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8 janvier 2008 2 08 /01 /janvier /2008 12:24

Il était une fois un petit homme qui s’appelait Pierre.
Il aimait la vie, et tout ce qu’elle offre de joli.
Il aimait chercher la lune dans le ciel,
Et cueillir dans le jardin, la fleur la plus belle.
Et il aimait parler, très tôt, beaucoup.
Il connaissait des mots, de jolis mots tout doux.
Et il disait des phrases, si belles, si grandes,
Que sa maman encore et encore lui en demande….

Mais pour aller dormir, c’était bien différent.
Il ne gagnait son lit qu'épuisé et tout mou,
Quand ses dernières forces le quittaient vraiment.
Il aimait alors que les rideaux fassent la nuit bien bleue.
Et il disait ainsi : « Je ne vois plus mes yeux ».
Maman lui expliquait que lorsqu'on dort,
Le petit lutin qu’on a dans le cerveau,
Range bien les mots appris jusqu’alors.
Pour qu'on retrouve à sa place ce qui la veille était nouveau.

Mais le sommeil est une petite bête fragile et craintive.
Il aime bien les chants et les paroles, mais furtives.
Il ne vient sur ses petites pattes de velours,
Que si le silence enveloppe la pièce de son manteau d'amour.

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Published by Clarinesse - dans Enfantillages
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8 janvier 2008 2 08 /01 /janvier /2008 12:13
L'adjectif est le garde-flou du nom.
Ne jamais laisser un nom se poser sur la feuille sans l'adjectif qui le colore et le distingue de tous les autres.
Comment le retrouver sinon dans le fatras hurlant des bavardages confus ?
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7 janvier 2008 1 07 /01 /janvier /2008 23:10

La colère toujours tape dans l'ombre, même au plus plat de l'accalmie.
Elle surgit, tapie dans l'air, et bondit à la gorge du nuage qui passe.

Faire ses valises "au cas où".
Se tenir prêt à partir à toute heure.
Maîtriser l'ordre de l'espace "au cas où" l'ordre du temps se brise.
Contrôler les choses pour libérer les êtres.
Délimiter les lieux pour accueillir les possibles qui auront lieu

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Published by Clarinesse - dans Humeurs - rumeurs
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7 janvier 2008 1 07 /01 /janvier /2008 23:00

Les métaphores, c'est comme les collants. 
Ca file vite si on n'y prend pas garde.

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6 janvier 2008 7 06 /01 /janvier /2008 22:33

De la verticalité dans les rapports de l’homme à la matière.

 “Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l’une vers Dieu, l’autre vers Satan. L’invocation vers Dieu ou spiritualité est un désir de monter en grade ; celle de Satan ou animalité est une joie de descendre.” Baudelaire s’inscrit là dans une tradition héritée de la théologie scolastique, dans une mystique de l’ascension et de la déchéance, où l’antinomie est interne à la dimension de la verticalité. Mais on peut aussi, en introduisant la donnée hétérogène de l’horizontalité, déplacer l’opposition et considérer comme déterminante non plus l’alternative entre spiritualité et matérialisme, la dichotomie entre l’âme et le corps, mais le dilemme qui contraint l’homme à choisir entre la verticalité et l’horizontalité, entre la solitude de la contemplation et le divertissement que représentent les incessantes et fourmillantes tractations sociales et politiques.

Alors, la vraie distinction ne consiste plus à opposer le concret à l’abstrait, la théorie à la pratique, mais l’horizontal et le vertical, le relationnel et le solitaire, le temporel et le mystique. Les activités humaines peuvent ainsi s’organiser en deux domaines :
 l’action, horizontale, relationnelle, temporelle, et la création, verticale, solitaire, mystique.

 -L’action implique d’exercer sur les autres un rapport de force, ou de séduction qui n’en est qu’une variante, alors que la création se structure autour du lien qui oppose et unit à la fois l’homme et la matière.
 L’action consiste à engager un rapport stratégique avec un groupe humain dans la sphère politique ou sociale et ses hiérarchies, dans les jeux d’argent ou de sport, dans le cadre de l’éducation ou du spectacle, de la diplomatie ou de la guerre.
  L’action implique donc un rapport au temps qui en fait un paramètre constitutif de sa nature, essentiel, un outil déterminant dont la gestion est à maîtriser comme un élément tellurique, une force de la nature à dompter.

- La création, comme la contemplation, entretient en revanche une relation au temps diamétralement opposée. Là, le temps n’est qu’une dimension accessoire, contingente, dénuée de fonction, de signification.
Alors que l’action doit maîtriser la durée, la création passe dans la temporalité comme dans une dimension fluide qui ne l’affecte pas plus que l’eau sur les écailles d’un poisson.
 Dans la création, seule compte l’œuvre, le résultat final, éternel, atemporel.
 Dans l’action au contraire, il se produit un événement dont la réussite même dépend de sa durée, de son rythme, comme toute représentation, soit-elle artistique ou pédagogique.
 Les paramètres spécifiques à l’action ne sont ressentis intrinsèquement, profondément que par les hommes d’action, les bêtes politiques, les requins des affaires ou les maîtres de la représentation. Ils concernent tout ce qui touche au temporel, dans ses deux acceptions, technique (inscrit dans la durée), et religieuse (opposé à spirituel). Et tout ce qui concerne la stratégie, la tactique.

Un deuxième paramètre s’avère déterminant dans la distinction entre action et création :
la gestion de l’ordre.
- L’action exige la gestion de groupes d’enfants, d’adultes, de soldats ou de spectateurs, l’organisation des hommes, des rythmes et des places, des tâches et des tours de parole, des temps de travail et de repos.
- A l’inverse, celui qui ne traite qu’avec lui-même, les objets ou la matière peut librement choisir entre le désordre bouillonnant qui anime les laboratoires des savants fous ou les ateliers des peintres de génie, et le rangement calme et minutieux qui consacre l’ordre des choses dans une correspondance quasi-religieuse entre l’espace et l’objet, où chaque chose a sa place, loin de la confuse et terrifiante profusion de la vie et des échanges humains. Là s’épanouit le règne des solitaires terrifiés par les mouvances de la société.

Si l’on décline cette dualité aux modalités selon lesquelles s’effectuent les échanges humains, notamment dans le cadre de la politique et de l’éducation, l’horizontalité se traduit par le règne aplanissant, nivelant de la communication, tandis que la verticalité implique un rapport hiérarchisé de transmission de connaissances, de transfert d’intelligence.

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6 janvier 2008 7 06 /01 /janvier /2008 21:35

FUSION.


 

Quand la forme défaille sous l'effort des volumes,
La couleur en coulures tout doucement allume
Le dessin. Contamine contours et contrastes
Pour éclairer le trait de fusions et de fastes.
De la naissance du pigment 
Vient la nuance du tourment.
Froide ligne propose,
Teinte chaude dispose.
L'eau s'enfuit dans les nues, pesanteur d'ascension,
Echappe à l’agressif et acide incendie
Du citron
.
 

Version pouétisante de l'éternelle querelle 
entre les poussinistes "dessinistes" 
et les rubenistes coloristes.
Tenants du trait contre alliés de la couleur,
L'ordre contre le mouvement.

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Published by Clarinesse - dans Echappées poétiques
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5 janvier 2008 6 05 /01 /janvier /2008 00:14




Ce fut comme une apparition.

Il était trois heures et demi
en ce matin d'été.
L’aube ne pâlissait pas encore
lorsque Pierre vit venir
à sa rencontre ses parents
sous la sombre voûte à peine étoilée.

Il naissait sous nos yeux,
et le monde naissait sous les siens.

Mais il commençait à comprendre,
en quittant les eaux maternelles
pour entrer dans la vallée de larmes et de pluies,
que la tâche ne serait pas aisée,
et il manifesta bruyamment sa désapprobation.

Depuis neuf mois, il lévitait
dans l’apesanteur aquatique
de sa mer intérieure.
Brusquement rejeté sur le rivage,
il percevait vaguement les conséquences
de sa chute sur Terre.

On avait beau appeler cela
« mettre au monde », et non
« mettre bas », il n’en était
pas moins tombé en ce bas monde.

Il se demanda alors
pour quelle obscure raison
ses parents l’avaient arraché
à la sérénité de l’Être
pour le projeter brutalement
dans les tourments de l’existence.

N‘aurait-il pas été plus simple
de le laisser voguer dans les nues idéales
de l’au-delà plutôt que de le laisser choir
pour l’ardu plaisir de l’élever ensuite ?

Il ne savait pas encore si le jeu
valait qu’on se donne la peine de naître.
Il pressentait confusément
qu’il lui faudrait s’élever à son tour,
mais il ignorait que tout était
question de verticalité.
Que l’ange échoué mettrait un an à marcher,
mais qu’il marcherait debout.
Et que ce serait grâce à sa tête si lourde aujourd’hui,
impossible à soulever, qu’il bâtirait sur Terre
les racines du ciel.

N’était-ce pas en laissant
la douce chaleur de l’eau
qu’il avait découvert la lumière ?
N’avait-il pas fallu quitter le paradis
pour goûter à l’arbre de vie et de mort,
de naissance et de connaissance ?


Telle était la promesse de l’aube.

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2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 23:36

Fragments d’un discours orageux.


Ce soir, Pierre est couché.

 De plomb, l’orage gronde et les cloches répondent.
 Les drapés de nuages où les gris se confondent
 Se délivrent de l’eau et enivrent la terre.
 Pourtant la foudre frappe et les ténèbres inondent.
 La planète meurt de soif et les cieux font la guerre.
 On croirait que le ciel a fait don à la terre
 De toute sa lumière qui l’éclaire d’en bas.
 Les éléments sont las de servir ces hommes fats.
 Sous les flots éclairés, la Création se douche.
 L’obscurité s’élève et les clartés se couchent.
 Le tonnerre s’est tu. Les semailles ont bien bu.

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2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 22:28

 

Précisons que ce texte a été pondu en mars 2003, alors que la guerre en Irak faisait rage, la nuit suivant une réunion plénière tenue dans mon collège de ZEP suite à une recrudescence généralisée d' "incivilités". Et le concours de langues de bois et de cautères sur jambe itou qui nous y fut servi me laissa une belle colère qui préféra le silence d'un papier pour s'épancher.

Il fut remanié quelques jours plus tard après un conseil de classe particulièrement ramolli où toutes les excuses du monde furent trouvées par la hiérarchie aux élèves les plus insupportables aux yeux de tous les profs de l'équipe.

Tous les collègues auxquels j'ai fait lire ce brûlot semblaient y reconnaître leurs pensées.


I°/  Constat

 

 Il suffit d’observer les élèves d’un collège de ZEP dans la cour ou les couloirs pour constater à quel point les jeux et les déplacements se limitent trop souvent à des bousculades et des coups. Combien l’insupportable niveau sonore indique de manière tout aussi flagrante que les paroles redeviennent des cris primaires râpeux et gutturaux incompatibles avec toute pensée, que l’injure a remplacé le discours. Il n’est pas rare de ne pas trouver dans une classe un seul élève capable d’écrire une courte phrase sans deux ou trois fautes d’orthographe ou de syntaxe.

Or on ne cesse, depuis des années, de diminuer la part de la grammaire dans l'enseignement du français, ne cessant de moquer les automatismes stériles de la conjugaison et l'orthographe, cette science des ânes qui n'apprend pas à réfléchir. Funeste erreur ! 
 Est-il besoin de rappeler que maîtriser la syntaxe nécessite de posséder une logique élémentaire, que respecter l’orthographe permet et exige à la fois de connaître l’histoire sémantique et linguistique grâce à l’étymologie, et que la richesse du vocabulaire est la condition indispensable d’une réflexion élaborée ? On ne peut pas apprendre à penser si l’on ne peut exprimer clairement ses idées, si l’on ne maîtrise pas sa langue. Syntaxe de la phrase, synthèse de la pensée.

 Certains élèves semblent ne pas avoir accédé au stade du langage et font davantage songer à un troupeau belliqueux qu’à un groupe de personnes humaines. Laissés à l’abandon, ils régressent, retournant à l’état sauvage. Il est urgent de se souvenir de cette parole d’humaniste : « On ne naît pas homme. On le devient ». Jamais acquise, la civilisation se construit à chaque génération. L’humanité se cultive.
  C'est là toute la beauté de ce merveilleux terme :"les humanités". Si George W. Bush était un homme d’Etat pétri de culture classique et universelle, il serait capable d’appréhender le monde de manière moins binaire et manichéenne, en profondeur et en perspective. Si l’Américain moyen passait un peu plus de temps à lire qu’à s’immerger dans des jeux vidéo meurtriers, si le sport ne constituait pas souvent la discipline la plus prestigieuse des établissements scolaires, peut-être les Etats-Unis respecteraient-ils davantage la culture des autres peuples. Mais ils ignorent jusqu’au sens de ce mot. Ils ignorent, ivres de leur toute puissance, qu’ils sont en train de meurtrir le berceau de la civilisation, l’antique Babylone si puissante et raffinée. Comment pourraient-ils avoir conscience de ces richesses architecturales et artistiques qu’ils protègent moins que le ministère du pétrole, de la naissance des langues indo-européennes et de l’écriture, eux qui ne savent presque plus lire ?
 L’absurde ravage du Rivage est insondable. (Al Irak signifie rivage en arabe, le pays irrigué par les fleuves, la Mésopotamie.) Il est tellement plus facile d’écouter les fanatismes hurlant le nom de Dieu de part et d’autre, tandis que les certitudes s’entretuent et que les dollars s’amoncellent en chuchotant. Digression close. Retour au collège.
 N’est-il toutefois pas vain de se lamenter avec nostalgie sur une inéluctable décadence de la culture occidentale ? « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles » écrivait Paul Valéry au lendemain du carnage de la première guerre mondiale. Les corps furent massacrés à Verdun, les esprits le sont dans les collèges de ZEP. Les professeurs envoyés sur le front des cités ont leur lot de visions d’horreurs. Il faut voir dans quel état ils arrivent parfois dans la salle des professeurs après une heure de cours dans une classe pénible. Leur épuisement nerveux, leur délabrement moral est comparable à l’état alarmant d’un soldat traumatisé qui se réfugie dans sa tranchée après une sortie risquée sous le feu ennemi. L’Etat abandonne ses enseignants, tout comme les officiers se souciaient bien peu du sort de leur chair à canon.
 Sous prétexte d’égalitarisme, le collège unique est une gigantesque machine à broyer les intelligences et les énergies dans un brouhaha informe, à couper les têtes trop éveillées qui dépassent, mais aussi les mains des élèves qui ne demanderaient qu’à les exercer dans l’apprentissage d’un métier technique. Les moins à l’aise s’ennuient en perturbant la progression des autres, lesquels n’exploitent qu’une infime partie de leurs capacités intellectuelles. Et c'est alors le droit fondamental à l'éducation qui est bafoué par les perturbateurs, puisqu'ils empêchent les élèves désireux de s'instruire d'accéder au savoir. Une telle injustice est-elle acceptable au sein de l'école de la République ? Poser la question en ces termes change quelque peu la réponse toute faite opposée par les tenants de l'égalitarisme absolu.

Il ne s'agit pas de livrer aux entreprises de petits jeunes prêts à l'emploi et à l'asservissement. Il s'agit de diversifier les apprentissages selon les besoins de chacun. De faire de la pédagogie différenciée, non pas au sein d'une même classe de 25 ou 30 élèves, ce qui relève de la haute voltige, mais au sein d'un même établissement, avec des filières distinctes dès le collège, sans attendre le lycée. Pourquoi serait-ce plus discriminatoire à 12 qu'à 16 ans ? Il ne s'agit pas de les aiguiller vers une voie verrouillée à l'âge tendre de la Playstation. Mais de reconnaître que tous n'ont pas les mêmes centres d'intérêt, et que respecter cette évidence à l'âge explosif de l'adolescence éviterait bien du tourment à tous. Il ne s'agit en rien de créer prématurément des filières préprofessionnelles, mais de donner à de futurs citoyens qui quitteront la filière générale à 16 ans un solide bagage fondamental au lieu de pinailler sur les subtilités du passé simple ou de tel genre littéraire dont ils n'ont que faire, et dont pourtant auront besoin ceux qui continueront vers des études plus longues et qu'on ne peut donc négliger en cours. Avec des passerelles possibles en fin de chaque cycle, comme il en existe déjà entre les lycées professionnels et les autres, pour ceux qui auraient eu besoin de ce détour pour consolider leurs fondamentaux avant de reprendre ensuite des études au plus long cours. Car l'on s'adresse actuellement à un spécimen d'élève moyen qui n'existe pas, au lieu de tenir compte des spécificités de chacun. Il ne s'agit pas non plus, loin de là, de se contenter de faire lire des notices d'ordinateurs aux moins réceptifs des élèves et de renoncer à leur transmettre de grands textes. Il s'agit de les leur donner à lire, de les leur lire, parfois, quand ils ne le peuvent pas eux-mêmes, sans s'appesantir sur le nom savant de telle figure de style, sur tel détail linguistique pour goûter au pur plaisir des chefs d'oeuvre qui révèlent l'universelle puissance des grands sentiments humains. Ainsi  est-il tout à fait possible de conduire toute une classe de 4ème dont pas un seul élève ne sait vraiment lire (c'est-à-dire comprendre ce qu'il lit sans ânonner) à se passionner pour Cyrano de Bergerac ou pour Le Cid. Mais ce miracle ne peut se faire sans dégâts que dans une classe assez homogène pour ne pas sacrifier ceux qui auraient besoin de connaissances plus précises. Et à quel prix, en outre ?

 Avec humour, cette digne élégance du désespoir, on s’amuse de ces élèves confortablement avachis sur leurs chaises comme des pachas, attendant grassement que les humbles et besogneux professeurs déposent à leurs pieds quelques bribes de savoir, qu’ils rejettent à grands cris indignés d’altesse offensée si les offrandes ne sont pas emballées sous une apparence séduisante et assez ludique à leur goût. Je ne suis pas devenue professeur pour éventer des apprentis despotes ! Faut-il leur rappeler que les pachas étaient les détenteurs du pouvoir dans un Empire Ottoman cultivant la corruption des uns et la servitude des autres ? Ce modèle ne correspond pas exactement à l’idéal républicain que l’école est censée représenter et transmettre. L’école n’est pas un cirque ! Le professeur n’est pas un clown qui fait son numéro en mendiant les faveurs de son public.

II°/  Analyse

 On a idolâtré l’enfant-roi, centrant le système scolaire autour de lui et non autour du savoir. Faut-il rappeler que le centre d’un système est immobile ? Que ce serait alors considérer les professeurs et les connaissances comme de serviles satellites gravitant autour du roi soleil, comme si c’était à la culture de s’abaisser vers l’enfant, et non à lui de s’élever vers elle ? Le grand prêtre Philippe Meirieu a oublié le sens du mot élève, celui qui s’élève, celui qu’on élève, tout comme le rôle du professeur, peau de chagrin sans cesse rétrécie, assimilée à la pauvre fonction d’animateur.
 Cynique hypocrisie des uns, affligeante naïveté des autres. Incohérence, inconséquence. « C’est aux enfants d’apprendre à vivre aux adultes », entend-on ici et là de quelques bouches angélistes. Bien sûr, on peut s’inspirer de la gaieté enfantine, de l’enthousiasme juvénile, pour régénérer nos lassitudes adultes. Mais c’est à nous qu’il incombe de structurer ces énergies.
  A force d’écouter les jeunes, on oublie que c’est en écoutant les adultes que l’enfant apprend à parler, que l’adolescent apprend à penser, ne serait-ce qu’en réaction contre les préceptes éducatifs. Il faut d’abord construire avant de déconstruire. Comment accomplir le rite initiatique de la révolte iconoclaste qui marque le passage à l’âge adulte si l’on n’a pas d’héritage contre lequel se rebeller ? On s’accorde à déplorer la perte des repères, mais on ne se résout pas à leur en donner. Certes, il faut comprendre à qui l’on s’adresse pour faire passer un message. Mais l’écoute est un moyen de transmettre un contenu, non une fin en soi.
 Encore faut-il savoir ce que l’on veut transmettre. Et c’est là que le bât blesse. Car écouter est une attitude bien pratique et fort sympathique quand on ne sait que dire. Il suffit de voir à quel point nos sociétés idolâtrent la communication depuis le naufrage des idéologies dans lequel les idées semblent avoir sombré elles aussi.
 On ne se lasse pas de la décliner sur ces deux modes privilégiés : la publicité qui remplace les pensées par les images, et les débats creux qui brassent du vide. Les campagnes électorales se déroulent maintenant sous la houlette de conseillers en marketing, vendant des hommes politiques comme des marques de lessive. « J’ai perdu cette élection ? Seule est en cause la couleur de ma cravate. Remettre en question mes idées ? Vous n’y pensez pas ! Noyées dans mes slogans sirupeux, elles s’y sont dissoutes. D’ailleurs, je ne disais pas autre chose que mon concurrent, à l’écoute comme moi des sondages de consommateurs, pardon…, d’électeurs.»
 On ne sait plus que penser, on ne sait plus que transmettre, on est un adulte paumé, et on sourit, et on communique, et on écoute des injures en dodelinant de la tête. On entérine des malaises, on constate des comportements inadmissibles, et on ne propose rien pour s’y substituer. Professeur ou politique, on est à bout d’arguments, incapable d’assumer un discours structuré. Alors on propose des slogans bien pensants mais mal pensés imprimés sur des T-shirts pour masquer sa démission. On s’agite au lieu d’agir. On substitue des logos (comme ceux de Nike ou Adidas) au logos (celui de Platon et d’Aristote), la société de consommation à celle de la culture, le bruit au discours.
 Il faut tout de même savoir que les pédagogues qui ont les faveurs des princes du rectorat continuent d’opposer béatement le savoir à la réflexion, les connaissances à l’esprit critique. On stigmatise les tenants de la transmission du savoir, accusés d’hérésie réactionnaire en pédagogie, auxquels on reproche de considérer les esprits comme des oies à gaver de connaissances alors qu’il faut « au contraire » leur « apprendre à apprendre », développer leur esprit critique, leur autonomie. De quel droit privons-nous nos élèves du savoir qui nous fut donné ? Cela s’appelle de la rétention d’informations. J’aimerais que ces théologiens de la pédagogie m’expliquent comment un élève peut réfléchir de façon pertinente s’il ne peut s’appuyer sur aucun savoir objectif. Comment ils comptent éveiller une intelligence s’ils la laissent vide. Montaigne ne se doutait pas, quand il préférait « une tête bien faite plutôt qu’une tête bien pleine », qu’on pousserait l’absurdité jusqu’à préconiser la vacuité comme vertu.
 L’esprit critique est une faculté qui ne se transmet pas, sinon par l’exemple. Elle se développe dans l’intimité d’une conscience, et uniquement si on la nourrit de connaissances suffisamment consistantes pour qu’elle puisse ensuite y tisser un réseau de références, de relations, de réflexions. Comment un élève peut-il méditer sur un problème « citoyen » s’il n’a jamais entendu parler de Voltaire ; s’il ne sait même pas conjuguer les verbes devoir et pouvoir ; si, pour lui, le mot « cité » n’évoque que sa banlieue et non l’origine de la politique grecque ? S'il croit que la guerre de 14 a eu lieu au XIVème siècle (sic) ?
 Et l’on s’étonne que des enfants abandonnés au vide sidéral de leur ignorance native restent au contraire infiniment plus dépendants d’un conseil, d’une relecture adulte dès qu’ils sont confrontés à la solitude d’une tâche, si élémentaire soit-elle ? Sous prétexte de les rendre autonomes, on les a laissé mariner dans leurs questions sans leur apporter de réponses, laissant leur curiosité naturelle mourir de soif, jusqu’à ce qu’ils n’aient plus envie de savoir. On a oublié que le petit d’homme est un mammifère, qu’il dépend, plus que toute autre espèce, de ceux qui l’éduquent et le nourrissent de lait et de savoir.
  Il est vrai que la diffusion des connaissances est telle, sur Internet notamment, qu’on peut croire inutile d’apprendre ce qu’il est si facile de consulter, disponible à tout moment d’un clic de souris. Mais on oublie alors qu’on ne peut chercher que ce qu’on sait déjà intuitivement, que vérifier et enrichir ses réminiscences cultivées, que ramifier ses pistes de réflexion de références nouvelles. Un esprit totalement vierge ne peut s’orienter dans un réseau si dense, si infini. Il n’a pas de repères, et se trouve à la merci de la première aberration venue.
 Et l’on oublie, qu’en toute bonne conscience, qu’en toute inconscience, à force de déifier la jeunesse et de mépriser la culture transmise par les adultes, on est en train de reproduire ce qu’ont fait tous les totalitarismes du XXe siècle, du nazisme au stalinisme, des jeunesses hitlériennes aux jeunesses communistes. Tout tyran qui se respecte se doit de glorifier, de courtiser la jeunesse, de la couper des références culturelles qui lui permettraient de réfléchir et de considérer avec circonspection son endoctrinement. Quoi de plus facile à manipuler qu’une foule jeune et ignorante, quand elle ne sait pratiquer le doute cartésien en prenant distance et hauteur ? Le terrain est prêt à l’emploi pour le premier dictateur venu, et pas celui auquel on pense.
 Qui sont les nouveaux tyrans ? Ils ne sont plus seulement politiques, mais économiques, mais financiers, mais médiatiques. Ce sont les « hommes pressés » de Noir Désir pour qui se « délient les cordons de la bourse », les producteurs de crétinerie télévisuelle « qui crachent la nourriture à ces yeux […] avides de [leur] pourriture, mieux que de la confiture à des cochons ». On croirait entendre Rupert Murdoch : « J’ai envahi le monde que je ne connais pas. Peu importe, j’en parle, peu importe, je sais. J’ai les hommes à mes pieds, huit milliards potentiels de crétins asservis ». 
 On se réserve le monopole d’un savoir verni et superficiel, et l’on maintient dans ses divertissements, au sens pascalien du terme, la masse du public qui ne sait qu’applaudir et huer sur commande aux singeries des animateurs qui s’agitent, pitoyables pantins. C’est justement cette dérive qui conduit à un élitisme pervers, réservant la culture à quelques uns, pendant qu’on maintient la majorité de la population dans une ignorance douillette et béate.
 Du pain et des jeux, et surtout, qu’ils oublient de penser ! Si l’avis du dernier des imbéciles semble équivaloir, sans aucun discernement, au raisonnement du plus fin des érudits, puisque tout égale n’importe quoi, que l’opinion de Loana vaut celle d’un chercheur au CNRS quel que soit le sujet, pourquoi se fatiguer à étudier ? On annihile toute dynamique d’apprentissage. L’ascenseur social et scolaire est en panne. Ce n’est plus seulement la reproduction des élites analysée par Bourdieu, c’est la reproduction des échecs. L’idée de tolérance est dévoyée, ainsi que celle d’égalité.
 Quant à l’idée de liberté si mal comprise, si desservie, peut-être les supposés gardiens du savoir embusqués dans les IUFM enfumés et englués d’idéologie dégoulinante, enseignant à des futurs professeurs un métier qu’ils n’ont souvent jamais pratiqué eux-mêmes dans les conditions auxquelles leurs stagiaires sont confrontés, peut-être pourraient-ils méditer cette phrase écrite il y a presque deux mille cinq cents ans :

« Quand le père s’accoutume à traiter son fils comme son égal et à redouter son enfant, quand le fils n’a ni respect ni crainte pour ses parents, quand le maître tremble devant ses élèves et les flatte, que les disciples font peu de cas des maîtres et des pédagogues, qu’à la moindre apparence de contrainte ceux-ci s’indignent et se révoltent, qu’ils méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne, c’est là, en toute beauté, en toute jeunesse, la naissance de la tyrannie. Ainsi l’excès de liberté aboutit à un excès de servitude, et dans l’individu, et dans l’état. »
     Platon, (République, VIII, 563a-564a)

 On oublie que l’autonomie est le respect d’une loi intériorisée, et non l’absence de règle, et non l’anarchie. Qu’à trop avoir crié « il est interdit d’interdire », l’autonomie n’est plus possible. Les jeunes revendiquent tous les droits des adultes sans en accepter les devoirs, sans en assumer les responsabilités. Ils veulent être traités d’égal à égal, mais ils méprisent les « vieux », terme dont certains croient en toute bonne foi qu’il s’agit d’une insulte, illusion funestement révélatrice de l’atmosphère ambiante adulant les ados. A ceux qui ne conçoivent le respect qu’à sens unique, peut-être faudrait-il rappeler que la liberté est la rétribution accordée à un homme éduqué, conscient de ses devoirs avant de réclamer ses droits.
 Lorsqu’on n’est pas capable de s’imposer par sa propre volonté le respect de la loi, on obéit à celui qui l’incarne. L'éducation publique est le corrélat indissociable de la démocratie. Importer artificiellement le suffrage universel dans une population qui n'a pas accédé à l'école, c'est l'élection garantie d'un apprenti despote, c'est l'avènement des républiques bananières. Et c'est ce qui se passe ici même, dans une tragique déculturation de la population.

C’est par l’émancipation et l’éducation que les peuples ont acquis et doivent conserver la capacité d’obéir au pouvoir conceptuel des lois et non à l’arbitraire d’un pouvoir personnel. Les élèves doivent suivre le même chemin, sans en inverser les étapes. Avant d’accéder à la démocratie en obtenant le droit de vote, ils demeurent en état de minorité, soumis à l’autorité de ceux qui les éduquent ; ceux qui, étymologiquement, les nourrissent et les guident hors de l’état d’ignorance et de dépendance.
 On cautionne, accusant tel bouc émissaire, tels facteurs psychologiques et sociaux, l’irresponsabilité des individus. Auteurs d’insultes, de coups, de vandalisme ? Les pauvres, comme ils doivent être mal dans leur peau ! Il n’y a plus que des phénomènes à expliquer, des victimes du système, jamais de sujets agissant et assumant, libres et doués de raison.
 Sans responsabilité, pas de liberté. Sans loi interne aux consciences, sans structure intellectuelle, il faut multiplier les barrières et les garde-fous. On est alors contraint d’imposer des limites externes à celui qui est incapable de contrôler l’expression de ses instincts, celui qui obéit à ses pulsions plutôt qu’à la raison. Les animaux sans squelette ne peuvent survivre sans carapace. Voyez les mollusques…
 Nous sommes maintenant engoncés dans une armure de règlements en tous genres pour avoir refusé, puis oublié de nous construire une armature éthique et intellectuelle fondamentale. Et cette jungle inextricable de lois minuscules et étriquées engendre une perverse impunité. Obèse, paralysé, le système est inefficace et inapplicable. Hegel remarque à ce sujet que si l’Etat se soucie de légiférer sur la façon de fixer les épingles à nourrice sur les langes des bébés, c’est qu’il est moribond.
 Il engendre les armes de sa propre destruction. L’Etat providence s’accuse lui-même de tous les dérèglements des individus. Un accident, même consécutif à la plus irresponsable des imprudences, sera souvent considéré comme la très grande faute du « responsable hiérarchique» dangereusement assimilé à un « super parent » et accusé de n’avoir pas prévu, lui, l’absurdité potentielle des usages de tel ou tel objet. L’exigence d’assurance est telle que le devoir de réflexion semble désormais l’apanage du système, et non plus celui de l’individu. Les exemples de cette inversion insensée et périlleuse ne manquent pas.

III°/  Suggestions

 On se contente de réformettes superficielles qui s’ajoutent et s’annulent, tout en évitant soigneusement de remettre le fondement de nos pratiques en question, de mener une réflexion de fond. On enduit de couches de peinture successives un édifice en ruine, fissuré jusque dans ses fondations. On s’occupe de renouveler des sanctions en aval, sans chercher en amont les causes des dysfonctionnements. Et surtout, surtout, on continue de déshumaniser les rapports humains. Au collège comme dans le reste de la société, au lieu d’assumer ses responsabilités et son discours, on préfère s’abriter, timoré, derrière une armada d’articles de lois. 
 On oublie qu’un professeur s’adresse à un esprit humain en pleine formation, alors qu’on se contente de gérer des groupes. On propose des dispositifs aux noms pompeux, des mesures aussi éphémères qu’elles furent mal conçues, là où il faudrait du discours, de la pensée.
 On oublie que la gestion s’applique à des stocks de marchandises, à des objets inertes, non à des sujets pensants. Qu’un principe bien compris, exprimé clairement, expliqué calmement, sans faux-fuyant, sans crainte d’être accusé d’on ne sait quelle hérésie par les apôtres pudibonds du politiquement correct, serait bien plus respectueux des élèves que tous ces outils de gestion qui n’ont qu’un but : huiler des rouages rouillés dans une attitude fuyante et insaisissable pour juguler leurs révoltes plutôt que de les éclairer. Car c’est bien du retour de l’obscurantisme qu’il s’agit.
 On se trompe d’alternative. On oppose l’individu à la loi. On croit que respecter la personne dans l’élève oblige à accepter les entorses à la loi, alors qu’il s’agit seulement de la lui expliquer, de s’adresser à son intelligence, la grande oubliée de l’affaire. C’est lorsque la loi n’est pas explicite qu’elle est vécue comme arbitraire, que s’insinue la dictature. C’est dans le silence des adultes que s’engouffre le malaise des jeunes.
 Il suffirait de faire émerger à leur conscience les principes fondateurs d’un système qu’ils subissent sans le comprendre pour rasséréner bien des jeunes esprits vindicatifs. Sans craindre l’idée de hiérarchie. Hiérarchie des arguments, hiérarchie des valeurs et de ceux qui les incarnent.
 Pas de cohésion dans la société sans cohérence de la pensée. Pas de système sans principe.

 Or les règlements intérieurs des collèges n’ont ni âme, ni voix, ni corps.

 1°/  Pas d’âme, car comment imaginer qu’un texte obscur de plusieurs pages écrit dans le style administratif dont on connaît la limpidité soit compris d’élèves dont la majorité maîtrise fort mal la lecture des phrases les plus simples ? Comment celui-ci peut-il atteindre sa cible s’il met sur le même plan des détails insignifiants, des mesures pratiques concernant les horaires ou la cantine, et des principes éthiques fondamentaux ? Il suffirait de mettre en exergue un principe aussi primordial que ce simple rappel :
« Tout élève doit respect et obéissance aux professeurs et à tout adulte
qui a mission de l’éduquer dans la dignité. »
 Que le respect soit réciproque ne signifie pas qu’un professeur doive se justifier lorsqu’il demande à un élève de ramasser un papier par terre ou de lui donner son carnet de liaison pour y inscrire un mot. Il y a des moments pour le dialogue ; il en est d’autres pour la reconnaissance de l’autorité. Ce que beaucoup d’enfants n’ont pas intégré à leur mode de pensée et à leur comportement.

 2°/  Pas de voix car souvent personne, à la rentrée, devant tous les élèves d’un même niveau assemblés, ne leur lit le règlement, ne leur en explique le fondement. Quelle force peut avoir une loi sans un minimum de solennité ? Le verdict des bulletins trimestriels aurait un peu plus de consistance s’il était prononcé par le chef d’établissement devant la classe entière. Dans certains établissements, la majorité des élèves, exceptés les délégués lors des conseils de classe, et les terribles qui atterrissent dans son bureau après avoir usé toutes nos patiences jusqu’à la rupture, n’a jamais entendu le son de la voix du principal.

 3°/  Pas de corps, car nul n’incarne véritablement l’autorité dans le collège. Face à des intelligences qui ne sont pas encore arrivées à maturité, et que tout, dans leur culture et leur vie quotidienne, pousse à raisonner en termes de rapports de force, on ne peut faire l’économie d’un minimum de crainte. Tenir en respect, en imposer, c’est inspirer la reconnaissance de ce qui est juste. Le droit sans la force, vain bavardage, s’effondre. Ce n’est pas la raison du plus fort, c’est faire entendre raison en imposant silence au vacarme. Mais c’est bien moins confortable que d’être conciliant avec l’inacceptable.

 Nous ne sommes pas en Utopie. Un collège de ZEP n’est pas une abbaye de Thélème, où il suffit de dire « Fais ce que tu voudras » pour que chacun soit animé de l’amour effréné de son prochain et du savoir. Il s’agirait de se donner les moyens (conceptuels et non financiers) d’offrir au système éducatif une véritable renaissance.

                                 

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