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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 22:38
Ce qu’il y a de bien, quand on bricole, c’est qu’il reste toujours des chutes.
C’est pas du tout fait, c’est pas du sur-mesure, alors forcément, il reste toujours quelque chose : des vis, des clous, des boulons, des bouts plus longs de planches, des bouts moins longs de ferraille, des angles morts qui ne demandent qu’à ressusciter,…
Il faut toujours garder ses chutes, aussi méticuleusement que le boulanger conserve un peu de pâte pour le levain du lendemain, que la yaourtière mêle au lait neuf le ferment vieux.
La chute est le ferment du bricoleur : sous la grande meule de sa caboche, ça mouline ferme.
Les chutes sont aussi essentielles au bon fonctionnement d’un atelier qu’à un recueil de nouvelles.
Elles attendent, tapies dans l’ombre du placard, la prochaine idée qui jaillira de l’ampoule à incandescence juchée de guingois sur le crâne du bricoleur comme l’auréole au-dessus du Saint Chrême.
      Alors, brandissant le tournevis glorieux et souverain comme le goupillon de l’abbé illuminé, il s’exclamera, visité par la grâce rayonnante d’la Main-Esprit, indifférent aux sarcasmes des incrédules : « Hommes de peu de foi, vous verrez les prodiges de l’humaine imagination, et le soleil ne se couchera pas une nouvelle fois sur l’horizon (vérifié au niveau à bulle) de ce méridien avant que l’idée n’ait pris chair et matière (un léger morceau de doigt restant souvent coincé entre le clou et le marteau, même quand il n’y a pas de croix dessous.) Car tel est le miracle de l’incarnation : il n’est d’esprit sans corps, de tête sans main, de page blanche sans bois, ni d’écrivain sans table ! »


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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 23:38
Plus la matière est froide et dure au toucher,
plus il lui faut de chaleur pour se laisser aller à la fusion,
plus elle vous éblouit de sa lumière chtonienne :
un soleil en son ventre.


Pour terminer l’année, éclusons quelques images qui attendent depuis le printemps dernier, de ces deux expériences artisanales puisées au savoir de deux maîtres burkinabés.
Le premier, ès batiks, fut déjà brièvement évoqué.
Le second, bronzier de son état, nous fit manier la sculpture à la cire perdue, répandue dans toute l’Afrique (occidentale au moins) dont j’avais fait la connaissance en Côte d’Ivoire il y a, (déjà, hum !) une douzaine d’années.

On commence par modeler la figure de son choix dans une cire un peu tiédie. Puis on la couvre d’une épaisse gangue d’un mélange d’argile et de crottin, pour que les fibres d’icelui maintiennent une cohésion et limitent les fissures. (Ah, le plaisir de malaxer le crottin chevalin au grand air !) Puis on fait cuire les moules de glaise séchés, afin de les durcir et de laisser la cire s’écouler. De l’autre côté, dans un four de terre façonné à la main, on a fait fondre divers métaux (pas trop vite pour éviter les chocs thermiques qui produiraient des explosions) pour obtenir du bronze liquide. On récupère ensuite le fer, plus léger, qui flotte à la surface. Une fois le métal prêt, on remplit un creuset tenu par une longue pince, qu’on verse dans les moules encore chauds (toujours gaffe aux chocs thermiques).
Très vite, on peut briser le moule et découvrir, un peu ému et plus inquiet encore, l’éclosion des formes mal dégrossies que les mains aussi malhabiles que patientes devront polir des heures durant pour les rendre présentables.

Je ne me risque à poéter sur les couleurs dantesques de ce feu vert et bleu qui fascine comme au seuil des enfers, sur la lave aveuglante qui flambe et passe en une seconde du rouge en four à l’or en moule, sur la résistance de la matière qui impose sa loi d’airain et ne se plie qu’aux gestes qui la choient.


Evidemment, vous reconnaîtrez sans peine les pataudes hybridations de la seule enquiquineuse* du petit groupe qui ne voulut pas suivre les modèles exotiques proposés, lesquels engendrèrent par ailleurs une prolifique descendance d’une douzaine d’éléphants, tortues et autres motifs traditionnels.
*relativement, car très autonome quand même (non, non, toute seule, ça ira, merci).

2009-BronzePerso 111

Mais quelle grâce dans les silhouettes autochtones !
C’est après qu’on se rend compte de la maîtrise nécessaire à la naissance de tant de finesse.

2009-BronzeBurkina 149
Celle-ci est un cadeau du maître de forge : touchée par sa grâce !
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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 22:16


Ben oui, pour conjurer leurs angoisses, y en a qui fument, y en a qui sniffent, y en a qui boivent, et pis y en a qui rangent et qui gravent sur diverses tablettes l’ordre qui manque à leur ’tit cœur.

J’ai toujours bien aimé les étiquettes. Et les boîtes, aussi. Et les sacs, et les trousses,...
(C’est une vocation contrariée.
J’aurais pu faire étiqueteuse et encartonneuse de supermarché, si j’avais voulu.)
Attention, pas les autocollants abominablement criards, impossibles à assortir et à décoller.
Non, de jolies étiquettes pour rayonnages antiques d’apothicaire songeur.
De beaux rectangles calligraphiés de parchemin, encadrés de laiton.
Or, à force de récupérer les bâtonnets des glaces au chocolat de ces derniers étés, contemplant le bocal où je les conservais pieusement, ne sachant point encore à quoi ils pourraient bien servir, je finis par leur attribuer la digne fonction de panneau indicateur.
Innocents panonceaux, vous subirez le supplice du pyrograveur !

Car il fallut admettre qu’aux êtres bazardeux, la maison la plus familière reste à jamais un entrelacs de sentes indéchiffrables et de lianes inextricables, et qu’il est vain de se lamenter sur leur incapacité congénitale à s’y retrouver. La seule solution consiste à leur placer des étiquettes partout : cette étagère pour les livres empruntés à la bibliothèque, cette autre pour les magazines ; ce compartiment du frigidaire pour le beurre, (les charentaises se rangeant ailleurs, merci. - J’exagère à peine. - )
Rassurez-vous tout de même : je ne suis pas encore dingue au point d’avoir collé des écriteaux partout, et de me promener dès dix heures, les soirs de grande fatigue, avec un post-it sur le front marqué : « au lit », espérant qu’on m’indique charitablement le chemin de la pièce rédemptrice, au cas où je ne le retrouverais plus.

Mais il est vrai que, de jeune fille fort rangée, je me laissai peu à peu envahir par l’insidieux et débordant capharnaüm que firent régner, par ordre d'apparition sur parquet, le père, le fils, puis le saint-esprit, - pardon, le blog.
Et dans cette guérilla domestique aux éreintants combats d’armoires et de tables basses, il faut chaque jour regagner le terrain perdu.
La tâche n’est pas mince, car c’est une véritable révolution copernicienne qu’il faut opérer dans les esprits obscurantistes les plus réfractaires aux lumières du progrès haussmannien.
Car on ne peut donner un ordre aux choses que si on leur a attribué une catégorie mentale un peu plus fine que « chose ». Car les choses, voyez-vous, c’est un peu vague, et si on les laisse faire, leur terrain de jeu ressemble vite à un vaste chantier de démolition.
Et les catégories, c’est comme les cubes des petits ou les poupées russes : ça s’emboîte.
C’est drôlement amusant.
(C’est pour ça, d’ailleurs, que j’avais fini par choisir philo et non lettres, après avoir longtemps courtisé les deux : parce qu’on pouvait faire joujou avec de jolies caisses à outils. Ca s’appelle des concepts, et ça se range dans de grandes boîtes qui s’appellent les catégories. Le tout bien réparti dans de très pratiques « brain boxes » (Merci Ayron pour le lien)

Il en faut donc, un humble et harassant labeur de moine défricheur, pour arriver à faire reculer la ténébreuse jungle hostile aux bipèdes à front haut.
Sa main est sa faucille, son verbe est son semoir, et elle avance, courbée sur les sinueux sillons de son foyer embourbé, récoltant les débris, glanant les débarras, espérant une lueur d’attention des tempêtes impitoyables qui chaque heure éparpillent aux quatre vents ses précaires fagots péniblement rassemblés.

Le pré sera fauché quand chaque chose sera à sa place :
une place, une chose ; une chose, une place.
La chose est à la place ce que la prise mâle est à la prise femelle : il faut qu'elles se retrouvent pour que le courant passe, que l'énergie circule dans le "feng -ch'uis perdu" de la maison, et que l'on puisse passer sans trébucher sur de mauvaises ondes.

Sans cette correspondance aussi stable que la loi de la gravitation universelle, point de salut.
Il faut que la place vide contienne si clairement l’image virtuelle de l’objet en sortie qu’elle l’aimante avec la puissance de l’attraction terrestre. Il faut qu’un élastique invisible attire irrépressiblement la chose en vadrouille pour lui faire réintégrer son cher habitacle douillet qui l’appelle de ses petits bras accueillants.
Que chaque objet ait son écrin, son petit espace rien qu’à lui, comme un lit dans une chambrée d’internat. C’est-y pas charmant ?
L’étiquette en bois, à défaut de l’avoir en tête, c’est l’hologramme qui apparaît, le fantôme de l’objet qui hante l’amnésique, telle la main amputée qui lui rappelle sa douloureuse absence.
C'est-y pas flippant ?


Il faut changer mentalement l’espace de catégorie : d’étendue froide, vide et indéterminée, il doit devenir un immense casier à bouteilles, attendant gentiment que sa vacuité momentanée se comble de nouveau grâce à son fidèle objet attitré qui le retrouvera avec une infaillible constance.
Ce n’est pas pour rien que le désordre s’appelle bordel. Il faut réhabiliter les couples qui durent :
une place + une chose = love for ever, exactement comme un homme + une femme = chabadabada.

Avec ces jolies n’étiquettes, chaque place déclare officiellement son amour à l’objet de son affinité élective.

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 00:28



Oui, cela ne se fait pas.
Il est d'usage, chez tout tenancier de blog qui se respecte et respecte ses lecteurs, de prévenir de son absence et de la date approximative de son retour, par le rituel petit panneau de fermeture annuelle sur le rideau baissé de sa boutique.
Mais voilà, on ne va tout de même pas faire comme tout le monde.
Alors, en priant la petite vingtaine de commentaires restés sans réponse depuis plus d'un mois et demi de bien vouloir excuser cette désinvolture, je leur demanderai de patienter encore un peu dans l'attente d'un plat plus consistant, en sirotant une chocorangeade.

Vous ne connaissiez pas, hein ?
Moi non plus, jusqu'à hier.
La recette est une invention de Pierre petit.
Il a tenu absolument à mettre du chocolat en poudre dans son jus d'orange.
C'est avec une moue plus que dubitative, voire écoeurée, que je lui ai concédé l'autorisation de préparer ce breuvage peu académique, le prévenant avec la plus austère fermeté qu'on ne gâchait pas la nourriture, et qu'il boirait sa mixture, infâme ou non.
Eh bien figurez-vous que c'est délicieux !
On le savait déjà, qu'orange et chocolat se mariaient bien.
C'est aussi vrai en liquide qu'en solide.
On a tout simplement l'impression de boire des écorces d'oranges confites enrobées de chocolat noir.
Et en plus, c'est frais.
Il est assez fastidieux de dissoudre la poudre (en l'occurrence du Poulain 32% de cacao),
et l'aspect visuel est moyennement appétissant,
mais franchement, le goût en vaut la peine. Je vous le conseille.
La décoction a même été testée et approuvée par une amie tout à fait impartiale. (I. si tu le lis  :)

PS : L'illustration qui n'a pas grand chose à voir avec le sujet possède tout de même deux dénominateurs communs avec ce qui précède :
le personnage principal, et le procédé plus qu'expérimental.
NB : Il s'agit ici du melon d'anniversaire des cinq ans de Pierre, agrémenté de pop corns et paré de cinq allumettes. On fait avec les moyens du bord quand on est une mère indigne n'ayant pas prévu de quoi faire un gâteau le midi quand le repas officiel est pour le soir. Alors on improvise.
A décharge, Peter adore le melon.

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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 00:27

Afin d'éviter tout malentendu, nous commencerons par une mise au point capitale sur un point essentiel de l'orientation existentielle de ce site.
Question politique ? métaphysique ? esthétique ?
Que nenni. Question pataphysique : je suis nulle en cuisine.
Voilà qui est dit.
C'est, une fois de plus, le rapport à la temporalité qui m'insupporte dans la préparation de ce qui est destiné à être englouti plus ou moins rapidement.


1°) Il faut anticiper. Problème majeur.
a) Savoir plusieurs jours à l'avance ce qu'on va devoir préparer pour pouvoir acheter les ingrédients nécessaires requiert des capacités d'organisation auxquelles mon absorption totale dans l'instant me rend cruellement inadaptée.
Incapable de préméditer quoi que ce soit, y compris un pot au feu.
b) De plus, comme un enfant qui a du mal à quitter ses jeux pour répondre à l'appel lancinant de l' "à table", il m'est souvent très difficile de m'arracher à mes occupations passionnantes (ménage, bricolages divers, éducation du rejeton, écritures en tous genres) pour penser, une heure à l'avance, à ce qu'on pourra bien manger le soir.


2°) Le rapport de durée préparation  / consommation
me déprime à l'avance.
a) Ars longa, vita brevis.
J'ai toujours adoré bricoler, passer des heures à façonner des bouts de bois, de carton ou de tissu, parce que la résistance de la matière est gage de la pérennité de l'oeuvre achevée, même si la plupart des élucubrations obtenues sont loin d'être impérissables.
Des traces des forfaits ici :
http://l-oeil-du-vent.over-blog.com/album-1088179.html
Il y a du Parnasse là-dedans : "Vers, marbre, onyx, émail."
Ce n'est point hasard si Théophile Gautier n'a convié la pâte à pain et le gigot d'agneau à cette énumération.
En moins éthéré, je reprendrais bien aussi à mon compte la devise d'Harpagon :
"Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger."
Cela dit, qu'on ne se méprenne pas. La gourmandise n'est point le péché capital dont je sois le moins à l'abri.
(Quoique, y en a-t-il vraiment ?

Voyons voir : la paresse, l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la colère et l’envie. A y vite réfléchir, nulle ne m'est étrangère complètement.
A damner sur le champ. Mais nous nous égarons. Il va bien me falloir rôtir quelques dindes sur le fourneau avant d'y passer à mon tour en enfer.)

Je ne rechigne donc point aux plaisirs de la bonne chère, loin de là. Mais il se trouve que je me régale davantage d'un bon sandwiche amoureusement confectionné que d'un coq au vin mariné pendant trois heures. Voilà tout.
Rassurons-nous, j'essaie quand même de faire des efforts pour ne pas empoisonner les cobayes dévoués qui prennent le risque de se laisser inviter.
b) Enfin, le temps de cuisson est, hélas pour mes proches, souvent synonyme de combustion avancée ou de déliquescence affligeante.
Que préférez-vous ? Nouilles trop cuites ou courgettes carbonisées ?
Totalement incapable de suivre une recette, donc de programmer un temps de cuisson fixe, j'en suis réduite à devoir surveiller les opérations, ce qu'évidemment j'oublie au bout de deux minutes, reprise par le fol cours de mes pensées et des multiples tâches domestiques ou romantiques entamées.
La preuve ici encore :
http://l-oeil-du-vent.over-blog.com/article-16490707.html
Donc, passer des heures à mitonner ce qu'on mettra dix minutes à avaler, ne me réjouit pas plus que ça la fibre littéraire.


3°) Dépassement dialectique.
(Vous remarquerez le plan dissertatif en trois parties applicable quel que soit le sujet)

En bricolage comme en cuisine, c'est, chez moi, la main qui guide la tête et non l'inverse. Rien ne me réjouit plus que d'improviser avec les moyens du bord. Impossible d'obéir à un patron, fût-il de papier, ou de suivre une recette :
- d'abord parce que je n'ai jamais tout ce qu'il faut sous ladite main.
- ensuite, parce que tenir compte des goûts et dégoûts de chacun conduit toujours à remplacer la moitié des ingrédients par d'autres.
- enfin, ce n'est pas parce qu'on se trouve dans une cuisine qu'on change subitement de caractère et qu'on va devenir d'un seul coup de cuiller à pot docile aux modes d'emploi concoctés par d'autres sans me demander mon avis. Non mais quand même !

Il s'ensuit donc :
a) que je pourrais presque finir par inventer des recettes d'omelettes sans oeufs ou de tartes sans pâte.
b) que je suis la reine des quiches (au propre et au figuré, mais je vous en prie) qui ont l'obligeance extrême de se plier à toutes mes lubies avec la plus parfaite docilité. Tenez, demain, ce sera poivrons et feta.
La semaine dernière, c'était brocolis et chèvre.
Ca bêle de partout dans cette maison...
c) Et qu'il n'y a guère, sinon, que les recettes sans cuisson qui sont épargnées par mon inaptitude congénitale à l'organisation.


Conclusion.
En guise de récompense (ou de punition, c'est selon) pour avoir consciencieusement mené jusqu'au bout la lecture de cet indigeste pensum :

la recette du tiramisu sans boudoirs, sans café et sans alcool.  Si, si !
Si je prends la liberté éhontée de vous faire part de cette aberration, c'est qu'après l'avoir recopiée maintes fois à la demande de ceux qui y ont goûté, il me semble qu'il est temps de figer pour l'éternité numérique la formule de cette émulsion magique.
Explications d'abord : un certain nombre des convives habituels n'aimant ni le café, ni l'alcool,  je les ai remplacés par de la vanille et de la fleur d'oranger.
De plus, un jour de panne de boudoirs, je leur substituai des petits beurres : bien meilleur !
La voici donc, sans vouloir concurrencer les pages marmite
de Moches et Râteaux.

250 g de mascarpone (quand même, l'hérésie a ses limites)
100 g de sucre
3 oeufs
un demi paquet de petits beurres.
deux bonnes cuillerées à soupe (ou plus si affinités)
d'eau de fleur d'oranger et de vanille.
du chocolat en poudre pour la déco (mais c'est facultatif.)

D'un côté, battre les blancs d'oeufs en neige.
De l'autre, mélanger tout le reste (sauf les biscuits bien sûr).
Attention, le mascarpone, à mi-chemin entre la crème fraîche, le beurre et la cancoillotte possède un haut pouvoir de gluance dont il faut se méfier.
(Afin d'éviter de passer vingt minutes à essayer de décoller du pot, puis de la cuiller la masse visqueuse de ce sous-produit laitier, mieux vaut choisir la stratégie propre à circonvenir l'ennemi. Il s'agit de désolidariser la crème du pot en créant un appel d'air, mais deux écoles s'affrontent :
a) Ceux qui percent le contenant :
 les partisans de la tactique dite du "Flamby démoulé", préconisant de perforer le fond du pot et de laisser la gravité se charger de laisser choir pitoyablement le corps déconfit du délit dans le saladier.
b) Ceux qui percent le contenu :
les partisans de la récup' des pots en tous genres auxquels lacérer un récipient crève le coeur. Il s'agit alors d'adopter un tour de main d'une dextérité que nous envierait Stradivarius lui-même, en invitant sans hâte, pot retourné, d'une grande cuiller plantée jusqu'au tréfond, et c'est là qu'est l'art, au coeur même de la substance convoitée - et non en son tour, comme le naïf néophyte serait tenté de se laisser enduire d'erreur - la masse solidaire et néanmoins fondante de ce machin, à bien vouloir glisser doucement le long des parois de l'abri exigu de son pot pour envahir celui plus ample du creuset dont l'alchimie exaltera sans retenue ses parfums.
Imaginez l'opération délicate que constituerait le fait d'ôter à l'une de ces créatures débordantes de Botéro un collant bien ajusté, si l'on considère qu'elle y laisse en même temps sa peau.)
Une fois les éléments enfin réunis, vous pouvez touiller sans vous lasser le mélange jusqu'à fusion complète et homogène de tous ses atomes.
Il est alors temps de mêler délicatement les oeufs en neige au reste, puis de disposer en tranches, façon lasagnes, biscuits et crème.
Vient la partie que je préfère : laisser reposer le tout pendant au moins trois heures au frais, pendant que vous vous précipitez sur l'aspirateur et sous la douche (l'inverse est déconseillé : sous l'aspirateur, c'est un peu lourd et poussiéreux, et sur la douche, c'est un peu acrobatique) afin que votre maison brille de mille feux pour les invités, mais pas votre nez.

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13 février 2008 3 13 /02 /février /2008 11:03

Le recyclage, c’est bien, mais c’est très insuffisant.
Cela nécessite de l’énergie pour transporter les déchets récoltés, puis pour les retraiter, sans compter que très rares sont les produits fabriqués à partir de matière intégralement recyclée.
Pour le plastique ou le papier, notamment, le processus implique souvent l’utilisation d’agents chimiques pour purifier la pâte obtenue et l’ajout de matières premières « neuves ».
C’est en amont qu’il faut limiter la production.
Tant que les industriels n’auront pas décidé de communiquer sur les méfaits du suremballage consternant de presque tout, tant que le moindre impact environnemental d’un produit ne sera pas d
evenu un argument de vente, tant que l’écologie ne sera pas considérée comme une alliée par l’économie, tant qu’elle ne fera pas gagner d’argent aux industries, ou en tout cas leur évitera d’en perdre, on continuera de saccager allègrement la planète.
L'argent reste le nerf de la guerre, dans le combat pour la planète comme dans les autres. 
Et il est vraiment désolant de voir la France à ce point en retard dans ce domaine. 
Cela fait plus de 20 ans qu'il n'y a plus de sacs en plastique en Allemagne et que le recyclage est pratiqué par tous. Ca peut servir à d’autres fins que militaires, d’être discipliné !
Mieux même : une entreprise allemande développe le concept de recyclage direct.  Voir son site :
http://www.direktrecycling.net/FRANKREICH/FR-start.htm
Ils fabriquent de la papeterie et notamment des enveloppes à partir d’anciens documents : des affiches, des cartes géographiques, etc… qu’il recoupent, replient et recollent directement, sans retransformer le tout en pâte à papier.
Outre le gain de temps, d’argent, d’énergie, de matière, on obtient des articles originaux, avec le charme d’une histoire déjà vécue.

Et il est si facile d’adopter ce genre de petits gestes de bon sens soi-même, tels que les pratiquent depuis bien longtemps nos grands-mères et les paysans de toujours, à l'époque où la surabondance démesurée n'avait pas fait perdre à tous le sens de la finitude du réel.
Donc, en attendant les jours de gloire et afin d’éviter les lendemains qui déchantent, commençons ce matin-même.

Plutôt que de jeter les innombrables enveloppes qui accompagnent factures et publicités et assaillent nos boîtes aux lettres, et d’acheter ensuite des pavés de blocs-notes, il suffit de garder ces enveloppes pour y inscrire listes de courses, numéros de téléphone, etc…
Et pour ne pas crouler sous les prospectus et transformer sa maison en un hangar de chiffonniers, il suffit de ruser un peu avec l’espace.
Il n’est ni long ni difficile de récupérer une boîte de sucre en poudre et de la recouvrir de tissu ou de papier de couleur, pour y glisser ensuite les enveloppes dont le format (A4 plié en 3) s’y prête bien. Voir la photo ici :
http://l-oeil-du-vent.over-blog.com/photo-1088179-BricEcolotrucs-002_jpg.html

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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 06:36
L'infinie et grouillante multitude des choses sauve et noie à la fois.
Ballottée sur le dérisoire océan des objets, je dérive, cramponnée aux choses comme à un radeau d'infortune, au lieu de me jeter à l'eau et de nager en direction de ma finalité essentielle.

Ne pas
mépriser la matière, ne pas se méprendre sur sa richesse. 
Ne pas la maltraiter. En prendre soin. Savoir la voir. Oser la toucher.
L'objet est tout sauf un intouchable.
Il faut le manipuler, le transformer.
Le tordre même, mais sans torture, mais à dessein.
Ne pas laisser ce soin aux hasards des maladresses, au fil mauvais des accidents.
En extraire tous les potentiels, cachés même aux yeux de son fabricant.
S'affranchir du mode d'emploi. 
Le libérer de son usage premier comme on ôte ses chaînes à un esclave épuisé.
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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 11:15
Nulle matière n'est à bannir de la beauté. 
Certes, on peut préférer la noblesse du bois, de la pierre, du cuir, du bronze, etc, au trop malléable plastique. Et l'on peut aussi définir la noblesse d'une matière par sa capacité à résister au temps, à s'embellir avec l'âge, à transformer l'usure en respectable patine. 
Mais cette condition n'exclut pas tant une matière comme telle qu'un usage ou une forme inappropriés. 
Ne forçons pas une matière à en singer une autre.. 
Ne nions pas sa nature.
Fi du faux bois, du faux cuir en plastique, du faux verre, de l'aggloméré recouvert de papier, de tous les placages, ...
Car "humilier" ainsi une matière n'est pas sans risque. 
 Elle se venge de ce manque de respect en profitant de chaque coup reçu pour réaffleurer sous la surface meurtrie.
Non, préférons le massif, l'authentique. Et rentre dans cette vaste catégorie 
ce pauvre plastique lui même, pour peu qu'on daigne l'exploiter pour lui-même, en exalter les propriétés particulières, sa transparence, son infinie malléabilité, et non pour son talent galvaudé à usurper l'aspect d'un autre matériau.
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10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 13:06

Au rayon foisonnant et parfois salissant des propres de l'homme, coincée entre le rire et l'écriture, entre la religion et les baskets à roulettes, on trouve la main. 
Eternelle rivale de la plume dans la catégorie prométhéenne des puissances créatrices, elle n'est jamais plus fertile que lorsqu'il faut faire avec les moyens du bord, et fabriquer un abat-jour avec une roue voilée de bicyclette. Le "kit créatif" qui pullule aujourd'hui dans les boutiques de bricolage décoratif avec la vogue du scrapbooking et le retour du tricot sur papier-peint me semble une contradiction dans les termes. J'ai pourtant beaucoup d'affection pour les oxymorons dont je cultive assidûment l'amitié.
Mais celui-ci me laisse autant de marbre que la troisième patte d'un canard boiteux. Des diverses manipulations génétiques qui hantent mes méninges à cinq doigts, jaillissent parfois d'étranges objets hybrides : je ne saurais souffrir dans l'antre de mon laboratoire personnel les ordres d'aucun patron, fût-il de papier. J'aime porter l'entière responsabilité de mes ratages. C'est sur le feu de mes propres divagations que doit bouillir ma marmite, et tant pis si du fourneau en ébullition ne sortent que quelques étincelles calcinées.

Mais il s'agit là d'une catégorie où le poids des mots se passe mal du choc des photos. 
Rendez-vous donc, si la rubrique à brac vous intéresse, sur l'album photo idoine, lequel est encore en travaux : il devrait s'enrichir sous peu d'une bonne dizaine de spécimens plus ou moins heureusement mutants.


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