Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 11:38



Sur les conseils avisés que me donnèrent quelques lecteurs – blogueurs (dont Brigitte Giraud)  l’hiver dernier, je profitai de l’été pour me jeter sur La Route, de Cormac McCarthy.
L’une des plus fortes émotions littéraires sur papier de cette année.
Je ne me souviens pas avoir lu plus bouleversante expression de l’amour m/p/aternel . Cette puissance animale qui vous fait invoquer, la main sur un front brûlant, toutes les forces de l’univers pour lui interdire, jamais, de s’en prendre au vôtre, de chaton, quel que soit le chaos alentour.

Extraits :
« Ils étaient là tous deux pareils aux vagabonds de la fable, engloutis et perdus dans les entrailles d’une bête de granit. » (p9)
« Les cendres du monde défunt emportées çà et là dans le vide sur les vents froids et profanes. Emportées au loin et dispersées et emportées encore plus loin. Toute chose coupée de son fondement. Sans support dans l’air chargé de cendre. Soutenue par un souffle, tremblante et brève. » (p16)
« Ni l’un ni l’autre n’avaient prononcé un seul mot. C’était la journée parfaite de son enfance. La journée sur laquelle modeler les jours. » (p18)
« Les nuits étaient longues et sombres et froides plus que tout ce qu’ils avaient connu jusqu’à présent. Froides à faire éclater les pierres. A vous ôter al vie. Il serrait contre lui le petit qui grelottait et il comptait dans le noir chacune de ses fragiles respirations. » (p19)
« C’est mon enfant, dit-il. Je suis en train de lui laver les cheveux. […]. C’est mon rôle. Puis il l’enveloppa dans la couverture et le porta auprès du feu. […] Du pied, il dégagea les emplacements dans le sable pour les hanches et les épaules du petit à l’endroit où il allait dormir, et il s’assit en le tenant contre lui, ébouriffant ses cheveux pour les faire sécher près du feu. Tout cela comme une antique bénédiction. Ainsi soit-il. Evoque les formes. Quand tu n’as rien d’autre, construis des cérémonies à partir de rien et anime-les de ton souffle. […]
Il écoutait. Le petit ne bougeait pas. Il s’assit à côté de lui et caressa ses pâles cheveux emmêlés. Calice d’or, bon pour abriter un dieu. S’il te plaît, ne me dis pas comment l’histoire va finir. » (p71)
« Au bout d’un moment, l’homme l’entendit qui jouait. Une musique informe pour les temps à venir. Ou peut-être l’ultime musique terrestre tirée des cendres de ruines. L’homme s’était retourné et regardait. Perdu dans sa concentration. Triste et solitaire enfant-fée annonçant l’arrivée d’un spectacle ambulant dans un bourg ou un village sans savoir que les spectateurs ont tous été enlevés par des loups. » (p74)
«  Il essayait de trouver quelque chose à dire, mais il ne trouvait rien. Il avait éprouvé ce sentiment-là avant, au-delà de l’engourdissement ou du morne désespoir. Le monde se contractant autour d’un noyau brut d’entités sécables. Le nom des choses suivant lentement ces choses dans l’oubli. Les couleurs. Le nom des oiseaux. Les choses à manger. Finalement, les noms des choses qu’on croyait être vraies. Plus fragiles qu’il ne l’aurait pensé. Combien avaient déjà disparu ? L’idiome sacré coupé de ses référents et de sa réalité. Se repliant comme une chose qui tente de préserver la chaleur. Pour disparaître à jamais le moment venu. » (p83)
« … L’idée qu’il pût y avoir quelque chose par rapport à quoi opérer une correction. Son intelligence le trahissait. Des fantômes dont on était sans nouvelles depuis un millénaire qui s’éveillaient lentement de leur sommeil. Rectifier par rapport à ça. Le petit ne tenait plus sur ses jambes. Il demandait qu’on le porte, trébuchant et articulant à peine, et l’homme le souleva pour le porter et le petit s’endormit instantanément sur ses épaules. Il savait qu’il ne pourrait  pas le porter loin.
Il se réveilla allongé sur les feuilles dans l’obscurité des bois, secoué de violents frissons. Il se redressa, cherchant à tâtons autour de lui pour trouver le petit. Il gardait la main sur les côtes décharnées. La chaleur et le mouvement. Le battement du cœur. » (p107)
« Il resta allongé là un bon moment, puisant et portant l’eau à sa bouche une main à la fois. Rien dans son souvenir nulle part de n’importe quoi d’aussi bon. » (p112)
«  Les nuits étaient mortellement froides et d’un noir de cercueil, et la lente venue du matin se chargeait d’un terrible silence. Comme une aube avant une bataille. La peau du petit était de la  couleur d’une bougie et presque transparente.
Il y avait des moments où il était pris d’irrépressibles sanglots quand il regardait l’enfant dormir, mais ce n’était pas à cause de la mort. Il n’était pas sûr de savoir à cause de quoi, mais il pensait que c’était à cause de la beauté ou à cause de la bonté.
Le froid tournoyant sans répit autour de la terre intestat. L’implacable obscurité. Les chiens aveugles du soleil dans leur course. L’accablant vide noir de l’univers. Et quelque part deux animaux traqués tremblant comme des renards dans leur refuge. Du temps en sursis et un monde en sursis et des yeux en sursis pour le pleurer. » (p119)
« Dix mille rêves dans le sépulcre de leurs cœurs passés au gril. Ils continuaient. Marchant sur le monde mort comme des rats tournant sur une roue. » (p241)
« Il restait allongé les yeux fixés sur le petit près du feu. Il voulait être capable de voir. Regarde autour de toi, dit-il. Il n’y a pas dans la longue chronique de la terre de prophète qui ne soit honoré ici aujourd’hui. De quelque forme que tu aies parlé tu avais raison. » (p245)
« Dans ce couloir froid ils avaient atteint le point de non-retour qui, depuis le commencement ne se mesurait qu’à la lumière qu’ils portaient avec eux. » (p247)

Le reste est dans le livre.


Repost 0
Published by Clarinesse - dans Citations fascinées
commenter cet article
6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 23:05





Vu cette publicité dans la presse il y a quelques jours.
Campagne de la poste australienne :
"If you want to touch someone, send them a letter."
L’ai trouvée plutôt belle, bien trouvée, et fort juste.
même si ça marche aussi par mail. Dommage pour le facteur.
M'a rappelé l'article de la Dame de K.



 Variation mémorielle



Papiers froissés comme des draps.
Phrases embrassées, peaux frissonnées.
Sur écran ou sous encre, transpercer la distance
Sur le fil de nos verbes acérés de nuances.
Traverser les fumées asphyxiées et sans ciels,
S’enivrer des trouées de clarté fusionnelle.
Et juste sous le centre de nos gravités,
Laisser frémir le centre de félicité.
Et apparaît, sous la peau fine, griffée de plume,
Battant le sang, trésor sans poids et sans volume,
De l’or liquide, du vif argent, houle de mots,
Navigation de métaphores nous tiennent chaud.







(Bribes barbouillées sur le même thème lors d'un stage de batik sous la houlette d'un maître burkinabé.)






Repost 0
Published by Clarinesse - dans Echappées poétiques
commenter cet article
4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 23:34

Scène inspirée par le texte de Brigitte Giraud sur l’attente.

Elle approchait, bras entrouverts, vit un sourire. Mais la voix douce en face a bifurqué en s’avançant.  Elle est restée les bras béants, cœur éventré, viscères à vif. Le rouge au front, elle s’est baissée, a ramassé les débris suintants épars au sol, les a remis dans leur boîte rouillée, puis est partie, vieille chaussette ébréchée et boiteuse. A cloche-pied, forcément, puisque les vieilles chaussettes vont rarement par paires.
Nul ne s’aperçoit de la honte, tout éblouis qu’ils sont dans le souverain égoïsme du bonheur éclatant. Sans bruit, elle a refermé la porte du royaume où rien, jamais, n’est à justifier, car tout, toujours, arrive parce qu’il le faut, dans la solaire et implacable justice de l’évidence.

Elle a donné respect au silence de mépris, et dompté la révolte inutile qui rugit dans le coffre au thorax trop acide. Mais des griffes ont poussé aux côtes de la cage et lacèrent le cœur gros qui se bat pour ne pas se répandre. Et la fauve amertume se déchaîne. Enfermée dans la même geôle que le monstre, elle est prison dans la prison, condamnée à maîtriser la bête. Elle ne peut lâcher prise et s’agrippe ferme aux crocs. Rien. Elle ne dévorera rien : ni dedans, ni dehors. Mais tenir a un prix. Les nervures du cou sont nouées pour ne rien relâcher. Nul mouvement n’est possible. Nul regard détourné. Figée dans son effort, liée par son effroi.

Désertée, elle attend. Elle attend que la bête se fatigue.

Qu’elle se lasse de broyer les épaules de la proie en l’étau de sa serre.

&&&


Enrayer la machine à attendre.
Refuser de rester cruche vide attendant pour son vin quotidien.
Se passer de, faire sans.
S'attendre à tout pour n'attendre plus rien.

Repost 0
Published by Clarinesse - dans Errements narratifs
commenter cet article
30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 00:40
A l’an où nulle petite souris n’avait encore traversé le jardin d’Eden pour ramasser une dent de lait, le Verbe avait passé son commencement depuis longtemps, et la lecture n’était déjà plus que balade pour l’enfançon quinquennal.

L'heure est historique. Au sens proprement épistémologique du terme : on sort de la préhistoire avec l'entrée dans l'écriture.
Car voici la toute première phrase écrite, vraiment rédigée, de sa propre initiative, par monsieur petit Pierre.



C'est-à-lire :
« Cherre Papa-Maman, je voudrais Eve, parse ce  … »
(la suite de l’explication fut orale) « … parce que celles que vous me fabriquez en ballons, elles se dégonflent toutes. »

Vous remarquerez que si la graphie demeure encore bien malhabile et les accords approximatifs, au moins l’orthographe est-elle à peu près correcte phonétiquement, ce qui n’est déjà pas si mal.
Inutile de dire combien émus nous fûmes, lorsqu’au petit matin, la phrase inaugurale de sa carrière de scripteur apparut à nos yeux attendris.
Passons sur le fait que le premier texte dont il se fit l’auteur est une requête commerciale :
elle vous a comme un petit air de demande en mariage.

Imaginez qu’Adam ait disposé d’un parchemin, ce naïf benêt dont on ne sait même pas s’il savait parler, grandi qu’il était comme Tarzan au milieu des bêtes et des fleurs.
Peut-être aurait-il envoyé au bon Père son Créateur semblable épître par messager ailé interposé. J’imagine bien l’ancêtre de Gabriel, ange de son état, au garde à vous devant la porte en nuages, attendant la réponse du Saint Ciel qui arriva aussi vite qu’une escalope aux heures de pointe dans une brasserie de centre ville.
« Donne-moi ta côte, j’te donnerai l’Eve. »



Mais peut-être vous dois-je une explication, et quelques étincelles pour éclairer votre lanterne clignotante ?

Il se trouve qu’après avoir nourri une passion absolue pour les nombreuses petites voitures et autres camions du film Cars (fort savoureux, même quand on a plus de quatre ans et aucun goût particulier pour les voitures, car truffé d’allusions et de clins d’œil tellement fins et denses qu’on en découvre à chaque vision), Peter Little (qui écrit maintenant son nom « Pitere » pour faire style « j’cause angliche ») est devenu un inconditionnel de Wall-E. Une parfois belle histoire d’amour vaguement écolo et pas trop mal vue, avec des robots chargés de déblayer la Terre envahie de détritus, désertée par la vie et les hommes à quelques siècles d’ici. Les passages sur le vaisseau spatial ne séduisent que les amateurs de science fiction et sont bien trop agités à mon goût suranné, mais le début de l’histoire situé sur notre pauvre Terre bien brinquebalante possède quelque charme.

Wall-E, le petit robot éboueur-compacteur récupère tous les vestiges cabossés et rouillés dont l’aspect le séduit, et se repasse en boucle une antique comédie musicale miraculée, avant de tomber amoureux de ladite Eve, robot de dernière génération doté d’une certaine grâce qui débarque en mission d’une navette d’exploration.
C’est très choupinet, et la première demi-heure est d’une irrésistible poésie.
(Dommage que la musique collée sur cet extrait ne lui corresponde pas :
dans le film, il s’agit de la version de La Vie en rose par Armstrong.)

Pierre est tombé en extase devant le titre principal de la bande son,




qu’il se repasse en boucle lui aussi, dansant avec les grains de poussière agités par le soleil, tout en jouant avec son petit robot en plastoc sur la moquette bleue de son petit domaine. En guise de compagne à son cube articulé, il eut d’abord droit à plusieurs versions en ballons décorés au feutre de ladite Eve, mais ils ne cessaient de se dégonfler.
D’où la requête qu’il inscrivit sur le tableau noir de sa chambre, et compléta de vive voix.

NB : Le morceau « Put on your Sunday clothes » est extrait d’ Hello Dolly, une comédie musicale sortie à Broadway (évidemment) en 1964, composée par Louis Armstrong. La version ici audible et reprise dans le dessin animé est celle du film réalisé en 1969 par Gene Kelly avec Barbara Streisand.
Repost 0
Published by Clarinesse - dans Enfantillages
commenter cet article
28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 07:27

 



 

 

Le titre, d’abord, frémissant comme une fragile promesse.
Le tableau, ensuite, de l’auteur, peintre aussi, chaude enveloppe de couleurs et de traits.
Belle. Je ne trouve rien d’autre ; ou alors trop.

Et les mots. Ceux d’un médecin, chef de service spécialisé.
Ceux des infirmières, ceux de leurs évanescentes protégées, et ceux de Brigitte Giraud, surtout.

C’est un livre sur l’anorexie. Lire un ouvrage sur pareil sujet ne va pas de soi lorsqu’on n’est pas hanté par les mêmes démons. Mais les démons ont ceci de commun, quelques divers qu’ils soient : ils parlent tous la même langue, ou du moins partagent-ils tous un vocabulaire semblable. Et tous, ils se sont frayé un chemin vers le cœur vif de l’être, comme des termites dans une charpente. Alors, sans aplanir l’extrême et irréductible spécificité de l’anorexie, qu’importe le nom de vos rongeurs intimes. Qu’importe que vos falaises intérieures vous mènent vers tel ou tel précipice. La seule condition pour comprendre une faille est d’avoir en soi une fêlure qui la laisse s’y engager, de ne pas être une forteresse.

Dans ces pages, on comprend. Et on apprend, aussi.

On apprend que l’anorexie exista en tous siècles, et qu’avant l’avènement du règne du psy, elle fut longtemps assimilée à une ferveur mystique, une consomption par laquelle les saintes se laissaient gagner plus vite par l’apesanteur des cieux : Claire d’Assise, compagne de François du même nom, fondatrice des Clarisses ; Catherine de Sienne, d’autres encore.
Et tant d’auteurs : Michaux, Kafka (cf Un artiste de la faim), Camus, Simone Weil, Amélie Nothomb (cf Biographie de la faim), même,… furent approchés, voire dévorés par le vampire.

 ... et on comprend. Beaucoup.


Extraits : « Je crois que, de la même façon que les larmes pour la petite fille, l’anorexie vient apaiser quelque chose en soi. »

Il s’agit d’ « incarner la conscience tragique de l’existence. […] Le sens des choses est parfois si seul ! »

Ou cette phrase si juste : «  A remuer la glaise du mal, je ne donne forme à rien. »

Et pour finir, cette citation de l’Homme révolté de Camus : « Je crois que je ne crois à rien et que tout est absurde, mais je ne puis douter de mon cri et il me faut au moins croire à ma protestation. »

 
PS 1 : Ne pas confondre Brigitte Giraud avec Brigitte Giraud

PS2 : J’espère n’en avoir pas trop dit et défloré le cœur de l’œuvre.

 

Repost 0
Published by Clarinesse - dans Citations fascinées
commenter cet article
25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 19:53

Cet été, il fit chaud.
Je me mis donc fort logiquement en quête d’un éventail. En vain.
En vain car notre époque peu avare en paradoxes construit des climatiseurs aussi lourds que gros que moches que polluants, se pâme devant les pièges du marketing simili-écolo, mais est infichue de remettre à la mode cet objet aussi léger qu’esthétique, et aussi peu encombrant une fois plié qu’un stylo dans un sac à main.
Je finis tout de même par en dénicher un en bambou sur un marché cévenol, entre six pots de miel et trois douzaines de pêches. 2 €, toile comprise.
Bon, fort bien, mais c’est pas tout ça, le plus dur reste à faire : oser se promener avec un pareil accessoire sans donner l’impression de se prendre pour Karlotta Lagerfeld. Bon sang, mais suis-je donc la seule dinde à me rappeler que la façon la plus simple de se rafraîchir quand on n’a pas un ruisseau ou un océan sous la main consiste à remuer de l’air sans agiter les bras comme un sémaphore, et, version 2.0, à remuer de l’air devant son visage préalablement aspergé d’eau (ou, pour les civilisés adeptes du packaging lourd, délicatement passé au brumisateur.) Ben oui, il semble que personne ne s’en souvienne. Mais qu’est-ce que c’est que ces amnésiques ! Z’avez jamais vu un film avec des crinolines, ou quoi ? Quand je vous dis que le bon peuple est nul en histoire ! Même pas fichu de se souvenir de comment on fait du frais sans électricité !
Je finis par prendre mon courage à deux mains et mon éventail à trois doigts (un devant, deux derrière – sans « s » à « derrière », merci), et le sortir le plus discrètement possible, non sans m’être assurée que le manque absolu de grâce du reste de mon attitude apportait sans ambiguïté possible au passant la preuve qu’il ne s’agissait pas d’un cas de snobisme aigu aggravé de morgue, mais d’un simple sens pratique humblement assumé.
Sans compter que ledit éventail peut aussi servir de pare-soleil : il suffit pour cela de le faire pivoter selon un axe vertical jusqu’à l’horizontale (soit de lui faire opérer une rotation de centre « votre front » et d’angle 90°, suivant l'axe plus ou moins approximatif de votre nez). Sachant que l’opération est aussi rapide et indolore que la démonstration est lourde, il serait dommage de s’en priver. C’est beaucoup plus classe qu’une visière de golfeur.
Je fais ma maligne, mais je n’ai dû le sortir que deux fois devant témoins.
Néanmoins, Pierre petit le vit suffisamment pour être habitué à la morphologie de cet organe supplémentaire.
Quelques semaines se passent, et on lui offre un petit avion en toile. Un tout rouge, tout beau.
Et là, sourire radieux et cri du cœur :
« Oh ! Un éventail ! Merci !  Il est magnifique ! »

Cet enfant est délicieux ! Vous alliez le dire ? Non ? Tant pis !
Précisons qu'il en goûta les plaisirs, puisque les soirs de grande chaleur,
il eut l'occasion d'être brumisé puis éventé avec ravissement.

Ce qui ne l’empêcha pas de redoubler d’enthousiasme lorsqu’il comprit comment on s’en servait et de courir en tous sens sur l’étendue d’herbe pour rattraper son bolide à vent.
Avouez que la ressemblance est trompeuse, et que cela me donna sur le champ envie de lui chiper son avion pour m'aérer sans éveiller de soupçons aristocratophobes.











Repost 0
Published by Clarinesse - dans Enfantillages
commenter cet article
23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 23:10
 

Cahiers de vacances (suite) : sauvage croisade anti-gaspis


Qu’elle était verte, ma vallée.

Et au milieu coule une rivière, en plus.
 
Donc, au val retranché, paradis estival
où nul dormeur n’a deux trous rouges au côté droit ;
à ce trou de verdure où chante une rivière,
nulle route carrossable ne mène.
Trente ans plus tard, les hippies qui l’acquirent, façon « chèvres dans le Larzac », se sont coupé barbe et cheveux, mais n’en ont pas nourri pour autant plus d’affinités avec le macadam.
C’est donc à dos d’homme que la seule énergie qui rappelle la civilisation y arrive, sous forme de bouteilles de gaz.
Et pourtant, cela n’empêche pas nombre d’entre eux de rester bien prodigues de la lourde denrée.
De facto membre de la tribu, je ne peux que bouillir à la vue de ces casseroles qui font de même sans couvre-chef, dispensant leur vapeur à la pièce qui n’en a guère besoin, au lieu de la tenir bien confinée pour chauffer plus vite.
Me gardant toujours autant que possible de donner conseil à qui ne m’a pas attendue pour mener son existence à plus ou moins bon port, et remarquant que nul adage ne fait grand usage s’il n’est porté par un beau ramage, je me dis in petto que c’était là l’occasion de sortir de son fourreau mon plumage (ou ma plume ?) rouillé(e), afin qu’elle serve enfin à quelque chose.
Je fis donc glisser hors des rainures de sa tablette métallique le plus beau marqueur que je pus trouver pour occuper les quatre coins du tableau blanc de la cuisine commune sans l’envahir. (Remarquez comme la forme et le fond s’accordent sur le principe d’économie.)

Et voici la petite série de slogans impérieux et néanmoins de bon sens qu’au petit matin, les divers habitants du lieu découvrirent, griffonnés par un mystérieux fanatique écolo-intégriste.

 Sur le gaz aussi, chaque pot a son couvercle : plus vite, moins cher, plus écolo.

Chauffez couvert !  

Plus chaud, plus vite pour vos marmites,
moins chaud, plus net pour la planète.

« Jamais sans mon couvercle ! » dit l’eau qui bout.

Pas de plat qui mijote et pas d’eau qui bouillotte sans couvercle.

Une casserole sans son couvercle, c’est comme un myope sans ses lunettes :
ça va moins vite.


Si tous les gaz du monde se donnaient le mot, ça chaufferait un peu moins pour nos descendants. Non ?


Repost 0
Published by Clarinesse - dans Ecolonomie
commenter cet article
9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 23:37


Pour continuer dans la non - "lis tes ratures",
si vous voulez bien vous donner la peine de subir
la rituelle corvée d'effeuillage des photos de vacances, c'est par ici :
Cévennes again
Repost 0
Published by Clarinesse - dans Epistolaire
commenter cet article
7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 00:28



Oui, cela ne se fait pas.
Il est d'usage, chez tout tenancier de blog qui se respecte et respecte ses lecteurs, de prévenir de son absence et de la date approximative de son retour, par le rituel petit panneau de fermeture annuelle sur le rideau baissé de sa boutique.
Mais voilà, on ne va tout de même pas faire comme tout le monde.
Alors, en priant la petite vingtaine de commentaires restés sans réponse depuis plus d'un mois et demi de bien vouloir excuser cette désinvolture, je leur demanderai de patienter encore un peu dans l'attente d'un plat plus consistant, en sirotant une chocorangeade.

Vous ne connaissiez pas, hein ?
Moi non plus, jusqu'à hier.
La recette est une invention de Pierre petit.
Il a tenu absolument à mettre du chocolat en poudre dans son jus d'orange.
C'est avec une moue plus que dubitative, voire écoeurée, que je lui ai concédé l'autorisation de préparer ce breuvage peu académique, le prévenant avec la plus austère fermeté qu'on ne gâchait pas la nourriture, et qu'il boirait sa mixture, infâme ou non.
Eh bien figurez-vous que c'est délicieux !
On le savait déjà, qu'orange et chocolat se mariaient bien.
C'est aussi vrai en liquide qu'en solide.
On a tout simplement l'impression de boire des écorces d'oranges confites enrobées de chocolat noir.
Et en plus, c'est frais.
Il est assez fastidieux de dissoudre la poudre (en l'occurrence du Poulain 32% de cacao),
et l'aspect visuel est moyennement appétissant,
mais franchement, le goût en vaut la peine. Je vous le conseille.
La décoction a même été testée et approuvée par une amie tout à fait impartiale. (I. si tu le lis  :)

PS : L'illustration qui n'a pas grand chose à voir avec le sujet possède tout de même deux dénominateurs communs avec ce qui précède :
le personnage principal, et le procédé plus qu'expérimental.
NB : Il s'agit ici du melon d'anniversaire des cinq ans de Pierre, agrémenté de pop corns et paré de cinq allumettes. On fait avec les moyens du bord quand on est une mère indigne n'ayant pas prévu de quoi faire un gâteau le midi quand le repas officiel est pour le soir. Alors on improvise.
A décharge, Peter adore le melon.

Repost 0
Published by Clarinesse - dans Bricolotrucs
commenter cet article
14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 09:58




Les pyromanes ne sont pas les mineurs qui remontent du fond de la terre, le cœur et les poumons pleins de charbon, et qui racontent ce qu’ils ont vu.
Ce sont les porions et les contremaîtres qui les attendent en haut du puits, menaces aux lèvres et gifle en attente dans la poche, et qui leur intiment de se taire.


* Réalophobie : néologisme fait maison pour désigner ceux qui ont peur de la réalité, ceux qui croient que le mot est pire que la chose. Les fabricants de tabous et de périphrases euphémistiques. Ceux qui croient qu’en cachant ce qui gêne, on le supprime.

Repost 0

Cahiers Brouillonnants

  • : L'oeil du vent
  • L'oeil du vent
  • : Méditations métaphoriques et pensées en tous sens : philosophiques, esthétiques, poétiques, écologiques et bricoleuses.
  • Contact

Cahiers de l'aube

1°) Window : nom anglais de la fenêtre. Etymologie : 
de l'ancien saxon Wind Auge,
l'oeil du vent.

2°) Les métaphores, c'est comme les collants. 
Ca file vite si on n'y prend pas garde.

3°) - Métaphore et crie-toi. (d'après Luc)

Recherche

Chat échaudé...

Archives

Clarinesse ?

Pour la quête 
de clarté dans la langue,
de musique dans la voix.