Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 22:05


Rappel de la légende de ce légendaire dessin de Caran d'Ache :
1°) Surtout, ne parlons pas de l'Affaire Dreyfus !
2°) Ils en ont parlé.


"Sleon une édtue de l'Uvinertisé de Cmabrigde, l'odrre des ltteers dnas un mot n'a pas d'ipmrotncae, la suele coshe ipmrotnate est que la pmeirère et la drenèire soit à la bnnoe pclae. Le rsete peut êrte dnas un dsérorde ttoal et vuos puoevz tujoruos lrie snas porlblème. C'est prace que le creaveu hmauin ne lit pas chuaqe ltetre elle-mmêe, mias le mot cmome un tuot."


Bon, au risque de crouler de nouveau sous des com' de forum, ça lance le débat. Globale ou syllabique ? Multiple ou monolithique ?

Personnellement, je trouve qu'il n'est point besoin de construire une "méthode" globale, puisque, baignant dans un univers tout entier cerné par l'écrit (affiches de pub, inscriptions omniprésentes, lectures de contes,...) les enfants la mettent en oeuvre instinctivement dès trois ou quatre ans.
De plus, si la syllabique peut sembler rébarbative et un peu plus lente au début de l'apprentissage de la lecture, elle s'avère d'autant plus indispensable pour celui de l'écriture, puisque cette étude révèle justement que la lecture se passe presque de l'orthographe, laquelle demeure tout de même quelque peu requise pour la seconde.

Et puis, intellectuellement, la première (si elle est pratiquée sans nuance) me semble aliénante, car elle rend l'enfant dépendant des mots déjà vus, et très peu sûr de lui, incapable de s'aventurer seul vers le déchiffrage de vocables nouveaux ;
alors que la seconde est un formidable outil de liberté : l'enfant est autonome dès qu'il a compris le principe de la combinatoire des lettres, qui s'effectue, en outre beaucoup plus ludiquement qu'on ne veut bien le dire, comme un jeu de mécano.
Assembler des lettres ou des legos, c'est pareil.
Un mot, ça se fabrique, comme une pièce de machine, ou comme un gâteau.
Le seul exemple que j'ai sous la main, Pierre le petit, s'amuse ainsi beaucoup à épeler des mots, même s'il ne sait pas encore bien associer les sons. Il arrive ainsi à peu près à savoir quelles lettres il faut utiliser pour écrire "mammouth" (dernier exemple en date), lequel, lui ai-je fort obligeamment fait remarquer, commence comme Maman. Heureusement, il n'a pas ri !

Ceci dit, comme le fait très justement remarquer la Dame du Vent à l'Oeil du même nom:
"La meilleure méthode pour apprendre à lire c'est d'être convaincu que c'est super trop d'la balle de savoir lire. Donc résumé : pas de méthode, ou plutôt 148 méthodes à utiliser toutes en même temps, mais à la base une motivation en béton."

Il est clair que personne ne se donnerait la peine de creuser une terre ardue à coups de pioches s'il n'était convaincu que s'y cache un trésor.
Et qu'importent les outils utilisés, pourvu que le coffre fort soit ouvert.

Résultat des courses, ce serait plutôt :
Plus de méthodes par prof, et moins d'élèves par classe pour garder une cohérence. La quadrature du cercle.


Partager cet article

Repost 0
Published by Clarinesse - dans Enfantillages
commenter cet article

commentaires

Marco 07/06/2008 23:33

Yes, le pouvoir aux écoles maternelles! (qui font souvent un super-boulot méconnu en amont, avec 10/10 en motivation).
Pour les méthodes, bah oui, bien d'accord, on peut mixer (avec un chouia de syllabique en majorité, quand même, oui oui oui, Clarinesse), mais que ce soit COHERENT. Un des problèmes parfois pour les professeurs des écoles au CP, c'est qu'il y a plus de possibilités qu'il n'en faut; d'où le risque de compromis syllabique/globale (et plein de sous-groupes possibles dans chacune de ces méthodes) un peu bâtards... dans la classe de ma fille, les gamins ont quand même ramé jusqu'à Noël, parce que la maîtresse semblait hésiter entre plusieurs combinaisons, et donc boum! un jour des phrases à apprendre par coeur en bloc, le lendemain 3 mots décomposés (sans rapport avec les phrases de la veille) etc., comme si elle voulait contenter tous les responsables des différents programmes éducatifs depuis 30 ans... sacré challenge... bref, c'était un peu le bordel... (ça s'est arrangé depuis, elle s'est fixée sur un manuel, et puis elle est très sympa, ce qui rattrape beaucoup de choses:). Trouver la progression logique (donc vraiment graduelle), c'est finalement l'essentiel, et pas forcément le plus facile. (avis de parent d'élève, hein, à prendre avec les précautions d'usages:)

Clarinesse 07/06/2008 23:57


Tout à fait d'accord avec les difficultés engendrées par le mixage pas assez structuré des méthodes, quand il est couplé à des sureffectifs qui rendent inapplicable la fameuse "pédagogie
différenciée" prônée (avec beaucoup d'hypocrisie à mon humble avis) par Philippe Meirieu notamment


Loïs de Murphy 07/06/2008 17:52

Pareil que Madame de K. :o)

luc 07/06/2008 16:53

"mammouth écrase les prix", je me disais aussi que petit Pierre était bien en avance pour donner dans le slogan publicitaire! quant aux péniches on va s'en tenir à "la quête de clarté...voix"
Mais là je te fais marcher, ils sont donc si petits?

Clarinesse 07/06/2008 17:23


"Mammouth écrase les prix". Bon sang mais c'est bien sûr, j'l'avais complètement oublié, celui-là ! J'étais partie en mer, menée en bateau, même, avec "Maman les p'tits bateaux", d'où les
péniches. A propos de pieds, effectivement, je pourrais acheter ce qui les chausse au même rayon que le fils. Tant qu'on tient debout... Mais je vais m'arrêter là, sinon, on n'a pas fini de me
faire marcher...


luc 07/06/2008 13:54

heu! la péniche c'est volontaire?
...........un ange passe.............
...plus sérieux, (il faut) lire des histoires aux mômes, illu., bd, contes, etc.
Le plus tôt possible...
Leur apprendre cette "bulle de curiosité", de la lecture, dans les bras et sur les genoux du père ou de la mère, la magie des mots et du "veau qu'a bu l'air" face aux images.
Souvenons nous aussi de Pennac, dans "comme un roman", et de sa description des trois jambages du "m" de maman...Il était bien alors, ce garçon.
............Jean passe..............

Clarinesse 07/06/2008 15:14



Un ange est passé aussi quand j'ai lu ton com'. Comme (et en plus, j'en bégaie ! ) je n'étais pas bien sûre d'avoir compris l'histoire de la maman mammouth qui écrase les p'tits, j'ai dit
n'importe quoi (je ne sais pas si en Belgique, on appelle aussi "péniches" des grands pieds ?)
Pour le reste, bien d'accord !



martin 07/06/2008 13:18

On devrait virer Darcos et nommer MadamedeK à sa place sans délai, les choses n'ont que trop traîner ! C'est en effet, je le crois profondément, en maternelle, qu'une grande partie de cette motivation trop d'la balle doit être développée par tous moyens adaptés à chaque enfant, dans l'idéal. Globale ou syllabique est une problématique réductrice tant les situations réelles d'apprentissage ont recours à l'une et à l'autre en fonction des sensibilités diverses des enfants. Je ne crois pas qu'il y n'ait qu'une méthode incontestable, la moins mauvaise étant probablement celle, évidemment composite, et incertaine en regard des contre-exemples qui ne manqueront pas d'en interroger la légitimité, qui aurait pour piliers le respect, la mesure et l'affection témoignés à ceux à qui elle s'adresse. L'affaire n'est pas simple, je ne détiens aucune vérité...

Clarinesse 07/06/2008 15:19



Of course, la question de l'apprentissage de la lecture est bien trop complexe pour se laisser réduire à des dichotomies idéologiques. Et les problèmes rencontrés débordent de beaucoup le
strict cadre de l'école, qui se heurte aux pesanteurs sociales et à un monde tout entier voué au culte de l'image et de l'instantané. Mais il n'en reste pas moins vrai que les IUFM ne sont
pas les lieux les plus ouverts d'esprit que j'aie rencontrés, et de très loin...
Et quand je vois que sur mes deux quatrièmes, j'ai moins de dix élèves qui savent vraiment lire, c'est-à-dire qui déchiffrent assez aisément pour comprendre ce qu'ils lisent, on est en droit
de se poser des questions ! Ils ne sont pas plus bêtes que nous l'étions.



Cahiers Brouillonnants

  • : L'oeil du vent
  • L'oeil du vent
  • : Méditations métaphoriques et pensées en tous sens : philosophiques, esthétiques, poétiques, écologiques et bricoleuses.
  • Contact

Cahiers de l'aube

1°) Window : nom anglais de la fenêtre. Etymologie : 
de l'ancien saxon Wind Auge,
l'oeil du vent.

2°) Les métaphores, c'est comme les collants. 
Ca file vite si on n'y prend pas garde.

3°) - Métaphore et crie-toi. (d'après Luc)

Recherche

Chat échaudé...

Archives

Clarinesse ?

Pour la quête 
de clarté dans la langue,
de musique dans la voix.