Vendredi 20 juin 2008


Epuisée, je suis lasse des violences.
Et puis z'ai grand besoin de silence.
Epuisette, crevette, fatiguette, lessivette.
La sauvette. Haine et cris : oubliettes.

Désolée, ça m'a échappé. Je me suis échappée.
par Clarinesse publié dans : Humeurs, rumeurs.
ajouter un commentaire commentaires (11)    recommander
Mardi 17 juin 2008

Accompagnement pictural : John Constable.

Avertissement au lecteur : fiction.
Le premier qui me dit que les femmes
Sont peuplées de contradictions,
Ne pouvant s'empêcher de causer
Mais voulant bien aussi du répit,
Je lui rétorque... qu'il est possible qu'il n'ait point tort.
Et puis, je n'dis pas ça pour vous : just in the mood.
C'est pour entendre les échos qu'il faut faire taire
L'agitation et les tumultes ancillaires.


The fool on the hill. Seul sur sa colline.
Le soleil s'est couché sur la course-existence. 
Elle n'a pas encore pu converser en silence.
Ecouter au-dedans le si doux clapotis
De ses rythmes enfouis, de ses phrases en suspens.
Laisser une seule pensée se dérouler
Sans rencontrer d'interruption ni s'y briser.
Toute entière soumise aux hurlantes urgences
Aux écumes agitées des présents trop pressants.
Quelles que soient les attaches ; quelle que soit leur chaleur,
Le regard a besoin d'échappée, de trouées de lueurs,
De saisir l'horizon, d'agrandir la prison.
Aimer la solitude : mais en bonne compagnie.

Accompagnement musical :
Côté adret : Moustaki.
http://uk.youtube.com/watch?v=QvFLBs9S8FY

Côté ubac : Barbara.
http://uk.youtube.com/watch?v=CYnr6GQZ9V8&feature=related


par Clarinesse publié dans : Humeurs, rumeurs.
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Lundi 16 juin 2008


Georges de la Tour, Le Tricheur à l'as de carreau.

Je n’ai jamais eu de goût pour le jeu.
Pas l'enjouement, pas la faculté de s'amuser :
le jeu fermé réglant l'affrontement de deux adversaires,
désignant perdant et vainqueur.
"Faire une partie" m'a toujours donné envie de partir.

D'abord, parce que je partage l’aversion viscérale de Desproges
pour le groupe, pour la foule, pour les stades.
Je ne me sens seule qu’au milieu d’un groupe recroquevillé
sur des codes qui m’échappent.

« Quand plusieurs personnes s’agitent dans un même but, l’intelligence est inversement proportionnelle au nombre de gens présents sur le terrain. »

« Quand je vois une foule en délire acclamer un chanteur,
ou quelqu’un qui se croit tel (Francis
Lalanne en l’occurrence)
en levant les mains en chœur, je ne peux m’empêcher de penser
que des
bras tendus aux poings levés criant « Heil quelqu’un », il n’y a pas loin.»

http://www.dailymotion.com/video/xqj15_desproges-interview_fun


Ensuite, parce que nul n'est besoin de jouer pour être enjoué.
On peut très bien faire jeu de tout choix, de tout acte, quel qu'il soit.
C'est le regard qu'on porte sur une tâche qui en fait une corvée ou un amusement, qui en détermine la pénibilité ou la charge ludique.
Quel rapport entre d'Aboville et Ben-Hur aux galères ?
Barboter dans un évier ou compter les pieds d'alertes alexandrins
m'amuse bien plus que de laisser verrouiller une conversation 
sous les échanges codés d'obtus initiés.

J'étouffe dans les j
eux aux règles closes,
fermées sur leur inanité, obtues dans leurs potentialités.
Préférer lire des livres que lire des cartes.
Fuir ceux qui expliquent comment les manipuler.
Cf le prodigieux Perceval du Kaamelott d'Alexandre Astier, ici :
http://uk.youtube.com/watch?v=yufFDqLYlRw

Les jeux, ceux du cirque et ceux d’argent,
ceux des soirées aux cartes avinées m
’ont toujours fait horreur.

Trop puritaine en ce domaine pour en goûter la vacuité.
Et bien trop folle pour en souffrir les règles étriquées.
J’aime le grand délire de l’âme qui brise ses chaînes.
L’instant qui s’engouffre, le présent qui subjugue.

 

Toujours ce rapport au temps qui s'interpose entre le jeu et moi.

1°) Le jeu organisé en "parties" est un gouffre à temps,
un dévorateur de durée et de pensée.
"Taper le carton pour tuer le temps". 
Jamais entendu un programme plus crétin.
S’agiter dans le vide. Tuer le temps ? Quelle horreur.
Le temps meurt bien assez vite comme ça.
Jamais je n’en ai assez pour déployer tous les possibles de mes désirs.
Convoquons les grands auteurs :  Michel Fugain,
http://fr.youtube.com/watch?v=uzm0MOzvhKg&eurl=http://video.google.fr/videosearch?q=je+n%27aurai+pas+le+temps&hl=fr&sitesearch

L'ennui m'est inconnu.
Quand on me maintient pieds et poings liés, je regarde et j'écoute,
je lis
et j’écris si je peux, je bricole et fabrique si se peut.
Jamais compris comment on peut s'ennuyer en compagnie de soi-même.
A moins de n'avoir alors à contempler que son vide intérieur.

2°) Totalement dépourvue de cette forme d'intelligence
capable de déployer tactiques et stratégies,
planifiant le déroulement des opérations,
différant l'expression de ses émotions.
Jouer, c'est calculer, c'est manipuler, et je n'aime pas cela.
J’aime construire, j’aime frémir, j’aime lire et écrire.
J’aime danser et marcher. Non faire marcher.

Petit rappel ici, lorsque l'avenir de la planète se joue sur une partie de poker entre boursicoteurs de tout poil :
  http://l-oeil-du-vent.over-blog.com/article-15679126.html
et autocitation extraite du lien pour les pressés :
"J’ai toujours nourri une aversion profonde, viscérale, de vache des prés un peu janséniste, pour l’univers délétère des jeux d’argent où tout part en fumée : le fruit du labeur, le sens clair et distinct du réel, la santé des poumons et des cœurs."
Le spectre du Joueur de Dostoïevski toujours présent.



par Clarinesse publié dans : Humeurs, rumeurs.
ajouter un commentaire commentaires (14)    recommander
Samedi 31 mai 2008


Discuter, disputer, batailler, raisonner ;
Ne jamais s'absorber tout à fait au combat.
Se battre, parfois oui, à la plume, il le faut.
Mais la réduire à l’arme, c’est la laisser brisée.
C’est tuer l’âme vive : et en l’autre, et en soi.
Convaincre et vaincre : l’un est de trop.


Préserver, à l’écart, l’espace pour le chant
De la contemplation entre deux arguments.
Déployer l’air qui souffle et qui porte les ailes
Au-delà de la boue des tranchées en querelles.
Ouvrir grand la fenêtre et sortir des cohues
Retrouver l’être au monde, hors des foules exiguës.


A l’abri des grands arbres, des hauts ciels insufflant
Leur beauté, majesté oubliée, sous les coups succombant.

Argumenter sans contempler, c'est expirer sans inspirer.


La véhémence de l'idée s'étouffe d'elle-même comme un moteur
Qu’on noie sous des accélérations intempestives.
Rien ne lasse comme la répétition lancinante d’une même rengaine.

Trop d’idées tue l’idée.

Il y faut de l’art. Il y faut du beau. Il y faut du calme et du détour.


Et celui qui s’immerge en entier dans le fracas bousculé du combat des idées s’expose,  démuni si sa cause est vainqueur. Que faire après ?
La guerre appelle la guerre.
Il faut bien occuper les armées oisives.
Il faut bien donner une nouvelle cause à ronger
à celui qui n’a vécu que pour défendre son idéal devenu réalité.
C’est ainsi que le boucher tue le songeur, qui parfois même vivait en lui.
L’idéaliste a un rêve, une vision vaste et pleine ;
le fanatique un horizon aussi bas que les cadavres couchés qu’il laisse sur son passage.

L’adversaire terrassé devient un hôte indésirable.
Nuire à quelqu'un, c'est héberger à jamais sous son crâne
le fantôme de sa victime.
Blesser un homme, c'est se condamner jusqu'à la mort
à vivre avec l'âme du meurtri.
Bien pire que le simple remords, c'est la promiscuité hideuse
imposée avec l'être abhorré.
C'est offrir à sa victime un immense pouvoir sur soi.
C'est lui confier les clefs de son destin.
C'est lui donner le pouvoir d'empoisonner
chaque pensée, chaque parole, chaque sensation.
C'est supporter de ne voir pour toujours le monde
qu'à travers le filtre gris du repentir,
de n'apercevoir le spectacle du réel que derrière l'image
surimprimée derrière ses pupilles, de la Faute irréparable.
C'est, meurtrier, devenir un tombeau vivant.

par Clarinesse publié dans : Humeurs, rumeurs.
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Mercredi 14 mai 2008

L'espace comme déploiement. Le temps comme contrainte.
Il suffit qu'une idée devienne projet, qu'un programme devienne obligation pour faire fuir l'élan qui la fit naître.
Comme si ancrer une esquisse à un point fixe du temps la lestait de toute la pesanteur inamovible d'un continent entier à soulever.
Ca m'apprendra à promettre des délais...
Cela fait bien deux semaines maintenant que j'annonçais ici la suite d'une petite réflexion sur la démocratie pour le lendemain.
A tout bien peser, il n'y a guère pourtant que quelques lettres
qui distinguent demain de DEux seMAINes.

Sans compter que nul ne peut savoir de quoi demain sera fait,
et qu'il est certains demains dont on aimerait qu'ils durent toujours.
Mais nulle heure propice n'a jamais suspendu son cours.

Comme l'aventurier inconscient, agrippé au planeur qui le mène au large, fasciné par les bleus infinis de ses horizons en fusion, je me laisse porter.
La terre est loin maintenant. Ne restent que ciel et mer.
Plus le vertige est long, plus la noyade est sûre.
Le feu ou l'eau. La brûlure des ailes ou l'asphyxie des profondeurs ?
Le sel ou le poivre ?
S'arracher au spectacle de l'abîme.
S'arracher à l'étreinte du trop beau.
Ouvrir les yeux. Ouvrir ses mains. Et plonger.
Lâcher prise pour ressaisir l'insaisissable.
L'heure a passé. Trop tenir, c'est mourir.

S'arrêter, c'est sombrer, car on est seul, toujours, quand on s'arrête.
Le train des jours, jamais, ne rompt son rythme.
Il avance, écrasant sous son poids le figé, pétrifié.
Ajoutant chaque instant au fardeau une pierre nouvelle à tailler.

Marche ou crève. Se sauver ou se laisser ensevelir.

par Clarinesse publié dans : Humeurs, rumeurs.
ajouter un commentaire commentaires (7)    recommander
Vendredi 25 avril 2008
Il ne fait pas bon y rester.
Et il ventait devant ma porte.
Merci à ceux qui frappent encore
Et y laissent leurs menus mots.

Voix off :
Bon, ça va bien, maintenant .
Ce sera bientôt : "A vot'bon coeur m'ssieurs-dames", si ça continue, ici.

par Clarinesse publié dans : Humeurs, rumeurs.
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Jeudi 24 avril 2008
Une petite exhumation (bis repetita)
en guise de réponse à l'article virevoltant de Jovialovitch
http://lemoindre.over-blog.fr/article-19021036.html
[à côté de la plaque, puisque, après dépouillement des bulletins,
il s'avère qu'il y avait :
d'un côté, beaucoup de talent et une petite maladresse,
et de l'autre, une certaine propension à l'autodénigrement.
C'est Loïs qui va bien rire.]
 Beaucoup de bruit pour rien, donc.
Tout le monde il est gentil avec moi,
pauvre parano pas thétique pour deux sous que je suis.
Mais bon, émotion il y eut, texte il restera.


Il est tant de façons de se brûler les ailes dans cette vallée de larmes.
Laisse-t-on l'espoir voler trop haut ? Plus dure sera la chute.
Le maintient-on ligoté à terre ? Comment alors vivre debout ?

Laisser ouvertes à tout vent les portes de son âme ou se préserver ?
Laisser à vif son être béant ou se blinder ?
Sans trouées dans la carapace, le coeur ne voit pas la lumière.
Mais ne pas oublier de conserver autour des blessures
assez de matière pour tenir debout.
Et tant pis si moins de clarté filtre à travers l'écorce. 
Savoir la trouver ailleurs, la beauté : 
dans les reflets du ciel, les couleurs de la terre, 
les tremblements des feuilles et les éclairs de la plume.

Même là pourtant, le danger guette le dur en idées mais doux en personne.
Ne pas trop s'enivrer des joutes oratoires au fil du verbe.
Car c'est toujours le coeur qui prend le coup, derrière le rideau de phrases.
Les combats d'idées grisent. Les conflits de personnes détruisent.
Les uns font vibrer la phrase. Les autres font trembler comme une feuille et y laissent couler, non l'encre mais les larmes.
Quand le forum devient arène, quand les jeux de mots deviennent jeux du cirque, le stade et ses huées piétinent la joie de dire.
Je ne suis pas taillée pour ces combats-là.
Les épaules et les chevilles pas assez larges.

(Mais la pompe à sang assez malléable pour fondre
comme neige au soleil à la lumineuse chaleur de vos nobles âmes .)
par Clarinesse publié dans : Humeurs, rumeurs.
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
Jeudi 20 mars 2008

 Vivre : alterner sans répit souillure et purification, en tous domaines.
 Vivant : lieu d'échange permanent.
Je donne et je prends, j'emprunte et je rends.
Empreintes, légères ou grossières, sur cette terre d'emprunt.

Epure. "Eppur si muove
".
Et pourtant, se mouvoir, il le faut.
Et pourtant je ne m'y soustrais pas,
à cette plongée quotidienne dans l'antre de la misère humaine,
dans l'enfer où s'enferrent les sauvageons.
Le prof n'est guère qu'un mineur de fond.
Il ressort noir du poison qui ronge les coeurs
en ces contrées décomposées, décivilisées.

Ne pas se leurrer : 
la société des hommes meurt de cet abandon 
où ne survit que celui qui sait cogner, qui sait souiller.
Le sait-on bien, là où l'on lit, où l'on écrit,

combien l'insulte y est le seul, y est l'unique langage connu ?
Sait-on bien les ravages profonds qu'elle brandit comme une victoire ?
Sait-on que l'obscurantisme le plus médiéval 
gagne chaque jour sur les Lumières ? 
Que les mères sont niquées à chaque minute en mille bouches,
Que les ta race sont maudites chaque seconde,
Que chaque mot de plus de trois syllabes est jeté aux orties
comme une écharpe de grande folle par une horde de néo-nazis ?
A-t-on mesuré l'étendue de cette marée noire, de ces cerveaux mazoutés ?
A-t-on pesé la violence inouïe dont s'enivrent les meutes (l'émeute) ?
A-t-on saisi le prix payé par les missionnés de l'Etat Minor 
sur le front de ces ténèbres ensanglantées, 
pour cacher aux beaux quartiers
la guerre qui gronde à ses portes ?

Comment après avoir subi tant de chaos, rentrer serein en son foyer ?

Le corps se lave dans l'eau,
L'esprit s'épure en mots.

Ecrire est mon salut, mon radeau sur cet océan de fiel,
mon flambeau dans cette nuit sans fin.
Sans le couteau du verbe écrit, du mot choisi, les saletés de la vie
restent collées à mon angoisse comme des moules à leur rocher.
Il me faut me baigner toute entière dans les flots du poète 
pour ôter à ma peau ces relents d'insultes trop poisseuses,
où croupissent en eaux troubles tant de jeunes en friche,
tant d'esprits en jachère.

Ecrire et lire, l'eau claire du mot incandescent qui jaillit
sans scories de qui sait regarder et dire ce qu'il a vu.

Un évier comme lave-vaisselle
(on l'saura)
Un clavier comme lave séquelles.

par Clarinesse publié dans : Humeurs, rumeurs. communauté : Biffures chroniques
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
Vendredi 7 mars 2008
Claustrophobie. 
Je ne supporte pas les fenêtres fermées trop longtemps.
Je ne peux pas souffrir les volets clos comme paupières cousues.
J'ai besoin de humer le vent et son humeur,
de voir à travers l'oeil le souffle de la vie.
J'ai besoin de clarté. De veiller. De surveiller, peut-être aussi.
J'abhorre les pièces aveugles, les salles borgnes.
Je me sens dans ma vie comme dans une chambre :
il m'en faut les clefs. 
Il me faut savoir que j'en peux sortir à tout moment, de mon propre chef.
La présence ici-bas ressemble trop sinon à la prison, le ciel à un plafond.
"Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis" etc... 
tout le monde connaît son petit Baudelaire illustré.

La fuite. Comme une porte ouverte à tous les vents.
Ne jamais trop s'éloigner de la poignée.
Ne jamais se plonger en plein coeur de la foule
Ne jamais s'attacher au fardeau sous la houle.

Ambivalence de la fenêtre. Être de feu. Être dehors.
Défenestrer. S'échapper.
S'enfuir ou se laisser enfouir.
Chute du corps. Apesanteur de l'âme.

Job docile, boire le calice jusqu'à la lie, ainsi le veut la loi du catholique.
Le Seigneur a donné la vie. Le Saigneur la reprend.
Serviteur jusqu'au bout, l'homme ne s'appartient pas :
le suicidé est meurtrier plus que victime.

Mais l'homme libre du stoïcien doit choisir.
Le libre départ pour prix du digne séjour.
Rester, c'est accepter. Refuser, c'est partir.
La servitude ou la mort. L'esclave ou la cigüe.
Il ne s'agit pas de se complaire dans un morne et pathétique taedium vitae d'enfant gâté et capricieux. Il s'agit seulement de savoir que l'on peut garder la tête haute et hors de l'eau quand tout s'embourbe autour de soi.
Ce n'est pas la vie et ses merveilles, 
c'est ce qu'on en (mé)fait qu'il faut éconduire.
C'est pour préserver sa dignité, 
que le refus de la voir défigurée s'impose parfois.

Curieux tout de même que plus de trente ans après avoir légalisé le libre choix d'entrée dans la vie (certes donné à celles qui le délivrent, les candidats en question n'ayant pas encore la parole), on  refuse encore d'accorder le libre choix de sortie. 
Euthanasie. Avortement. Deux symétriques.
Il est assez de chaînes sur cette terre. N'en ajoutons pas davantage.

Sur ces pensées réjouissantes, je vous souhaite bien le bonsoir.

Humeurs noires déversées sur l'écran.
Thé idoine infusant dans la tasse.
Esprit de plomb soudain de plume.    (ou presque)
Coeur allégé et soir sucré.

par Clarinesse publié dans : Humeurs, rumeurs. communauté : Biffures chroniques
ajouter un commentaire commentaires (9)    recommander
Jeudi 6 mars 2008
Je serais curieuse de savoir combien de gens ont eu au moins une fois, 
assez précisément pour en concevoir les détails les plus pratiques, 
la volonté d'en finir avec leur existence ici-bas.
Probablement l'inverse est-il plus rare.
Je n'ai cependant jamais pu dépasser l'étape rédhibitoire de la lettre d'adieu.
En effet, outre la pensée de la peine infligée à ceux à qui je dois la vie ou qui me la doivent, le testament d'un départ volontaire demeure pour moi une aporie épistolaire. 
Ecrire, c'est construire. C'est rebâtir une identité disloquée et soudain rassemblée par les mots.
Laisser un texte, c'est retisser les liens avec les rives de l'être.
C'est retrouver la maîtrise du monde par le verbe. 
Dire les impasses, c'est les situer, c'est déjà savoir les éviter.
C'est faire reculer le chaos. 
Et j'aime trop l'ordre pour avoir encore envie de partir une fois les blessures bien alignées sur le papier, les désordres bien repassés sur la feuille, les étouffoirs bien dépliés dans les poumons des phrases ; 
les assommoirs bien assommés sous les coups de boutoir des mots qui sonnent le glas des tracas.
Larguer les amarres ou jeter l'encre, il faut choisir.

Probablement n'ai-je jamais atteint ce point de non retour du désespoir vrai, inconsolable et insoluble dans les mots.
C'est bon signe de se savoir sauvée, toujours, du chaos par l'écriture. 
Un petit tour de mots et le mal est joué.
La musique du verbe retend l'arc asthénique de nos forces trop lasses.

Au renouveau était le verbe.
par Clarinesse publié dans : Humeurs, rumeurs. communauté : Biffures chroniques
ajouter un commentaire commentaires (8)    recommander

Cahiers brouillonnants

Derniers Commentaires

Recherche

Chat échaudé...

Clarinesse ?

Pour la quête 
de clarté dans la langue,
de musique dans la voix.

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Blog : Collectionneurs sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus