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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 21:28

Une fois de plus guidée par le lumineux conseil de bienveillants lecteurs, c’est à Mister Tea que je dois cette fois la tranquille splendeur d’une découverte essentielle : un poète dont j’ignorais l’existence il y a encore un an, et la texture façonnée de paisibles tourments il y a un mois. 
Toute ma gratitude pour la plénitude simple de cette évidente révélation.

 
                               Hors de portée

Ah, s’il pouvait être de chair vivante, cet homme
Debout sur l’horizon, qui charge les nuages
Dans sa brouette, s’il pouvait emporter un peu
De la boue des jours qui traînent dans les regards
Et les os, dissiper cette ombre en nous
Qui fait tapisserie devant l’indéchiffrable
Partition du ciel et de la terre,
Tu ne piétinerais pas ici derrière la vitre
Comme Jonas au fond du navire malmené,
Priant que la lumière se fasse tout à coup
Et que vire l’accord de toutes choses :
Désirs, joies, souffrances – hors de portée
Comme les voix blanches et noires de la musique.


Guy Goffette, Eloge pour une cuisine de province, suivi de La vie promise
Nrf Poésie Gallimard, p 203.

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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 08:05
Maxime Cohen est conservateur général des bibliothèques de Paris.
Au cours de ses Promenades sous la lune, il évoque aussi bien l’art de placer l’e muet et l’imparfait du subjonctif que les plaisirs du tabac ou du vin, l’art de l’essai d’Aulu-Gelle à Montaigne ou le bonheur,… Délectable flânerie.


&&&
Edition Grasset, pages 9-10 :

« Une époque se révèle autant par les œuvres du passé qu’elle a aimées, délaissées ou haïes que par celles qu’elle a produites : l’engouement de l’Europe classique pour Virgile et l’indifférence ordinaire dont il souffre aujourd’hui nous éclairent sur le goût d’alors autant qu’ils nous alertent sur le nôtre. On pourrait faire l’histoire des siècles qui se sont nourris d’Homère et de ceux qui s’en sont passés. Marivaux ou Stendhal comptaient peu d’amateurs vers 1860 : il suffit de voir en quelle estime on les tient aujourd’hui ; ils seront peut-être oubliés demain. La poésie du dix-huitième siècle ne vaut pas grand-chose pour le moment, bien que nous soyons quelques uns à en faire nos délices : le siècle prochain la mettra peut-être au-dessus des romantiques, et Delille au-dessus de Rimbaud. Mais est-ce au goût d’une époque de décider pour celui d’une autre ? Et les contemporains ne sont-ils pas meilleurs juges des livres qui ont été faits pour eux que ces lecteurs étrangers des siècles futurs qui ne sont destinataires d’aucun ? Le jugement de ces derniers est par essence anachronique. L’éloignement dans le temps comme dans l’espace obscurcit l’intelligence et complique le jugement : la postérité n’est souvent que la longue histoire des contresens.
[…]
Il n’y a aucun livre dont il soit sage de regretter l’existence. Ceux qui ne lisent que les Modernes dont il subsiste presque tout corrigeront le scandale de cette assertion par l’étude des Anciens dont il ne subsiste presque rien. Tant d’ouvrages immortels à jamais disparus nous sont garants du prix qu’il est juste d’attacher au moindre rogaton. On gagne toujours à méditer sur la destruction des textes antiques dont les derniers volumes servirent d’emballage aux marchands de bonbons et de poisson frit ; et c’est à juste titre que le brasier où grillèrent les peintures de Zeuxis qui jetaient Platon dans des réflexion si profondes sur l’apparence et la réalité consume encore la mémoire des érudits.
Les livres, il est vrai, ont maintes fois été la cause indirecte de leur propre destruction. Les adorateurs d’un seul, scandalisés par la multiplicité des autres, ont souvent causé la ruine de tous ; et l’on connaît le bel apocryphe que l’historien de Saladin, Ibn al-Kifti, prête au calife Omar. Devant décider de préserver ou d’incendier la bibliothèque d’Alexandrie, il aurait posé cette alternative cynique :


« Ou bien ces livres disent la même chose que le Coran, et il faut les détruire parce qu’ils ne servent à rien ;
ou bien ils disent le contraire, et il faut les détruire parce qu’ils sont impies. »


Chimériques décrets des conquérants ! La paresse des copistes et la vogue des anthologies ont causé plus de dégâts à la littérature antique que la férocité des incendiaires. »


&&&

En quantité, certes, mais Charybde n’est pas plus fréquentable que Scylla.
Et que ce soit par le feu du fanatisme ou par l’indifférence d'un public pas assez éclairé, la raison qui fit sombrer les plus purs chefs d’œuvre de l’intelligence humaine dans le néant est la même : l’ignorance.

Alors qu’importe que les scanners qui numérisent les antiques imprimés d’Europe appartiennent à Google ou à Bidule, il faut sauver les subtils rayons de nos bibliothèques avant que l’analphabétisme généralisé des futures générations ne transforme les temples du savoir en pistes de skate-board couvertes.

J’ai dit !

http://a21.idata.over-blog.com/0/22/16/81/chef_indien_pastels.jpg





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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 07:10

Sire, A. knows et Cla sait quand elle va un peu loin.
Il est permis de se moquer de ses charges de cavalerie,
De ses grandes manœuvres claironnantes, sabre au poing,
Des barricades dont elle s’entoure, des canons qu’elle brandit,
Ne sachant ce qu’était ce bruissement dans la nuit,
Musaraigne ou voleur, bienveillant ou râleur.

Il n’y a pas que la peau qui soit trop chatouilleuse.
Il est permis de se moquer.
Déridons-nous un peu.

&&&
Portrait, extraits
&&&

Acte I, scène 4

« Eussiez-vous eu, d'ailleurs, l'invention qu'il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n'en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d'une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas qu'un autre me les serve. »


 Acte II, scène 6
« De Guiche    Un poète est un luxe, aujourd'hui, qu'on se donne.
                  Voulez-vous être à moi ?

Cyrano                                           Non, Monsieur, à personne.
De Guiche          Votre verve amusa mon oncle Richelieu,
                  Hier, et je veux vous servir auprès de lui.
[…]                                          Il est des plus experts.
                      Il vous corrigera seulement quelques vers...

Cyrano                 Impossible, Monsieur ; mon sang se coagule
                   En pensant qu'on y peut changer une virgule.
De Guiche           Mais quand un vers lui plaît, en revanche, mon cher,
                     Il le paye très cher.

Cyrano                                            Il le paye moins cher
                    Que moi, lorsque j'ai fait un vers, et que je l'aime,
                    Je me le paye, en me le chantant à moi-même.

De Guiche          Vous êtes fier !
Cyrano                                       Vraiment, vous l'avez remarqué

                                                 Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand.


A ceux qui se diront : qu'est-ce qu'elle se la joue, celle-là !
Eh bien oui ! Et alors ? A chacun ses jouets.
Je n'ai sur cette terre qu'un tout petit royaume :
c'est ici, et j'entends bien m'y amuser comme nulle part ailleurs.
A ceux que ça amuse, très bienvenus, jouons ensemble.
Grandiloquer n'est point gênant, si on le sait, bien averti,
Que tout cela s'envole dès le masque tombé, diverti.

Tout ça n'est que littérature, on the world's stage.






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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 22:19
Malgré mon peu de goût, voire mon désintérêt total pour le roman policier (oui, c’est mal, je réciterai trois patères et six avions pour pénitence), et malgré une couverture de l’édition 10-18 parfaitement hideuse (oui aussi, j’ai l’impardonnable faiblesse de mieux aimer le beau au premier degré que le laid au second, et me demande parfois à quels immondes disgracieux du goût certains éditeurs confient le soin de choisir les couvertures de leur collection de poche), malgré, donc, ces redoutables et néanmoins surmontés obstacles, je finis, sans grande conviction, par entreprendre l’ascension du petit bouquin de cet Américain qui se flingua en 1984. Il me fut, il est vrai, tant vanté par trois (si ce n’est plus) confrères blogoscripteurs dont j’admire grandement le style, que j’avais fini par l’acquérir il y a quelques mois déjà, leur unanimité le faisant entrer de facto dans la prestigieuse catégorie des classiques impératifs. Je n’allais tout de même pas attendre de recueillir les injonctions d’un nombre de belles plumes suffisant pour me faire un édredon.

Alors va pour Babylone. Pourtant, c’est à petits pas précautionneux que je m’aventurai en ce volume, nez pincé et souffle maussade, prête à rengainer mon marque-page plus vite que l’ombre aiguisée du crayon se découpant sur la blancheur douteuse d’une page rêche qui chuchotait sous les frottements des pouces.
J’avais certes cru comprendre que le héros dudit opus n’avait que fort peu à voir avec Hercule Poirot ou Philip Marlowe. Mais n’aimant pas le genre, et appréciant à peine plus la compagnie des méchantes gens et des gangsters sur un écran ou sur papier qu’en face de moi (sauf si c’est Bogart qui cause, évidemment), je ne voyais pas en quoi j’en aurais aimé la parodie.
 Cependant, l’aspect parodique n’est que très secondaire. Il ne s’agit pas de déboulonner platement, en tâcheron de la dérision, un genre archi-codé.
Ici, on ne tire pas sur le styliste du roman de gare : on tire le portrait d’un raté somptueux.
Que n’aurais-je manqué en m’abstenant !
Car la lecture des déboires de ce sublime absent est un cruel délice.

a) Cruel, car il me donna un peu trop l’impression de lire l’histoire d’un jumeau, affligé d’une tare incurable qui m’est bien familière : l’addiction à la rêverie. Cette tendance à se faire dévorer par la représentation de « ce qui pourrait, si… », à laisser sa vie entière s’abîmer dans l’obscure clarté des gouffres infaillibles du conditionnel où disparaît littéralement toute possibilité de maîtriser si peu que ce soit le cours d’un hic et nunc qui s’abolit.
Le privé de Brautigan, c’est Hamlet qui a trouvé la troisième voie sur le quai menant Harry Potter à Poudlard , entre "to be" et "not to be": réussir à rêver sans mourir. Et hop, d’un petit coup de dialectique bien senti, on fait céder la serrure de l’alternative carcérale.
Un virtuose de la fuite.
« To be or not to be. [...] To die, to sleep,
To sleep, perchance to dream... Hey, there is the rub,
For in that sleep of death what dreams may come,
When we have shuffled off this mortal coil,
Must give us pause: there's the respect
That makes a calamity of so long life.
For who would bear the whips and scorns of time,… »

Pour C. Card, il n’y a pas de « Hey… ». Lui, il s’en fiche, des cauchemars difformes du « undiscovered country from whose bourns no traveller returns. » Il a peut-être deux chaussettes différentes aux pieds, mais il a les jardins de Babylone suspendus dans la tête, alors…
Ex :
« J’ai commencé à rêver de Babylone en redescendant chez moi. Il ne fallait à aucun prix que je me mette à rêver de Babylone juste au moment où je commençais à arranger quelques trucs. Si je me mettais à gamberger à Babylone, il allait se passer des heures sans que je m’en rende compte. Je pouvais très bien m’asseoir dans mon appartement et tout d’un coup, il serait déjà minuit, et alors là, ça y serait : j’aurais perdu mes maigres chances de remettre un peu d’ordre dans ma vie, ce qui, dans l’immédiat, signifiait que je trouve des balles pour mon pistolet. » p26.
Ou encore :
 « Le petit moment qu’il a fallu à l’autobus pour remonter la colline m’a permis de penser un peu à mon feuilleton policier à Babylone. Je me suis installé confortablement et Babylone m’a envahi l’esprit comme du sirop d’érable chaud qu’on verse sur des crêpes brûlantes. […] Mais il fallait que je fasse attention à ne pas me laisser emballer. Même en essayant de bien maîtriser ma Babylone, j’ai laissé passer deux arrêts après ma station et il a fallu que je refasse le trajet à pied dans l’autre sens. » p98.

C’est exactement ça ! Certaines vies ressemblent à un trajet en autobus dont on n’arrête pas de rater les stations. Je le vois gros comme une maison, que je finirai comme lui… Bouh.

«  Dommage que Babylone m’ait si complètement absorbé quand je suivais les cours de l’école de police avec lui. On aurait pu devenir collaborateurs tous les deux. L’idée me plaisait bien. Enfin, Babylone me plaisait beaucoup, alors… Même si ça me rendait la vie un peu difficile, je ne regrettais pas du tout de rêver tout le temps à Babylone. » p183.

b) Cruauté douce, donc, et délice de lecture, car Brautigan a le génie des métaphores, des noms de baptême et des formules absurdes.

Ex : (Commentaire d’un sergent après la découverte du cadavre d’une jeune femme poignardée avec un coupe-papier) « Quelqu’un aurait dû l’emmener dans une papeterie pour lui expliquer la différence entre une enveloppe et une pute. » p 38
« Les mots étaient très secs quand ils sont sortis de sa bouche. On aurait dit le désert du Sahara qui parlait. » p189
« Elle portait un manteau de fourrure qui valait plus que tous les gens que je connaissais réunis et multipliés par deux. » p133
(Lorsqu’une cabine téléphonique lui mange sa pièce de cinq cents)
« Le silence a continué de régner à l’intérieur du combiné. Et il n’était pas d’or : rien que le putain d’alliage de ma mitraille. » p153
« A la façon dont ils riaient, on se serait douté que leur entreprise n’était pas affiliée à une caisse de retraite. » p157.
« Le truand a complètement fermé sa gueule, comme si on lui avait laissé tomber un mont Everest invisible sur la bouche. » p194.
« … un chauffeur avec un cou gros comme un troupeau de buffles. » p209.

Sur ce, je vous laisse.
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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 21:37



(Illustration extraite d' "En peinture Simone", d'Alain Créhange,
d'après Nicolas Poussin, Les Bergers d'Arcadie.)


Dans la série "Laissons écrire les autres parce qu'on sait pas trop si ce qu'on a en tête, c'est du l'art ou du cochon", nous poursuivons ce soir avec un esbaudissant recueil de néologismes dont les définitions sont quand même bien trouvées. Je me suis décidée à acheter les trois tomes de ce dictionnaire hors de prix, aux jolies couvertures de tissu coloré (s'il vaut mieux attendre pour se l'offrir qu'il sorte en poche, la trilogie reliée fait un joli cadeau de Noël) pour avoir confirmation que je ne faisais pas fausse route dans un petit article que je pondis au printemps dernier dans la presse sur la propriété intellectuelle. Il sera reproduit ici dans quelques jours.


Belgoyer : se pencher pour ramasser ses clefs et faire tomber stylo, lunettes, monnaie et téléphone portable.

Breudeune : disparition des symptômes le temps de la visite chez le médecin.

Eèèèèèèèèèè : chat qui s’est assis sur votre clavier d’ordinateur.

Pouer : découvrir à la fin du paragraphe qu’on ne se souvient de rien de ce qu’on vient de lire.

Poutskov* : chapitre 2 d’un roman russe que vous relisez pour la troisième fois pour vérifier si « Katioucha », « Macha », « Maria Fedorovna » et « ma petite Douchka » sont bien la même personne.


Flobarder : être tellement en avance qu’on finit par arriver en retard.

Efidopthèque :
1°) personne qui vous serre la main en regardant ailleurs.
2°) personne qui voit tout plus grand que nature, tout sauf vous.

Eguélé : truc récupéré qu’on aurait mieux fait de laisser dans la rue.
Fam : insulte entre conjoints.

Gosomer : se sentir obligé d’acheter quelque chose parce qu’on est resté longtemps dans la boutique.

Huindre : s’égarer au premier rond point alors qu’on vient de vous expliquer l’itinéraire.

Ir : mourir avant d’avoir rangé ses affaires.

Izguter : intervenir avec véhémence dans une discussion où l’on ne parlait pas du tout de ça.

Joche-burer : associer deux plaisirs qui s’annulent.
Ex : écouter l’adagio de la Cinquième de Mahler en dégustant un tourteau.

Hurseoir : s’engager en courant dans un escalator en panne.
Com. : annoncer une bonne nouvelle à quelqu’un qui la connaissait déjà.

Jorobrahir : relire à jeun l’idée géniale qu’on a notée dans la nuit.
Par ext : ne pas réussir à se relire.

Oxu : objet qu’on vient de retrouver et qu’on perd aussitôt.

Puiffer : se demander soudain si on n’avait pas rendez-vous ailleurs, ou ici mais hier.

Retolburer : partir en claquant violemment une porte à fermeture hydraulique.

Somtamer : ne plus oser bouger les genoux pour ne pas déranger le chat.

Zoupard : distance entre le ticket de péage et le doigt tendu (ord. 5,3 cm)



*
Ma préférée : j'ai pouffé à "Poutskov"




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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 22:09
Suivant le conseil inspiré de Slevtar, j’ai plongé dans le recueil de Craig Davidson, Un Goût de rouille et d'os.

Pas encore eu le temps de finir le volume entier, mais la première nouvelle qui donne son titre au livre est d’une puissance insoutenable. J’ai honte de l’automatisme facile de la comparaison  (car c’est une nouvelle sur un boxeur) mais c’est exactement cela : dès la première page, on est ouvert, à vif, sonné, plié en deux, souffle coupé, et l’acouphène du choc accompagne chaque phrase lue du sifflement lancinant d’un seul cri qui hurle dans le silence inarticulé : « Nooonn ! »
Non, l’homme ne peut pas faire ça à l’homme. Impossible. Toujours, encore, certains se repaissent de la douleur de leurs semblables. Mais qu’ont-ils, mais qu’ont-ils comme bouillie puante sous le crâne ? A vous donner des envies de meurtre, de tirer dans le tas, dans les meutes de ces chiens assoiffés des larmes et du sang des autres. En quoi je ne vaux pas mieux qu’eux. Triste rage.

Début :
« Il y a vingt-sept os dans la main humaine. Entre autres, le lunatum, le capitatum et le naviculaire, le scaphoïde et le triquétrum, ou bien encore les minuscules pisiformes cornus de la face extérieure du poignet. Ils ont beau être tous différents dans leur forme comme dans leur densité, ils sont tous bien alignés, leurs contours sont parfaitement ajustés et ils sont reliés par un réseau de ligaments qui courent sous la peau. […]
Cassez-vous un bras ou une jambe, et l’os va s’envelopper de calcium en se ressoudant, si bien qu’il sera plus solide qu’avant. Mais cassez-vous un os de la main, et cela ne guérit jamais correctement. On se fracture un os du tarse et la ligne de fêlure reste visible pour toujours : comme une faille de granit sur les radios. Si on a un métacarpien écrasé, on est bon : les esquilles d’os qui ne sont pas absorbées par des tissus tendres sont dévorées par les enzymes ; cette poudre passe ensuite dans les système sanguin. Regardez donc les mains d’un boxeur : les jointures se sont écrasées contre les lourds sacs de frappe ou contre le visage d’un adversaire et la peau s’est fendue en diagonales croisées, comme une grille de cicatrices en X. Vous verrez des hommes pleurer lorsqu’ils se fracturent la main durant un combat, des Mexicains à la peau dure ou de ouvriers métallos, des malabars effondrés sur leur tabouret avec les larmes qui leur jaillissent des yeux. Ce n’est pas tant la douleur, même si l’anticipation de cette douleur est bien présente - avec les paluches qui gonflent dans les gros gants rouges et le crissement électrique de l’os contre l’os ; c’est peut-être la huitième reprise et tu tapes avec ton poing en bouillie jusqu’à la dixième pour gagner de justesse. C’est la frustration qui les fait pleurer. […]
Les bandages pour mes mains sont étalés sur mes genoux et je les enroule en chevrons crasseux autour du pouce gauche, du poignet et de la paume de ma main. Il fut un temps où j’avais des mains fortes – de véritables casse-noix comme disait Teddy Hutch. Mais maintenant elles ont été cassées tant de fois que les os sont comme des éclats de porcelaine dans un sac de mousseline. Il suffit d’un coup un peu fort  pour les fracasser. »



Addenda :
Et, alors que j’allais me résoudre à « griller un joker » en citant la chanson indépassable de Simon et Garfunkel qui s’impose pourtant mais que je garde en réserve depuis le printemps dernier pour illustrer un texte que je n’ai toujours pas été fichue de finir, je pense soudain à Edith Piaf et son Marcel Cerdan. Certes, entre les stars du système et les sauvages combats sans règle du récit de Davidson, il y a un monde, mais on perçoit dans le timbre éraflé de cette femme précisément la bonne densité colorée de douleur.


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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 11:38



Sur les conseils avisés que me donnèrent quelques lecteurs – blogueurs (dont Brigitte Giraud)  l’hiver dernier, je profitai de l’été pour me jeter sur La Route, de Cormac McCarthy.
L’une des plus fortes émotions littéraires sur papier de cette année.
Je ne me souviens pas avoir lu plus bouleversante expression de l’amour m/p/aternel . Cette puissance animale qui vous fait invoquer, la main sur un front brûlant, toutes les forces de l’univers pour lui interdire, jamais, de s’en prendre au vôtre, de chaton, quel que soit le chaos alentour.

Extraits :
« Ils étaient là tous deux pareils aux vagabonds de la fable, engloutis et perdus dans les entrailles d’une bête de granit. » (p9)
« Les cendres du monde défunt emportées çà et là dans le vide sur les vents froids et profanes. Emportées au loin et dispersées et emportées encore plus loin. Toute chose coupée de son fondement. Sans support dans l’air chargé de cendre. Soutenue par un souffle, tremblante et brève. » (p16)
« Ni l’un ni l’autre n’avaient prononcé un seul mot. C’était la journée parfaite de son enfance. La journée sur laquelle modeler les jours. » (p18)
« Les nuits étaient longues et sombres et froides plus que tout ce qu’ils avaient connu jusqu’à présent. Froides à faire éclater les pierres. A vous ôter al vie. Il serrait contre lui le petit qui grelottait et il comptait dans le noir chacune de ses fragiles respirations. » (p19)
« C’est mon enfant, dit-il. Je suis en train de lui laver les cheveux. […]. C’est mon rôle. Puis il l’enveloppa dans la couverture et le porta auprès du feu. […] Du pied, il dégagea les emplacements dans le sable pour les hanches et les épaules du petit à l’endroit où il allait dormir, et il s’assit en le tenant contre lui, ébouriffant ses cheveux pour les faire sécher près du feu. Tout cela comme une antique bénédiction. Ainsi soit-il. Evoque les formes. Quand tu n’as rien d’autre, construis des cérémonies à partir de rien et anime-les de ton souffle. […]
Il écoutait. Le petit ne bougeait pas. Il s’assit à côté de lui et caressa ses pâles cheveux emmêlés. Calice d’or, bon pour abriter un dieu. S’il te plaît, ne me dis pas comment l’histoire va finir. » (p71)
« Au bout d’un moment, l’homme l’entendit qui jouait. Une musique informe pour les temps à venir. Ou peut-être l’ultime musique terrestre tirée des cendres de ruines. L’homme s’était retourné et regardait. Perdu dans sa concentration. Triste et solitaire enfant-fée annonçant l’arrivée d’un spectacle ambulant dans un bourg ou un village sans savoir que les spectateurs ont tous été enlevés par des loups. » (p74)
«  Il essayait de trouver quelque chose à dire, mais il ne trouvait rien. Il avait éprouvé ce sentiment-là avant, au-delà de l’engourdissement ou du morne désespoir. Le monde se contractant autour d’un noyau brut d’entités sécables. Le nom des choses suivant lentement ces choses dans l’oubli. Les couleurs. Le nom des oiseaux. Les choses à manger. Finalement, les noms des choses qu’on croyait être vraies. Plus fragiles qu’il ne l’aurait pensé. Combien avaient déjà disparu ? L’idiome sacré coupé de ses référents et de sa réalité. Se repliant comme une chose qui tente de préserver la chaleur. Pour disparaître à jamais le moment venu. » (p83)
« … L’idée qu’il pût y avoir quelque chose par rapport à quoi opérer une correction. Son intelligence le trahissait. Des fantômes dont on était sans nouvelles depuis un millénaire qui s’éveillaient lentement de leur sommeil. Rectifier par rapport à ça. Le petit ne tenait plus sur ses jambes. Il demandait qu’on le porte, trébuchant et articulant à peine, et l’homme le souleva pour le porter et le petit s’endormit instantanément sur ses épaules. Il savait qu’il ne pourrait  pas le porter loin.
Il se réveilla allongé sur les feuilles dans l’obscurité des bois, secoué de violents frissons. Il se redressa, cherchant à tâtons autour de lui pour trouver le petit. Il gardait la main sur les côtes décharnées. La chaleur et le mouvement. Le battement du cœur. » (p107)
« Il resta allongé là un bon moment, puisant et portant l’eau à sa bouche une main à la fois. Rien dans son souvenir nulle part de n’importe quoi d’aussi bon. » (p112)
«  Les nuits étaient mortellement froides et d’un noir de cercueil, et la lente venue du matin se chargeait d’un terrible silence. Comme une aube avant une bataille. La peau du petit était de la  couleur d’une bougie et presque transparente.
Il y avait des moments où il était pris d’irrépressibles sanglots quand il regardait l’enfant dormir, mais ce n’était pas à cause de la mort. Il n’était pas sûr de savoir à cause de quoi, mais il pensait que c’était à cause de la beauté ou à cause de la bonté.
Le froid tournoyant sans répit autour de la terre intestat. L’implacable obscurité. Les chiens aveugles du soleil dans leur course. L’accablant vide noir de l’univers. Et quelque part deux animaux traqués tremblant comme des renards dans leur refuge. Du temps en sursis et un monde en sursis et des yeux en sursis pour le pleurer. » (p119)
« Dix mille rêves dans le sépulcre de leurs cœurs passés au gril. Ils continuaient. Marchant sur le monde mort comme des rats tournant sur une roue. » (p241)
« Il restait allongé les yeux fixés sur le petit près du feu. Il voulait être capable de voir. Regarde autour de toi, dit-il. Il n’y a pas dans la longue chronique de la terre de prophète qui ne soit honoré ici aujourd’hui. De quelque forme que tu aies parlé tu avais raison. » (p245)
« Dans ce couloir froid ils avaient atteint le point de non-retour qui, depuis le commencement ne se mesurait qu’à la lumière qu’ils portaient avec eux. » (p247)

Le reste est dans le livre.


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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 07:27

 



 

 

Le titre, d’abord, frémissant comme une fragile promesse.
Le tableau, ensuite, de l’auteur, peintre aussi, chaude enveloppe de couleurs et de traits.
Belle. Je ne trouve rien d’autre ; ou alors trop.

Et les mots. Ceux d’un médecin, chef de service spécialisé.
Ceux des infirmières, ceux de leurs évanescentes protégées, et ceux de Brigitte Giraud, surtout.

C’est un livre sur l’anorexie. Lire un ouvrage sur pareil sujet ne va pas de soi lorsqu’on n’est pas hanté par les mêmes démons. Mais les démons ont ceci de commun, quelques divers qu’ils soient : ils parlent tous la même langue, ou du moins partagent-ils tous un vocabulaire semblable. Et tous, ils se sont frayé un chemin vers le cœur vif de l’être, comme des termites dans une charpente. Alors, sans aplanir l’extrême et irréductible spécificité de l’anorexie, qu’importe le nom de vos rongeurs intimes. Qu’importe que vos falaises intérieures vous mènent vers tel ou tel précipice. La seule condition pour comprendre une faille est d’avoir en soi une fêlure qui la laisse s’y engager, de ne pas être une forteresse.

Dans ces pages, on comprend. Et on apprend, aussi.

On apprend que l’anorexie exista en tous siècles, et qu’avant l’avènement du règne du psy, elle fut longtemps assimilée à une ferveur mystique, une consomption par laquelle les saintes se laissaient gagner plus vite par l’apesanteur des cieux : Claire d’Assise, compagne de François du même nom, fondatrice des Clarisses ; Catherine de Sienne, d’autres encore.
Et tant d’auteurs : Michaux, Kafka (cf Un artiste de la faim), Camus, Simone Weil, Amélie Nothomb (cf Biographie de la faim), même,… furent approchés, voire dévorés par le vampire.

 ... et on comprend. Beaucoup.


Extraits : « Je crois que, de la même façon que les larmes pour la petite fille, l’anorexie vient apaiser quelque chose en soi. »

Il s’agit d’ « incarner la conscience tragique de l’existence. […] Le sens des choses est parfois si seul ! »

Ou cette phrase si juste : «  A remuer la glaise du mal, je ne donne forme à rien. »

Et pour finir, cette citation de l’Homme révolté de Camus : « Je crois que je ne crois à rien et que tout est absurde, mais je ne puis douter de mon cri et il me faut au moins croire à ma protestation. »

 
PS 1 : Ne pas confondre Brigitte Giraud avec Brigitte Giraud

PS2 : J’espère n’en avoir pas trop dit et défloré le cœur de l’œuvre.

 

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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 00:21

 

 (Retranscription approximative de lettres du peintre Fernand Léger écrites depuis le front de la guerre de quatorze, lues au théâtre par Jacques Gamblin.)

 

Un champ de bataille déserté à Douaumont, non loin de Verdun. La terre y est remuée sur trois mètres de profondeur et sur des kilomètres carrés. Rien, absolument rien de vivant ne subsiste. Pas une fleur, pas un arbre, pas un oiseau. Pas un homme. Plus même un morceau de bois. Pour transporter les blessés, les brancardiers utilisent des jambes de cadavres encore bottées en guise d’armature. Y séjourner pourtant. S’abriter dans un trou d’obus : statistiquement, il est très rare que deux marmites tombent au même endroit. Mais par temps de pluie, les éviter absolument : les parois de glaise rendent toute remontée impossible au soldat isolé et en font un noyé à coup sûr.

Chercher dans la glaise un endroit où la concentration en morceaux humains est plus faible. On n’enterre plus les cadavres depuis longtemps. Le pilonnage suivant les déterre aussitôt. Se retrouver, malgré tout, à voisiner avec une main, un morceau de crâne. S’y résoudre. Y planter sa cape en guise de toile de tente. Dans la boue parfaitement remuée, le seul point fixe où accrocher ses affaires, ce sont les pieds d’un soldat qui dépassent de la terre. Une patère comme une autre.

 
Et l'on y voit un nouveau groupe d'hommes en train de creuser une nouvelle tranchée, pour de nouveaux combats, au même endroit, exactement au même endroit déjà saturé de cadavres.


Ce qu’il y a de fascinant, c’est la merveilleuse rationalité de cette guerre où tous les moyens de tuer sont rassemblés, de la plus traditionnelle baïonnette à l’implacable puissance des plus modernes : marmites, gaz,… Tant d’hommes au kilomètre carré, tant d’obus à la minute, tant de tonnes de chair hachée par heure. C’est parfait, c’est carré.

 

Et ces paysages ! Pour un peintre cubiste, c’est épatant. Y a qu’à copier ce qu’on voit. Aux abords de Douaumont en ruines, le point culminant est cet arbre mort au sommet duquel s’est accrochée une chaise. On le prendrait pour un fou, celui qui oserait peindre cela !

 

 Et t’écrire, t’écrire, à toi, à l’arrière, ce qu’on voit quand on ne peut pas le peindre. Ecrire pour ne pas devenir dingue. Pour ne pas crever. Noircir des lettres et des lettres, compulsivement, pour ne pas hurler de terreur. Vous tous qui êtes à Paris, que savez-vous de la vie ? Que savez-vous des minutes de vie que vous laissez perdre ? Que savez-vous de ce qu’est une chaussette, un bouton, un briquet ? Moi, je sais, moi, je sais ce que c’est. Je saurai les regarder, quand j’en reverrai.

 

Ce qui me scie toujours, c’est qu’il ait pu en revenir un, un seul, qui ne soit pas fou, profondément fou.

Et pourtant, à les lire, ceux qui n’en ont plus parlé jamais, on comprend l’inconcevable capacité d’adaptation de la nature humaine, ce formidable pouvoir du verbe et de l’œil. Fixer un détail de son regard distancié de peintre pour ne pas s’étouffer dans le chaos total. Ecrire et voir pour demeurer debout, malgré tout, dans la boue. Le verbe recréateur, une plume contre l’acier, combat d’ondes contraires.  


Oups, j'allais oublier : joyeux Noël ! Vous reprendrez bien un peu de foie gras... Non, vraiment ?
Non, non, ne me remerciez pas, votre cholestérol s'en chargera.
Quand même, aucun sens de l'à propos, celle-là.
Même pas prémédité, en plus. Voulais faire un texte sur l'amûr, pas sur la guerre,
et v'la-t-y pas que les tranchées se sont imposées.
Va  comprendre...

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 22:11

 

 

 

Camille Claudel, La vague.

 

« La sculpture, c’est de la musique pétrifiée. »

                                                                       Goethe.

 

Dans Eupalinos ou l'architecte, Valéry disait à peu près la même chose

de l'architecture et de la musique :

que c'étaient les deux seuls arts que vous pouviez habiter, qui avaient le pouvoir de vous envelopper totalement, dans lesquels vous pouviez vous blottir dans toutes vos dimensions.

Et je regrette un peu le temps où sculpture et architecture ne faisaient qu'un, où l'on n'avait pas peur de l'ornementation. La première reconstruction, celle d'après 1914-18, n'avait pas encore renoncé à cette Union Sacrée entre les deux, dans la folle exubérance de l'Art Déco, comme ce fut le cas avec la symbiose entre l'architecte Expert et le sculpteur Sarrabezolles, parfois franchement lourdaud dans ses colosses de béton, mais parfois aussi touché par la grâce. Alors que la deuxième, plombée par l'urgence, naufragée de l'humanité, laminée par l'horreur, ne jure plus que par la nudité du concept.

Logique. Tragique.

 

Je n'ai pas pris le temps de retrouver la citation exacte, sorry... Ah ben si, je retombe dessus, la voici :

"[...] D'un côté, la musique et l'architecture ; de l'autre, les autres arts. Une peinture, cher Phèdre, ne couvre qu'une surface. [...] .La statuaire, mêmement, n'orne jamais qu'une portion de notre vue. Mais un temple [...] forme pour nous une sorte de grandeur complète dans laquelle nous vivons. Nous sommes, nous nous mouvons, nous vivons alors dans l'oeuvre de l'homme. ! Il n'est de partie de cette triple étendue qui ne fût étudiée, réfléchie. Nous y respirons en quelque manière la volonté et les préférences de quelqu'un. Nous sommes pris et maîtrisés dans les proportions qu'il a choisies. Nous ne pouvons lui échapper.

[...Blabla dialogué socratiforme ... ]

{Quand] l'orchestre emplissait la salle de sons et de fantômes, ne te semblait-il pas que l'espace primitif était substitué par un espace intelligible et changeant ; ou plutôt que le temps lui-même t'entourait de toutes parts ? Ne vivais-tu pas dans un édifice mobile, et sans cesse renouvelé, et reconstruit en lui-même : tout consacré aux transformations d'une âme qui serait l'âme de l'étendue ? N'était-ce pas une plénitude changeante, analogue à une flamme continue, éclairant et réchauffant tout ton être par une incessante combustion de souvenirs, de pressentiments, de regrets et de présages, et d'une infinité d'émotions sans causes précises ? Et ces moments et leurs ornements ; et ces danses sans danseuses; et ces statues sans corps et sans visage (mais pourtant si délicatement dessinées), ne te semblaient-ils pas t'environner, toi, esclave de la présence générale de la musique ? Et cette production inestimable de prestiges, n'étais-tu pas enfermé avec elle, et contraint de l'être, comme une pythie dans sa chambre de fumée ?"

 

        Paul Valéry, Eupalinos ou l'architecte, Nrf Poésie gallimard, p 41 - 42.

 

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