Dimanche 22 juin 2008


Peut-être avez-vous déjà vu cette petite pub pour Berlitz que m'envoya il y a quelque temps un ami allemand.


http://video.google.fr/videoplay?docid=-6035338478242696679&q=pub%20Berlitz%20german%20coastguard&hl=fr


Ou l'impuissance des mots une fois de plus démontrée
face aux pesanteurs existentielles.
par Clarinesse publié dans : Panthéon filmique
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Jeudi 12 juin 2008


Je ne sais pas pour vous, mais cette communion-là me laisse sans voix.


http://uk.youtube.com/watch?v=_9lm9JCs9sA

http://uk.youtube.com/watch?v=ObqoRHlswcE&feature=related

http://uk.youtube.com/watch?v=1ywm_O4y_sA

Et quand on sait que passé ce premier quart d'heure absolu, le déserteur christique Witt et ses îlots apaisés seront rattrapés par le délirant déluge de feu et de sang de la Seconde Guerre Mondiale dans le Pacifique, pas glop ...
par Clarinesse publié dans : Panthéon filmique
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Samedi 7 juin 2008

Où se confirme l'idée que l'auteur de ces lignes n'est qu'une pitoyable midinette.

D'abord, ne pas se fier à la mièvrerie de l'affiche (pire que l'image proposée ci-dessus) et de l'habillage du DVD, qui laisse croire à la plus nunuche des guimauves.
Ne pas se fier non plus aux critiques des âmes grises, oeil myope et coeur sec, qui éreintèrent le film à sa sortie, en 1970, époque où il fallait afficher distanciation et déconstruction  pour être adoubé par les orthodoxies intellectualistes alors en vogue.  
David Lean eut le courage de sublimer un romantisme incandescent (crime impardonnable !) mais il fut si blessé des sarcasmes de son accueil qu'il cessa totalement de tourner pendant de longues années.

Huit ans après Lawrence d'Arabie et cinq après le Docteur Jivago, avec le même dosage de lyrisme et d'épopée, il transpose en effet, dans l'Irlande de la Première Guerre Mondiale et de la Guerre d'Indépendance, une variation sur le thème si rebattu de Madame Bovary.
Mais il le sort de la fange pour le porter dans un brasier où les âmes s'épurent des scories contingentes et accèdent à la pureté du minerai, dans un état de consomption qui ne se peut plus corrompre.
Madame Bovary n'est plus moquée par son auteur ; le mari n'est pas ridicule ; et l'amant n'est pas un gougeat.
Démesure et douceur à la fois.
Tous trois également beaux et blessés, tous trois nobles et purs.
Et oui, il faut le dire, et tant pis si ça fait cruche.

Point n'est besoin de salir et d'avilir ses personnages pour se donner un air intelligent, quand on a assez de talent pour les transcender.
On frôle certes parfois le pathos dans ce film où quelques dialogues ne craignent pas une naïveté à la limite du cliché.
Mais elle n'est pas celle de l'auteur.
Elle est celle, respectée et non tournée en dérision, du coeur simple de l'héroïne.

Comme beaucoup de chefs d'oeuvre, ce film est porté aussi par sa musique.
David Lean est resté fidèle au même enchanteur, Maurice Jarre, qui a cette faculté, comme Ennio Morricone, de travailler la même phrase musicale simplissime avec des variations infiniment adaptées aux personnages successifs qu'elle accompagne. Tantôt une harpe évanescente, tantôt le cliquetis d'une boîte à musique en fer blanc, tantôt le grand jeu d'un orchestre symphonique.
Sans compter quelques passages de la Symphonie héroïque de Beethoven pour muscler le tout.

Et surtout, surtout, David Lean a le génie des lieux.
Il sait transfigurer le détail le plus anodin :
une tache sur un papier peint sordide, un brin d'herbe secoué par le vent, les fils d'une toile d'araignée dansant au rythme de l'air, des tapis de fleurs dans une clairière idéalisée d'amour courtois, une vieille galoche éculée.
Et ne craint pas de se mesurer à la force démiurgique des éléments.
Nul ne sait comme lui filmer des ciels déchiquetés, des tempêtes apocalyptiques, des rochers tourmentés, toute la panoplie du romantisme le plus échevelé qui fait rire ceux qui n'y sont pas sensibles, et ils sont nombreux. Tous ceux avec qui j'ai tenté de partager ce film ont ricané.
Tant pis, j'suis une grande fille, j'assume.
J'ai passé l'âge de craindre d'être jugée comme la plus écervelée des fleurs bleues.

par Clarinesse publié dans : Panthéon filmique
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Vendredi 25 avril 2008
Petit intermède musical et synthétique de circonstance,
ou l'art de rebondir dans les vers et en images.
Pour une fois, la version française est aussi bonne que l'américaine,
alors vous avez le choix.

EN VF, c'est Saute-mouton :

http://uk.youtube.com/watch?v=ncepbjtjYsI

En VO, c'est Boundin :

http://uk.youtube.com/watch?v=7AYP1Y5CQzg&feature=related

PS : le DVD qui regroupe 13 courts métrages de Pixar en images de synthèse
recèle de véritables petits chefs d'oeuvre.
par Clarinesse publié dans : Panthéon filmique
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Lundi 10 mars 2008
Cette vesprée, par d'étranges coïncidences,
Le XVIe siècle et ses rugueuses fulgurances 
A flamboyé dans l'âtre de mélancolie.
Lumières des esprits vaincues par l'ineptie.
Ténèbres éclairées par le feu et le fer,
Insoutenable gaspillage sanguinaire.
Qu'attend-on pour ôter son pouvoir à la peine ?
Quel plus grand pourvoyeur du gâchis que la haine ?
Tant de raffinements. Saint Barthélémy. 
24 août 1572. Sang battre l'ennemi.
La bête immonde et fanatique sans fin accouche
"De la guerre : un goût de terre dans la bouche".

Le regard net et la voix claire,
Diction d'implacable douceur :
Didier Sandre et Jean Rochefort.
En écho, Claude Rich au Souper,
Intelligence délectable de Talleyrand.


Saint Germain ou la négociation, film de Gérard Corbiau 
avec Jean Rochefort et Didier Sandre, recréant sur fond de viole de gambe et de cordes à rugueuse harmonie la folie meurtrière des guerres de religion et la brutale finesse de l'art diplomatique.




par Clarinesse publié dans : Panthéon filmique
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Mercredi 5 mars 2008

J'ai passé l'âge de ne pas assumer mon penchant consternant pour les univers anachroniques et les belles histoires d'amour qui finissent mal.
Par exemple, je ne sais combien de fois j'ai revu 
Les Grandes Manoeuvres, de René Clair, où Gérard Philipe s'amuse à séduire Michèle Morgan dans une légèreté d'opérette avant que tout cela ne finisse en tragédie racinienne.
C'est ce mélange là qui laisse sans défense : un état de grâce enchanté par la frivolité des jeux d'esprit, foudroyé sans prévenir par le coup de faux de la fatalité. Le désespoir n'a pas le temps de s'engluer dans le pathos. Avec la fulgurance d'une sublimation, l'âme vacille, de la joie à la mort du coeur, sans passer par la case pourrissement.

par Clarinesse publié dans : Panthéon filmique
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Mercredi 27 février 2008
Où l'on s'aperçoit que l'auteur de ces lignes n'est qu'une insipide fleur bleue maintes fois coupée mais qui rechigne à fâner.

Procédons par ordre. 
a) Définition :
Pour figurer dans cette liste éminemment honorifique,
chacun de ces films a dû être vu entre trois et ...trente fois, peut-être, 
dans les périodes de cure anti-dépressive intensive.
b) Cette liste est programmatique.
On essaiera par la suite, au fil du temps et des articles, de faire un sort à chacun de ces chefs d'oeuvre, magistraux ou intimistes.
c) Classification :
Comme dans une armoire à pharmacie où il vaut mieux éviter de ranger les cachets contre l'Alzheimer du grand-père avec les pastilles au fluor du dernier né, nous nous efforcerons sagement de classer ces merveilleux antidépresseurs par catégories : par genres, par époques ou par pays, par réalisateurs ou acteurs fétiches,...
Parmi eux, de grands classiques aimés de tous, mais l'originalité n'est pas pour moi une vertu cardinale.
Mais aussi des films légers et mineurs dénigrés par tout intellectuel qui se respecte. Où l'on est bien obligé de reconnaître que je n'entre pas dans cette prestigieuse catégorie.

1°) Commençons par ce cher James Stewart.
Absolutely irresistible chez Capra :
Mr Smith goes to Washington (Monsieur Smith au Sénat)
It's a wonderful life
(La vie est belle).

Chez Lubitsch :
The shop around the corner (dont Vous avez un message, avec Meg Ryan et Tom Hanks est un fade quoique tout à fait comestible remake truffé de références à son délectable aïeul)

Chez Franck Borzage :
The mortal storm, film moins connu mais touchant comme tout sur les débuts de la guerre en Allemagne

Chez Cukor :
Philadelphia story (Indiscrétions), 
avec Katherine Hepburn et Cary Grant.
Dialogues brillantissimes et numéros d'acteurs à l'alchimie unique.

2°) David Lean :
Pour son art de sublimer le regard à travers ceux de ses acteurs et pour sa façon de donner vie aux paysages, d'animer les moindres détails d'une feuille qui tremble ou d'une tache sur un papier peint.
Outre les archi-connus et justement multidiffusés 
Le docteur Jivago et Lawrence d'Arabie,
il a tourné une transposition irlandaise de Madame Bovary, 
La fille de Ryan, qui transfigure paysages et visages. Il ne craint pas d'y sublimer un romantisme incandescent à une époque (le début des années 1970 ) dominée par les déconstructions intellectualistes en tous genres. Les critiques, oeil myope et coeur sec, ont éreinté le film, et assez blessé David Lean pour lui faire cesser le cinéma pendant de longues années.
Comme lui, je ne m'en suis pas encore remise.

3°) (Michel Deville et) Nina Companez.
pour l'infinie grâce de leur esthétique littéraire et musicale :  
Raphaël ou le débauché, dont la lente tragédie qui se lit dans les yeux de Françoise Fabian est sans fond. 
L'Ours et la poupée, plus léger mais dont le charme aérien ne me lasse pas.
Il faut dire que sans l'apesanteur rythmée de la musique de Rossini, ce marivaudage plein de mots d'esprit perdrait beaucoup.
L'Allée du roi, ou la vie de Mme de Maintenon racontée par les voix ouatées de sagesse et nimbées de regrets de Dominique Blanc et Didier Sandre.

4°) Kenneth Branagh et Emma Thompson.
Much ado about nothing. (Beaucoup de bruit pour rien),
solaire adaptation shakespearienne.
Dead again, fable fantastico-sentimentale pas toujours réussie, mais attachante.


par Clarinesse publié dans : Panthéon filmique
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Dimanche 3 février 2008
J'ai horreur des films de guerre. 
Sauf quand ils font prendre la guerre en horreur.

Johnny s'en va-t-en guerre (Johnny got his gun) 
de Dalton Trumbo, tourné en 1971 contre la guerre du Viet-Nam.

 
Plaidoyer insoutenable de sobriété, aux antipodes du spectaculaire, contre les hiérarchies médicales et militaires, contre l'absurdité de la souffrance imposée en vain. Contre l'ultime impuissance de l'homme qui n'a même plus la force de mourir.

Le ligne rouge (The thin red line) de Terence Malick 
Pour la grâce indicible de son premier quart d'heure. Pour la pleine présence de l'homme au monde.

Atonement 
de Jullian Jarrold, d'après le roman de Ian McEwan, avec James McAvoy.

Tout récemment, pour le visage bouleversé, méconnaissable de vibrante vulnérabilité, pour les larmes au-delà du pathos de qui voit malgré lui l'innommable. Pour ces yeux immenses qui contiennent le monde.



par Clarinesse publié dans : Panthéon filmique
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