Cahiers de l'aube

1°) Window : nom anglais de la fenêtre. Etymologie : 
de l'ancien saxon Wind Auge,
l'oeil du vent.

2°) Les métaphores, c'est comme les collants. 
Ca file vite si on n'y prend pas garde.

3°) - Métaphore et crie-toi. (d'après Luc)

Vendredi 26 juin 2009

 

Dans le petit théâtre de guignol, dès que leur épouvantail à Rolex favori bouge un petit doigt ou un ministre, ça grenouille dans le bénitier des marionnettes d’en face.
Mais j’ai toujours pensé que ceux qui applaudissent ou huent sur commande aux singeries des pantins sont aussi mécaniques qu’eux. Mais lâchez-lui les talonnettes, cornegidouille !
Il n'est pas là, le problème ! Il est ailleurs, le problème. C'est de la diversion, tout ça !
« La maison brûle, et on regarde ailleurs. » Ben oui, il y a de bonnes (et de mauvaises) idées partout.
C’est ça la diversité.

Mais non, bien à l’abri dans leur maison de campagne ou dans leur quartier chic ou bobo, ils n’en finissent plus de taper sur leur dictateur d’opérette, avec le petit frisson du rebelle qu’a pas peur du danger et qui sait penser par lui-même, sans réflexe de chapelle.

Ce qui est assez divertissant, avec les apôtres autoproclamés de la diversité, c’est que les coutures du tissu de contradictions dont ils drapent leur doxa s’effilochent tellement qu'un seul petit doigt suffit à les défaire.
Ils parlent du respect de la diversité comme on se bat contre la disparition des pandas : sans en avoir jamais vu un exemplaire ailleurs que dans le grand zoo médiatique. Vous en invitez souvent à boire le thé chez vous, des amies à burqa ? Vous en connaissez une seule ? Avez-vous des amis parmi ceux qui habitent dans ce qu'on appelle faute de mieux les "cités" ?
Ils affichent un souverain mépris pour les goûts de la classe sociale qu’ils prétendent défendre. Ils sont magnifiquement ouverts d’esprit, mais seulement avec ceux qui pensent comme eux.
S’ils apprenaient qu’un de leurs amis ne votait pas pareil, ils cesseraient  aussi sec de lui adresser la parole. C’est Jane Austen qui s’amuserait bien ! Relisez, dans Orgueil et Préjugé, le conseil charitable que donne le Révérend Collins aux parents de la jeune fille enfuie avec son prétendant avant le mariage :
« En bons chrétiens, vous devez lui pardonner, mais en aucun cas ne l’accepter en votre présence ». C’est ça, la diversité bon teint d’aujourd’hui.
Certains d’avoir le monopole du cœur et des Lumières, ils n’envisageraient jamais de fréquenter l’ennemi, le camp d’en face, le côté Obscurantiste de la farce : quiconque ne pense pas comme eux est  au mieux réac, au pire facho, et en tous les cas aussi indigne du dialogue que les intouchables de l’Inde. Les seuls mots dont on les honore éventuellement relèvent de l’anathème. Résultat : ils se radicalisent, et on fabrique des extrémismes avec autant de facilité que de la farine animale avec des poussins mâles. Le Pen faisait un score dérisoire avant Mitterrand et rechute après la fin de son règne. Sans parler de Dieudonné dont les excès sont proportionnels à l’opprobre qui le frappe.
Ils nagent en plein manichéisme, voient l’échiquier politique en noir et blanc, mais revendiquent l’arc en ciel de la diversité. Ca existe, les burqas rayées mauve et fuschia ?

Anticléricaux convaincus et soi-disant laïcs, ils grognent des « croâ, croâ » enragés à la seule évocation d’une soutane, mais accueillent à bras ouverts les burqas. 
C’est quand même amusant de voir les bouffeurs de curés se défroquer devant les fanatiques religieux des autres rives. Il faut dire que ceux-là ne rigolent pas avec leurs détracteurs, et que si insulter le premier catho qui passe suscite chez les gens de bonne famille des sourires de sympathique connivence, il est fortement conseillé de se prosterner devant la diversité culturelle des geôliers d'épouses. Il est vrai que se récupérer une fatwa, ça vous fait passer l’envie de ricaner assez vite.
Vous conviendrez toutefois qu’il est difficile de comprendre pourquoi, quels que soient les excès de l’institution qui a bâti les églises, on rejette avec la haine la plus viscérale l’habit que vêtit par exemple un scientifique éclairé comme Teilhard de Chardin (qui n’est pas, non, l’exception qui confirme la règle, les exemples se ramassent à la pelle), des prêtres militant pour leur droit au mariage ou leur homosexualité, alors qu’on revendique comme une liberté (??!!) un cercueil de tissu ! Mais z’enfin, c’est leur droit de renoncer à tous les droits. C’est vrai, ça, après tout. On autorise bien les cloîtres de carmélites. Alors pourquoi pas les burqas ?
Eh bien, voyez-vous, parce que plus personne aujourd’hui n’oblige une fille née dans une famille catholique à entrer au couvent, alors qu’il n’est pas certain que les filles de wahhabites aient le choix, même si le conditionnement est tel qu’elles revendiquent leur prison comme un privilège.
Consentiriez-vous à le revêtir vous-même, ce symbole de l’oppression ? A en accepter pour vous-même tout ce qu’il implique en termes de soumission, d’esclavage (sexuel, familial, intellectuel) ? Vous croyez que l’alphabétisation des femmes sous burqa est la priorité de ceux qui la leur imposent ? 
Mais non, vive la diversité ! Il en faut pour tous les goûts : des « qui savent lire » et des « qui savent pas », des « avec clitoris » et des « sans ». Des « qui crèvent de chaleur et de solitude, étouffées sans regard et sans air », et des « qui ont le droit de se promener où elles veulent » ! C’est ça, la diversité bienveillante !
Car bien sûr, la diversité, c’est ce que revendiquent les imposeurs de burqa !
C’est le mot qu’ils emploient pour séduire les bougies ramollies et fondues qui ont ramassé le flambeau affaibli des Lumières ! Mais bien sûr, le melting pot de la diversité, ils en rêvent !
Bien sûr, ils acceptent que leurs filles épousent des non musulmans.
Que n’entendrait-on pas comme cris d’orfraie si un journal s’avisait de dénicher dans l’hexagone le cas statistiquement anecdotique d’un catho traditionaliste qui imposerait à son futur gendre ou à sa future belle-fille de se convertir avant d’épouser son rejeton.
Mais non, au pays de la diversité, on cultive aussi la diversité des poids et des mesures. Fini le système métrique universel ! Haro sur le curé, bravo à la burqa !

Car ces femmes ne sont pas dignes qu’on les aide à prendre conscience de leur servitude !
Les slogans du MLF, c’était bon pour nous, mais pas pour elles, ah ben non !
« Un enfant si je veux quand je veux », la pilule, elles y ont droit, vous croyez, sous leur tchador ? Elles ont le droit de parler à qui elles veulent ? Vous croyez ?
Il y a des femmes qui, en Afghanistan, se battent et manifestent contre les talibans, malgré la peur des lapidations et des coups, pour se libérer de ce joug aliénateur, mais les bonnes âmes d’ici les confortent dans leur servitude !
La burqa est un espace de non-droit sur le sol français.
Ce n’est que l’accessoire émergé de la panoplie, qu’on ne s’y trompe pas.
Car qu’y a-t-il sous les burqas ? Des cerveaux formatés, qui croient entre autres au créationnisme.

Car il faudrait tout de même prendre conscience d’un fait. A l’Est de l’Atlantique, les créationnistes, ce ne sont pas les évangélistes américains les plus extrémistes : ce sont leurs pires ennemis. Sur ce plan-là comme sur beaucoup d’autres, les fanatiques de tous bords se rejoignent, dans un discret pacte germano-soviétique (islamo-évangéliste, en l’occurrence) des dictatures religieuses.

Vous savez ce qui se passe, quand on essaie d’aborder, au détour d’un texte, dans un cours de collège, la question de l’évolution des espèces et de l’histoire de la terre ?
Vous vous heurtez d’emblée aux élèves créationnistes, qui revendiquent leur liberté de pensée, offusqués et bien droits dans leurs certitudes religieuses et leur orthodoxie aussi souple que des bottes de militaires pas cirées depuis dix ans ! Car c’est leur droit de croire que le monde a été créé en 7 jours, et que la science, c’est rien que des bêtises et c’est pour les autres.
Bien, bien ! Vive la diversité !

D’ailleurs je propose que pour respecter la diversité, on crée, au sein du collège « unique » (on n’est plus à une contradiction près, hein) différents cours d’histoire (avec ou sans Darwin), différents cours de biologie (avec ou sans chapitres sur la reproduction, remplacés par des modules sur la cuisine : après tout, la cuisson des courgettes, c’est aussi de la biologie), sans parler des cours de sport, (inutile d’apprendre à courir pour échapper au mâle, la femelle sous burqa étant par définition toujours consentante. Et puis, de toutes façons, c’est casse-gueule, de sauter des haies avec un drap sur la figure).
Ce sont les emplois du temps qui vont être faciles à gérer !
Et puis, c’est vrai, ça : les profs n’ont pas encore assez à faire avec la guerre des gangs et les petits caïds, les sms et les téléphones portables en classe. Il faudrait aussi se farcir des élèves invisibles, sans pouvoir vérifier si ce n’est pas un chahuteur d’une classe d’à côté qui s’est travesti. Et puis, pour les hold-up, c’est pratique ! Même plus besoin de cagoule, dites donc !
Non mais vous y réfléchissez deux minutes, aux conséquences de vos bons sentiments ?
Mais non ! Au pays de la République des droits de l’homme, de ce fabuleux modèle d’assimilation qu’on piétine allègrement aujourd’hui et qui a fait, pendant des siècles, d’illustres citoyens avec des millions d’immigrants de tous horizons, dans la civilisation du MLF, on contemple ce communautarisme aliénateur en souriant, avec une indulgence paternaliste.
Acceptons la charia sous les vastes ailes multicolores de la diversité dodelinante !

Mais bon sang, ouvrez les yeux !!! C’est le sectarisme qu’on défend au nom de la diversité !
Non, la burqa n’est pas plus culturelle que l’excision, la corrida ou le martyre des lévriers afghans dans certaines régions d'Espagne. Ce qui génère de la souffrance, c’est une coutume, pas une culture.
La culture, c’est ce qui élève l’âme ! Pas ce qui l’écrase !

 

Par Clarinesse - Publié dans : Pôle éthique et politique
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Jeudi 18 juin 2009



Ayant découvert il y a peu, dans les albums des Patapluches hérités des premières lectures de sa môman, les jurons « Sac à papier » et « Nom d’une pipe en bois », qui l’ont fait rire à se rouler par terre, Pierre ne cesse désormais d’inventer de nouvelles expressions pittoresques.
Nom d’un pneu crevé ! Nom d’un bulldozer en panne !
J’avoue un petit faible pour le dernier né de sa caboche bavarde :
Nom d’une boule de cristal en carton !
Quelle concision dans la dénonciation des faux prophètes et autres experts ès pseudosciences, tout de même ! Quel sens de la formule ! Tu seras un poète, mon fils !

 

Par Clarinesse - Publié dans : Enfantillages
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Samedi 23 mai 2009
- Tu m’as l’air songeuse*, soudain.
- …
- Perdue dans tes pensées ?
- …
- C’est pas bien grand pourtant.

- Enfin, tu sais bien qu’avec mon calamiteux sens de l’orientation,
je  suis capable de me perdre dans un mouchoir de poche.

* Ou "songeur" : voir réponse au premier commentaire.
Par Clarinesse - Publié dans : Aphorismes informels
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Mercredi 20 mai 2009


 


Special thanks to Mrs de K, for this wonderful gift.




- Tu ne trouves pas que parfois, les espèces de bouclettes vaguement roussies, de chaque côté, ça fait un peu cocker ? Ou comme les oreilles d’un setter irlandais tout fou ? Ou d’un épagneul breton ?

- Moui... Ca ressemblerait plutôt à un Botticelli.

-  Ah bon ? C’est quoi comme race de chien ?

- … ?!

Par Clarinesse - Publié dans : Aphorismes informels
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Jeudi 14 mai 2009

La Dentellière, Vermeer

S’effacer. Disparaître proprement.
Bien arrêter le fil, avec un joli nœud et un bref retour sur ses pas, quelques points de couture.
Ne pas laisser s’effilocher les traces de ses passages dans le lâche délitement du point de fuite.
S’effacer. Céder la place. Prière de laisser les lieux dans l’état où ils furent offerts.
Ne garder que sa vie bien rangée. Battre à se rompre, mais en retraite. 
S’effacer devant tout ce qui brille et qui vibre et scintille.
Repartir dans la nuit. Tourner le dos aux lumières entrevues, aux mirages de sa propre existence.
Refaire sa valise, lever le camp, et retrouver la solitude de ses errances.
Dénouer un à un chaque lien, chaque fibre emmêlée dans l’inextricable écheveau de ses nerfs en pelote.
Et laisser infuser les cordes à nœuds de ses mouchoirs.

Se dépêtrer plus mal que bien avec le fil entortillé, incontrôlé des rêveries, et sur la rive,
avec la paix de Pénélope, tisser des tas de pistes à risques, des tas de textes qui s’effritent.

 

Par Clarinesse - Publié dans : Méditations métaphoriques
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Dimanche 10 mai 2009





Moi j’dis, y a pas mieux comme méthode pour apprendre à lire que d’avoir à déchiffrer des mots d’amour.
Et puis, des lettres en petits carrés à assembler une à une, ça fait lego, c’est drôlement moins intimidant que d’affronter d’effrayants grimoires et leurs pages déjà noircies d’une infinité de signes cabalistiques, et se noyer, piétiné par la danse hypnotique de leurs lignes sinueuses et sournoises.
C’est donc après avoir lu, syllabe après syllabe, ce message qui s’écrivait sous ses yeux, que Pierre petit s’allongea à côté, rompu de tant d’efforts, pour faire un câlin à ce petit mot, doux comme son mouton de coton.


                                           &&&

Lui transmettre au moins ça : la puissance des mots, leur respiration, leur douceur. La possibilité de se blottir contre eux, de se laisser bercer par le chaud clapotis de leur écume chantante.

Câliner les mots qui viennent de vous caresser.
Et puis s’abandonner, emporté par la houle, le poitrail irradié frémissant sous les vagues.

 

Par Clarinesse - Publié dans : Enfantillages
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Vendredi 8 mai 2009

 

Chers lecteurs assidus, peut-être vous dites-vous déjà : « Tiens, mais pour une fois, elle est à l’heure, elle fait son papelard le jour J ! » Eh ben non, elle est en retard, comme d’habitude.
Car savez-vous, toujours aussi chers (depuis la première ligne, ça n’a pas changé) lecteurs débonnaires que si l’Europe entière célèbre l’armistice le 8 mai, c’est pour obéir à un caprice de Staline, qui tint absolument à ce qu’une seconde capitulation soit signée à Berlin et remise entre les mains de son Armée Rouge à lui qu'il a ?
 Non content d’avoir privé des millions de ses compatriotes de la vie et de la liberté dans ses goulags où il offrait avec la prodigalité des grands princes le gîte à courant d'air et le couvert ébréché, l’activité physique et la rééducation mentale, il priva aussi la cité des sacres de l’occasion de figurer dans les livres d’histoire pour autre chose que pour son vin qui pique et son huile qui oint les fronts royaux.
Parce que l’authentique, la véritable Reddition, c’est à Reims, la veille, entre les dernières heures de la nuit et les premières du jour qu’elle fut signée et remise entre les mains d’Eisenhower.
Il faut dire qu’une semaine exactement après le suicide de son Führer, le Troisième Reich décapité et exsangue avait perdu sa foi et son prophète, et plus guère ni les moyens ni les raisons de continuer à entretenir sa fureur.

Je ne sais pas ce qui se passe dans la tête de ceux qui assistent à ces jours sonnant la fin d’un enfer. Peut-être leur est-il délivré une révélation, comme s'il leur était donné de contempler le Saint Graal ? Toujours est-il qu'une certaine lucidité leur échoit en partage.
Ainsi Clemenceau, tout tigre qu'il fût, n'en avait-il pas moins compris dès 1918 que l'humiliation du Diktat portait en germe la revanche de l'horreur suivante, et que la guerre était décidément une chose trop sérieuse pour être confiée aux militaires. Ainsi aussi Eisenhower, tout républicain qu'il fût toujours resté, reconnut-il dès son accession à la présidence des Etats-Unis, que le lobby militaire américain exerçait une telle pression sur le gouvernement que la guerre ne pouvait être que la ligne directrice de la diplomatie américaine, pour paraphraser le titre du livre de Noam Chomsky dont la citation est extraite : "De la guerre comme politique extérieure des Etats-Unis."

Par Clarinesse - Publié dans : Pôle éthique et politique
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Jeudi 23 avril 2009

Je m'étais pourtant promis, après ma mésaventure arachnéenne de l'automne dernier, de ne pas récidiver avec les délocalisations de mes cogitations hors de mes pénates ombragées et rassurantes. Chat échaudé craint l'eau froide, mais linotte écervelée garde la tête roide.

Toujours est-il qu'il semblerait que j'aie quelques accointances avec l'ami Pierrot, puisque comme lui, il arrive qu’on me demande de prêter ma plume. Mais l’analogie s’arrête là, puisqu’au lieu de renvoyer la requête chez le voisin, je me pique d’y répondre. Est-ce l’amour propre flatté qui cause ? Toujours est-il qu’honorer de telles invitations  permet de joindre l’utile à l’agréable en essayant de ne point trahir l’amitié dont elles témoignent. 
Une fois de plus, donc, voilà la cavalerie lourde qui charge sabre au clair au plus fort de la bataille et au mépris de tous les dangers.
C’est bien connu : l’indignation, c’est le courage des lâches.
Bref, voici une nouvelle contribution aussi légère à digérer qu’une choucroute marinée pendant trois mois.
Je tiens en effet à réitérer ici toutes mes excuses à l’illustre auteure du blog
Pharmacritique (dont la compétence très pointue est largement reconnue dans ce domaine hautement qualifié) pour l’indigne retard de livraison de cette « chose » et toute ma confuse reconnaissance pour la confiance qu’elle m'accorde, en vertu d’une amitié « de treize ans » (Aïe le temps) qui débuta lors de lointaines études de philo parisiennes.
C’est
ici.   

Post scriptum fondamentalum : 
Euh... ayant pris conscience après coup de la maladresse de ce préambule et du titre qui pouvait hélas enduire d'erreur les malheureux lecteurs de celui-ci, je voulais préciser que l'écriture de ce texte fut un plaisir, comme toute écriture, et en aucun cas une corvée ;  et que seule l'appréhension de mettre la plume hors de mon bac à sable dans la cour des grands, et d'être lue par des gens mille fois plus compétents que moi dans le domaine concerné me faisait craindre quelque impair.
Je tiens donc à réitérer ici toute la sincérité de mon amitié à son inspiratrice.

Par Clarinesse - Publié dans : Pôle éthique et politique
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Mardi 21 avril 2009

Guérir.
Gagner un peu d’espace. Entre soi-même et ce qui hante.
Sauver un peu de temps, entre deux assauts noirs de cafard.
Espacer les visites de la mélancolie.
Mettre des cales sur les fenêtres pour qu’un vent trop violent
ne les claque à la face de l’air frais.
Conquérir, à la force du clavier, à l’éclat du papier,
Minute après minute, un peu de paix et de clarté.
Et le répit repose. Mais le dépit dépasse.
Aplanir les effrois ; faire taire les doutes.
Et lisser sur le front de la pulpe du pouce
Toutes peines en plis et tous soucis en rides,
Juste sous le sourcil, où se tend la tristesse.

Il est des îles englouties.
A leur surface l’eau troublée reste trop sombre,
Maelström intranquille qui n'en finira pas
D’enrouler son tourment tout autour de l’absence.

Par Clarinesse - Publié dans : Echappées poétiques
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Lundi 20 avril 2009

 

Vous m’excuserez de troubler votre digne repos par une si piètre requête.
Mais il en va du confort de vos yeux et de la quiétude de vos migraines.

Voilà, pour des raisons qui m’échappent encore, (car les voies de l’informatique sont aussi impénétrables à mes neurones malencontreusement rétifs au binaire que celles de la Providence au troupeau des fidèles) : la taille de caractères des textes publiés sur cette respectable plateforme blogophore demeure, à la lecture, rédhibitoirement sourde à toute tentative de modifier les paramètres d’affichage : seuls les commentaires s’amusent à dévaler ou gravir allègrement l’échelle des zooms, depuis Lilliput jusqu’à Brobdingnag en passant par Gulliver. Mais les textes demeurent aussi imperturbables que le marbre dans lequel ils ne seront jamais gravés.
Et comme la taille d’iceux dépend de la résolution de l’écran sur lequel ils font leur apparition, ils sont, sur certains, fort obligeamment lisibles, mais sur d’autres un peu exigus.
Aussi me suis-je risquée, dans le dernier texte, à augmenter la taille des caractères : mais celle-ci me semble un peu excessive. Alors j’ai besoin de vos avis.
Vous importunerait-il par trop la fibre indépendante et littéraire de vous plier à un modeste sondage ?

Pour « Non, non, ne changez rien, en 12 points, ça me convient : tapez « 12 » dans la petite fenêtre à commentaires, oui voilà, celle-là. »
Pour « Oui, comme vous le proposez si gentiment, vous seriez bien aimable de causer un peu plus haut et d’écrire un peu plus gros car ma vue baisse et mon ouïe se durcit (comme ça) tapez « 14 » (oui, toujours dans la petite fenêtre) »


Mârci bôcoup.
Le vote est gratuit et rémunéré d’avance par la production du fiston qui suit. (Oui, en plus, elle monnaie les trouvailles de son héritier afin de faire tourner sa boutique. Honte à ceux qui exploitent le travail des enfants.)

Il va de soi que Pierre unique a un registre de langage fort châtié, et qu’il s’écrie après avoir englouti trois gâteaux et son chocolat, la moustache lactée ourlant délicatement le fin duvet de sa lèvre aussi tendre que mutine : « Mmh , c’est succulent ! »
Bien que je n’eusse pas poussé le vice jusqu’à lui enseigner le substantif, il eut lui-même l’intuition de le dériver, et entre deux gorgées, s’écria ce matin, l’œil lumineux et le sourire triomphant du savant inspiré : « La succulence d’un plat, c’est quand c’est tellement bon qu’on le lance dans sa bouche ! Car dans "succu-lance", il y a "lance". »

C’est chouette, quand même, le conditionnement ! Aussi bien pour les petits pois qui, sans leurs boîtes adaptées, s’éparpilleraient joyeusement sous les pas négligents des passants, que pour les petits z’hommes qui peuvent ainsi acquérir le merveilleux réflexe de la construction linguistique avant l’âge du cours élémentaire. Pauvre de lui !

Par Clarinesse - Publié dans : Enfantillages
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