Une fois de plus, me voilà immergée en plein océan de gratitude,
portée par ces vagues de bienveillance, dont le rouleau décompresseur
déferla de chez Loïs, celle qui téléscope les mots entre eux pour en tirer
de pures et libres étincelles : http://loisdemurphy.canalblog.com/archives/2008/06/03/9434179.html ,
mais aussi du généreux donateur de « haches ‘tain tes pieds ! », L’amy Luc, (ne pas confondre
avec l’amylase, quoiqu’elle eût aussi son utilité) logeant ici : http://www.luclamy.net/blog/
Comment soigner une crise aiguë de gratitude ?
Laquelle ne vient pas du verbe gratter, comme quelques dysorthographiques pourraient le
penser, et ne provoque donc point de démangeaisons, mais se manifeste par un syndrome d’épanchements incontrôlés et d’hypersécrétion de la glande sub-corticoïde affectant les régions
hyper-phasiques du complexe de Blum.
(Si quelqu’un trouve quelque chose de cohérent en tapant cette séquence sur
Goût-gueule, ça m’intéresse…)
Purgando est. Il faut purger, disent les docteurs de Jean-Baptiste P.
(ça fait un bail que j’ai pas révisé mes déclinaisons latines, alors indulgence et avis aux
correcteurs éventuels.)
J’avons donc pratiqué une saignée au point le plus sensible,
dans le tendre du bras.
Là où les veines bleuoient et la peau blanchoit.
Mais non, j’ai plutôt songé aux sœurs âmes ne voyant rien venir sur l’horizon drapé
des diaprures moirées où voguent les voiles sous l’œil du vent de l’Ouest. Soufflez. (non, pas pour respirer : pour qu’elles
avancent)
Ah, je m’égare encore. J’avons donc précipité la chute sur le BloV d’une petite averse de
musiques amies tambourinant depuis mercredi dernier déjà sur les toits de mon chœur intérieur.
Elles s’appelaient alors Mélodies en
systoles.
Mais refusaient de chanter juste. Ca sonnait creux.
Il en faut des conjonctions pour coordonner
les dispositions des mots et des sens.
Il en faut des ondes qui se rencontrent
pour que vibrent joliment les cordes sensibles
des mouvements intérieurs.
Alors voilà, j’espère que ça vous plaira,
c’est le Largo du Nisi Dominus de Vivaldi,
« Cum dederit dilectis suis somnum… », là :
http://fr.youtube.com/watch?v=Bxp74hB-4Zw
Mais attendez un peu avant d’y aller entendre, j’ai encore plein de choses à vous
raconter.
[a) Mettez le son à fond, on n'entend presque rien.
b) Désolée pour l’interface si moche de Vos tubes, mais j’ai pas encore compris comment faire pour insérer une musique proprement sur son site. Les machines et moi, on n’est pas très copines,
même si la brave bête sur laquelle je pianote me rend le fier service de me lier à vous (amen) et que je lui reconnais cet inouï mérite sans me faire prier.]
D’abord, vous expliquer les raisons de mon amour immodéré pour le
baroque,
ce mouvement perpétuel de jubilation apaisée
devant l’infinie harmonie du monde.
Cette contemplation effrénée d’un ordre plein de grâce.
Une danse en apesanteur, un mouvement immobile,
une plénitude dilatée de tout l’être sans plus de cloisons.
Aussi bien Vivaldi, Bach, Purcell, Rameau, Telemann, Corelli, Pachelbel,...
Aussi bien le sacré que le profane.
Instrumental plutôt que vocal, à quelques exceptions près : les chœurs et les voix de
haute-contre, celle de James Bowman surtout, mais je ne l’ai pas trouvé sur la toile.
Et les danses anciennes : menuets et autres rugosités de cordes médiévales ou
renaissantes transcendant de toute leur impétuosité les scansions du pied sur le sol pour en puiser l’énergie tellurique et l’arracher vers le ciel.
Et les violons déchaînés d'Irlande ou d'Europe centrale : klezmer, yiddisch,
tzigane,...
J’aurais envie de développer les autres enchanteresses de mes écoutilles.
Ce serait trop long et indigeste ici, mais je ne peux m’empêcher
(ne sachant rien refuser à mes élans…) de vous jeter quelques noms en
touffes.
Dans les ancêtres, à part quelques exceptions, je m’arrête à Mozart et Haydn, Beethoven et
Schubert. Au-delà du Sturm und Drang du premier romantisme, j’ai vraiment du mal avec les larmoiements tardifs. Le pathos mélancolique d’un Chopin suffit à me donner le cafard pour des heures.
Mais je raffole des légèretés emportées de Rossini.
Du côté des moins vieux, rien que de très classique :
Léonard Cohen, Dylan, Le Forestier, Moustaki, Noir Désir…
Tout ce qui a une jolie voix, une douce vigueur, une guitare et un texte qui
s’impose.
En appendice, l'un des récits qui enchanta le plus ma prime
enfance :
L’Apprenti Sorcier, mais pas dans sa version Disney.
Un vieux 33t narrant sur la musique de Dukas le conte de Goethe avec la voix rocailleuse d'Henri Virlogeux. On y entend le mugissement
du vent et des grincements de portes.
Rien que d'y penser, ça me redonne la chair de poule.
Ca commence ainsi :
« Cela se passait dans un temps où les sorciers et les magiciens faisaient la loi sur la terre. »
Si j’arrive à le faire numériser, je vous le donnerai à écouter,
car cette version est absolument introuvable aujourd’hui.
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