Vendredi 30 mai 2008


"La barbarie civilisée poubellise l'univers. La terre ?
Un bauge où des verrats enrichis se vautrent
dans leur graisse empuantie de pus honorifrics."
 (Joruri, in http://gresils.sosblog.fr/Dires-b1/Poeme-de-fin-mai-b1-p382.htm )

Voici quelques idées de petit bois à allumer en contre-feu dans la lutte contre le grand brasier pétrolier.

Prêcher des convaincus, ça fait plaisir, ça donne de l'énergie, mais ça ne sert pas la lutte. Voyons donc ce que disent les voix d'outre terre.
 
L'un des grands arguments des négateurs du réchauffement ou de la causalité humaine de celui-ci consiste, pour discréditer le discours des chercheurs actuels, à ressortir les prévisions, vieilles parfois d'une trentaine d'années, des experts qui ont eu l'imprudence d'assortir leurs conclusions, justes souvent sur le fond, d'un calendrier quantifié.
Evidemment, la complexité des systèmes climatiques ne peut qu'introduire des facteurs d'erreurs qui invalident, sur un plan superficiel, leurs vues.
Ainsi a-t-on pu constater que le seuil de fonte des glaces arctiques prévu il y a peu encore pour dans une cinquantaine d'années était déjà atteint aujourd'hui.
Ca fait chaud dans le dos et ne fait que donner, hélas, plus de force encore à leurs analyses.

De plus, ils tentent de noyer le poisson en rappelant, justement sur le fond, mais de façon pernicieuse dans la forme, que focaliser l'attention et les craintes de l'opinion publique sur le réchauffement climatique et les émissions de CO2 conduisent à détourner sa vigilance d'autres questions cruciales :
les  diverses pollutions chimiques, les OGM, etc...
La perverse force de conviction de ce sophisme vient de sa vérité de fait, mais de sa traduction délirante en termes de complot : il s'agit certes d'une conséquence indésirable, mais non d'une intention délibérée.
Et même si certains pollueurs ne contribuant pas à l'effet de serre s'en réjouissent, même si d'autres drames écologiques se jouent, 
s'ensuit-il que le réchauffement global soit à négliger ?

En outre, que celui-ci ait, entre autres, des causes naturelles est véridique, dans un système aussi complexe que l'atmosphère terrestre et ses variations, où les causalités s'enchaînent les unes aux autres et se déclenchent mutuellement : l'augmentation des émissions de méthane, de CO2 et autres gaz fait grimper la température qui fait grimper le taux de CO2 etc...
S'ensuit-il cependant qu'il faille continuer à l'alimenter au lieu d'essayer de le compenser, et raisonner en termes aussi aveuglément binaires ?

Autre sophisme faussement rutilant arboré sur leurs armoiries :
les pays émergents pollueraient bien plus que les états développés qui ont conçu, grâce aux dernières innovations techniques, des moyens de production et de transport plus propres.
Certes, les vieilles guimbardes dont l'Europe se débarrasse en Afrique ou ailleurs et qui continuent à rouler sur les routes défoncées à vingt ans ou plus polluent davantage que les derniers modèles équipés de moteurs plus économes ; certes aussi, se chauffer dans des équipements de fortune au fuel par exemple, pollue plus que les dernières chaudières à condensation les plus élaborées.

Et alors ? En quoi ces remarques basiques apportent-elles la moindre goutte d'eau saumâtre à leur malsain moulin ?
Feindraient-ils donc de croire et de faire croire que tous les écologistes sont hostiles au progrès technique ? Qu'ils prônent un retour à l'âge de pierre ?
Alors même qu'ils sont à l'origine du développement des dernières innovations technologiques afin de tirer partie des énergies renouvelables : le solaire, l'éolien, les pompes à chaleur.
Oui pourtant, si la totalité de la classe moyenne émergente en Asie troque son vélo pour une voiture, il y a de quoi s'inquiéter.
Et c'est bien pour cela qu'il faut conceptualiser un développement raisonné, et non s'y opposer frontalement.
La hausse du prix du pétrole a ainsi fait baisser sensiblement l'usage par les particuliers de leur voiture, ainsi que le trafic aérien, rendu peu à peu inabordable par le coût du carburant. Youpi ! Je me réjouis bien de ne plus sortir que mon vélo pour aller au boulot.

Enfin, la question de la finitude des ressources reste, par eux, toujours éludée.
Quelles que soient l'intensité et la causalité du réchauffement, il demeure pourtant que la rondeur de la terre en fait un espace par définition limité, exigu bientôt, et que continuer à pomper inconsidérément des ressources sans raisonner sur la gestion de leur amaigrissement constitue simplement un manque cruel et délibéré de bon sens et d'honnêteté.
Prendre au pied de la lettre l'injonction génétique (de la Genèse) :
"Croissez et multipliez-vous", et servez-vous sans compter dans la Création devient criminel, comme les famines qui recommencent à sévir le prouvent.


Continuons à  nous enrichir, quitte à tout saccager.
Qu'importe si je vide la Terre, puisque je remplis mon portefeuille ?
Rien ne se perd ! De quoi se plaignent-ils ?
De simples vases communiquants, rien de plus !

Nul besoin d'invoquer une diabolisation dont ils se gargarisent, se posant complaisamment en victimes, exactement comme ces élèves insupportables qui viennent ensuite pleurer et s'indigner que c'est toujours eux qui prennent. Les pauvres choux !




par Clarinesse publié dans : Ecolonomie
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Mercredi 28 mai 2008

(Note préliminaire :
Il n'y a pas moyen. Pas moyen de domestiquer la course du temps à l'aide d'un quelconque programme.
A chaque fois que j'ai l'intention de mettre en ligne un article bien entamé, il y en a toujours un autre pour lui griller la priorité. J'y peux rien. Chronos ne veut pas se laisser dompter. )

Dans la rubrique :
"Mais comment font-ils donc pour ignorer à ce point où nous courons tous ?", c'est fou ce qu'on pourrait décerner comme palmes d'or du plus crétin dévoreur de ressources du monde.
Sur le podium, une certaine chanteuse canadienne dont le coffre n'a rien à envier à celui d'une voiture familiale est assez bien placée.

Il semblerait donc que la dame consomme pour son ranch plus de 29 millions de litres d'eau par an, ce qui revient à peu près à 80 m3 d'eau par jour, soit une piscine de deux mètres de profondeur pour vingt de long sur deux de large.

http://www.palmbeachpost.com/treasurecoast/content/tcoast/epaper/2008/05/24/m1a_tcwater_05251.html?imw=Y

Et pour ceux qui douteraient encore :
a) de la réalité du réchauffement climatique
b) de la responsabilité de l'activité humaine dans celui-ci,

sachez qu'il y a un rapport strictement proportionnel entre le taux de CO2 dans l'atmosphère et la température d'icelle, qui est établi sur plusieurs millénaires, comme le prouve la courbe ici présente :


Comme il est incontestable (sauf pour ceux qui nient tous les phénomènes ayant un rapport avec le gaz, qu'il soit en chambre ou en atmosphère,  suivez mon regard...) que les transports et l'industrie humaine, sans compter la démographie incontrôlée et préoccupante de notre espèce, constituent aujourd'hui la source la plus écrasante de CO2 sur la planète, il apparaît urgent, selon le bon sens le plus élémentaire, de faire tout ce qu'on peut pour en diminuer les émissions.

En effet, ceux qui remettent en cause la dangerosité du réchauffement climatique arguent du fait que la planète a connu, y compris depuis que l'homme en occupe la surface, d'importantes variations climatiques,
- comme le réchauffement du XIIe siècle auquel le Groënland doit son nom : le Green Land, ou Grüne Land, le pays vert, qui permit à des colonies vikings de s'y implanter et d'y prospérer.
- ou le petit âge glaciaire des XVIIe et XVIIIe siècles.

Certes oui, la Terre et son atmosphère ne sont pas des données invariantes de l'univers. Le taux de CO2 a subi des variations importantes, dues à des causes naturelles, comme par exemple l'activité volcanique. Mais il n'en reste pas moins vrai que jamais le taux de CO2 n'a été aussi haut, et de très loin, que ces dernières années, et que l'incommensurable inertie que constitue la complexité du système climatique nous laisse attendre des lendemains qui chauffent pour notre canicule.
Certes encore, la Terre en verra d'autres. Des espèces animales disparaîtront, d'autres prolifèreront ou apparaîtront. Il ne s'agit en effet pas de prôner un conservatisme de directeur de musée, de faire de la Terre entière une réserve figée interdite d'évolution.
Mais il se trouve qu'une espèce en particulier risque fort d'en pâtir grandement : la nôtre, et sa civilisation dont on sait depuis Valéry et la Première Guerre Mondiale qu'elle est bien mortelle.

par Clarinesse publié dans : Ecolonomie
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Mercredi 14 mai 2008
"Ils crevèrent d'avoir voulu vivre à n'importe quel prix."
( in Grésils, ici : http://gresils.sosblog.fr/Dires-b1/Jourd-hui-b1-p362.htm )
"Engagez-vous, qu'ils disaient ; rengagez-vous, qu'ils disaient..."
"Travailler plus pour gagner plus, qu'il disait".
Travailler plus pour gagner plus pour consommer plus pour polluer plus pour massacrer la planète plus vite et pour le faire payer très cher à ses enfants qu'on ne voit même plus derrière tout l'argent sous lequel on les ensevelit.
Zut et rezut, va bien falloir qu'ils se le mettent en tête, les fossoyeurs de la planète et les usuriers de nos misères, cet apophtègme de Saint-Ex :
"Nous n'héritons pas la terre de nos parents, nous l'empruntons à nos enfants."

A force de signer sans fin des pactes avec les âmes vendues des financiers,
on répète chaque jour les accords de Munich.
Churchill encore : "Vous avez préféré le déshonneur à la guerre.
Vous avez eu le déshonneur et vous aurez la guerre." 
Vous avez préféré le fric à la terre.
Vous aurez détruit la terre et vous perdrez votre fric.
Saccageons la nature pour un peu plus de sous, et crevons-en allègrement.
Non mais regardez-les, ces prospecteurs américains se frottant les mains de la fonte de la calotte glaciaire qui va rendre accessibles tout un tas de ressources minières jusque là à l'abri de leurs griffes vénéneuses.
J'comprends, pas.  Non, j'comprends pas.
Croient-ils donc que leurs enfants pourront aller vivre sur Mars une fois la Terre bien bousillée ?

Contemplez-les, les forêts bruissant de milliers d'oreilles d'ânes de ces roitelets Midas morts de faim une fois leur rêve exaucé de voir tout ce qu'ils touchent transformé en or.
Et Moustaki leur répondit : "Je ne veux pas perdre ma vie à la gagner".
il ne s'agit plus seulement de gagner Sa vie, mais de sauver LA vie.
Arrêtons de gagner avant de tout perdre. Stop !

Nom de Zeus, ils avaient tout compris, ces Grecs.
Ne pourrait-on pas le prier de retourner s'y aller faire voir et expliquer le monde, à notre monarque à cent sous de soucis ?
Et si on lui achetait une petite anthologie de mythologie,
au Sarko-phage de nos espoirs ?

par Clarinesse publié dans : Ecolonomie
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Lundi 31 mars 2008

Qui l’eût cru ? Voilà que je profite de façon éhontée du (re-)passage d’innocents lecteurs par ici pour leur infliger un nouveau pensum ménager.

Espérant que ces vains et codés exercices de style ne vous auront pas trop échaudés, la blanchisseuse, rougissant de confusion d’avoir noirci tant de lignes pour si peu, vous prie d’accepter les excuses les plus humbles qui se puissent trouver dans l’eau trouble qui ruisselle aujourd’hui en torrents dans les caniveaux embourbés. Elle tâchera de ne pas récidiver trop souvent.

 

Les divagations embuées qui précèdent se sont pourtant imposées avec aussi peu de prévenance que les vapeurs de pressing, donnant à l’atmosphère qui règne dans cette buanderie un taux d’hygrométrie oulipienne à la limite du respirable.

Aérons un peu ces jongleries trop denses.

 

Que fait-on là à minauder dans l’amidon ?

Tâchons d’aborder avec détachement le véritable enjeu de la question :

laissons la place à l’amie, donc, de la planète.

On croit trop aisément qu’il ne reste à l’écolo qu’à taire son indignation devant les mille absurdités de notre vie moderne.

Mais comme Jacques Tati le disait si bien dans Playtime,

« fini de jouer » derrière nos baies vitrées bien astiquées.

Non point seulement que cette corvée m’insupporte, même si une belle chemise blanche bien nette n’est pas exactement ce qui se fait de plus laid.

Mais il faut avouer que le repassage excessif n’est pas toujours très sage :

Le fer ne dévore pas que le temps et l’énergie de la ménagère.
Il est aussi un ogre électrique.

On peut donc en conclure sans trop exagérer
que l’intérêt de la paresse rejoint ici celui de la planète.
Une fois n’est pas coutume

"Non aux repasseuses ! Oui aux paresseuses ! "

Sans vouloir renoncer à l’impératif catégorique de l’esthétique, j’essaie ainsi dans la mesure du possible de trouver ce qui se tient à peu près droit sans repassage.

Vive l’hiver et ses gros pulls.

Mais que faire en été ?
Répondre à cette épineuse question pas encore de saison
nécessite une entrée en matière plus concrète
qui ne froisse pas notre fibre écologique.

 

Paradoxons en chœur et "rangeons le fer ailleurs".
(merci à Fardoise pour le jeu de mots en cadeau-bonus).
"Si le fer a ses vapeurs, qu'on le laisse au repos" au lieu de le faire plancher.
(merci aussi à Jonavin pour le jeu de mots en cadeau-bonus).

Pour cela, imprégnons d’une brume d’éthique dialectique
les étiquettes de nos textiles.

Dégageons notre discours engoncé dans la discutable opposition binaire
entre matières naturelles et synthétiques.

 

Ces dernières ne proviennent-elles pas du pétrole, lui-même obtenu par la décomposition de micro-organismes et de sédiments parfaitement naturels ?

Et même si l’abus d’hydrocarbures est dangereux pour la santé des poumons de la planète, n’est-il pas probable que les fibres textiles fabriquées à partir de bouteilles plastiques recyclées demeurent plus respectueuses de l’équilibre écologique que des articles en coton ayant parcouru le globe entier de sous-traitants délocalisés en cargos recrachant leurs noires fumées ?

 

Est-il en effet bien raisonnable de qualifier de naturel le coton (sauf s’il est bel et bio), alors qu’on sait quels efforts titanesques il a nécessité pour en maintenir une culture intensive bien artificielle ?

Alors que pesticides et herbicides y sont pulvérisés massivement ?

Alors que les travaux d’irrigation forcenés exigés par Staline pour alimenter ses champs cotonniers démesurés ont contribué à l’assèchement tragique de la Mer d’Aral ?

Alors que, lorsqu’il est de mauvaise qualité, il résiste de toutes ses fibres et ses faux plis au repassage, démultipliant le temps et l’électricité dépensés ?

 

On pourrait en effet limiter peu à peu l’usage des matières les plus longues à défriper.

Ainsi le lin (dont les graines sont par ailleurs dotées de bien des vertus, riches en Oméga 3 notamment), justement parce qu’il se froisse au premier mouvement, rend vain tout effort pour le dérider durablement. Inutile d’espérer conserver plus de trois minutes la plénitude de sa surface peu lisse à moins de concurrencer l’immobilité d’un habitant du musée Grévin.

Mais cette belle plante a le bon goût de garder sa fierté même chiffonnée, pour peu, simplement, que l’on choisisse des formes qui se drapent dans leur dignité, majestueuses dans leurs faux plis assumés parmi les grandes lignes de force.

 

Enfin, achevons cet inventaire peu inventif d’un coup de bambou final dont les vertus infinies et trop largement insoupçonnées feront un jour l’objet d’un panégyrique en grande forme.

Je me contenterai ici de vanter l’incomparable et douce fluidité de ce textile dont le caractère fort obligeant ne se froisse presque pas.

Si l’on ajoute brièvement que cette herbe géante pousse toute seule ou presque à une vitesse hallucinante ; que l’on pourrait, comme l’Asie le fait depuis des millénaires, l’exploiter dans bien des domaines ; que sa fibre textile possède des vertus antibactériennes et absorbantes inégalées, on ne peut que songer que le salut passe par le bambou de ficelle. Ou plutôt la ficelle de bambou.

 

Sur ces circonvolutions peu littéraires, je vous laisse méditer ces quelques vers qui achèveront de vous assommer sous leur légèreté marmoréenne :

 

«Moi, c'est moralement que j'ai mes élégances.

Je ne m'attife pas ainsi qu'un freluquet,

Mais je suis plus soigné si je suis moins coquet;

Je ne sortirais pas avec, par négligence,

Un affront pas très bien lavé, la conscience

Jaune encore de sommeil dans le coin de son oeil,

Un honneur chiffonné, des scrupules en deuil.

Mais je marche sans rien sur moi qui ne reluise,

Empanaché d'indépendance et de franchise.

Ce n'est pas une taille avantageuse, c'est

Mon âme que je cambre ainsi qu'en un corset,

Et tout couvert d'exploits qu'en rubans je m'attache,

Retroussant mon esprit ainsi qu'une moustache,

Je fais, en traversant les groupes et les ronds,

Sonner les vérités comme des éperons.
[...] Je n'ai pas de gants ? La belle affaire !
Il m'en restait un seul, d'une très vieille paire,
Lequel m'était d'ailleurs encor fort importun.
Je l'ai laissé dans la figure de quelqu'un. »

 

                                                           Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac.

par Clarinesse publié dans : Ecolonomie
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Samedi 29 mars 2008

Prologue :
Lundi matin, l’empereur, sa femme et le p’tit prince
sont venus chez moi pour me serrer la pince (à linge).
Comme j’étais parti, le p’tit prince a dit :
« Puisque c’est ainsi, nous repasserons mardi. »
Ca tombe bien, la corbeille à linge propre est pleine de plis.

Rappel :

Dans notre rubrique à blog « écolonomie et tâches ménagères pour les campanules », et après le succès délirant du blog-buster comparant les vilenies du lave-vaisselle aux bonheurs de l’évier
(session de rattrapage ici :
http://l-oeil-du-vent.over-blog.com/article-17773243.html )
voici donc sous vos yeux consternés d’amis de la poésie, un nouvel avatar des corvées écornées.

Pour toute réclamation, s’adresser au commanditaire de cet opuscule, dont les preuves du forfait furent laissées ici :
  http://l-oeil-du-vent.over-blog.com/article-17773243-6.html#anchorComment

L’hôtesse de ces lieux trop communs décline toute responsabilité quant aux éventuels accidents domestiques causés par le soudain enthousiasme inévitablement éveillé pour cette tâche sans tache par la lecture de ces lignes éblouissantes et par Lamy données.

Consigne :

Il s’agissait donc, pour relever le défi, de coucher :
- sur le papier, un hymne au repassage, préalable indispensable au repas d’sages que fut la Cène : imagine-t-on les douze apôtres siégeant ailleurs que devant une nappe aussi immaculée que le fut la conception de leur Seigneur ?
- sur la planche à repasser, les voiles alanguies des tissus défripés.

Corps du délit :

I°/ Fantaisie sans rime ni raison.

a) Le regard ne s'embue-t-il pas au spectacle des repasseuses éperdues dans les brumes huileuses de Degas ou Toulouse-Lautrec ?
Voir ici : http://www.picturalissime.com/g/lautrec_la_blanchisseuse_l.htm  pour Henri.
 et là : http://art.mygalerie.com/les%20maitres/deg4.html  pour Edgar aux blanches mains.
et là aussi : http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://jacquesmottier.online.fr/pages/degas_repasseuse.jpg&imgrefurl=http://jacquesmottier.online.fr/pages/zola_degas.html&h=211&w=162&sz=14&hl=fr&start=57&um=1&tbnid=6mbNxsO7XC25NM:&tbnh=106&tbnw=81&prev=/images%3Fq%3Drepasseuses%2Bdegas%26start%3D54%26ndsp%3D18%26um%3D1%26hl%3Dfr%26rlz%3D1T4SKPB_frBE215BE225%26sa%3DN 
                                      

b) On oublie trop souvent aussi que c’est en observant sa servante
manier le fer sur les draps étalés sur la planche
que le bon Nicolas Boileau eut l’idée de ces vers
si souvent repassés dans les leçons des écoliers.
« Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage.
Polissez-le sans cesse et le repolissez. »


c) Et le grand Victor eût-il pondu ces vers paradigmatiques
de tout zeugma qui se respecte :
« Cet homme marchait pur loin des sentiers obliques,
Vêtu de probité candide et de lin blanc »,
s’il ne s’était pas endormi comme Booz devant le spectacle hypnotique de sa Juliette achevant d’aplanir les surfaces éclatantes des draps blancs lessivés eux aussi après les rudes nuits infligées par le génie (pro-)créateur à son épistolière préférée ? Génie certes, mais non sans frotter son ardeur romantique aux passions adultères.

d) N’oublions pas non plus que sans repassage, point de cintres.
Car qui prendrait la peine de s’encombrer du
« seul objet qui agresse l’homme par pure cruauté »
si ce n’était pour ne pas chiffonner les tuniques dépliées ?
Rien de plus susceptible pourtant qu’un cintre.
Rien de plus facile à froisser. Un faux mouvement et le voilà
qui s’accroche à l’axe de l’armoire, refusant de libérer
« le pantalon, le gris, avec les pinces devant et le petit revers ».
Et sans cintre, point de « vertige de la penderie béante sur l’alignement militaire des pelures incertaines aux splendeurs naphtalines. »
Ceint Desproges, priez pour nous, pauvres pêcheurs des
« fulgurantes éclaboussures de [votre] gai désespoir ».

e) Le repassage, donc,
ou les heurs et malheurs du fer à cheval sur les faux plis.
Ô Fer et Dame Nation ! Imagine-t-on un drapeau tricolore tout froissé ?
Imagine-t-on le train de vie qui exige de porter chaque jour une chemise neuve, chemin pour fer ?
Porte-t-on assez de considération à ce calorifère à patin
naviguant sur les voiles à vapeur ?
Et bien, au risque de choquer les cuirs sensibles, beaucoup trop !

II°/ Déchiffrage d’étiquettes.
...
La suite demain, si vous le voulez bien.

par Clarinesse publié dans : Ecolonomie
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Dimanche 16 mars 2008
Où l'on constate une fois de plus que les âmes vendues du marketing 
sont prêtes à prostituer l'écologie devenue à la mode 
pour vendre leurs machines à polluer.

Que n'entend-on pas depuis quelques années sur les vertus économiques et écologiques du lave-vaisselle qui consommerait moins d'eau que n'en utilise le lavage à la main, pour peu qu'il s'agisse d'un "classe A" et qu'on se passe du rinçage manuel ou du prélavage.
Ne serait-ce la mocheté de ces gros tas de ferraille émaillée, je me serais presque laissée convaincre.

Tout d'abord, je ne vois pas bien sur quelle estimation ils peuvent fonder une telle allégation, dans la mesure où les habitudes d'évier varient fort d'une famille à l'autre. Entre ceux qui remplissent deux grands bacs pour laver quatre assiettes, ceux qui laissent couler le robinet comme une source intarissable tout en passant l'éponge sur leur vaisselle et sur le coût de leur négligence pour leur porte-monnaie et notre porteur terrestre à tous, et ceux qui (comme votre humble servante, cela va sans dire) ne laissent filtrer qu'un filet d'eau pour rincer, tout en fermant le robinet quand ils savonnent, il y a un monde : en rémission ou en perdition. 
Ayant gardé des habitudes de randonneuse sachant qu'il faut laver ses gamelles avec l'unique litre d'eau que contient la gourde, remplie trois heures de marche auparavant, et qu'il faudra attendre le lendemain pour la remplir à nouveau, je n'ai pas besoin d'une campagne de pub pour m'imaginer à l'autre bout du tuyau une famille du Sahel recueillant religieusement les quelques gouttes échappées avec parcimonie d'un maigre puits en plein désert.

Mais surtout, quelle ne fut pas mon indignation en découvrant dans le dernier numéro de Que Choisir que si les phosphates avaient disparu des lessives il y a presque dix ans maintenant, ils continuaient à constituer 
plus de 50% de la composition de presque tous les produits de marque pour lave-vaisselle, y compris, et c'est là que l'ignominie est la pire, celui de la marque Eco-Logis qui se vend dans des boutiques bio et se présente comme un produit écolo. 
Seules les marques des distributeurs Leclerc (Rainett), Cora (L'arbre vert), Carrefour et Casino, ainsi qu'Ecover et Etamine du Lys n'en contiennent pas.

Si l'on ajoute à cette pollution l'impact écologique en amont et en aval (matières premières, coût du transport aller-retour, démontage), il ne reste plus grand chose pour sauver ces machines : n'en achetez pas !
Sans oublier qu'il faut se baisser pour remplir et vider un lave-vaisselle (oh le mal de dos en perspective!), alors qu'un brave évier a, lui, l'obligeance de se placer à bonne hauteur ergonomique.
Sans oublier non plus les réminiscences enfantines des joies universelles à barboter les mains dans l'eau. Une étude médicale très sérieuse a établi une nette relation statistique entre le taux d'équipement en lave-vaisselle et le taux de dépression : laisser tremper ses mains dans l'eau tiède aurait des vertus anti-dépressives notoires. 

Mais si le mal est fait et que vous hébergez déjà sous votre toit ce suppôt des marchands et si vous ne voulez pas passer vos étés au bord de rivières envahies de mousses verdâtres où vous pourrez barboter entourés de poissons morts, boycottez toutes les pastilles empoisonnées et rabattez-vous sur celles-là. 

Merci pour elle.
C'était la tribune écolo du jour.

Vérifications via le lien ci-dessus gracieusement offert 
par Madame de "Qui révèle."
 
(Quand on n'a qu'un bon mot à se mettre sous la dent, on le ressort.)
http://www.cipel.org/sp/article63.html
par Clarinesse publié dans : Ecolonomie
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Mercredi 12 mars 2008
Deux films à voir absolument :
Le monde selon Monsanto
de Marie-Monique Robin la bien nommée, passé hier soir sur Arte.
We Feed the World - le marché de la faim, d' Erwin Wagenhofer.
Adeptes de films d'horreur, précipitez-vous. 
Même les plus blasés seront effrayés.
Et cette courte vidéo à recommander à tous :
http://www.youtube.com/watch?v=9VhpaR8xcfc
extrait d'une conférence de l'agronome Claude Bourguignon
que vous pourrez voir complète en tapant son nom sur Google.

(NDLR : désolée, pas le temps ni l'envie de styliser sur le sujet.)

Accordons au directeur de Monsanto la seule parole juste qui pût sortir de cette firme, le rappel de cette vérité de base : " La science en général, et la génétique en particulier, n'est ni bonne ni mauvaise : elle n'est qu'un outil neutre et dépend de ce qu'on en fait."
Certes, une grande partie de ce que mange l'humanité provient d'hybridations, de croisements et de manipulations qui ont modifié le patrimoine génétique animal et végétal depuis des siècles. Sans elles, la carotte, la fraise, et tant d'autres variétés n'existeraient pas. 
Et les moyens scientifiques actuels permettent de modifier le patrimoine génétique des espèces directement sur le génome. Mais cette révolution exige une vigilance de chaque instant.

Tout le reste est monstrueux. 
Les suicides massifs de petits paysans indiens producteurs de coton surendettés et ruinés car contraints d'acheter à prix d'or des semences modifiées qui ne poussent ensuite qu'arrosées massivement d'engrais et de pesticides, contrairement aux mensonges criminels de la firme. Catastrophe humaine et écologique à la fois.
En Amérique latine comme en Asie et bientôt en Afrique, ces monocultures transgéniques destinées à l'exportation tuent la polyculture vivrière et affament les familles de paysans que le pesticide pulvérisé sans mesure ni précaution ronge par ailleurs.

La vision aussi cauchemardesque que celle des enfants malformés de Tchernobyl, de foetus asiatiques conservés dans le formol en bocaux alignés, bébés siamois, à deux têtes, quatre bras, etc... tous nés de mères exposées au pesticide Round Up pulvérisé massivement sur le soja modifié pour y résister. Sachant que la majorité de l'alimentation des animaux que nous consommons est fabriquée à partir du soja en question qui stocke ce pesticide, on est certain de le retrouver déjà largement dans nos assiettes.
De quoi convaincre beaucoup d'hésitants de devenir végétariens.

L'utilisation barbare d'une hormone permettant d'augmenter de 20% la production laitière des vaches, distendant leurs pies sans pitié et occasionnant toutes sortes d'infections. M'étant moi-même transformée un temps en vache à lait à l'usage exclusif de mon fils, je compatis de tout coeur avec ces infortunées dont je partage la douleur, la peau distendue jusqu'à éclater comme un ballon de baudruche.

Le climat de terreur qui s'insinue dans les campagnes nord-américaines au moyen de milices privées de Monsanto qui viennent contrôler à l'improviste et à toute heure du jour ou de la nuit, si les agriculteurs n'ont pas replanté les semences qu'ils n'ont pas le droit de conserver mais doivent racheter chaque année. Le KGB (ou la Gestapo ou la Stasi ou le maccarthysme, au choix) est de retour.

Le noyautage de toutes les instances étatiques de contrôle, notamment la FDA (Food and Drug Administration) par les cadres de Monsanto, supprimant toute indépendance des pseudo-expertises de santé publique menées selon une méthodologie qui fait rire (et pleurer) tout scientifique compétent et scrupuleux. Ce procédé de colonisation de l'Etat par les multinationales est connu là-bas sous le nom de "revolving doors", les portes tournantes, ou ici sous le terme de "pantouflage" : la reproduction incestueuse des élites et leurs fonctions interchangeables dans les grands corps étatiques ou industriels. Les seuls universitaires à l'avoir dénoncé, en Ecosse par exemple, ont été licenciés sur le champ après une éhontée campagne de diffamation.

Le principe absurde et anti-scientifique adopté cependant par l'administration Bush père, d' "équivalence en substance", déniant toute spécificité aux OGM, les fait purement et simplement disparaître de tout texte législatif américain. Selon la loi des Etats-Unis, les OGM n'existent tout bonnement pas, puisqu'ils sont assimilés aux espèces obtenues par les techniques traditionnelles d'hybridation.

Les seuls plants de maïs authentiques et ancestraux d'Amérique, qui demeurent au Mexique, menacés eux aussi par les OGM qui les contaminent par pollénisation sauvage. A plus ou moins long terme, les espèces naturelles n'existeront tout simplement plus.

Et le plus inquiétant peut-être dans cette invasion, réside dans le phénomène inouï selon lequel un gène, inoffensif en soi, ajouté à l'ADN d'un organisme nouveau, peut se révéler mortifère et abominablement pathogène selon la place qu'il occupe dans le génome qui l'héberge.
Selon cette localisation, qui s'avère aléatoire en cas de pollénisation sauvage, ou même en cas de contamination en laboratoire (selon le curieux procédé du bombardement de l'organisme visé via des particules d'or chargées du gène parasite), les effets sur le phénotype s'avèrent totalement différents, créant des aberrations aussi monstrueuses sur des épis de maïs que sur des foetus bicéphales : des pétales aux formes et aux emplacements excentriques,  étrangement effrayants comme des bêtes féroces, des plantes hérissées de feuilles ébouriffées là où les grains devraient s'aligner harmonieusement, etc...

Le discours d'un chercheur en génétique à l'Université d'Orsay, récemment chassé de son labo pour cause de libre pensée, approfondissait la réflexion avec une magistrale clarté dans le Théma qui suivait.

Je doute malheureusement de l'efficacité des faucheurs volontaires dans cette guerre sans merci. La faux du croquant ne fait que renforcer l'accapareur en sa forteresse. Il y faut de la diplomatie. Il y faut de la ruse. Il faut trouver le nouveau cheval de Troie qui stoppera l'ignominie de ces âmes damnées.
par Clarinesse publié dans : Ecolonomie communauté : La commune des philosophes
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Mardi 12 février 2008

On construit des éoliennes. Bravo, et il en faudrait bien plus. 
Des panneaux solaires, idem.
Mais il faudrait aussi songer à réduire les détours. 
N’y allons pas par quatre chemins.
Pourquoi ne pas réhabiliter l’énergie éolienne sans passer par la case électricité ?
Dans les transports maritimes, par exemple.
La mondialisation ne cesse de multiplier les échanges, faisant parcourir plusieurs tours du monde au moindre jean comme à tous les produits, high tech ou pas, fabriqués en Asie.
Faisant traverser l’Europe en tous sens au moindre yaourt à la fraise, allant chercher le lait ici, les fruits à cinq mille kilomètres de là, faisant fabriquer les pots encore ailleurs.
Notre société est un bateau ivre de surconsommation effrénée. Stop !
Qu’on cesse cette course absurde qui nous mène au gouffre !
Qu’on ouvre les yeux. Qu’on relie les problèmes pour les résoudre au lieu de se lamenter sur l’inertie du paquebot-monde.
Impossible de réduire certains transports inter-continentaux ? Soit.
Le pétrole, et c'est tant mieux, commence à manquer ?
Mais dans ce cas, qu’on réhabilite la marine à voile !
Il y a trop de chômage ? Et bien, même si l'on sait déjà automatiser bien des opérations en ce domaine, ne serait-ce pas là l’occasion rêvée de constituer les nombreux équipages nécessaires à la manœuvre de ces navires. Il ne s’agit pas d’un retour en arrière. Il ne s’agit pas de ressortir les vieux gréements.
Rien n’interdit d’utiliser de nouvelles technologies, des matières légères comme celles conçues pour les prototypes élancés dans les courses autour du globe.
Il s’agit seulement de cesser cette aveugle et folle fuite en avant qui conduit au naufrage.
Ouvrons les yeux ! Ecoutons le vent.
Cessons ces ricanements de nantis qui fustigent le retour à l’âge des cavernes sans comprendre que c’est notre mode de vie actuel qui nous y ramènera manu militari, marris et meurtris, si l’on continue de courir après le dernier cri sans comprendre, une fois pour toutes, que la Terre est ronde, que ses ressources ne sont donc pas infinies, que son atmosphère n’est qu’un équilibre précaire et déjà altéré, que ses océans acidifiés par le carbone nous font changer d’ère géologique, etc...
De toute urgence, nos peuples d’enfants gâtés doivent entendre l’appel à la raison. Car ce modèle de société à satiété sera encore moins viable, partagé par tous les continents, ce qui est déjà bien avancé pour l'Asie.
Où ils se brûleront bientôt à la colère de la Terre. 

Voir ici des preuves en images que c'est l'intelligence qui sauvera le monde 
comme elle pourrait le perdre : 
http://buycott.eu/index.php/Durable-et-equitable/Un-cargo-et-un-cerf-volant.html 
(Merci à Papistache pour l'info.)

PS : Là, j'écris en tout petit, car j'ai quand même vaguement honte, et peur de perdre tous mes amis, effrayés de voir comme il vente fort devant ma porte. Mais comme l'idée me passait par la tête, je me suis dit que je pourrais quand même la présenter à mes coblogueurs, même si elle ne va pas plaire, mais pas plaire du tout (à moi, pas tant que ça non plus, d'ailleurs, m'enfin, si on ne fait un sort qu'aux idées qu'on aime, on tourne en rond.) 
Allez, je la lance. Attention, âmes sensibles, s'abstenir. Elle risque d'exploser de façon intempestive en retombant.
Donc, pensais-je par devers moi tout en collant un lé de papier peint (Leroy Merlin, le roi des (dés)enchanteurs qui mène à tout) en plus de résoudre la pénurie de pétrole, les émissions de gaz à effet de serre et le chômage, la navigation non polluante pourrait aussi contribuer à limiter la surpopulation carcérale et la dépression des prisonniers. Non, vous ne voyez pas ? Et bien, si le vent vient à manquer ou s'il est impossible de le remonter, quelques p'tites paires de gros bras au bout de grandes rames, ça peut servir. Ben oui, un séjour aux galères, (non, là, vraiment, j'exagère. Ca se voit, derrière l'écran, que je suis rouge comme une pivoine et que je cache ma face que l'on ne saurait voir sous le tapis ?), ça leur ferait faire du sport, prendre l'air, voir du pays. Très bon pour le moral, tout ça !
Y en a bien qui font ça pour le plaisir. Demandez à D'Aboville ou Peggy Boucher. Bien sûr, pas question de les maltraiter. On n'est pas des bêtes ! Ben-Hur, tout le monde a vu et frémi d'indignation aux coups de fouet. Au contraire. Du repos largement, des repas délicieux, des massages, des remises de peine, tout ça sans ironie, sur la base du volontariat et contre la constitution d'un petit pécule. Sans rire, je suis sûre qu'il y en a qui seraient partants, si on leur demandait, au lieu de moisir à Fleury Mérogis.
"Quand ça fait plaisir, et qu'ça débarrasse", hein, Zézette ? 

(J'ai honte, mais j'ai honte ! Mais bon, idea jacta est, comme on dit en bas breton, et ne m'envoyez pas trop de tomates : même fraîches, j'aime pas, alors pourries...
 PS : Ca existe un smiley pour dire qu'on est mort de rire et de honte en même temps ?
Bon, faudrait quand même pas que cette seconde partie décrédibilise la première)

par Clarinesse publié dans : Ecolonomie communauté : La commune des philosophes
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Mardi 15 janvier 2008

On peut entendre sur BFM TV, en guise de bande annonce pour l’une de leurs émissions intitulée « Good morning business » (tout un programme !) le slogan suivant : « Vous saurez tout sur l’immense partie de poker qui tous les jours transforme la planète. » 
Frisson d’horreur ! J’ai toujours nourri une aversion profonde, viscérale, de vache des prés un peu janséniste pour l’univers délétère des jeux d’argent où tout part en fumée : le fruit du labeur, le sens clair et distinct du réel, la santé des poumons et des cœurs.
Nul besoin d’en dire plus long sur la vision à long terme qui préside à l’avenir de notre belle Terre malmenée ! On ne fait pas mépris plus éloquent.
J’imagine le dialogue nauséabond entre les boursicoteurs qui jouent le destin de la planète sur son dos :

- Alors George W, que mises-tu aujourd’hui ?
- Oh, presque rien, la destruction d’une nouvelle plaine encore verte pour y creuser quelques puits de pétrole. Et toi, Charlie ?
- Guère plus. Quelques milliers d’ouvriers sous-payés à payer encore moins. Banal ! C’est beaucoup moins que ce que Sam met sur le tapis. Imagine un peu les profits. Il a obtenu la pleine exploitation d’une forêt tropicale encore vierge.
- Alors là, bravo, il a tous les atouts à l’export. Même plus besoin de bluffer. Il a gagné ! 
- A moins que Marcel n’entre dans la partie. Sais-tu qu’il a vendu plus d’armes cette année aux pays du Golfe qu’il n’aurait fallu d’acier pour consolider dix villes en Amérique centrale et les sauver des glissements de terrain et autres séismes.
- Superbe ! Le mot de la fin (de la faim ?).

Tant qu’on n’aura pas trouvé de véritable alternative à ce capitalisme putréfacteur de vautours, il sera difficile d’entrevoir une issue aux problèmes du réchauffement climatique et des misères humaines de toutes sortes. N’y a-t-il donc personne entre Marx et Bush ?
Si, mais on ne les entend pas assez, les véritables penseurs d’un autre monde.
 
C’est le prix Nobel d’économie Amartya Sen.
C’est l'inventeur du microcrédit, Mohammed Yunus, Nobel de la Paix.
C’est Noam Chomsky. Lire à ce sujet Dominer le monde ou sauver la planète, chez 10/18.
C’est Lester R. Brown, Le Plan B, Pour un pacte écologique mondial.
Et bien d’autres dont j’ignore l’existence.
 

  

par Clarinesse publié dans : Ecolonomie communauté : La commune des philosophes
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Jeudi 10 janvier 2008
Il fut longtemps jugé de bon goût de se gausser du radin. 
Ce pauvre niais frustré, avare des bonheurs de la vie, qui se refusait obstinément à céder à la prodigalité inconsidérée de notre société de folle consommation. 
Mais on redécouvre aujourd'hui, émerveillé et ahuri, que la Terre est ronde, donc par définition non infinie. Il fallut attendre le XXIème siècle pour percevoir enfin tout ce qu'impliquent les découvertes de Galilée et Copernic. Et oui, nous ne sommes que de pauvres rats embarqués sur une petite planète parmi d'autres, dérisoire parcelle de vie féconde dans un espace infini et stérile. Peut-être serait-il temps de concevoir notre si petit monde autrement que comme jetable. 
La planète est usée, épuisée ? Qu'importe ! Jetons-la avec l'eau des mers et colonisons gaiement Mars et autres lunes.  
Plantez-y d'abord un chêne, attendez de le voir pousser, vérifiez s'il est bien confortable d'y faire la sieste sous son ombrage et nous verrons ensuite.

Bref, tout en continuant à acheter massivement des lingettes jetables et des dosettes suremballées, chacun commence à se dire qu'il est passablement fou de faire couler des dizaines de litres d'eau pour prendre un bain de dix minutes, de laisser brûler les lumières inutiles, d'utiliser sa voiture pour faire deux-cents mètres (vive le prix de pétrole qui flambe), de jeter du papier après y avoir écrit deux mots qui ne plaisent plus ou s'y être essuyé le bout du nez, ...
Comme lors d'un naufrage imminent, tout le monde se rue donc sur le radeau qu'a méticuleusement construit depuis longtemps, sous les sarcasmes et les mépris, "sous la pistolétade excitante des yeux", Cyrano le radin.

Au risque de le faire couler...

A suivre...

Prochains épisodes : la boîte à papier et la marmite norvégienne.



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