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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 10:38


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Published by Clarinesse - dans Humeurs - rumeurs
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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 10:09

 

Ayant tout de même un minimum de commisération pour les esprits égarés qui ont parfois l'étrange idée de venir se perdre en ces pages, je me permets de sortir des caractères lilliputiens des commentaires l’indigeste réponse que m’inspira ce matin l’intervention du poète aux semelles (et aux blogs) de vent.

« Vous avez devant vous un des détracteurs les plus sauvages, les plus virulents, les plus acharnés de la vision cyclique de l'univers. Je pense que ce concept est le plus néfaste du monde. Les cycles Hindous ou Grecs me rendent malades... C'est une longue histoire, une très longue histoire qui met en jeu le sort éternel des individus, selon l'attitude qu'ils choisiront d'adopter quant à ce concept. Excusez du peu... »


« Vous avez devant vous un des détracteurs les plus sauvages… » Oh my God, rien que ça !
J’en tremble. Le combat s’annonce titanesque.  :)
Mais c’est bête, je n’ai aucune, mais aucune envie de me battre avec quiconque. J’ai déjà bien assez à faire avec mes démons intérieurs : vous savez (ou peut-être pas, puisque vous n’aimez pas la lecture de ce genre de récit, ce dont vous avez bien le droit, vu les étincelles qui sortent de votre plume), un peu comme dans la Métamorphose de  Kafka, où le narrateur se réveille un matin transformé en cloporte à taille humaine. Ben moi, c’est un peu pareil, sauf que le cafard, un bien costaud, bien retors, je le côtoie chaque seconde dans la prison qu’est ma caboche. Et le tenir en respect n’est pas une mince affaire, car il se réveille à chaque frémissement de certain palpitant. Passons.
Une contrée en pleine guerre civile ne s’aventure pas à affronter de nouveaux ennemis extérieurs.
Mais sur le fond quand même, rassurez-vous. Même si j’ai employé un peu vite l’expression de « cycle fermé », emportée par l’élan de ma repartie et l’impérieux appel de Morphée qui commençait à se faire si pressant que seul un œil et un demi-neurone restaient ouverts, je ne suis pas une tenante de la conception cyclique de la marche de l’univers et de l’humanité. Pas d’un point de vue théologique et dogmatique en tous cas. Certes, l’histoire présente de troublantes réminiscences, dans la succession des civilisations qui enchaînent consciencieusement apogées et catastrophes, mais les questions de métaphysique pure, cela fait un moment que je les ai désertées. En ce domaine, seul le doute m’habite, comme dirait Desproges. Quoi que l’on croie, je ne vois pas comment les bestioles que nous sommes pourraient un jour détenir le « Pourquoi » de ce qui existe. Creuser le « Comment » des choses, là oui, les scientifiques s’y emploient brillamment, mais aussi loin qu’ils remonteront, l’ultime origine, celle du sens des choses, demeurera à jamais du domaine de la croyance, et résistera au savoir. Voilà ce que je pense, et tous les dogmes se défendent très bien tout seuls sans moi, chacun ayant levé des armées entières de croyants. Je ne vois pas en quoi il serait utile que je prenne part aux guerres de religion, fussent-elles théoriques.
Et puis, on n’a rien inventé de mieux que la roue et le cycle pour avancer, que je sache.
Un cycle n’a jamais empêché de progresser. Demandez à Bernard Hinault.
En outre, puis-je vous rappeler qu’il n’était en rien question dans le petit texte précédent de création : seulement de construction et de responsabilité.
L’homme construit, c’est un bâtisseur, et ses œuvres sont aussi grandes que ses forfaits, loué et maudit soit-il tout à la fois, amène aux fils leur pain de ce jour. Et je ne me risquerai pas à blasphémer plus explicitement face au « détracteur le plus etc… » Loin de moi l’idée de réduire l’humanité à une engeance grouillante et vaine. Non, non, ses chefs d’œuvre atteignent parfois au sublime.
Seulement, votre commentaire rappelait l’humilité de ne pas se prendre pour un créateur, dans la dimension démiurgique du terme, capable de faire du beau ex nihilo, ce à quoi j’acquiesçai  de tout l’enthousiasme saugrenu de mes enzymes à mandibules.
Point de Création, donc, mais de la construction, de la transformation, et c’est là toute la gloire de l’homme, grand transformateur devant l’Eternel de ce qui est.
Et transformer, dans ce bas monde foisonnant de formes, ce n’est pas rien. Hors des formes, que de l’atome. Le néant, en somme, le chaos. Et ce n’est pas Aristote qui me contredira, non mais.
Le cycle fermé dont Lavoisier et moi-même parlions ici, (oui, nous nous sommes croisés hier encore) c’est celui de la matière, pas de l’Histoire. Il paraît que l’univers est en expansion, mais toutes ces découvertes astronomiques dépassent largement mon humble entendement de terrienne. Sur ce caillou qu’est notre petite planète, c’est bien la finitude d’une sphère close qui règne.
Bon sens de base, c’est tout. Après, libre à chacun de construire tous les châteaux qu’il veut avec les grains de sable d’ici-bas.

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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 23:56

Où l’on voit que le mythe du génie créateur en prend pour son grade.
A l’occasion d’une exposition d’artistes contemporains, je découvris la technique japonaise ancestrale du «raku ».
Voici donc ce que je gratouillai, aujourd’hui, sur le dodu papier du (petit) canard local qui me fit l’honneur de m’ouvrir ses colonnes.
L’artiste en question « projette des copeaux de bois sur la figure en terre cuite dès sa sortie du four. Au contact de la forme brûlante, le bois s’embrase et, dans un ballet de fumée, fissure la terre et lui imprime des arabesques charbonneuses. Une sorte d’éruption volcanique rejouée à l’échelle d’un atelier. Symbole de l’acte créateur qui fait de tout artiste une sorte de Vulcain dans sa forge aux prises avec les mystères des origines. »
La photo de ce visage baigné de vapeurs comme des silhouettes dans un hammam (que je vous montrerai après en avoir demandé l’autorisation préalable à qui de droit) était saisissante.
C’est fou comme il est facile de se laisser emporter par ses accès de fièvre plumitive. C’est si doux de  planer sur les courants chauds des envolées lyriques, de se la jouer démiurge prométhéen le bref temps d’une virée dans la Second life des effets oratoires.
C’est alors que, selon le procédé bien connu de la douche écossaise, ou de la balle qui rebondit contre le mur et que vous êtes sûr de recevoir en pleine pomme, Joruri me rappelle dans un commentaire que « à partir du moment où nous ne sommes pas l'auteur de notre propre être, on ne voit pas trop de quoi on pourrait bien être le "créateur"... ».
Bon, ben n’ai plus qu’à replier ma plume cerf-volant et à planter des p’tits pois.
Ce que je ne me fis pas dire deux fois par moi-même en répondant de ce pas de doigts sur clavier.

"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme."
Lavoisier voisine avec la voix ma foi bien pénétrante de la Providence.
C'est étrange comme physique et métaphysique, sinon religion, se rejoignent sur ce point.
Un cycle fermé, finalement : nous ne sommes guère que des enzymes, à transformer ce qui nous tombe sous la dent en poèmes, en tableaux, en sculptures, en musiques, chacun selon son petit code ADN, à fabriquer ce qu'il sait faire, consciencieusement, de ses petites mandibules appliquées.

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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 22:37
  ""  "La vérité ne rêve jamais" a dit un philosophe oriental.
C'est pourquoi elle ne nous intéresse pas. ""


                                       Cioran, Oeuvres, coll. Quarto Gallimard.

(Ouvert au pifomètre à la page 521, après passage par le commentaire de Sylvaine.)
Et une autre, page 464, car entrer dans Cioran, c'est ne plus en sortir :
 
"" Exister, c'est-à-dire colorer affectivement chaque instant. Par des nuances de sentiments, nous concédons une réalité au rien. Sans les dépenses de l'âme, nous vivrions dans un univers blanc : car les "objets" ne sont que les illusions matérielles d'excès intérieurs. ""


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Published by Clarinesse - dans Citations fascinées
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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 22:06
La propriété ne donne pas tant de droits que de devoirs.
On n'est jamais que le dépositaire de ce que l'on possède, le responsable de ce que l'on construit.


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Published by Clarinesse - dans Aphorismes informels
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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 21:41

 

Le rythme est à la prose ce que le parfum est au Jean-Baptiste Grenouille de Süskind :
il donne aux mots un pouvoir presque occulte, un pouvoir de charmeur de serpent,
la douce puissance de s’insinuer, suivant le frêle et sinueux chemin des fines veines bleutées de la tempe qui mènent à l’oreille pour chatouiller le cortex de son imperceptible flux, lui ôter tout résistance au concept nouveau qui pourra se loger, corps étranger incognito, dans l’esprit de son hôte. Le charme du chant, formule enjôleuse : accès direct à l'être sans passer par la case conscience.

 

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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 21:01

Précisons au préalable que le petit exercice de style qui va suivre constitue l’acquittement d’une dette d’honneur et me fut indignement extorqué (non, ceci n’est pas une incohérence, mais un trop subtil paradoxe) par le propriétaire de l’Île Sainte-Absence que j’eus l’audace d’usurper avant-hier ici même. Le pardon était à ce prix… Vous remarquerez tout de même que les mœurs se sont considérablement adoucies depuis le Marchand de Venise.

J’ai toujours eu beaucoup de mal avec les critiques qui ne citent pas quelques extraits des œuvres dont elles rendent compte ; et globalement avec tous ceux qui prétendent penser à ma place.
Sauf quand elles émanent d’une cervelle que je connais et apprécie assez pour me laisser guider par elle les yeux fermés (ou presque). Mais je ne me permettrai pas de solliciter que l’on m’accorde une telle confiance.
On ne va pas au cirque pour écouter Monsieur Loyal bavarder pendant deux heures, mais pour admirer les acrobates.
Montrez-moi donc l’article que je juge sur pièce, vous seriez bien aimable, grand merci.
Critiquer sans citer, c’est un peu comme faire saliver un affamé en lui décrivant par le menu un festin de roi sans lui en accorder une miette.
Un apéritif n’a pas besoin d’être sadique pour ouvrir l'appétit.
De plus, mieux vaut laisser parler un livre que parler de lui.
Une seule phrase d’un auteur en dit souvent bien plus long sur son style que tous les verbeux discours dont on peut essayer de le décrire.
S’il est bon, il se défendra très bien tout seul.
Et je ne me vois pas causer à la place d’un monsieur qui cause bien mieux lui-même.
S’il est mauvais, (ce qui n’est pas le cas ici, et il semblerait que je ne sois pas seule à le penser dans ces parages du blogo-cosme), cela m’évitera la peine de le descendre.

Voici donc un petit florilège de Qui comme Ulysse, recueil de nouvelles publié par Georges Flipo chez Anne Carrière, et qu’on ne présente plus.

Dans la catégorie « petite phrase assassine » :
« Comité (c’est le sobriquet du personnage) avait du savoir-vivre. Tout ce qu’il faisait se faisait. »
                                              Nocturne
Dans le registre « images douces amères » :
« Il remue le tout sans fureur, comme un vieux chagrin. »
                                              Qui comme Ulysse
Sans oublier, dans la même nouvelle, une jolie comparaison entre la recette des empanadas (sortes de friands argentins à la viande) et la confection des nouvelles.
    
Ou encore :

- une poétique réflexion grammaticale sur l’adjectif possessif qui aurait bien besoin d’être remplacé par l’adjectif affectif de temps à autre dans l’Île Sainte-Absence.
(dont vous pouvez aussi écouter de vive voix la lecture par Cunéipage ici)

 - un jeu d’échecs hautement théologique dans La partie des petits saints.
 - un tableau d’une cruauté qui n’a rien à envier à Picasso, Dali ou aux plus belles heures du surréalisme espagnol, dans Et à l’heure de notre mort.
 - une soirée de tango menteur, dans Confiteria Ideal.
 - etc...

PS : Et la fin en queue de poisson de ce petit papier m'inspire la réflexion suivante :
à savoir qu'à la fin d'un récit, soit c'est le texte qui choit, soit c'est le lecteur.
La chute d'une nouvelle, c'est un peu la marche au bout d'une terrasse : s'il n'y en a pas, on se ramasse.
C'était l'aphorisme de fin de soirée. Bonne nuit.

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Published by Clarinesse - dans Citations fascinées
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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 22:35


 (Titre emprunté à l’une des nouvelles du recueil de Georges Flipo, Qui comme Ulysse.)


C’était à n’y plus rien comprendre : malvenu.
Le regard au lointain, sans remède, est perdu.
Et noyé, ballotté, sans savoir bien pourquoi.
Comme porter un verre fêlé trop près de soi,
Et s’y couper au moindre choc : perdre sa foi.
La présence impossible. L’absence inguérissable.
Il suffisait d’un cri pour fracasser le calme.
Il fallait. Il fallait, regagner le présent.
Tout était encore là. Y manquait le regard.
Impossible à poser. Comme ces balançoires
D’une planche oscillant sur un axe où il faut
Que l’un tombe par terre pour que l’autre en sursaut
S’envole dans les airs. Le regard est trop haut.
Le regard est trop loin. Il faudrait soulever
Le grand poids de la planche pour enfin décrocher
Cet oeil vague d’ailleurs : l’arrimer au rocher.
Il faudra retrouver cette vue, coûte que coûte
Se trancher la paupière, se forcer à fixer
Le très proche, le présent. Oublier le dedans.

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Published by Clarinesse - dans Echappées poétiques
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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 18:10

Elle avait fait le premier pas, pourtant, à bout portant. Celui qui coûte le plus, paraît-il.
E-cervelée d’abord, il ne lui restait plus qu’à se laisser é-coeurer.
Mais là, point de chirurgie possible. Il fallait user d’une arme de transgression massive.
Retourner au caveau, insensible, intouchable.
Elle ouvrit la fenêtre, et se pencha un peu.
Ultime indécision : trois étages seraient-ils suffisants ?
Rien de pire que la prison plus étroite encore d’un pantin survivant, désarticulé, paralysé.
Le "locked in" syndrome du scaphandre et du papillon, elle ne tenait pas franchement à en faire l’expérience… Le vertige resterait invaincu.
Elle préféra une répétition plus banale de la sortie façon Sénèque.
Une brave bassine dans la baignoire avec rasoir ferait l’affaire. On n’allait tout de même pas en mettre partout sous prétexte qu’on pouvait ne pas y revenir. Ne pas en revenir. Prière de laisser les lieux dans l’état où vous les avez trouvés. C’est-à-dire à peu près propres.
Penser à avaler deux aspirines pour fluidifier assez le pourpre liquide et assurer l’évacuation des lieux la plus efficace possible. En diluer une troisième dans la bassine. On n’est jamais trop prudent.
Afin de se laisser le temps de trancher dans le vif de sa sempiternelle valse hésitation, lassée maintenant de se supporter à bout de bras, elle s’attaqua à la montagneuse pile de linge à repasser.
Il fallait d’abord mettre de l’ordre dans les affaires qui continuaient à courir sans elle.
Après tout, rien ne pressait. On n’était plus à trois jours près, au seuil du saut dans le grand soir.
Elle venait de bien plier la dernière chemise, lorsqu’elle s’avisa qu’elle ne pouvait tout de même pas laisser sans nouvelles les derniers messagers amicaux de l’écran.
Ce n’est pas parce qu’on prend congé qu’on doit renoncer à toute exigence de courtoisie.
Elle alluma donc l’étrange lucarne et y vit assez de lumière pour ne plus avoir envie de fermer les yeux tout à fait.
Sauvée des eaux par tant de mots. Point de mer rouge pour cette fois.
Les mots s’interposaient : les (p)eaux ne s’écartaient.
Point de fuite hors des scripts. Mosaïque des voix hypnotise Moïse.
Elle ne pouvait décemment pas s’en aller comme ça.
Tant de phrases encore qui attendent leur chant.
Tant de formes à voir, tant de veines à toucher,
Tant de clartés dans les nuées, et tant d’ondes où couler.
Tant de terres où marcher, de glaise à malaxer.
A quoi donc servirait la lumière sans joyaux
Y jouant ? Colorant, reflétant, reformant
Les rayons saturés de couleurs, rouges et verts.
La lueur blanche du grand tunnel ressemble trop
A l’ombre sombre du néant où terre absente
Demeure trouble, debout, en boue, comme eau d’absinthe.
Le Tout n’est rien. Vouloir le tout : saisir le rien.
Zéro ou un, point de binaire. La vie est sans contraires.
Ce qui se vit, ce qui s’éprouve, rien ne prouve.
Point de sens au désir : « pour » l’un ou « contre » l’autre.
Infiniment présent, sans attaches en pesée,
Tous regrets bien enfouis : libérée, envolée.

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Published by Clarinesse - dans Errements narratifs
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14 octobre 2008 2 14 /10 /octobre /2008 07:38
Il y en a des choses derrière les paupières de Pierre.

"- Quand ze ferme les yeux, ze vois quelque chose.
- Ah ? Et que vois- tu ?
- Des ailes de papillon, parce que ça voit loin.
- ... ? "

En direct de la salle de réveil, ce matin, 7h30.

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Published by Clarinesse - dans Enfantillages
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