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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 10:31
Blabla-bilan


Et voilà, une année de plus achevée sans rien de concret d’abouti, sur les mêmes résolutions désespérément inefficaces, qui demeurent inchangées d’une année sur l’autre, avec la persistance d’une tache tenace sur une nappe trop blanche.

Rien d’ établi, hors ces soixante billets (tout rond) dont le débit irrégulier au plus haut point (le délai entre deux posts variant entre deux jours et deux mois) masque un splendide algorithme aussi limpide que non prémédité.
Ainsi voit-on se dessiner sous le chaos quelques lignes élégamment striées :

0 article en août,
1 (en mars)
2 (en juin)
3 (en juillet)
4 (en février)
5 (en mai)
6 (en septembre)
7 (en avril)
puis 4 x 8 billets.
8, la courbe parfaite de l’infini.

Le tout qui nous fait donc pile 60 billets en 2009, (soit 5 billets mensuels de moyenne) chiffre rond bien qu’un peu moins qu’en 2008 qui culminait glorieusement à 200 posts tout juste, là encore dans une totale anarchie temporelle.
C’est-y pas beau le boulot du hasard (auquel nous n’aurons pas la mauvaise foi d’attribuer l’inhabituelle fréquence des publications des deux dernières semaines, due au même défi parfaitement idiot que l’an passé : arriver au compte rond.)
Des chiffres et des lettres, ça c’est de l’ambition !

Mais j'aime bien ces petits clins d'oeil du destin, comme si une super-maman providentielle se souciait de ranger mes jouets en désordre sans même que je m'en aperçoive, trop occupée à le faire pour le fiston  pour  avoir conscience de mon propre bazar.



Un petit mot tout de même pour exprimer ma profonde reconnaissance et mon émerveillement jamais las à toutes les belles fidélités (ou découvertes) pour leur richesse partagée.

M e r c i   donc, mille fois et plus.
Suis très heureuse de vous connaître (si vous me permettez l’abus de langage), et vous espère bien plus heureux qu’hier et bien moins que demain.


&&&

http://a33.idata.over-blog.com/366x468/1/91/82/23//absintheberaud.jpg
Jean Béraud (1849-1935), L'absinthe

PS : Le titre (l'assommoir à pétards) et l’illustration sont empruntés au marronnier de papier que je fis pour la presse il y a une dizaine de jours.

Car il me semble toujours aussi étrange de se réjouir si bruyamment, à coups de pétards, de beuveries et de confettis, d’avoir un an de moins qui nous sépare de la mort, issue fatale et certaine de son bref passage ici-bas. Pourquoi donc tirer tant de gloire d’avoir réussi à survivre un an de plus ?

La mortalité infantile sous nos latitudes est depuis longtemps jugulée ; la peste, le choléra et les bombardements nous laissent en paix depuis de longues décennies : parvenir à voir l’an suivant ne constitue donc pas un exploit aussi impérissable que d’avoir réussi à se qualifier en trichant à la coupe du monde de la baballe au pied.

Mais c’est bien connu, plus on est creux, plus on fait de bruit : voyez les cloches.

 




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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 11:37

De grâce, ne restons pas de glace !

2009-Neige-Reims-068.jpg

« Le froid, c’est comme un boxeur qui vient vous chercher, et, mordant vos joues rouges, vous rappelle au sentiment aigu d’exister. »
Ce qui disait à peu près Christian Bobin à La Grande Librairie, l’autre jour.

2009-Neige-Reims 019


Le sang qui bat sous la piqûre,
Les doigts de grâce figés de glace,
Et le mouvement qui s’accélère,
rivières pourpres sous la peau blanche.



2009-Neige-Reims 029
(Empreinte du fils, samedi dernier)


Ce qui me fait rire, ce sont les gens qui passent une heure dans leur voiture pour aller s’agiter dans une salle de sport, suant sous et eau pour quelques grammes de graisse en moins, et qui rechignent à sortir leurs précieuses pattes arrière dans la neige, alors que de braves chaussures de randonnée se cramponnent bien gentiment aux trottoirs cotonneux, préférant klaxonner dans leur caisse à moteur pendant deux plombes plutôt que marcher trois quarts d’heure.
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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 10:45
Ou la mission de l'awesome blogger

Sur les murs, j’exècre les tags autant que les émissions de vessies canines.
Sur les blogs, il peut arriver qu’ils ne soient point déplaisants,
avant tout par l’affection que nous portent ceux qui nous les transmettent.

Voici donc que Brigitte Giraud me décerne, ainsi qu’à d’autres blogueurs amis, l’illustre titre
d’
Toute ma reconnaissance à l’auteur de Paradis Bancal pour cette pensée,
et surtout pour sa précieuse et très sensible fidélité.
Il me faut donc, pour en valider l’attribution officielle,
outre sacrifier à quelques formalités liantes

dont je me suis acquittée dans le rapide préambule qui précède,
 « dire sept choses que mes lecteurs ne savent pas sur moi. »

Voilà qui ne va pas de soi.

a) Parce que, pas plus que je ne sais suivre une recette de cuisine sans la modifier, je n’aime obéir à une consigne sans y mettre mon grain de sel tatillon.
b) Parce que, si les lecteurs ne le savent pas, aussi bienveillants et amicaux soient-ils, c’est précisément parce que j’ai jugé bon qu’ils l’ignorassent, et que ce n’est certes pas à la faveur d’une obédience en chaîne que je trahirai des secrets bien enfouis.
c) Parce qu’enfin, ayant déjà répandu sur ce blog, avec l’impudeur la plus éhontée, mille fois plus que ce qui est connu au sujet de mon humble personne par ceux qui en côtoient chaque jour l’enveloppe charnue, je ne vois plus guère grand-chose à étaler au grand jour.

Nous allons donc, comme à notre indisciplinée habitude, détourner l’exercice et :

α) soit dévoiler ce qui le fut déjà, comme les apôtres portant l’évangile de leur religion déjà révélée (elle aussi) au vaste monde. (Oui, j’aime l’hyperbole, surtout quand elle est déplacée. Pouët !*)

β) soit avouer ce dont nul n’a que faire, comme par exemple la couleur préférée des chaussettes de l’archiduchesse.

Commençons donc.
Comment sont donc incandescents ces brefs aveux ?
(Si je veux, j’alexandrine)

[*Ca s’appelle l'héroïcomique : parler en termes épiques de ce qui est trivial.
Inverse exact du burlesque qui, lui, consiste à parler en termes grossiers de nobles choses.
L’ascenseur fonctionne dans les deux sens.
Voilà deux définitions sommaires et gratuites pour votre gouverne. Aïe ! Pas taper sur les pédants.]



Paradoxe n°1 :
Autant seul le plancher des vaches a le pouvoir d’apaiser ma carcasse paysanne, autant les circonvolutions incompréhensibles de ma matière grise se débrouillent pour toujours susciter le vertige et s’en griser, qui seul les fait respirer à pleines brassées l’air du grand large.

Paradoxe n°2 :
Je suis infichue, mais alors infichue d’organiser quoi que ce soit de cohérent dans un planning, de domestiquer si peu que ce soit cette grande bête indomptable et mystérieuse qu’on appelle le temps.
Alors que je suis une maniaque (contrariée) de l’ordre dans l’espace : j’adore ranger, classer, étiqueter, bien aligner. Un peu comme la maman d’Amélie Poulain qui vide son sac, l’époussette et le range au début du film. Puissamment sensuel, n’est-il pas ? Le rangement, flanqué de ses deux acolytes que sont bricolage et ménage, est, avec l’écriture, ma thérapie privilégiée anti-cafard. Terriblement efficace, foin de traces.

Paradoxe n°3 :
J’ai un besoin viscéral de solitude, au point d’exploser la soupape de ma marmite crânienne, quand, plusieurs jours de suite, ou même un jour entier, je suis privée de ce luxe inouï qui consiste à pouvoir dérouler une idée jusqu’au bout sans qu’elle soit interrompue mille fois par mille interférences extérieures. Hein, t’es rompue ?
En revanche, j’ai la fâcheuse tendance à développer de cruelles dépendances affectives, et à me débarrasser, aussi difficilement qu’un bout de pain de son fromage à fils dans une fondue savoyarde, de ce qui ressemble fort à des addictions, sachant que le bouton de ma télécommande intime qui désactive le mode « attente » est bloqué.

Paradoxe n°4 :
J’ai toujours du mal à comprendre pourquoi on me qualifie souvent de pudique, alors que je me trouve terriblement indécente avec mes déballages à peine travestis.

Paradoxe n°5 :
Durant toute ma scolarité et mes études, j’ai toujours réussi à donner l’image de la parfaite élève modèle, consciencieuse, organisée, scrupuleuse, attentive, (seul épithète à n’être point usurpé), etc, etc, … alors que, dès le collège, j’étais déjà habitée par le démon de la dernière minute, que je ne me souviens pas avoir fait un seul devoir autrement que dans l’urgence la plus périlleuse, et que j’ai toujours eu l’impression de ne pas en fiche une. D'où cette inconfortable impression de ne jamais être celle qu'on croit, d'être ailleurs, toujours, à côté de l'image qu'on donne, imméritée. Je me souviens d'un vers d'alors :
"Je vais avoir vingt ans, je n'ai fait que semblant." Youp lali, youp lala !

Mais je lisais, ceci compense cela.
 

Paradoxe n°6 :
Je suis facilement claustrophobe, n’aime pas les volets fermés, les pièces sans fenêtres, les couvertures sur la figure, etc… mais fort frileuse au demeurant, ne me promène que fort rarement sans une écharpe autour du cou, même en été. En ai tout plein, adore ça : en soie, en coton, en lin, en laine, en velours,…

Paradoxe n°7 :
Ce dernier paradoxe est un oxymore, celui, canonique, du clair-obscur.
Ma couleur préférée est celle des yeux de mon père, un turquoise à tomber, mais en plus foncé : ce qui nous donne le bleu pétrole des ciels d’orage, aux mille nuances de gris entre le bleu et le vert, de cette intensité moirée qui recrée la lumière sous la teinte la plus sombre.




Quant à la dernière partie de la consigne qui consiste à refiler le mistigri à d’autres : comme à mon accoutumée, je me garderai bien de déroger à mon honorable principe qui consiste à ne faire les choses qu’à moitié et à couper les fruits en deux ou plus avant de les manger. Me dispensant donc d’opérer une bien périlleuse sélection, je conserverai le trophée fort égoïstement, ou, ce qui revient au même, l’éparpillerai aux quatre vents de tous les « awesome commenters » de céans, blog ou pas blog.
Car ma curiosité est grande de connaître semblables révélations de mes pairs,
mais plus grande encore ma crainte d’essuyer un refus.
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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 23:37


Pour continuer dans la non - "lis tes ratures",
si vous voulez bien vous donner la peine de subir
la rituelle corvée d'effeuillage des photos de vacances, c'est par ici :
Cévennes again
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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 23:10

Prologue :

Euh (timide regard lancé sur la salle à travers un petit pan de rideau rouge vaguement soulevé)
Y a encore quelqu'un ?
Ah ben oui ! En fait, c'est sur la scène qu'y a plus personne, mais il reste encore quelques fauteuils occupés. Tenir un siège malgré une telle disette, cela requiert un héroïsme à saluer, une fidélité à confondre l’incrédule !  Permettez que je m’incline.

C’est vrai, quand même, s’en aller en douce, s’arrêter de causer sans même prévenir que le spectacle est fini, et vous laisser en plan comme ça, c’est vraiment pas des manières !
Je vous prie donc humblement d’accepter les plus plates excuses qui se puissent trouver sous le sabot d’un percheron.
Sans vouloir vous importuner, auriez-vous encore deux minutes à me prêter (je vous les rends tout de suite) pour entendre les raisons de cette désertion impie ?


Bulle 1 :
Bon, et d’une, comme le disait Mâme de K,
« me suis perdue dans une faille de l’espace-temps ».
Y a un peu d’ça. Peux pas tout faire.
Cinq papiers sur papier, justement, chaque semaine, ça en fait autant de moins sur écran.
Sans compter qu'il ne faut négliger personne.
Si je possédais ce divin don de ne pouvoir dormir que quatre heures par nuit, tout irait bien. Mais là, ça suit pas.


Bulle 2 :
Et puis, j'voulions tout fermer (pas effacer, juste arrêter). Mais pô possible. Vous m'manquez trop.
Mais quand on ne contient plus qu’une substance aussi amère que chicorée, mieux vaut la fermer que de risquer de la répandre dès qu’on l’ouvre. Et de deux.
Pourtant, j’avais suivi les conseils avisés de tout le monde : quand de vilaines idées illisibles vous travaillent sans l’autorisation de votre bon sens, vous les couchez bien gentiment sur le clavier, (comme ça, voilà, bordées dans les draps frais de la page blanche), et puis vous les laissez reposer dans un tiroir en attendant que ça s’endorme. Tu parles ! Ca fait des mois que ça gigote au fond de ce casier, que ça s’agite, que ça cogite, que ça grignote. Que ça empêche d'écrire autre chose (écrire vraiment, pas gratouiller sur commande). Comme si mettre en conserve une idée noire pouvait lui permettre de s’évaporer ! On ne vous a jamais expliqué que la conserve conserve tout ? Même le goût de l’amertume, même les vitamines de la déprime ? Ben non, pour que ça s’évente, faut aérer, faut publier. Mais c’était pas possible comme ça ! Ben trop noir, ben trop âpre ! J’ai tout essayé pourtant : le laisser exposé aux premiers rayons du soleil printanier pour l’éclaircir un peu ; le passer à la Javel, le dire à personne. Non, rien à faire, pas moyen que les ténèbres dégorgent un peu. Alors voilà, ne pouvant ôter le noir, j’ai un peu retaillé, histoire d’enlever là où l’obscur faisait vraiment trop tache : ce qui nous donne la fiction suivante, que vous êtes priés de lire sans vous énerver contre l'ouvreuse. [...demain, pour vous laisser le temps de saisir que l'entracte est fini]


Bulle 3 :
Meuh non, c’était une farce. Tout va bien.
C’est juste que dans la famille, on a toujours aimé faire des blagues, pour le premier avril.
Quels boute-en-train, tout de même ! Tenez, par exemple, il y a cinq ans, le père de votre dévouée servante, chéri comme il se doit par sa fille adorée, eh ben le 1er avril, hop, enterré, qu’il fut ! Qu’est-ce qu’on a ri, mais qu’est-ce qu’on a ri ! Bon, c’est sûr, il y eut une légère erreur de timing : trois mois et demi avant la naissance de son premier et seul petit-fils, c’était pas franchement le moment rêvé, mais ça n’a pas empêché de le saluer avec les honneurs recueillis que personne ne songeait à lui contester.

Post scriptum :
Et non, je n’oublie pas la suite de la série économique. Mots promis, mots dus.
Mais fallait d’abord assainir le réseau avant de rétablir la connexion.

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31 décembre 2008 3 31 /12 /décembre /2008 10:11


Je n’ai jamais rien compris à cette entité vide de sens qu’est le temps. Se réjouir à coups de pétards, de beuveries et de confettis d’avoir un an de moins qui nous sépare de l’issue fatale de son bref passage sur terre m’a toujours prodigieusement agacée. Que certains se croient obligés de faire le plus de bruit possible pour se prouver qu’ils existent malgré la vacuité de leur for intérieur, cela fait maintenant un certain temps que je m’y suis habituée, contrainte et forcée.
Il m’arrive fréquemment de réveillonner, une tasse de thé au côté du bureau, quand je n’ai pas fini un texte avant la naissance du jour nouveau. Mais m’obliger à veiller un verre de (non, pas de champagne, on vous a dit) jus d’orange à la main pour attendre minuit et me transformer en citrouille en public sous l’effet de la fatigue la moins élégante qui se puisse imaginer, non merci.
Autant Noël, avec la chaleur qui rayonne des yeux de la chair de sa chair et la beauté des rares cantiques qui me font immanquablement et malgré moi monter aux yeux quelque humidité, suintant probablement d'une nostalgie mal enfouie et des restes modérément bien digérés des murets de l'enfance ; autant Noël, donc, demeure un foyer de lumière dans cette obscurité hivernale, autant le Nouvel An m’insupporte absolument, et je le boycotte sauvagement.
En outre, la coutume qui consiste à envoyer des cartes sur commande à une date précise et parfaitement insignifiante en terme de contenu m’a toujours semblé un peu trop convenue pour que la forme particulière de snobisme dont je suis affligée m'autorise à y sacrifier. Mais il s'avère au fil des ans que le temps court décidément plus vite que les pauvres créatures qui se débattent dans ses flots : attendre une occasion extraordinaire pour donner et prendre des nouvelles s'est donc révélé mettre en péril les attachements sincères bien que lointains qui tissent notre vie en ce bas monde, et cela fait maintenant une paire d’années que je me plie à cette obligation. Depuis que la sale bête qui décide de kidnapper les vivants qui nous sont les plus chers, laissant quelques chaises vides aux tables de fête, me fit ressentir le besoin de me rapprocher un peu de ceux qui connaissaient et chérissaient aussi ceux qui les occupaient. Depuis aussi que les quelques amis véritables que j’ai conservés du temps troublé de ma jeunesse déjà lointaine se sont éparpillés aux quatre coins de l’Europe, voire du monde pour les plus contrariants d’entre eux.
Mais je n’irai pas jusqu’à prendre des résolutions, tant elles ressemblent furieusement à celles de 2008, elles-mêmes analogues à s’y méprendre à celles de 2007.

Cependant, ces quelques réserves de rigueur ne m’empêcheront pas de vous exprimer, à vous tous, esprits bienveillants qui hantez de vos pas délicats la clairière de l’œil du vent, et à vous aussi, amis du monde géographiquement réel au courant de ce lieu, toute l’intensité de ma reconnaissance pour l’incommensurable chaleur dont votre petit cercle ne fut point avare, tout au long de la première année de cette humble fenêtre.
J’étais à mille lieues d’imaginer, lorsque j’ouvris cette trappe sur l’air libre, il y aura un an dans deux jours, tout ce qu’elle recèlerait. De simple refuge, elle se transforma peu à peu en caverne d’Ali Baba à belles âmes. Ou en boîte de Pandore, tout dépend du point de vue sur la chose qu’on choisit d’adopter.

En commençant ce texte, j’étais à deux doigts d’être n’émue, ben là, y reste même plus un ongle.
Alors voilà, ze vous embrasse tous. Pour l’ambiance, imaginez-vous, ceux qui auraient vu Quatre mariages et un enterrement (‘solée, n’ai point trouvé la séquence sur Vot’tube) les épanchements lacrymaux de la première mariée, celle qualifiée de meringue par Fiona (Kristin Scott Thomas), l'amie sombre et fidèle doucement éconduite par Huuugh Grant, confidente à défaut d'être amante (ceux qui me connaissent, cherchez à qui je me suis identifiée en voyant le film. Question fastoche à deux francs, anciens), lorsqu’au départ des invités, elle affirme à chacun, entre deux larmes fortement alcoolisées et deux poignées de main collantes, combien elle les aime, (« Et toi aussi, je ne te connais pas depuis longtemps, mais je t’aime beaucoup, si, si j’insiste ») sous le regard décontenancé et passablement inquiet de son tout frais mari, espérant que cette débauche d’amour soudaine n’est à attribuer qu’à son ébriété passagère :
« Don’t mention it. She’s drunk. That is to say, I hope so. »,
avec l’air gêné de circonstance du britannique, flegmatique comme il se doit.

Et même si les amitiés véritables et pas virtuelles pour deux sous qui se sont nouées au fil de ces mois s'épanouissent harmonieusement dans l'espace circonscrit et néanmoins infiniment riche de cette étrange lucarne, je caresse parfois le rêve étrange d'écouter retentir quelques éclats de voix et de rires en un même lieu, tant l'espace semble bien être l'unique contingence qui nous sépare parfois. Et tel sera l'unique voeu que je formulerai : nous réunir un jour, peut-être. Et vous voir heureux.

Et en avant la rentrée, en musique. En remplaçant "Prozac" par carré de chocolat et "Grand Marnier" et autres produits distillés par "textes et commentaires du blog", c'est à peu près ça.

PS  : au fait, j'oubliais. Ceci est bien, conformément aux clauses du contrat ci-devant mentionné et selon les termes de l'article 192 alinéa 3 du code blogal, le deux-centième billet du Blov pondu en 2008, première année de sa courte existence. CQFD.

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30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 23:13

 Départ, dégâts, tôt.

Je ne sais pas. Je tourne en rond. Je me demande.
Je vais devoir prendre congé un certain temps.
Certains claquent la porte théâtralement.
D'autres âmes s'en vont sur la pointe des pieds.
Je vais tâcher de retrouver un souffle entier
De réapprendre à lire hors de la sarabande.
Trop de tumulte, trop de tensions, trop de tourmentes.

Il me suffit pourtant de me fixer un choix
Pour qu'aussitôt l'envie de son contraire larmoie.
Alors peut-être passerai-je encore un peu
Dans vos pénates pendant ces deux mois silencieux.

Mais je vais m'éloigner, me désintoxiquer,
De cette toile qui me hante et qui dévore
Plus que raison : dompter la peur et le remords
Quitter la course et retrouver dans le profond
De solitude et de quiétude l'oeuvre sans fond.
Je ne vous oublie pas. Mais je me sens si vide.
Je n'ai plus rien à vous offrir de bien valide.
Il me faut repartir et puiser de l'air pur
Hors les murs. Petite cure de liberté.
Je veux pourtant les remercier, vos bienveillances
Qui ont illuminé de leurs correspondances
La flamme vacillante qui parfois s'affermit
Mais parfois sous le moindre silence s'asphyxie.

Sans le verbe épuré, l'alchimie du cerveau
Trop désert se condamne au silence radio.
Seul le mot rend sensible longueurs d'ondes
Et couleurs où palpite l'âme vagabonde.

Chaque esprit a sa propre fréquence.
Tant qu'elle n'est pas trouvée : discordance.
Inintelligible, inintelligent : un grésillement.
Il me faut retourner aux entrailles du monde
Pour entendre à nouveau la voix de fond qui gronde.





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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 18:42
Je ne sais pas pourquoi, mais j'aime bien cette date.
Le vingt mai, ça sonne clair, ça sonne simple.
Version gastronomie : vins, mets, ça vous met en appétit.
Version discussion : vains mais, ça vous dissuade de trop causer.
Et puis, j'ai beau n'avoir aucune affection pour la course du temps
qui m'insupporte tout à fait lorsqu'il clôt un jour trop vite
et m'indiffère absolument lorsqu'il clôt une année,
j'aime bien ces paroles que j'aurais presque envie de vous chanter :

"Que l'année entière
Vous soit douce et légère
Et que l'an fini
nous soyons tous réunis."

Même si je trouve consternant ce besoin
de faire pétarader des explosifs sous prétexte
qu'on change d'année sur le calendrier
ou de faire marcher le commerce de façon inconsidérée sur commande
sous prétexte qu'on vieillit et qu'on tourne une année de sa vie,
voilà, je profite de l'occasion pour vous dire que z'aime beaucoup
mes z'amis de la blogosphère.




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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 23:40
Message du pilote :
En raison de quelques turbulences rencontrées par le vaisseau volant du Wind Auge,
nous vous prions de bien vouloir excuser le retard de parution de la suite de la Question infligée à la démocratie.
Nous espérons que les passagers voudront bien pardonner ce délai et nous engageons à les dédommager en espèces sonnantes et non trébuchantes dès la remise en état de l'appareil.
                 Merci de votre compréhension.
                                            L'irresponsable.

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19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 00:50



De retour : du vent plein les yeux, du sable plein les poches.
Cette impression de se trouver sur le bord de la Terre.
Comme si la planète, débarrassée de son atmosphère,
laissait sentir le souffle de sa course à travers l'infini du cosmos.

Quelques morceaux rapportés de l'autre côté du monde :
http://l-oeil-du-vent.over-blog.com/album-1131718.html
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2°) Les métaphores, c'est comme les collants. 
Ca file vite si on n'y prend pas garde.

3°) - Métaphore et crie-toi. (d'après Luc)

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