Dans le petit théâtre de guignol, dès que leur épouvantail à Rolex favori bouge un petit doigt ou un ministre, ça
grenouille dans le bénitier des marionnettes d’en face.
Mais j’ai toujours pensé que ceux qui applaudissent ou huent sur commande aux singeries des pantins sont aussi mécaniques qu’eux. Mais lâchez-lui les talonnettes, cornegidouille !
Il n'est pas là, le problème ! Il est ailleurs, le problème. C'est de la diversion, tout ça !
« La maison brûle, et on regarde ailleurs. » Ben oui, il y a de bonnes (et de mauvaises) idées partout.
C’est ça la diversité.
Mais non, bien à l’abri dans leur maison de campagne ou dans leur quartier chic ou bobo, ils n’en finissent plus
de taper sur leur dictateur d’opérette, avec le petit frisson du rebelle qu’a pas peur du danger et qui sait penser par lui-même, sans réflexe de chapelle.
Ce qui est assez divertissant, avec les apôtres autoproclamés de la diversité, c’est que les coutures du tissu de contradictions dont ils drapent leur doxa s’effilochent tellement qu'un seul
petit doigt suffit à les défaire.
Ils parlent du respect de la diversité comme on se bat contre la disparition des pandas : sans en avoir jamais vu un exemplaire ailleurs que dans le grand zoo médiatique. Vous en invitez souvent
à boire le thé chez vous, des amies à burqa ? Vous en connaissez une seule ? Avez-vous des amis parmi ceux qui habitent dans ce qu'on appelle faute de mieux les "cités" ?
Ils affichent un souverain mépris pour les goûts de la classe sociale qu’ils prétendent défendre. Ils sont magnifiquement ouverts d’esprit, mais seulement avec ceux qui pensent comme eux.
S’ils apprenaient qu’un de leurs amis ne votait pas pareil, ils cesseraient aussi sec de lui adresser la parole. C’est Jane Austen qui s’amuserait bien ! Relisez, dans Orgueil et
Préjugé, le conseil charitable que donne le Révérend Collins aux parents de la jeune fille enfuie avec son prétendant avant le mariage :
« En bons chrétiens, vous devez lui pardonner, mais en aucun cas ne l’accepter en votre présence ». C’est ça, la diversité bon teint d’aujourd’hui.
Certains d’avoir le monopole du cœur et des Lumières, ils n’envisageraient jamais de fréquenter l’ennemi, le camp d’en face, le côté Obscurantiste de la farce : quiconque ne pense pas comme eux
est au mieux réac, au pire facho, et en tous les cas aussi indigne du dialogue que les intouchables de l’Inde. Les seuls mots dont on les honore éventuellement relèvent de l’anathème.
Résultat : ils se radicalisent, et on fabrique des extrémismes avec autant de facilité que de la farine animale avec des poussins mâles. Le Pen faisait un score dérisoire avant Mitterrand et
rechute après la fin de son règne. Sans parler de Dieudonné dont les excès sont proportionnels à l’opprobre qui le frappe.
Ils nagent en plein manichéisme, voient l’échiquier politique en noir et blanc, mais revendiquent l’arc en ciel de la diversité. Ca existe, les burqas rayées mauve et fuschia ?
Anticléricaux convaincus et soi-disant laïcs, ils grognent des « croâ, croâ » enragés à la seule évocation d’une
soutane, mais accueillent à bras ouverts les burqas.
C’est quand même amusant de voir les bouffeurs de curés se défroquer devant les fanatiques religieux des autres rives. Il faut dire que ceux-là ne rigolent pas avec leurs détracteurs, et que si
insulter le premier catho qui passe suscite chez les gens de bonne famille des sourires de sympathique connivence, il est fortement conseillé de se prosterner devant la diversité culturelle des
geôliers d'épouses. Il est vrai que se récupérer une fatwa, ça vous fait passer l’envie de ricaner assez vite.
Vous conviendrez toutefois qu’il est difficile de comprendre pourquoi, quels que soient les excès de l’institution qui a bâti les églises, on rejette avec la haine la plus viscérale l’habit que
vêtit par exemple un scientifique éclairé comme Teilhard de Chardin (qui n’est pas, non, l’exception qui confirme la règle, les exemples se ramassent à la pelle), des prêtres militant pour leur
droit au mariage ou leur homosexualité, alors qu’on revendique comme une liberté (??!!) un cercueil de tissu ! Mais z’enfin, c’est leur droit de renoncer à tous les droits. C’est vrai, ça,
après tout. On autorise bien les cloîtres de carmélites. Alors pourquoi pas les burqas ?
Eh bien, voyez-vous, parce que plus personne aujourd’hui n’oblige une fille née dans une famille catholique à entrer au couvent, alors qu’il n’est pas certain que les filles de wahhabites aient
le choix, même si le conditionnement est tel qu’elles revendiquent leur prison comme un privilège.
Consentiriez-vous à le revêtir vous-même, ce symbole de l’oppression ? A en accepter pour vous-même tout ce qu’il implique en termes de soumission, d’esclavage (sexuel, familial, intellectuel) ?
Vous croyez que l’alphabétisation des femmes sous burqa est la priorité de ceux qui la leur imposent ?
Mais non, vive la diversité ! Il en faut pour tous les goûts : des « qui savent lire » et des « qui savent pas », des « avec clitoris » et des « sans ». Des « qui crèvent de chaleur et de
solitude, étouffées sans regard et sans air », et des « qui ont le droit de se promener où elles veulent » ! C’est ça, la diversité bienveillante !
Car bien sûr, la diversité, c’est ce que revendiquent les imposeurs de burqa !
C’est le mot qu’ils emploient pour séduire les bougies ramollies et fondues qui ont ramassé le flambeau affaibli des Lumières ! Mais bien sûr, le melting pot de la diversité, ils en rêvent !
Bien sûr, ils acceptent que leurs filles épousent des non musulmans.
Que n’entendrait-on pas comme cris d’orfraie si un journal s’avisait de dénicher dans l’hexagone le cas statistiquement anecdotique d’un catho traditionaliste qui imposerait à son futur gendre ou
à sa future belle-fille de se convertir avant d’épouser son rejeton.
Mais non, au pays de la diversité, on cultive aussi la diversité des poids et des mesures. Fini le système métrique universel ! Haro sur le curé, bravo à la burqa !
Car ces femmes ne sont pas dignes qu’on les aide à prendre conscience de leur servitude !
Les slogans du MLF, c’était bon pour nous, mais pas pour elles, ah ben non !
« Un enfant si je veux quand je veux », la pilule, elles y ont droit, vous croyez, sous leur tchador ? Elles ont le droit de parler à qui elles veulent ? Vous croyez ?
Il y a des femmes qui, en Afghanistan, se battent et manifestent contre les talibans, malgré la peur des lapidations et des coups, pour se libérer de ce joug aliénateur, mais les bonnes âmes
d’ici les confortent dans leur servitude !
La burqa est un espace de non-droit sur le sol français.
Ce n’est que l’accessoire émergé de la panoplie, qu’on ne s’y trompe pas.
Car qu’y a-t-il sous les burqas ? Des cerveaux formatés, qui croient entre autres au créationnisme.
Car il faudrait tout de même prendre conscience d’un fait. A l’Est de l’Atlantique, les créationnistes, ce ne sont pas les
évangélistes américains les plus extrémistes : ce sont leurs pires ennemis. Sur ce plan-là comme sur beaucoup d’autres, les fanatiques de tous bords se rejoignent, dans un discret pacte
germano-soviétique (islamo-évangéliste, en l’occurrence) des dictatures religieuses.
Vous savez ce qui se passe, quand on essaie d’aborder, au détour d’un texte, dans un cours de collège, la question
de l’évolution des espèces et de l’histoire de la terre ?
Vous vous heurtez d’emblée aux élèves créationnistes, qui revendiquent leur liberté de pensée, offusqués et bien droits dans leurs certitudes religieuses et leur orthodoxie aussi souple
que des bottes de militaires pas cirées depuis dix ans ! Car c’est leur droit de croire que le monde a été créé en 7 jours, et que la science, c’est rien que des bêtises et c’est pour les
autres.
Bien, bien ! Vive la diversité !
D’ailleurs je propose que pour respecter la diversité, on crée, au sein du collège « unique » (on n’est plus à une contradiction près, hein) différents cours d’histoire (avec ou sans Darwin),
différents cours de biologie (avec ou sans chapitres sur la reproduction, remplacés par des modules sur la cuisine : après tout, la cuisson des courgettes, c’est aussi de la biologie), sans
parler des cours de sport, (inutile d’apprendre à courir pour échapper au mâle, la femelle sous burqa étant par définition toujours consentante. Et puis, de toutes façons, c’est casse-gueule, de
sauter des haies avec un drap sur la figure).
Ce sont les emplois du temps qui vont être faciles à gérer !
Et puis, c’est vrai, ça : les profs n’ont pas encore assez à faire avec la guerre des gangs et les petits caïds, les sms et les téléphones portables en classe. Il faudrait aussi se farcir des
élèves invisibles, sans pouvoir vérifier si ce n’est pas un chahuteur d’une classe d’à côté qui s’est travesti. Et puis, pour les hold-up, c’est pratique ! Même plus besoin de cagoule, dites donc
!
Non mais vous y réfléchissez deux minutes, aux conséquences de vos bons sentiments ?
Mais non ! Au pays de la République des droits de l’homme, de ce fabuleux modèle d’assimilation qu’on piétine allègrement aujourd’hui et qui a fait, pendant des siècles, d’illustres citoyens
avec des millions d’immigrants de tous horizons, dans la civilisation du MLF, on contemple ce communautarisme aliénateur en souriant, avec une indulgence paternaliste.
Acceptons la charia sous les vastes ailes multicolores de la diversité dodelinante !
Mais bon sang, ouvrez les yeux !!! C’est le sectarisme qu’on défend au nom de la diversité !
Non, la burqa n’est pas plus culturelle que l’excision, la corrida ou le martyre des lévriers afghans dans certaines régions d'Espagne. Ce qui génère de la souffrance, c’est une coutume, pas une
culture.
La culture, c’est ce qui élève l’âme ! Pas ce qui l’écrase !
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