Mercredi 11 juin 2008

Pour ne fâcher personne, je propose donc que nous "produisions des écrits" sur les fleurs et les petits oiseaux.
Voilà :             "...
                         ......
                          ...   "




Plutôt donc que de vous infliger ma prose moins inspirée aujourd'hui que depuis longtemps, je vais la laisser reposer au fond de sa caverne et vous faire la lecture de quelques beaux poèmes que j'ai pu lire durant les longues heures de ce stage d'une intensité mémorable, extraits d'un petit recueil paru dans la collection Poésie Gallimard, intitulé A toi, je parle, Un tour du monde avec les poètes francophones, que me donna l'autre jour Eric Poindron ( http://blog.france3.fr/cabinet-de-curiosites/index.php/ ) :


                                   Le Lieu du poème.

                                                        de Nimrod, Tchad.

Je connais le lieu du poème, ma gorge.
Je ne connais qu'elle. Un fanal précieux la soutient.
Pierre poreuse, pierre ponce, tessons...

Je ne compte plus mes nuits de veille.
J'ai tendu l'oreille, ai tari la source des échos.
Féérie de la brûlure, étincelle d'amour.
J'ai mis ma voix en veilleuse. Je ne sais qui jure
En moi, ni pourquoi. Ce qu'il me veut,
C'est comme le retour de flamme d'une passion défunte.
Je suis le gardien des émotions rocheuses.
J'entends leur reflux, j'entends leur remontée douloureuse ;
Les voici, ma gorge prophétise...
Je n'ai plus de corps, une pierre en tient lieu,
Lumineuse d'espace.

Je suis le nu du commencement. Sous l'arche des vents
Se déploie le soleil, empire du souverain calme.
Alors une fêlure se fait jour, l'absolu. Il règne.



                  *********************************

                               et de Vénus Khoury-Ghata, Liban :


Parlez-moi de lui.
-Il était rare, ne fréquentait que des Lunes
Son pas sur l'herbe froide appelait un criquet
Je devais m'enduire les mains du sang des grands arbres
Pour l'apprivoiser, et il s'approchait
Aussi seul qu'une seule lune
Et faisait semblant de m'aimer.

Savez-vous encore ce qu'est un arbre ?
Le bruissement d'ailes d'une pierre ?
L'écorce craquelée d'une journée de chaleur ?




par Clarinesse publié dans : Citations fascinées
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Mardi 6 mai 2008
 
« Ce qui ne peut devenir nuit ou flamme, il faut le taire ». 

Ces mots incandescents, ce sont ceux de Catherine Pozzi,
qui fut durant huit ans la maîtresse torturée et mystique 
du sage Paul Valéry.
D'elle, il ne reste que six poèmes et quelques courts écrits.

 

"La grande amour que vous m'aviez donnée
Le vent des jours a rompu ses rayons
Où fut la flamme, où fut la destinée
Où nous étions, où par la main serrés
Nous nous tenions.
 
Mais le futur que vous attendez vivre
Est moins présent que le bien disparu
Toute vendange à la fin qu'il vous livre
Vous la boirez sans pouvoir être qu'ivre
Du vin perdu."


Sa biographie bouleversante, on peut la trouver ici :
http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/pozzi/pozzi.html

Extrait :
"Les fées de la richesse lui avaient mis le bandeau de la facilité sur les yeux, elle l'aura arrachée par son ardeur de faire un trou au plafond du ciel, pour voir l'azur, pour voir Dieu. Elle se sera émancipée, elle sera devenue indépendante et cultivée dans un milieu de potiches et de préjugés.
Libre, libre elle voulait être. Libre de se consumer tout entière.

Elle ne prenait pas les voilettes de la mélancolie, les affectations des drames.
Non, cette voix était ruisseau, tension vers le haut. Ses paroles d'amour humains très religieuses, ses paroles d'amour divin très sensuelles." 


                                

 

 

par Clarinesse publié dans : Citations fascinées
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Mercredi 30 avril 2008

Une fois passée outre l'affectation de Valéry qui singe parfois les circonvolutions maniérées des dialogues socratiques, on peut apprécier dans ses petits traités d'esthétique une acuité certaine. En relisant ce texte que je n'avais pas rouvert depuis le tout début de mes études, je suis surprise de voir combien il vit encore en moi. Combien ce style a innervé le mien (sans prétendre l'égaler, of course).

"Mais qu'est-ce qu'une flamme, ô mes amis, si ce n'est le moment même ?
Chose vive et divine !...
Ce qu'il y a de fol, et de joyeux, et de formidable dans l'instant même ?
Flamme est l'acte de ce moment qui est entre la terre et le ciel.
O mes amis, tout ce qui passe de l’état lourd à l’état subtil, passe par le moment de feu et de lumière…

La forme insaisissable et fière de la plus noble destruction.
Ce qui n’arrivera jamais plus, arrive magnifiquement devant nos yeux.
Comme la voix chante éperdument; comme la flamme follement chante entre la matière et l'éther, -et de la matière à l'éther furieusement gronde et se précipite,- la grande Danse, ô mes amis, n'est-elle point cette délivrance de notre corps tout entier possédé de l'esprit du mensonge, et de la musique qui est mensonge, et ivre de la négation de la nulle réalité ? -Voyez-moi ce corps, qui bondit comme la flamme remplace la flamme, voyez comme il foule et piétine ce qui est vrai ! Comme il détruit furieusement, joyeusement, le lieu même où il se trouve, et comme il s'enivre de l'excès de ses changements !
Mais comme il lutte contre l'esprit ! Ne voyez-vous pas qu'il veut lutter de vitesse et de variété avec son âme ? Il est étrangement jaloux de cette liberté et de cette ubiquité qu'il croit que possède l'esprit !
Sans doute, l'objet unique et perpétuel de l'âme est bien ce qui n'existe pas : ce qui fut et qui n'est plus ; ce qui sera et qui n'est pas encore ; ce qui est possible, ce qui est impossible ; voilà bien l'affaire de l'âme, mais non jamais, jamais, ce qui est !
Et le corps qui est ce qui est, le voici qui ne peut plus se contenir dans l'étendue !
Où se mettre ? Où devenir ? Cet Un veut jouer à Tout. Il veut jouer à l'universalité de l'âme. Il veut remédier à son identité par le nombre de ses actes. Etant chose, il éclate en événements. Il s'emporte ! Et comme la pensée excitée touche à toute substance, vibre entre les temps et les instants, franchit toutes différences ; et comme dans notre esprit les possibles s'ordonnent, ce corps s'exerce dans toutes ses parties, et se combine à lui-même, et se donne forme après forme, et il sort incessamment de soi. Le voici enfin dans cet état comparable à la flamme, au milieu des échanges les plus actifs... On ne peut plus parler de "mouvement"... On ne distingue plus ses actes d'avec ses membres...
Cette femme qui était là, dévorée de figures innombrables... Ce corps dans ses éclats de vigueur, me propose une extrême pensée : de même que nous demandons à notre âme bien des choses pour lesquelles elle n'est pas faite, et que nous en exigeons qu'elle nous éclaire, qu'elle prophétise, qu'elle devine l'avenir, l'adjurant même de découvrir le Dieu, ainsi le corps qui est là veut atteindre à une possesion entière de soi-même, et à un point de gloire surnaturel. Mais ce ne sont et ne peuvent être que des moments, des éclairs, des fragments d'un temps étranger, des bonds désespérés hors de sa forme.
- Regarde, mais regarde, elle danse là-bas et donne aux yeux ce qu'ici tu essaies de nous dire... Elle fait voir l'instant. O quels joyaux elle traverse. Elle dérobe à la nature des attitudes impossibles, sous l'oeil même du Temps. Il se laisse tromper... Elle traverse impunément l'absurde. Elle est divine dans l'instable, elle en fait don à nos regards.
- O mes amis, ne vous sentez-vous pas enivrés par saccades, et comme par des coups répétés de plus en plus fort, peu à peu rendus semblables à tous ces convives qui trépignent et qui ne peuvent plus tenir silencieux et cachés de leurs démons ? Moi-même, je me sens envahi de forces extraordinaires qui sortent de moi, qui ne savais pas que je contenais ces vertus. Dans un monde sonore, résonnant et rebondissant, cette fête intense du corps devant nos âmes offre lumière et joie....
Tout est plus solennel, tout est plus léger, tout est plus vif, plus fort ; tout est possible d'une autre manière ; tout peut recommencer indéfiniment. Rien ne résiste à l'alternance des fortes et des faibles. Battez, battez!... La matière frappée, et battue, et heurtée en cadence ; la terre bien frappée ; les peaux et les cordes bien tendues, bien frappées, forgeant joie et folie : et toutes choses en délire bien rythmé règnent.
Mais la joie croissante et rebondissante tend à déborder toute mesure, ébranle à coups de bélier les murs entre les êtres. Hommes et femmes en cadence mènent le chant jusqu'au tumulte. Quelque chose grandit et s'élève. J'entends le fracas de toutes les armes de la vie ! Les cymbales écrasent à nos oreilles toute voix des secrètes pensées. Elles sont bruyantes comme des baisers de lèvres d'airain.
On croirait que ceci peut durer éternellement. Elle pourrait mourir ainsi... Dormir peut-être, s'endormir d'un sommeil magique. Elle reposerait immobile, au centre même de son mouvement. Isolée, isolée, pareille à l'axe du monde. Elle tourne, elle tourne, elle tombe.
-Je ne suis pas morte et pourtant je ne suis pas vivante.
-D'où reviens-tu ?
-Asile, asile, ô Tourbillon !
J'étais en toi, ô mouvement, en dehors de toutes les choses."

Mysticisme torride.
Qui a dit que Valéry était poussiéreux ?

 

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Samedi 19 avril 2008
"Le mouvement [...] est déséquilibre, et dissymétrie, et éveil à chaque instant de la force centrifuge. Rien ne compte peut-être chez un romancier que de savoir serrer à chaque instant le courant de vie qui le porte, le vif du courant, lequel, dès que le lit sinue, vient comme chacun sait heurter alternativement l'une, puis l'autre rive, toujours déporté, toujours décentré, et sans se soucier jamais de tenir décorativement le juste milieu.
Bien souvent la critique, peu préoccupée de la traction impérieuse vers l'avant qui meut la main à plume, peu soucieuse du courant de la lecture, tient sous son regard le livre comme un champ déployé, et y cherche des symétries, des harmonies d'arpenteur, alors que tous les secrets opératoires y relèvent exclusivement de la mécanique des fluides."

                         Julien Gracq, En lisant, en écrivant, p 42.

"La traction impérieuse vers l'avant qui meut la main à plume" :
ce diable d'orfèvre finirait presque par me donner envie de m'atteler à un roman, moi qui me vouai depuis toujours au texte court et parcimonieusement narratif.

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Jeudi 21 février 2008
 Il me semble que tout, l'air brumeux, les labours gras, 
et les arbres et les basses nuées me parlent. [...]
Debout, la cime chevelue chauffée de la flamme du jour, [...]
ô terre argileuse et collante.
Et le vent m'applique un masque de pluie. [...]
Vers quelle plage blêmissante de l'air lèverai-je la bouche qui respire ?
- Sache que je ne suis point seul.
- Qui as-tu donc avec toi ?
- La voix de ma propre parole. [...]
Les ronces sèches grelottent [...]
Debout parmi l'espace, nous avons à chaque main le noir, 
la mélancolie de la terre.
Voici ce que pourrait dire le jeune homme qui, comme un roi détrôné, la tête passée à travers un sac, reste immobile, les yeux hagards,
Et dont le vent, comme une femme folle, s'amuse avec les cheveux,
Et qui contemple sans comprendre l'ouverture du jour,
Empli de chuchotements comme un arbre mort :
La foule des hommes vains qui s'interrogent et combattent, parlent et agitent les yeux. [...]

La forêt où chante le vent qui chasse. [...]
Mais je suis comme un homme sous terre dans un endroit où on n'entend rien. [...]
Chaque génération d'hommes germant du champ maternel en sa saison
garde en elle un secret commun, un certain noeud dans la profonde contexture de son bois. [...]
Mais un arbre a été mon père et mon précepteur. [...]
Et j'ai rencontré cet arbre et l'ai embrassé, le serrant entre mes bras comme un homme plus antique. [...]
C'est tout seul que je suis sorti de la protection de tes branches. [...]
O murmurant, fais-moi part de ce mot que je suis dont je sens en moi l'horrible effort !
Pour toi, tu n'es qu'un effort continuel, le tirement assidu de ton corps hors de la matière inanimée. [...]
La Terre inépuisable dans l'étreinte de toutes les racines de ton être,
Et le ciel infini avec le soleil, avec les astres dans le mouvement de l'année. [...]
O branches maintenant nues parmi l'air opaque et nébuleux. [...]
N'as-tu rien appris sous cet arbre de science ? [...]

J'ai erré comme une lueur. Il faut que je m'élève comme une flamme enracinée.





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Jeudi 14 février 2008
Pourquoi mettre ce titre en exergue plutôt qu'un autre ? 
Il est si difficile de choisir parmi les noms dont Bobin baptise ses livres. 
Chacun constitue un poème à lui seul.
Pourquoi donc une bibliothèque de nuages ?
Parce qu'il exprimait avec toute la légèreté possible l'idée de florilège :
quelques phrases en passant échappées de ses pages, 
fragments évanescents de nuées sans pesée, 
limpides et floues comme l'azur.
Mais il me semble qu'il est malpoli d'écrire longuement sur un auteur admiré sans lui laisser la parole. 
Il a ciselé ses mots. Il n'a pas besoin des nôtres.
Voici donc, au hasard de ses pages, quelques éclats de lumière :

Une bibliothèque de nuages.
"J'entends les morts qui se rapprochent de nous, j'entends les os des feuilles mortes craquer sous leurs pieds de lumière."
"Quand je me penche sur une phrase pour la polir, 
le monde n'est plus qu'un duvet d'oie volant dans la chambre."
"Chaque fois que j'entends quelqu'un maudire la neige ou la pluie, cela me fait de la peine, comme si on disait du mal d'un de mes proches".
"J'ai grandi à l'intérieur d'une larme."


Autoportrait au radiateur.
"Ma vie est bien plus belle lorsque je n'y suis pas."
"Un seau rempli de lumière. On le renverse d'un seul coup sur le carrelage de papier blanc."
"Un petit marteau de lumière heurtant le bronze du réel."
"Je me nourris de ce que le monde néglige. Je prends conseil auprès de ces choses sans valeur. Je prends conseil et je prends soin. J'écris."
"Théorie du brin d'herbe" : ce pourrait être un des titres de ce livre.[...]
Les brins d'herbe passent leur temps à ça : 
danser au moindre prétexte et remercier pour les grâces chaque jour reçues."
"L'écriture est la soeur tardive de la parole où un individu, voyageant de sa solitude à la solitude de l'autre, peuple l'espace entre les deux solitudes d'une Voie lactée de mots."


PS : Ce petit trésor n'est pas clos. Il sera complété au fil des jours et des relectures. Alors n'hésitez pas à revenir l'effeuiller si leur souffle soulève votre âme. Je crains déjà les questions de droit d'auteur qui se pointent, car je ne vois pas comment m'arrêter avant d'avoir recopié la totalité de ses livres.
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Mardi 5 février 2008

"La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil."
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Vendredi 1 février 2008
Entendue il y a longtemps, dans un reportage oublié, 
la phrase très belle d'un homme, Paul ..., "estranger" à la région
qui, séduit par la beauté d'une petite île de la Méditerranée,
 en avait restauré le patrimoine :

 "On est de là où l'on construit quelque chose."


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Lundi 28 janvier 2008
"Le jour tombait et personne ne se baissait pour le relever."

On manque toujours d'empathie avec le temps qu'il fait.
A force de le rendre malade, il va finir par avoir de la fièvre.
Il faudrait en prendre un peu plus soin.
La nature et moi, nous respirons en choeur.
par Clarinesse publié dans : Citations fascinées
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Lundi 21 janvier 2008

Marc Isambart Brunel  naquit en 1769 à Hacqueville dans l'Eure et mourut à Londres en 1849. Il fuit la France de la Terreur en 1793 et émigra aux Etats-Unis et en Angleterre. 
Outre Atlantique, il fut ingénieur en chef de la ville de New York.
Outre Manche, il inventa de nombreuses machines pour la marine notamment, construisit pour le chemin de fer des ponts dont la structure aérienne n'a guère à envier aux viaducs suspendus les plus récents, et creusa le premier tunnel sous la Tamise en 1842. Il inventa pour réussir cette prouesse une technique utilisée encore de nos jours : le procédé de la "Tour qui creuse". 
Explications :
Comme il est impossible de creuser dans la terre meuble un trou à la fois profond et étroit, dont les parois ne s'effrondreraient pas, deux solutions s'offrent pour remédier à cette réaction mécanique.
1°) Creuser suffisamment large à la surface pour que la pente, assez douce, empêche les glissements de terrain.
Problème : la diamètre en surface devant être proportionnel à la profondeur du puits voulu, il faudrait ainsi creuser un véritable canyon pour atteindre une profondeur suffisante.
2°) L'idée de génie de Brunel : construire une tour à l'emplacement choisi, et creuser, depuis l'intérieur de cette tour, un puits vertical. La tour s'enfonce peu à peu sous son propre poids, et maintient les parois du puits étayées solidement. On peut ainsi creuser aussi profondément que la tour était haute. Contrainte : ne pas s'arrêter de creuser avant d'avoir atteint la profondeur désirée, car la pression de la terre est telle qu'elle se tasse dès que le mouvement s'arrête, empêchant la tour-tuyau de s'enfoncer davantage.

C'est-y pas dommage de s'être privé de ces idées là parce que certains, de ce côté-ci des mers, avaient eu la brillante idée d'augmenter de façon stupéfiante la productivité de cette autre géniale invention : la guillotine ?



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