clarinesse
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Samedi 14 juin 2008

La colère s'attaque à un objet (phénomène ou idée), et tente de le bousculer pour faire sortir un peu de mieux du pire, en espérant se réconcilier avec les sujets porteurs de l'objet en question.
La haine cherche à anéantir des sujets, funeste perversion.

Tuer un homme, c'est démultiplier la force de l'idée qu'il porte.


Par Clarinesse
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Dimanche 30 mars 2008
J'aime faire mon thé aux invités les trois étages.
Chaque marche dégage le ciel à la vue.
Chaque goutte libère la voix qui s'est tue.



Par Clarinesse
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Jeudi 28 février 2008
Les mères essaient toujours d'apaiser les disputes d'enfants turbulents. 
J'ai ainsi souvent cherché à réunifier les antagonismes conceptuels.
Les oppositions binaires sont faites pour être dépassées.
Et les philosophes querelleurs peuvent parfois se laisser réconcilier.
Deux morceaux d'un vase brisé qui attendent d'être recollés.
Comme les pieds, les concepts n'avancent qu'en se dépassant l'un l'autre.
J'ai toujours considéré le dualisme comme un aveu d'échec.
Le conatus de Spinoza, c'est quand même autre chose que la glande pinéale de Descartes.
(Petit rappel :
Descartes ayant souscrit à la parfaite hétérogénéité de l'âme et du corps, il lui fallait tout de même trouver par quel miracle tous deux arrivaient à fonctionner de concert. Le seul bricolage de fortune qu'il trouva pour joindre les deux ? Une "glande pinéale", infime partie du cerveau censée articuler le corps l'âme. N'est-ce pas pathétique ?)

Rares sont les cas où il est justifié de se contenter d'une dualité. 
S'y résoudre, c'est renoncer à chercher le principe dynamique qui les unit.

Prenons l'exemple de l'ordre. Le pauvre est si souvent associé 
à l'indigence de l'esprit, à l'intolérance des idées. 
Opposé à l'art, à la liberté, à la bohême...
Parti de l'ordre, parti de brutes.

Mais il n'y a pas que les militaires qui vont au pas cadencé. 
L'ordre du mouvement n'est pas seulement celui des soldats qui défilent.
C'est aussi celui des figures de danse .

Le rythme n'est rien d'autre qu'un ordre donné au temps.
L'harmonie est un ordre.
Tout ce qui arrache au chaos, toute disposition non laissée à l'arbitraire du hasard est un ordre.

Pas de grâce sans ordre. 
Reste à savoir de quel ordre il s'agit, car rien de plus multiple et ambivalent.
Car un ordre qui s'aboie est un cri d'impuissance, et le chaos qui résiste alors n'est pas toujours du même côté. 
L'ordre n'est pas toujours celui du juste.

Par Clarinesse
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Lundi 11 février 2008
1°) Rappel de base :
Avant de cultiver le second degré, il importe de construire le premier. 
Ne pas abuser de la dérision avec les jeunes enfants.
2°) Le second degré ne nourrit pas son âme.
Il est des moments pour le rire, cette "politesse du désespoir",
et d'autres pour avoir le courage d'exprimer ses émotions, sans pathos si possible, mais sans non plus se masquer constamment derrière le rictus crispé de la moquerie hautaine.
3°) Le second degré nécessite de la virtuosité.
Desproges le délectable savait avec génie manier toutes les résonances de la langue pour suggérer, derrière l'élégante mise à distance, que le coeur ne se cachait que par pudeur.

Bref, il s'agit de ne pas utiliser le langage que pour signaler un manque, mais aussi pour exprimer un satisfecit, qui va trop souvent sans dire.
Notre société moderne imbue de ses droits oublie un peu trop souvent ce que signifie le mot "gratitude", exigeant tout comme un dû, ne recevant rien comme un don. Reconnaîre une dette, ce n'est pourtant pas se lier pieds et poings liés à un marchand de Venise exigeant le prix du sang. C'est avoir le courage de dire ce qui est bel et bon avant de critiquer le détail imparfait.
De dire quand la soupe est bonne, et pas seulement quand elle manque de sel.



Par Clarinesse
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Samedi 19 janvier 2008
Les fenêtres publicitaires qui utilisent "le temps de cerveau disponible" des hôtes qui les hébergent me font songer à ces oiseaux se promenant sur le cuir flétri des pachydermes, qui les tolèrent car ils les débarrassent de leurs parasites. L'échange de bons procédés dont relève la concession d'encarts publicitaires n'est pas si éloigné de cette symbiose naturelle. 
Bon, bon, tentative laborieuse d'auto-justification par anticipation, je le concède.
Par Clarinesse
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