Départ, dégâts, tôt.
Je ne sais pas. Je tourne en rond. Je me demande.
Je vais devoir prendre congé un certain temps.
Certains claquent la porte théâtralement.
D'autres âmes s'en vont sur la pointe des pieds.
Je vais tâcher de retrouver un souffle entier
De réapprendre à lire hors de la sarabande.
Trop de tumulte, trop de tensions, trop de tourmentes.
Il me suffit pourtant de me fixer un choix
Pour qu'aussitôt l'envie de son contraire larmoie.
Alors peut-être passerai-je encore un peu
Dans vos pénates pendant ces deux mois silencieux.
Mais je vais m'éloigner, me désintoxiquer,
De cette toile qui me hante et qui dévore
Plus que raison : dompter la peur et le remords
Quitter la course et retrouver dans le profond
De solitude et de quiétude l'oeuvre sans fond.
Je ne vous oublie pas. Mais je me sens si vide.
Je n'ai plus rien à vous offrir de bien valide.
Il me faut repartir et puiser de l'air pur
Hors les murs. Petite cure de liberté.
Je veux pourtant les remercier, vos bienveillances
Qui ont illuminé de leurs correspondances
La flamme vacillante qui parfois s'affermit
Mais parfois sous le moindre silence s'asphyxie.
Sans le verbe épuré, l'alchimie du cerveau
Trop désert se condamne au silence radio.
Seul le mot rend sensible longueurs d'ondes
Et couleurs où palpite l'âme vagabonde.
Chaque esprit a sa propre fréquence.
Tant qu'elle n'est pas trouvée : discordance.
Inintelligible, inintelligent : un grésillement.
Il me faut retourner aux entrailles du monde
Pour entendre à nouveau la voix de fond qui gronde.



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