"La barbarie civilisée poubellise l'univers. La terre ?
Un bauge où des verrats enrichis se vautrent
dans leur graisse empuantie de pus honorifrics."
(Joruri, in http://gresils.sosblog.fr/Dires-b1/Poeme-de-fin-mai-b1-p382.htm )
Voici quelques idées de petit bois à allumer en contre-feu dans la lutte contre le grand brasier pétrolier.
Prêcher des convaincus, ça fait plaisir, ça donne de l'énergie, mais ça ne sert pas la lutte. Voyons donc ce que disent les
voix d'outre terre.
L'un des grands arguments des négateurs du réchauffement ou de la causalité humaine de celui-ci consiste, pour discréditer le discours des chercheurs actuels, à ressortir les
prévisions, vieilles parfois d'une trentaine d'années, des experts qui ont eu l'imprudence d'assortir leurs conclusions, justes souvent sur le fond, d'un calendrier quantifié.
Evidemment, la complexité des systèmes climatiques ne peut qu'introduire des facteurs d'erreurs qui invalident, sur un plan superficiel, leurs vues.
Ainsi a-t-on pu constater que le seuil de fonte des glaces arctiques prévu il y a peu encore pour dans une cinquantaine d'années était déjà atteint aujourd'hui.
Ca fait chaud dans le dos et ne fait que donner, hélas, plus de force encore à leurs analyses.
De plus, ils tentent de noyer le poisson en rappelant, justement sur le fond, mais de façon pernicieuse dans la forme, que focaliser l'attention et les craintes de l'opinion publique sur le
réchauffement climatique et les émissions de CO2 conduisent à détourner sa vigilance d'autres questions cruciales :
les diverses pollutions chimiques, les OGM, etc...
La perverse force de conviction de ce sophisme vient de sa vérité de fait, mais de sa traduction délirante en termes de complot : il s'agit certes d'une conséquence indésirable, mais
non d'une intention délibérée.
Et même si certains pollueurs ne contribuant pas à l'effet de serre s'en réjouissent, même si d'autres drames écologiques se jouent,
s'ensuit-il que le réchauffement global soit à négliger ?
En outre, que celui-ci ait, entre autres, des causes naturelles est véridique, dans un système aussi complexe que l'atmosphère terrestre et ses variations, où les causalités s'enchaînent les unes
aux autres et se déclenchent mutuellement : l'augmentation des émissions de méthane, de CO2 et autres gaz fait grimper la température qui fait grimper le taux de CO2 etc...
S'ensuit-il cependant qu'il faille continuer à l'alimenter au lieu d'essayer de le compenser, et raisonner en termes aussi aveuglément binaires ?
Autre sophisme faussement rutilant arboré sur leurs armoiries :
les pays émergents pollueraient bien plus que les états développés qui ont conçu, grâce aux dernières innovations techniques, des moyens de production et de transport plus propres.
Certes, les vieilles guimbardes dont l'Europe se débarrasse en Afrique ou ailleurs et qui continuent à rouler sur les routes défoncées à vingt ans ou plus polluent davantage que les derniers
modèles équipés de moteurs plus économes ; certes aussi, se chauffer dans des équipements de fortune au fuel par exemple, pollue plus que les dernières chaudières à condensation les plus
élaborées.
Et alors ? En quoi ces remarques basiques apportent-elles la moindre goutte d'eau saumâtre à leur malsain moulin ?
Feindraient-ils donc de croire et de faire croire que tous les écologistes sont hostiles au progrès technique ? Qu'ils prônent un retour à l'âge de pierre ?
Alors même qu'ils sont à l'origine du développement des dernières innovations technologiques afin de tirer partie des énergies renouvelables : le solaire, l'éolien, les pompes à chaleur.
Oui pourtant, si la totalité de la classe moyenne émergente en Asie troque son vélo pour une voiture, il y a de quoi s'inquiéter.
Et c'est bien pour cela qu'il faut conceptualiser un développement raisonné, et non s'y opposer frontalement.
La hausse du prix du pétrole a ainsi fait baisser sensiblement l'usage par les particuliers de leur voiture, ainsi que le trafic aérien, rendu peu à peu inabordable par le coût du
carburant. Youpi ! Je me réjouis bien de ne plus sortir que mon vélo pour aller au boulot.
Enfin, la question de la finitude des ressources reste, par eux, toujours éludée.
Quelles que soient l'intensité et la causalité du réchauffement, il demeure pourtant que la rondeur de la terre en fait un espace par définition limité, exigu bientôt, et que continuer à pomper
inconsidérément des ressources sans raisonner sur la gestion de leur amaigrissement constitue simplement un manque cruel et délibéré de bon sens et d'honnêteté.
Prendre au pied de la lettre l'injonction génétique (de la Genèse) :
"Croissez et multipliez-vous", et servez-vous sans compter dans la Création devient criminel, comme les famines qui recommencent à sévir le prouvent.
Continuons à nous enrichir, quitte à tout saccager.
Qu'importe si je vide la Terre, puisque je remplis mon portefeuille ?
Rien ne se perd ! De quoi se plaignent-ils ?
De simples vases communiquants, rien de plus !
Nul besoin d'invoquer une diabolisation dont ils se gargarisent, se posant complaisamment en victimes, exactement comme ces élèves insupportables qui viennent ensuite pleurer et s'indigner que
c'est toujours eux qui prennent. Les pauvres choux !



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