Cahiers de l'aube

1°) Window : nom anglais de la fenêtre. Etymologie : 
de l'ancien saxon Wind Auge,
l'oeil du vent.

2°) Les métaphores, c'est comme les collants. 
Ca file vite si on n'y prend pas garde.

3°) - Métaphore et crie-toi. (d'après Luc)

Dimanche 18 avril 7 18 /04 /Avr 23:41

 

Paquerettes.jpg

 

- Maman, pourquoi le coeur des pâquerettes est jaune, alors que leurs pétales sont blancs ? 

- Euh... 

- Ouiii ?

- Je disais "Oeufs"

- Ah ? 

Après le défilé exhaustif des voyelles, je lui tins à peu près ce langage

- Mais oui, c'est très simple ! Avec tous les oeufs que le lapin de Pâques apporte, et tous les jardins qu'il doit traverser en sautant au pas de course, forcément, quelques uns s'échappent de son panier et tombent par terre. Alors, ils s'écrasent dans l'herbe, et ça fait des tas de petits oeufs sur le plat.

Sourire réjoui du fils à qui on ne la fait pas mais qui aime bien quand même les histoires :

- Même pas vrai ! C'est toi, le lapin ! 

 

Par Clarinesse - Publié dans : Enfantillages
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Lundi 1 mars 1 01 /03 /Mars 15:31
http://www.virgo-maria.org/images/sodome-et-gomorrhe.jpg

Ecrivant un article sur un événement qui passionnait le petit monde des amateurs d'art, je m'interrogeais il y a quelque temps sur l'existence d'un terme désignant le hanteur de musée, sur le modèle de "cinéphile", "bibliophile", ou encore, par défaut, "mélomane". Ne trouvant rien dans les méandres de mes méninges personnelles, (après réflexion, il y avait bien le rare "muséophile", mais bon...) je me résolus timidement à forger un discret néologisme bon teint : "pictophile", amateur de peinture, quoi de plus logique ? 
Par précaution néanmoins, je m'enquis de son éventuelle existence en demandant à Goûts-gueules (autant de gueules, autant de goûts ; tot capita, tot sensus). Que nenni ! En fait de teint, rouge fut celui qui repeignit ma chaste face : car on m'apprit que "pictophile" était plutôt apparenté à "zoophile" et autres zigs bien moins recommandables encore, qu'à de respectables et inoffensifs anglophiles lecteurs de Jane Austen, puisque "pictophile" désigne, selon la bête chercheuse du net,  un amateur d'images ... pornographiques !!!
Horreur et damnation ! Quelle ne fut pas l'effroyable angoisse rétrospective qui se saisit de mon innocente personne lorsque j'imaginai le scénario né de l'hypothèse inverse. Que serait-il arrivé si, n'ayant pas vérifié, j'avais proposé à la publication l'infamant adjectif trônant en exergue d'un article mettant à l'honneur un vénérable et chenu directeur de musée multiséculaire en qualifiant ses fréquentations de "pictophiles" ? Un texte multiplié cauchemardesquement à des dizaines de milliers d'exemplaires, atterrissant sur les bureaux atterrés de responsables siégés de cuir et boisés à l'or fin  ?
Comme dans le diptyque d'Alain Resnais Smoking / No smoking, je me retrouvais broyée dans l'implacable engrenage du "Googling / No googling", à jamais marquée du sceau honni de la honte, fustigée par la preuve irréfutable de mon ignorance diffamatoire, fuyant les espoirs scintillants d'une aurore entrevue, comme les parias chassés de Gomorrhe sous la colère cataclysmique du Dieu vengeur gardien de la Vertu.

Sans être, je crois, prude outre mesure, elle m'agace un peu quand même, cette insidieuse colonisation du langage par l'obsession du caleçon qui rend inutilisables tant de termes au départ des plus fréquentables !
Ainsi vous mets-je au défi d'étudier, dans une classe de collège saturée d'hormones plus encore qu'un élevage de poulets en batterie, le moindre extrait du roman le moins égrillard possible, où figurent, au détour d'un brave texte tout ce qu'il y a de plus scolaire, les mots "pipe" ou "chatte". Qu'importe que la première soit bien innocemment posée sur le bureau d'un vieil homme somnolent et que la seconde soit le sujet de l'expression "laper du lait" dans une phrase qui continue par "dans le bol de faïence posé sur le carrelage de la cuisine", vous aurez, quoi que vous fassiez, une douzaine de visages acnéiques épanouis de rires gras et de gloussements dindonnesques. 



Par Clarinesse - Publié dans : Stylismes: Petit art poétique
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Vendredi 12 février 5 12 /02 /Fév 21:28

Une fois de plus guidée par le lumineux conseil de bienveillants lecteurs, c’est à Mister Tea que je dois cette fois la tranquille splendeur d’une découverte essentielle : un poète dont j’ignorais l’existence il y a encore un an, et la texture façonnée de paisibles tourments il y a un mois. 
Toute ma gratitude pour la plénitude simple de cette évidente révélation.

 
                               Hors de portée

Ah, s’il pouvait être de chair vivante, cet homme
Debout sur l’horizon, qui charge les nuages
Dans sa brouette, s’il pouvait emporter un peu
De la boue des jours qui traînent dans les regards
Et les os, dissiper cette ombre en nous
Qui fait tapisserie devant l’indéchiffrable
Partition du ciel et de la terre,
Tu ne piétinerais pas ici derrière la vitre
Comme Jonas au fond du navire malmené,
Priant que la lumière se fasse tout à coup
Et que vire l’accord de toutes choses :
Désirs, joies, souffrances – hors de portée
Comme les voix blanches et noires de la musique.


Guy Goffette, Eloge pour une cuisine de province, suivi de La vie promise
Nrf Poésie Gallimard, p 203.

Par Clarinesse - Publié dans : Citations fascinées
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Mardi 2 février 2 02 /02 /Fév 18:28

lapin.jpg

Lapin sorti de ce chapeau



On connaissait le coup du lapin. Voici le test du lapin.
En effet, n’est-ce pas une ingénieuse façon d'éprouver la placidité et le caractère conciliant d’un(e) éventuel(le) petit(e) ami(e) que de lui poser un lapin ?
Si il (ou elle) se montre irascible au-delà du raisonnable et éclate d’une colère à la limite de l’hystérie au premier rendez-vous raté, l’affaire est entendue : la love-affair n’aura pas lieu. Courage, fuyons !
Si il (ou elle) se montre compréhensif(-ve), on peut affiner le profil du sujet en élaborant une échelle comparable à celle de Richter, mais pour les séismes du cœur ; le nombre de lapins atteint étant celui auquel le cobaye résiste sans se mettre à tout renverser sur son passage par ses tremblements de rage. Un peu comme les étoiles pour les skieurs. Sauf que là, on remplace le « sk » de « skieur » par « ch ».

Un lapin : terrain glissant, sujet aux avalanches. A éviter.
Deux lapins : surface bosselée, moyennement stable. A aborder avec circonspection.
Trois lapins : piste de luxe, moelleuse sous le pied.

Au-delà, on atteint le grade honorifique du bouquetin, bête à cornes de haute montagne, qui conserve sa noblesse en toutes circonstances, gardant le pied sûr même au milieu des éboulis les plus escarpés.
Il y a aussi des variantes : par exemple, un rendez-vous annulé quelques heures seulement auparavant s’appelle un lapereau. Un lapereau équivaut à un demi-lapin.
Notez que si le lapereau épargne au délaissé le pénible temps de l’attente angoissée proprement dite, il lui inflige tout de même le châtiment de la préparation pour rien, ce qui, s’il s’agit d’une dame, peut valoir son pesant d’efforts : ravalement de façade, passage au papier de verre, polissages en tous genres, lessive et repassage express de la petite robe qu’on veut absolument porter, sans compter le bain annuel si c’est une cousine d’Abraracourcix…
A vot’bon cœur, m’sieur’dame. : ))

NB : Entrent aussi dans la catégorie « lapin » les messages sans réponses et autres tristes silences. En ce cas, on parle de lièvres. Un lièvre peut parfois donner la fièvre. C’est la fièvre caf’rdeuse.
Ex : « La petite a encore de la fièvre. Elle a encaissé un lièvre. » (Oublié de Bas’l’Sac, Splendeurs et Misères des Courtisanes. A moins que ce ne soit Illusions perdues.)
Par Clarinesse - Publié dans : Méditations métaphoriques
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Dimanche 24 janvier 7 24 /01 /Jan 17:05

« Le soleil se couche dans les volcans.


C’est comme ça qu’il fait fondre la terre, dessous. »

Source : Pierre, 5 ans et demi

Le plus amusant, c’est la façon soudaine et parfaitement inopinée dont ses assertions surgissent :
au moment de s’endormir, ou bien au réveil, passage du mode « off » au mode « on » sans la moindre transition.

Cette fois-ci, c’était en boutonnant son manteau, juste avant de s’engouffrer dans l’escalier pour aller à l’école.
Un vrai planeur, qui pense toujours à mille lieues de ce qu’il est en train de faire.

Par Clarinesse - Publié dans : Enfantillages
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Jeudi 21 janvier 4 21 /01 /Jan 23:36
Guillotine-LouisXVI.JPG


Trois ans après leur coup d’envoi en 1789, les festivités de la Révolution Française battent leur plein. Le 10 août 1792, les Tuileries sont envahies et la famille royale emprisonnée : le dauphin a sept ans et mourra dans son cachot après trois années d'une effroyable captivité, isolé, séparé de sa mère et de sa sœur, dans l’humide obscurité d’une paille moisie peuplée de rats, de gale, de brimades, de coups et de tuberculose.
« J’ai dix ans ! T’vas voir ta tête dans le panier… » aurait-il pu dire à son papa si celui-ci avait vécu deux ans de plus et s’il avait eu la radio dans sa cellule pour écouter la chanson de Souchon.
Mais le 15 janvier 1793, Louis XVI est déclaré coupable de trahison à la patrie après sa fuite interrompue à Varennes le 21 juin 1791, puis condamné à mort : le verdict tombe le 17 janvier 1793, et le couperet le 21.

Pourtant homme de bonne (mais trop molle) volonté, beaucoup plus cultivé qu’on ne le dit, Louis XVI se voulait un despote éclairé plutôt sensible aux idées des Lumières, prêt à entendre les doléances du Tiers Etat. Mais il n’avait pas la fermeté intellectuelle nécessaire pour réformer la monarchie et s’opposer aux résistances des nobles crispés sur leurs privilèges. La mauvaise réputation du couple royal auprès du peuple est d’ailleurs en grande partie due aux rancoeurs des courtisans qui ne lui pardonnaient pas d’amoindrir leur rôle d’apparat en réduisant l’étiquette de Versailles, préférant le modèle du « roi simple » à la mode aussi chez Frédéric II de Prusse au code obséquieux de flagornerie orchestrée voulu par Louis XIV.
Car si l’une des causes fondamentales de la Révolution, tout autant que la philosophie des Lumières, fut la hausse du prix du pain, peut-être eût-il suffi que les seigneurs cèdent un peu de leur richesse pour que leurs têtes ne soient saignées et tant d'édifices saccagés ?
C’est bien mal comprendre ses intérêts parfois que d’y tenir avec trop d’entêtement.
Modeste conseil à l’indécence des traders et autres plus ou moins gros boursicoteurs qui continuent de s’octroyer de grasses commissions et de spéculer sur le cours de denrées vitales après le sauvetage de la bourse aux frais des Etats. « Le chêne et le roseau », tout ça…, révisez vos La Fontaine avant qu’il n’en coule du sang.
Il ne s’agit pas de justifier les massacres :
il s’agit de ne pas attiser, par trop de cynisme, l’envie de les perpétrer.

Rappelons tout de même à titre comparatif que pendant la Semaine Sanglante du 21 au 28 mai 1871, l’armée versaillaise d’Adolphe Thiers (ô le joli nom en écho) fit plus de morts en réprimant la Commune (entre 20 et 25 000 fusillés) que les exécutions de la Terreur en deux ans, d’août 1792 à juillet 1794.

Cela sans compter bien sûr les quelques 500 000 morts tombés durant les dix ans de guerre civile de la Révolution, notamment en Vendée. Heureusement que Napoléon est venu remettre de l’ordre dans tout ça et ramasser les débris du pays à la petite cuiller : une cuiller assez lourde toutefois puisqu’à la louche, l’Empire ajouta 800 000 tués dans la balance (dont 300 000 rien qu'en 1812 : les voyages en Russie coûtent toujours cher *), pulvérisant ainsi le déjà beau score révolutionnaire.


*Special thanks to Romain’s Historic Consulting pour l’emprunt de la formule et son contrôle technique d’expert : il faut toujours vérifier son niveau de sang avant de faire rouler sa guimbarde causante.

Ndlr : Ceci est la version longue du petit billet qui fut commis dans la presse il y a quelques jours.
Merci à mon rédac'chef préféré de permettre sa retranscription (enrichie) ici.


Par Clarinesse - Publié dans : Pôle éthique et politique
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Mercredi 6 janvier 3 06 /01 /Jan 08:05
Maxime Cohen est conservateur général des bibliothèques de Paris.
Au cours de ses Promenades sous la lune, il évoque aussi bien l’art de placer l’e muet et l’imparfait du subjonctif que les plaisirs du tabac ou du vin, l’art de l’essai d’Aulu-Gelle à Montaigne ou le bonheur,… Délectable flânerie.


&&&
Edition Grasset, pages 9-10 :

« Une époque se révèle autant par les œuvres du passé qu’elle a aimées, délaissées ou haïes que par celles qu’elle a produites : l’engouement de l’Europe classique pour Virgile et l’indifférence ordinaire dont il souffre aujourd’hui nous éclairent sur le goût d’alors autant qu’ils nous alertent sur le nôtre. On pourrait faire l’histoire des siècles qui se sont nourris d’Homère et de ceux qui s’en sont passés. Marivaux ou Stendhal comptaient peu d’amateurs vers 1860 : il suffit de voir en quelle estime on les tient aujourd’hui ; ils seront peut-être oubliés demain. La poésie du dix-huitième siècle ne vaut pas grand-chose pour le moment, bien que nous soyons quelques uns à en faire nos délices : le siècle prochain la mettra peut-être au-dessus des romantiques, et Delille au-dessus de Rimbaud. Mais est-ce au goût d’une époque de décider pour celui d’une autre ? Et les contemporains ne sont-ils pas meilleurs juges des livres qui ont été faits pour eux que ces lecteurs étrangers des siècles futurs qui ne sont destinataires d’aucun ? Le jugement de ces derniers est par essence anachronique. L’éloignement dans le temps comme dans l’espace obscurcit l’intelligence et complique le jugement : la postérité n’est souvent que la longue histoire des contresens.
[…]
Il n’y a aucun livre dont il soit sage de regretter l’existence. Ceux qui ne lisent que les Modernes dont il subsiste presque tout corrigeront le scandale de cette assertion par l’étude des Anciens dont il ne subsiste presque rien. Tant d’ouvrages immortels à jamais disparus nous sont garants du prix qu’il est juste d’attacher au moindre rogaton. On gagne toujours à méditer sur la destruction des textes antiques dont les derniers volumes servirent d’emballage aux marchands de bonbons et de poisson frit ; et c’est à juste titre que le brasier où grillèrent les peintures de Zeuxis qui jetaient Platon dans des réflexion si profondes sur l’apparence et la réalité consume encore la mémoire des érudits.
Les livres, il est vrai, ont maintes fois été la cause indirecte de leur propre destruction. Les adorateurs d’un seul, scandalisés par la multiplicité des autres, ont souvent causé la ruine de tous ; et l’on connaît le bel apocryphe que l’historien de Saladin, Ibn al-Kifti, prête au calife Omar. Devant décider de préserver ou d’incendier la bibliothèque d’Alexandrie, il aurait posé cette alternative cynique :


« Ou bien ces livres disent la même chose que le Coran, et il faut les détruire parce qu’ils ne servent à rien ;
ou bien ils disent le contraire, et il faut les détruire parce qu’ils sont impies. »


Chimériques décrets des conquérants ! La paresse des copistes et la vogue des anthologies ont causé plus de dégâts à la littérature antique que la férocité des incendiaires. »


&&&

En quantité, certes, mais Charybde n’est pas plus fréquentable que Scylla.
Et que ce soit par le feu du fanatisme ou par l’indifférence d'un public pas assez éclairé, la raison qui fit sombrer les plus purs chefs d’œuvre de l’intelligence humaine dans le néant est la même : l’ignorance.

Alors qu’importe que les scanners qui numérisent les antiques imprimés d’Europe appartiennent à Google ou à Bidule, il faut sauver les subtils rayons de nos bibliothèques avant que l’analphabétisme généralisé des futures générations ne transforme les temples du savoir en pistes de skate-board couvertes.

J’ai dit !

http://a21.idata.over-blog.com/0/22/16/81/chef_indien_pastels.jpg





Par Clarinesse - Publié dans : Citations fascinées
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Dimanche 3 janvier 7 03 /01 /Jan 22:42



Tout de même, les gens se plaignent pour rien !
A ce qu’il paraît, les soins dentaires sont hors de prix, et les prothèses valables réservées aux plus riches.
Vous avouerez qu’ils font vraiment preuve de mauvaise volonté !
M’enfin, ce n’est pourtant pas bien compliqué ni très ruineux de garder les fèves de ses galettes d’une année sur l’autre : une fois que vous en avez soigneusement conservé trente-deux, il suffit d’aller voir votre dentiste préféré pour lui demander de vous implanter de jolies couronnes dorées pour vos incisives, de fines canines élancées, de belles molaires en céramique émaillée. Le tout est de bien faire correspondre les formes pour assurer une mastication adéquate.

Mais peut-être me goure-je ?




2009-BricolENfantillages-FevesDent-004.jpgMâchoire supérieure



2009-BricolENfantillages-FevesDent-012.jpgMâchoire inférieure

PS 1 : La rédaction adresse ses excuses à tous ses lecteurs âgés de plus de cinq ans.
PS 2 : Le panier de tomates pourries se trouve sur votre droite en entrant.
Par Clarinesse - Publié dans : Enfantillages
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Samedi 2 janvier 6 02 /01 /Jan 01:25



Il y a quelque part, entre cordes vocales et fibres du myocarde, sinuant du gosier au poitrail, quelque amas filandreux qui s’emballe et s’emmêle, chante clair, vibre vif. Mais parfois, le violon du gosier contracté, accordé à la danse, en violence, de la joie dilatée l’assourdit, é-muette, corde à nœuds, corde à « Meuh » qui s’émeut et se fige, comme au milieu d’un chant allègre, le son trop pur se heurte au mur d’une mort petite, subite et s’étouffe en silence, étranglé de trembler de frissons si aigus.
Par Clarinesse - Publié dans : Méditations métaphoriques
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Jeudi 31 décembre 4 31 /12 /Déc 10:31
Blabla-bilan


Et voilà, une année de plus achevée sans rien de concret d’abouti, sur les mêmes résolutions désespérément inefficaces, qui demeurent inchangées d’une année sur l’autre, avec la persistance d’une tache tenace sur une nappe trop blanche.

Rien d’ établi, hors ces soixante billets (tout rond) dont le débit irrégulier au plus haut point (le délai entre deux posts variant entre deux jours et deux mois) masque un splendide algorithme aussi limpide que non prémédité.
Ainsi voit-on se dessiner sous le chaos quelques lignes élégamment striées :

0 article en août,
1 (en mars)
2 (en juin)
3 (en juillet)
4 (en février)
5 (en mai)
6 (en septembre)
7 (en avril)
puis 4 x 8 billets.
8, la courbe parfaite de l’infini.

Le tout qui nous fait donc pile 60 billets en 2009, (soit 5 billets mensuels de moyenne) chiffre rond bien qu’un peu moins qu’en 2008 qui culminait glorieusement à 200 posts tout juste, là encore dans une totale anarchie temporelle.
C’est-y pas beau le boulot du hasard (auquel nous n’aurons pas la mauvaise foi d’attribuer l’inhabituelle fréquence des publications des deux dernières semaines, due au même défi parfaitement idiot que l’an passé : arriver au compte rond.)
Des chiffres et des lettres, ça c’est de l’ambition !

Mais j'aime bien ces petits clins d'oeil du destin, comme si une super-maman providentielle se souciait de ranger mes jouets en désordre sans même que je m'en aperçoive, trop occupée à le faire pour le fiston  pour  avoir conscience de mon propre bazar.



Un petit mot tout de même pour exprimer ma profonde reconnaissance et mon émerveillement jamais las à toutes les belles fidélités (ou découvertes) pour leur richesse partagée.

M e r c i   donc, mille fois et plus.
Suis très heureuse de vous connaître (si vous me permettez l’abus de langage), et vous espère bien plus heureux qu’hier et bien moins que demain.


&&&

http://a33.idata.over-blog.com/366x468/1/91/82/23//absintheberaud.jpg
Jean Béraud (1849-1935), L'absinthe

PS : Le titre (l'assommoir à pétards) et l’illustration sont empruntés au marronnier de papier que je fis pour la presse il y a une dizaine de jours.

Car il me semble toujours aussi étrange de se réjouir si bruyamment, à coups de pétards, de beuveries et de confettis, d’avoir un an de moins qui nous sépare de la mort, issue fatale et certaine de son bref passage ici-bas. Pourquoi donc tirer tant de gloire d’avoir réussi à survivre un an de plus ?

La mortalité infantile sous nos latitudes est depuis longtemps jugulée ; la peste, le choléra et les bombardements nous laissent en paix depuis de longues décennies : parvenir à voir l’an suivant ne constitue donc pas un exploit aussi impérissable que d’avoir réussi à se qualifier en trichant à la coupe du monde de la baballe au pied.

Mais c’est bien connu, plus on est creux, plus on fait de bruit : voyez les cloches.

 




Par Clarinesse - Publié dans : Epistolaire
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