Vendredi 27 juin 2008


Aujourd'hui, sur CNN (ça fait peut-être snob, mais ce n'est pas moi qui allume la télé. D'ailleurs, je ne l'allume jamais, en étant devenue presque incapable, ne sachant par quelle télécommande passer), je tombe nez à nez avec la retransmission d'un meeting commun à Obama et Hillary, où Mrs Clinton vante à la tribune les mérites de l'union avec son rival et néanmoins allié contre les républicains.
A côté d'elle, légèrement en retrait et en bras de chemise, Obama, négligemment assis sur une caisse style haut-parleur, l'écoute en souriant.
Quelque peu scotchée par le spectacle, je me fends d'un élégant
"Oh la vache !" qui se fraya un chemin sans mon autorisation, depuis les contreforts de mes poumons jusqu'à la caisse de résonance de ma cavité buccale.
Pierre qui regardait aussi à ce moment (shame on me, bad mother)
demande alors en scrutant de son mieux l'écran :
"Elle est où, la vache ?"

Léger flottement dans le salon.
"Euh, tu ne la vois pas, là, avec un costume bleu, qui cause dans le micro ?"
Shame on me again. Ne sombrons pas dans la misogynie de base.
Je démens donc rapidement à l'aide de la formule magique :
"Mais non, je blague"
(laquelle provoque toujours chez le petit bonhomme un sourire entendu,
même si l'astuce lui échappe généralement à ce moment de l'exposé)
avant de lui expliquer le sens, fort injuste d'ailleurs envers ces braves bêtes, de l'exclamation maternelle.

Bien sûr, on peut aisément imaginer la proportion de vils calculs et de mauvaise foi dans cet échange sirupeux d'éloges réciproques.
Force est cependant de reconnaître qu'ils sont proférés par la dame derrière des sourires moins crispés que ceux qu'elle arbora durant toute la campagne.
Et qu'importe d'ailleurs. Cette alliance me réjouit et ne provoque point de sarcasmes
en mon for intérieur pourtant correctement hérissé de ce côté là.
1°) C'est pour la bonne cause.
2°) J'imagine assez la fierté ravalée de la dame pour éprouver un minimum d'empathie. S'acharner sur un perdant me semble toujours d'un goût très douteux.
D'autant plus que j'aurais probablement eu envie de voter pour elle (même si personne ne me demande mon avis) si Obama n'avait pas été si beau. (Euh là, je blague aussi, en ce qui concerne mes motivations...quoique,...)

Sérieusement, il n'est pas impossible que cet aspect entre en ligne de compte bien davantage que ne l'envisagent les analyses socio-politiques.
J'imagine bien les dignes épouses de militants républicains bon teint, secondant leurs maris en toute occasion sans bouche ouvrir, ces épouses impeccables dans leurs tailleurs perpendiculaires et leurs brushings de commères laquées, ces américaines lissées-liftées qui, une fois seules dans l'isoloir, histoire de se donner le courage de tromper les convictions maritales, déplieront la photo de Barack qu'elles cachent depuis des mois au fond de leur sac à main, entre le poudrier et les derniers tracts de McCain, et pointeront leur index carrossé de vernis écarlate sur le nom du séduisant candidat.

La femme est l'avenir des démocrates.


par Clarinesse publié dans : Enfantillages
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Vendredi 6 juin 2008


Rappel de la légende de ce légendaire dessin de Caran d'Ache :
1°) Surtout, ne parlons pas de l'Affaire Dreyfus !
2°) Ils en ont parlé.


"Sleon une édtue de l'Uvinertisé de Cmabrigde, l'odrre des ltteers dnas un mot n'a pas d'ipmrotncae, la suele coshe ipmrotnate est que la pmeirère et la drenèire soit à la bnnoe pclae. Le rsete peut êrte dnas un dsérorde ttoal et vuos puoevz tujoruos lrie snas porlblème. C'est prace que le creaveu hmauin ne lit pas chuaqe ltetre elle-mmêe, mias le mot cmome un tuot."


Bon, au risque de crouler de nouveau sous des com' de forum, ça lance le débat. Globale ou syllabique ? Multiple ou monolithique ?

Personnellement, je trouve qu'il n'est point besoin de construire une "méthode" globale, puisque, baignant dans un univers tout entier cerné par l'écrit (affiches de pub, inscriptions omniprésentes, lectures de contes,...) les enfants la mettent en oeuvre instinctivement dès trois ou quatre ans.
De plus, si la syllabique peut sembler rébarbative et un peu plus lente au début de l'apprentissage de la lecture, elle s'avère d'autant plus indispensable pour celui de l'écriture, puisque cette étude révèle justement que la lecture se passe presque de l'orthographe, laquelle demeure tout de même quelque peu requise pour la seconde.

Et puis, intellectuellement, la première (si elle est pratiquée sans nuance) me semble aliénante, car elle rend l'enfant dépendant des mots déjà vus, et très peu sûr de lui, incapable de s'aventurer seul vers le déchiffrage de vocables nouveaux ;
alors que la seconde est un formidable outil de liberté : l'enfant est autonome dès qu'il a compris le principe de la combinatoire des lettres, qui s'effectue, en outre beaucoup plus ludiquement qu'on ne veut bien le dire, comme un jeu de mécano.
Assembler des lettres ou des legos, c'est pareil.
Un mot, ça se fabrique, comme une pièce de machine, ou comme un gâteau.
Le seul exemple que j'ai sous la main, Pierre le petit, s'amuse ainsi beaucoup à épeler des mots, même s'il ne sait pas encore bien associer les sons. Il arrive ainsi à peu près à savoir quelles lettres il faut utiliser pour écrire "mammouth" (dernier exemple en date), lequel, lui ai-je fort obligeamment fait remarquer, commence comme Maman. Heureusement, il n'a pas ri !

Ceci dit, comme le fait très justement remarquer la Dame du Vent à l'Oeil du même nom:
"La meilleure méthode pour apprendre à lire c'est d'être convaincu que c'est super trop d'la balle de savoir lire. Donc résumé : pas de méthode, ou plutôt 148 méthodes à utiliser toutes en même temps, mais à la base une motivation en béton."

Il est clair que personne ne se donnerait la peine de creuser une terre ardue à coups de pioches s'il n'était convaincu que s'y cache un trésor.
Et qu'importent les outils utilisés, pourvu que le coffre fort soit ouvert.

Résultat des courses, ce serait plutôt :
Plus de méthodes par prof, et moins d'élèves par classe pour garder une cohérence. La quadrature du cercle.


par Clarinesse publié dans : Enfantillages
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Mercredi 21 mai 2008

Ceci n'est pas de l'art. Tout au plus son enfance.


Chose promise à certains, chose due et imposée à tous.

Avec une mère si prompte à s'enflammer,
quoi d'étonnant à ce que le fils ait la passion des camions de pompiers ?
Ah ! les méfaits de l'éducation...
Désolée.
par Clarinesse publié dans : Enfantillages
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Vendredi 16 mai 2008


Comme on ne voit rien à la légende, je précise que :
- le gros rond en bas à droite représente "le rouleau pour couper les épis"
- la spirale du milieu est le volant.
- le petit rond avec le trait : la tête et le bras du pilote.
Si vous êtes sages, vous aurez droit à un camion de pompier du même style, l'autre grande passion de l'auteur.

Dans la rubrique "Rions un peu pour détendre l'atmosphère" :

Hier, Pierre, trois ans trois quarts, rentre de l'école désolé :
- La maîtresse n'était pas contente de mon dessin.
Elle m'a dit de me lever et de rester debout à côté de ma chaise.
- Ah bon ? Et qu'avais-tu dessiné sur ta feuille ?
- Une moissonneuse-batteuse.
- Ah ? Et qu'avait-elle demandé de faire ?
- Il fallait dessiner une fleur.
- Oui, évidemment, une fleur et une moissonneuse-batteuse, ça ne fait pas meilleur ménage dans une salle de classe que dans un champ de coquelicots.
Tu sais, Pierre, à l'école, tu ne peux pas faire ce que tu veux. Il y a des consignes, et il faut respecter la consigne.
Sinon, la maîtresse ne peut pas vous expliquer ce qu'il faut faire pour bien grandir : vous êtes trop nombreux pour faire tous ce que vous voulez tout le temps.
- Mais elle était belle, ma moissonneuse-batteuse !
- Je veux bien te croire. Veux-tu m'en dessiner une autre ?"

Qu'aurais-je fait à la place de la maîtresse ?
Probablement lui aurais-je expliqué qu'une moissonneuse batteuse sans fleurs et sans épis à couper, c'est aussi inutile qu'un peigne sans cheveux (ou même avec des cheveux, d'ailleurs, on ne peut pas dire qu'on en use beaucoup à la maison...) et qu'il fallait donc dessiner maintenant une belle fleur pour faire plaisir à la moissonneuse-batteuse.
Certes, ne pas renoncer à faire arriver la tête dure où l'on veut, mais pourquoi pas un petit détour par les fossés buissonniers. N'est-ce pas là qu'on trouve les plus belles fleurs des champs ?
M'enfin, chacun fait comme il peut avec ce qu'il a ...

par Clarinesse publié dans : Enfantillages
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Vendredi 11 avril 2008
Comme il me reste encore quelques minutes et pour confirmer
la baisse consternante de standing de ce lieu mal entrenenu,
je me laisse aller à vous confier une petite blague vraiment simplette
en apparence mais qui en dit plus long qu'elle ne le laisse croire
si on y regarde de plus près :

"Un homme semble chercher ses clefs sous un réverbère.
Un passant s'approche :
- Vous avez perdu quelque chose ici ?
- Non, mais c'est le seul endroit où il y a de la lumière."

Vous avez deux heures. Veuillez disserter sur l'obscurantisme à partir de cette fable.

par Clarinesse publié dans : Enfantillages
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Samedi 5 avril 2008

 

Il était une fois un dragon qui s’appelait Léon.

Comme tous les dragons, il manquait singulièrement de compréhension pour les infortunés habitants des villes qu’il assiégeait de son haleine de feu fétide.

C’est dans la délicieuse ville de Palsambleu qu’il choisit de passer ses vacances de Pâques, car il n’avait encore jamais goûté à ses spécialités, à base de fromage moisi et de poisson pourri. Tous ces raffinements le mettaient déjà en appétit, car il avait toujours été convaincu que le secret de la bonne cuisine consistait à savoir prendre son temps. Un fromage de deux ans d’âge et du poisson vénérable ne pouvaient qu’être délectables.

            Les babines déjà dégoulinantes de salive vorace, il se rendit, clopin-clopant, à la mairie pour y déposer un formulaire de demande de prélèvement automatique.

            Il savait qu’il valait mieux pour tout le monde faire les choses dans les règles de l’art et respecter scrupuleusement les démarches à suivre.

            Bref, il s’inscrivit auprès du maire pour obtenir le droit de prélever chaque jour un petit Palsambleuet bien frais.

            Le maire accepta sans opposer grande résistance, d’autant plus qu’il eût l’assurance que ses propres enfants seraient épargnés et que le dragon lui avait proposé, en échange de sa chair fraîche quotidienne, de lui offrir des sacs à main et des fauteuils en cuir de crocodile qu’une cousine reptile lui mettait de côté à chaque fois qu’elle arrivait à capturer un des nombreux enfants d’une famille voisine avec laquelle ils étaient en guerre.

Au bout de trois semaines tout de même, le maire fit courtoisement remarquer à Léon le dragon qu’il n’y avait plus beaucoup de petits Palsambleuets bien dodus et bien tendres, et qu’il faudrait maintenant attendre quelques années avant de renouveler le cheptel. Peu enclin à prendre en considération le souci de préserver l’écosystème en observant des périodes de trêve entre ses cures de consommation intensive, le dragon émit un rugissement modérément sympathique.

            Devant cette manifestation soudaine et inattendue d’hostilité, le maire, resté jusque là fort patient, lui rétorqua : « Va donc voir ailleurs si j’y suis. »

            Après un premier mouvement de colère qui mit le feu à la salle des mariages toute en boiseries antiques de l’Hôtel de Ville de Palsambleu, le dragon fit demi-tour car il se dit qu’après tout, il commençait à se lasser de l’assaisonnement monotone des petits Palsambleuets à base de fromage moisi et de poisson pourri.

 

            Il se mit en route vers la bonne ville de Bœufs-les-Dindes dont on lui avait vanté le caractère conciliant des habitants. Dès son arrivée, il promit d’offrir de jolis jouets aux parents qui accepteraient de lui donner leurs enfants à manger. Comme les papas et les mamans de Bœufs-les-Dindes  ne savaient rien refuser à leurs enfants et que ceux-ci réclamaient déjà à cors et à cris les ballons tout ronds et les camions marron, ils acceptèrent tout de suite. Ce n’est qu’après qu’ils se rendirent compte que les jolis jouets ne leur serviraient pas beaucoup, une fois leurs enfants dévorés. Mais il était trop tard pour réfléchir : le contrat était signé.

            Chaque jour, donc, un petit bovin-dindonneau était jeté en pâture au dragon Léon.

La population de Bœufs-les-Dindes ne cessait de diminuer, quand vint le tour de la jolie petite princesse, fille de Monsieur Leprince-Délu. On l’appelait Ursuline la maline, car elle avait plus d’un tour dans son sac à malice : des tours d’écrou, des tours de magie, des tours de passe-passe, des tour de France à vélo, des tours de main, des tours du propriétaire, des tours-nez en bourrique, etc…

            Quand le dragon la vit, il la trouva beaucoup trop jolie pour la manger : ce serait du gâchis, pensa-t-il. Plutôt que dans mon estomac, je la verrais bien sur ma cheminée, entre mon vase en porcelaine rose et le portrait de ma grand-mère. Elle serait très décorative.

 Il l’emmena alors chez lui, où elle joua parfaitement le rôle de potiche pendant un temps.

Mais au bout de quelques jours, une idée se mit à luire discrètement au fond de ses prunelles d’ébène. Elle attendit la nuit, et, profitant du sommeil du monstre, elle descendit sans bruit de la belle cheminée de marbre, et se saisit d’un tison ardent dans l’âtre où de belles bûches flambaient encore. Se souvenant de ses lectures mythologiques, elle revit Ulysse, le rusé voyageur qui creva l’œil du Cyclope Polyphème pour s’échapper de sa caverne.

Songeant qu’elle avait deux fois plus de travail que le héros grec puisque le dragon avait bien deux yeux, elle se hâta de les transpercer d’un même élan avec la pointe rougeoyante qu’elle avait soigneusement choisie.

Le dragon, fou de douleur, se précipita dans la mer pour éteindre le feu qui le dévorait, mais comme il n’y voyait plus rien, il n’arriva pas à rejoindre le rivage et se noya.

Ursuline la maline retourna dans sa bonne ville où elle fut acclamée par la foule.

Certes, quelques parents mécontents lui reprochèrent de ne pas s’être présentée à l’abattoir un peu plus tôt, ce qui aurait épargné la vie de tous ceux qui l’avaient précédée.

Mais quand Ursuline eut raconté que c’était grâce à ses connaissances mythologiques qu’elle avait vaincu la bête immonde, tous les parents se remirent à lire des histoires à leurs enfants, pensant que c’était encore le meilleur moyen de sauver leur vie de bien des périls.

 

NDLR : Voilà ce que c'est de partir en vacances en ayant oublié les livres préférés du fiston.
L'histoire du soir, on n'y coupe pas. Faut remplacer, en direct et sans filet.

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Vendredi 28 mars 2008
Haïku, trois ans d'âge.

Dans la cour pleine de boue,
Petit Pierre voit une feuille morte gisant à terre.
Apprenti écolo pratiquant, il la ramasse,
la trempe délicatement dans une flaque d'eau pour la réhydrater,
puis s'en va d'un pas décidé vers le noisetier :
" Je vais monter en haut de l'arbre
pour replanter la feuille sur sa branche"


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Jeudi 27 mars 2008
A l'aube grise :

Mon  fils, mon fils est parti aujourd'hui.
A Paris. Un enfant si petit.
Quelle folie !
Perdu dans de trop grandes rues.
Perdu dans le couloir d'un bus trop lourd.
Perdu dans une classe trop dense.
Qui emmène des petits de trois ans pendant TOUTE une journée
voir ce dont ils ne se souviendront pas, ce dont ils n'ont que faire.
Qu'en retiendront-ils ? A part leur épuisement ?
A part l'absence de la maman et du doudou ?
A part les bruits et les cris ?
A part le stress et la route glissante ?
A part les fumées noires de ces deux cars ?

Et la mère, la mère qui proclame bas et fort
qu'elle sait penser hors du troupeau pansu.
Qui n'ose pas dire "Non !" quand il s'agit de sauver la vie de sa vie.
Moutonnière jusqu'à laisser la chair de sa chair, le sang de son sang
partir trop loin et trop longtemps dans Babel la dévoreuse.
Prête à laisser partir son fils,
le lendemain du jour où, quatre ans avant, partait son père.
Mauvais présage. Funestes cieux chargés d'orages.
Souffle suspendu jusqu'au soir.
Plongée en apnée dans les eaux ténébreuses de l'angoisse tortueuse.

Au soir clément :
The son is back ! The sun too.
Much ado about nothing.

Désolée pour le dérangement. Certains ont l'angoisse taiseuse.
D'autres moins...

NDLR :
Ca alors, c'est la deuxième fois depuis qu'Overblog a modifié son interface que les réponses que je ne manque jamais d'apporter aux commentaires diligemment laissés par vos soins disparaissent.
Ayant réussi à récupérer la réplique donnée au message de Madame de Keravel dans les entrailles du monstre, je l'intègre directement au corps du texte :
a) parce qu'il ne veut décidément pas se réafficher en tant que commentaire.
b) parce que j'y développe quelques idées qui peuvent éloigner certains malentendus.

Les laisser partir. Oui bien sûr, c'est pour cela qu'on les élève, mais il y a un temps pour tout, et celui-ci ne me semble pas encore arrivé. Pourtant, je ne crois pas être de ces mères qui retiennent pour elles leurs enfants trop longtemps, tout simplement car je n'ai pas construit ma vie autour de l'idée de maternité. Cela fait partie intégrante des expériences fondamentales qu'il est donné de vivre en ce bas monde, mais élever des enfants ne figurait pas parmi les points cardinaux qui ont orienté mes rêves de jeunesse. Ecrire et aimer, oui.
Au contraire, je suis souvent bien aise de ne pas l'avoir dans les pattes tout le temps, pour respirer aussi au rythme de mes propres inspirations, au lieu de suivre le moindre de ses souffles.
Les multiples tâches du métier de mère, je les accomplis par amour, mais non par vocation. Je serai ravie de le voir prendre son envol. Pas plus vide à son départ que je ne l'étais avant son arrivée.
Mais découvrir Paris à trois ans, au milieu de petits bonshommes grouillants et accrochés par grappes à quelques mains adultes, je me demande si le rapport intérêt intellectuel /coût émotionnel en vaut vraiment la peine. Sans parler du coût écologique astronomique que représente le carburant des cars.
Et puis, on ne se met vraiment à craindre la mort qu'après avoir donné la vie.

par Clarinesse publié dans : Enfantillages
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Mercredi 27 février 2008
Où comment expliquer à un enfant de trois ans qu'il ne faut pas manger avec les doigts sa purée de courgettes conduit à philosopher une éponge à la main.
 
Extrait de dialogue :
" - Pierre, il ne faut pas manger avec ses doigts. 
Regarde, tu mets de la purée partout, c'est sale.
  - Ah bon, la purée, c'est sale ? 
Mais alors, il ne faut pas la manger, si elle est sale.
 - ... . Non, elle n'est pas sale dans l'assiette, 
mais elle devient sale sur ton pull ou par terre. 
Elle est sale quand elle n'est pas à sa place.
 - ..."
 
Le résultat escompté est obtenu, mais le message est-il passé ?

Comment faire comprendre que la purée sur les doigts, par terre ou sur le pyjama, c'est sale, alors que la même purée, dans l'assiette est propre. 
Que la terre dans le jardin est fertile et bienfaisante pour les brins d'herbe et les fleurs, mais pas franchement la bienvenue sur le pantalon.
Que la pâtée, c'est pour les chats, 
mais que le pâté, c'est pour les hommes.
Donc, donner du foie gras à Minette, 
ce n'est pas exactement ce qu'il est convenu d'appeler une bonne idée.

Tout est affaire de limites, de référentiel, de situation.
Le relativisme expliqué à trois ans, ou l'enfance des Lumières.
Toute une histoire.

par Clarinesse publié dans : Enfantillages
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Lundi 4 février 2008
Aujourd'hui, Pierre, trois ans remarque en sortant de la voiture :

"Le vent souffle sur la terre pour qu'elle s'envole.
Il est fort, le vent, pour soulever la terre."



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