Dimanche 22 juin 2008


On écoute la mer, oreille au coquillage.
Moi j'entends son ramage, bien loin de ses rivages,
En fixant un galet, mon esprit aux aguets.

C'est attendre ou bien vivre ; ne souffre pas de choix.
"Non, le chant du galet, le boire au fond de soi." (selon Sain Luc, commentaire 2, verset 1)
par Clarinesse publié dans : Echappées poétiques
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Dimanche 1 juin 2008




Versant :
 

Narcisse allait sous les éclats des quolibets
Se ressourcer dans le profond de l’antre rare.
Il s’éloignait pour y puiser les cristaux d’art,
Les ramener à la lumière, aux yeux épais.
Ecouter les murmures agitant l'outre-moi,
C'e
st aller rechercher au fond de sa caverne
Les trésors à offrir au grand jour des trop ternes.

La création est solitaire.
Seule et vers l'Autre ; mais sans lui.
Le Tout du monde jamais clos,
Et son infinitude.

Se retirer en soi, loin du fracas social,
Isolé des autres ; réuni au tout.

Narcisse Bouche d’Or fait tonner les cymbales
En silence infini dans l'espace aux sons fous.
Hanter les steppes, en loup banni chassant l'étoile
Et rapporter de ses errances un jeu de voiles
Où danse l'air en sa musique ; vibre et souffle.
Appelé par les cimes, aspiré par les gouffres.

Cet éblouissement, cette bulle de verre
Trop immense, trop gracile pour la terre,
Il lui faut éviter à tout prix qu'elle ne choie.
Il lui faut la porter, tout au bout de ses bras,
La garder, lui parler, la choyer, la chérir,
Il lui faut résister aux pesanteurs du pire.
L'empire ardent de son extase en déraison,
Cette danse du sens où le coeur en fusion
Entrevoit l'étendue absolue de l'immense
Il lui faut l'enchanter sans répit de ses stances.
 

Seul le silence permet d’entendre au fond de soi
Les moindres bruissements des pensées qui déploient
Les ailes frissonnantes en leur papier de soie.
Papillons de survie effrayés en pleins phares,
Fuyant l'intrus, le tintamarre trop criard.

Prosant :
 

La création est concentration. Non point concertation.
On reproche souvent à l’artiste son narcissisme.
On lui reproche parfois de se regarder écrire.
C’est en effet préférable si l’on ne veut pas tracer des lignes trop de travers.
Le narcissisme est détestable quand il rend aveugle au monde.
Mais écouter sa propre voix, cela peut éviter de chanter faux.
Cela ne rend pas sourd aux autres. Au contraire parfois.
Etre sourd à soi-même, c’est souvent être sourd aux autres.
Rien ne ressemble à un cœur comme un autre cœur.
Rien n'en diffère autant. Nier le sien, c’est nier l’autre.

Il suffit que la nuit se cache derrière la fenêtre pour en faire une glace ;
il suffit d’orienter la psyché un peu plus oblique pour en faire un rétroviseur.
Fenêtre ouverte ou bien miroir : les deux parfois ne font qu’un seul.


par Clarinesse publié dans : Echappées poétiques communauté : Biffures chroniques
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Vendredi 23 mai 2008

FUSION.


 

Quand la forme défaille sous l'effort des volumes,
La couleur en coulures de ses détours allume
Le dessin. Contamine contours et contrastes
Pour éclairer le trait de fusions et de fastes.
De la naissance du pigment 
Vient la nuance du tourment.
Froide ligne propose,
Teinte chaude dispose.
L'eau s'enfuit dans les nues et les ciels,
En pesanteur ascensionnelle
Echappe à l’agressif et acide incendie du citron.
Contagion
.
 

Version pouétisante de l'éternelle querelle 
entre les poussinistes "dessinistes" 
et les rubenistes coloristes.
Tenants du trait contre alliés de la couleur,
L'ordre contre le mouvement.


Exhumation ter repetita.

par Clarinesse publié dans : Echappées poétiques
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Lundi 5 mai 2008


Respirer par les mots ou crever de silence.
Se laisser emporter par les phrases intenses.
Se livrer sans mesure au langage en lumière.
Me prive-t-on un jour de la splendeur du verbe
Et mon âme asphyxiée en sanglote de rage.

C'est ici, dans cette ombre de feu, que l'orage
Assourdi éclata et, tourmente absolue, s'éleva.
Je ne suis qu'une vague frémissant sous les souffles,
Les mots sont des bourrasques. Je les lis et j'étouffe.
Je me cramponne aux mots, mais ils chavirent aussi,
Et nous sombrons, verbe enlacé, dans l'eau des lyres.
Point de vie sans les livres et leurs fougueux délires.
Tout ce qui m'en éloigne, la boue du quotidien,
J'en suis vampirisée, et son poids me retient.
C'est le verbe puissant qui doit transfigurer
Tout le plomb du réel en nuances dorées.
Les mots qui ressuscitent et les mots qui vous tuent,
Parfois ce sont les mêmes. Ici, ils se sont tus.
Maintes fois, de la main, ils furent esquissés,
Sur le clavier d'ébène, puis furent effacés,
Comme la mer aplanit sans répit au rivage
Les blessures légères infligées sur le sable.
Mais toujours, comme un feu qui ne veut pas se vaincre,
Ils réapparaissaient, inondant de lumière l'univers tout entier.
Ce bel îlot brûlant, ce torrent, ce brasier,
Je n'y suis qu'une corde de harpe qui résonne,
De la pointe emmêlée des cheveux qui frissonnent
Jusqu'aux pieds. Du désert au chaos, via la grâce.
L'ordre reviendra-t-il ? Il n'est plus rien à craindre.


par Clarinesse publié dans : Echappées poétiques communauté : Biffures chroniques
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Dimanche 27 avril 2008

A cloche-plume,
De flaque d'encre en flaque d'eau,
Elle sautille, sans amertume.
Dans le ciel beau, nul n'est fardeau.
Pour que la cloche, comme l'enclume,
Sonne et résonne, ne faut-il pas
Faire vibrer l'air pur et vif
D'un coup de griffe ou de canif ?
Non, c'est la joie qui clame là
Tous les matins sans ombre,
Et les beautés du monde.

En direct de Clocher-les-Bécasses.

Rappel pour les retardataires :
Une clarine étant une cloche à vaches,
Qu'une clare* y naisse n'est donc point surprenant.

Désolée, ça m'a échappé.

*Qu'est-ce qu'une "clare", me direz-vous ?
Définition du petit Folbert illustré :
"La clare est aux lettres ce que la fine de claire est aux huîtres :
beaucoup de chair vaseuse, et une perle de temps en temps."

En écho à la légèreté de cette petite comptine que chantonne le fils en ce moment :

"Je reprends ma valise, ma canne et mon pépin,
Ma grosse malle grise et mon p'tit sac à main,
Et je sors : "Ohé, cocher, y a-t-il une place pour moi ?"
-Occupé !
-Je reprends ma valise..."

Il fait beau. Je vous aime.
par Clarinesse publié dans : Echappées poétiques communauté : Biffures chroniques
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Dimanche 23 mars 2008

Non aux fusions. Oui aux rayons.

De deux choses l’une, dit-on en chœur :
Soit l’âme est seule, soit l’âme est sœur.

Eh bien non, tout ceci n’est qu’un leurre
Se récrie l’insurgé(e) sans terreur.

Ce n’est pas être seul de n’être pas en paire.
Se fondre, c’est se perdre : je préfère les éclairs.
Se réchauffer aux rayons des esprits souriants qui surgissent,
Trouée de lumière dans le plafond bas des jours gris qui glissent
Clairière de regards. Les rayons sans les ombres.


Se livrer cœur et larme à autrui,
Se soumettre, docile, sans un cri,
C’est un sort enviable peut-être.
Encor faut-il le reconnaître,
Que lorsqu’on fait de deux âmes une,
Il arrive souvent qu’une meure
Pour que l’autre survive sans heurt.
Il est bien temps alors de hurler à la lune.
Les cœurs siamois, je n’y crois pas.

La charrette est moins lourde à tirer
Quand on est deux à s’efforcer.
Mais s’atteler au même licol,
Et partager la même carriole,
Ce n’est pas s’attacher tout entier.

La fusion de deux êtres n’est qu’une illusion.
L’unité absolue n’est qu’une confusion.

Non aux fusions. Oui aux rayons.

par Clarinesse publié dans : Echappées poétiques communauté : Au fil des mots
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Dimanche 9 mars 2008
"Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie", 
dixit un certain Pascal.
On a beau adopter l'attitude-altitude
Des mystiques poètes à genoux mais debout,
Isolés des autres, réunis au tout.
On a beau crânement afficher un sourire 
et des dents du bonheur alignées sans soupir,
On a beau se gausser des lamentations
Que, peu mûr, l'esprit faible et lassant
S'autorise, accablant toutes relations
Sous le poids d'un refrain au pathos grimaçant,
On ne peut respirer un peu mieux bien souvent
Qu'une fois entendus les cris sourds qui enchaînent,
Qu'une fois éveillés les échos des âmes qui ne peinent.

Merci donc à tous ceux qui savent dire en plus de lire,
Qui éclairent le chemin de ténèbres de leurs voix
Qui parsèment de paroles, de leurs pierres, cette voie.

Reconnaissance vaut renaissance.
Gratitude et retour en grâce.
L'infinie clarté veille.
par Clarinesse publié dans : Echappées poétiques
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Samedi 1 mars 2008
Noire et nette, l’ombre nue de l’arbre s’ancre au ciel,

Ses racines en sous-sol et l’encre dans la nue.

Désemparé comme les bras de l’apprenti sourcier

Invoquant l’eau des cieux, réclamant l’eau des yeux,

Il oscille entre l’air de la nuit et la lune qui danse.

par Clarinesse publié dans : Echappées poétiques communauté : Au fil des mots
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Mercredi 23 janvier 2008

Il se trouve que j'ai eu l'extrême imprudence de prétendre essayer de passer l'agreg (interne), sans y avoir travaillé outre mesure, certes, mais un peu tout de même, 
sauf sur l'un des quatre auteurs au programme de l'écrit. 
Mais voilà, la dissert est tombée sur celui-là, le plus improbable, 
le trop classique  : Molière, seul à être resté au programme depuis deux ans 
(le reste étant renouvelé chaque année). Il n'était encore JAMAIS 
arrivé que l'auteur "redoublant" tombe, depuis plus de vingt ans que le concours existe. C'est fait. Il est tombé, et moi avec. Comme beaucoup, j'avais fait l'impasse
dessus, pas seulement par pronostic de probabilité, mais parce qu'il me gonfle. Enormément. En plus, on avait Gracq, sublime, qui vient de mourir, et qui, du coup, 
a toutes les chances de tomber à l'externe. Les veinards. 
Et Diderot, et Verlaine. Bon, tant pis, comme dirait l'orgue.
Pas de regrets, en tous cas. 
Je suis curieusement euphorique, libérée. Je suis pouët, j'vous dis.
Si Molière tombait, j'm'étais juré d'injurier le jury (Ô le polyptote) sur ma copie avant de partir, au bout des deux heures trente réglementaires (sur sept). Pari tenu.
Si ça vous dit de lire une pleine copie double (pile poil, pour pas gâcher d'papier ;) )
d'alexandrins de mirliton on ne peut plus pompiers, voici ma copie
que j'ai pu recopier, puis retaper, puisqu'il me restait du temps, forcément.
              J'espère que ça vous fera rire moitié autant que moi.
              J'avais vraiment du mal à m' ret'nir de pouffer 
              en comptant sur mes doigts dans la salle d'examen
(encore deux alexandrins tétramètres, ou presque. Ca devient pathologique.)
                                                            Et vive la liberté !

Les stances d’Agreg.

« Les hommes sont mortels, les esprits éternels.
Si l’on veut que son œuvre à son siècle survive
Il vaut mieux dédaigner les combats de personnes
Et atteindre la gloire où toute idée résonne
Au-delà des querelles vaines et naïves.
L’ambition de grandeur se joint à la noblesse
Se défie des intrigues et fait fi des bassesses. »
On pourrait par ces vers d’un auteur oublié
Du grand siècle, ami du dramaturge.
Justifier l’attitude adoptée par Molière,
« Impromptu de Versailles » en ces lignes :
[Citation du sujet]  « Il disait que rien ne lui donnait du déplaisir comme d’être accusé de regarder quelqu’un dans les portraits qu’il fait ; que son dessein est de peindre les mœurs sans vouloir toucher aux personnes, et que tous les personnages qu’il représente sont des personnages en l’air, et des fantômes proprement, qu’il habille à sa fantaisie, pour réjouir les spectateurs. »
Cette déclaration, forme d’autoportrait,
Sonne un peu comme un art poétique, et de fait
Ce sont bien des « fantômes », fantoches esquissés
Qu’il nous donne à entendre, à voir, à regarder.

Il est bien entendu que Monsieur de Molière
A bâti son Empire sur des caricatures,
Des archétypes, des schémas aux lignes claires,
Une œuvre enfin qui, paraît-il, a l’art de plaire.
Mais ce n’est pas, du moins toujours, littérature.

Certes enfin, on est lassé de cet esprit
Si parisien et si français : la moquerie.
Pourquoi sans fin doit-on encore ressasser
Ces mêmes comédies, sempiternellement,
Qui ne font avancer ni l'art ni la pensée,
Mais figent un pays s’auto-congratulant ?

                  On a envie de préférer
                  A la molle déconfiture
                  De ce « Monsieur de Pourceaugnac »
                  Les fulgurances d’écriture
                  De Cyrano de Bergerac,
                  Et tant pis s’il est condamné
                  Par ceux qui boudent leur plaisir.
                  Pourquoi toujours faut-il rougir
                  D’abandonner sa moue critique
                  Devant des vers si esthétiques ?


Oui, bien sûr, la satire est utile en un siècle
Où il vaut mieux rester « malade imaginaire »
Que de tomber entre les mains de tortionnaires
Maniant la médecine comme une arme funeste.
« L’amour médecin » est bien plus sain, n’en doutons pas
Que l’ignorant trop dogmatique et ses faux pas.

Ce n’est pas de l’effroi devant la page blanche
Ce n’est pas le dépit qui du fond de l’impasse
Surgit comme Méduse, et par malheur se penche
Sur les infortunés qui n’ont pas regardé
Dans la bonne direction, du côté des sujets.
Ces vers de mirliton n’ont pas d’autre ambition
Que de combattre avec les mots le temps qui passe.
                  Deux heures trente, c’est bien trop
                  Pour un cerveau en mal de mots.
Oh bien sûr, on pourrait resservir comme d’autres
Un infâme brouet de topoï, de poncifs,
De lieux communs, de ponts-aux-ânes, en bon apôtre,
Sur cet auteur trop souvent lu et trop connu,
Et commettre un devoir poussiéreux et poussif.
Mais parmi les copies, il peut être plaisant
De trouver une épître impromptue ne craignant
Ni la foudre certaine du jury éconduit,
Ni les heures futures d’enseignant abruti.

Combattons nos ennuis respectifs et honnis.
- De correcteur, las d’essuyer tant de copies
Qui se prêtent docilement au jeu très sain
De l’excellence et du génie républicain.
- Du candidat qui par fierté, fort mal placée
Préfère encor se saborder et amuser
Peut-être un peu, avant la mort sur l’échafaud
Forte tête arrachant un sourire au bourreau.

Il n’en eût pas été ainsi, si Diderot
Et ses Salons avaient été les favoris,
Ou si Verlaine, bien que fade, était choisi.
[NDLR : C’est pas moi qui l’dis,
 c’est un critique tout c’qu’il y a de plus officiel,Jean-Pierre Richard]
Et quant à Gracq, le magnifique, le somptueux,
Comment peut-on lui préférer ce théâtreux ?
Que de choix polémiques, si durs à admettre.
Cette année, sous la dent, nous n'avons eu à mettre
De Diderot, sans les chefs d’œuvre éblouissants
Que les balbutiements d’un critique débutant.
[NDLR : C’est pas moi qui l’dis non plus,
 c’est bien connu, tous les profs le savent et le déplorent]
S’il semble de bon goût de jouer à ce jeu
Où le jury se plaît, perdant les laborieux,
Je m’en vais de ce pas retourner à ma plume,
Car c’est un peu lassant de jouer à l’enclume
Sous le fer des épreuves qui rougeoie, mais sans joie.


Pardonnez, je vous prie, cet acte de gloriole
Car ce n’est pas certain, quoi qu’en dît Cyrano :
« La haine est un carcan, mais c’est une auréole. »
Adieu donc, sans regrets, il n’est plus rien à taire.
La tête haute et dignement. Les espoirs gisent à Terre.


Ne perdons plus de temps. Pour finir, comparons
Comédies et romans, sans rime ni raison.

Quand même, que peut valoir : « Fi donc, Nicole ! » face à cela :

« Il sentait battre en lui une petite vague inerte et désespérée qui était comme le bord des larmes. »  ou encore :
« Il entrait dans un monde racheté, lavé de l’homme, collé à son ciel d’étoiles de ce même soulèvement pâmé qu’ont les océans vides. »
Julien Gracq, Un Balcon en Forêt. [NDLR : au programme aussi, of course]

[NDLR : Les trois œuvres de Molière au programme sont citées dans les premières strophes :
Monsieur de Pourceaugnac, Le Malade Imaginaire, L’Amour médecin
.]

par Clarinesse publié dans : Echappées poétiques communauté : Biffures chroniques
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Mardi 22 janvier 2008
Voilà maintenant bien deux semaines 
que c' joli mot m'trotte dans la tête, 
y fait des noeuds avec ses branches.
(Moi qui n'aime pas les élisions,
Moi qui aime tant les "e" muets et l'doux écho 
qu'ils laissent sonner dans les tympans, 
v'là qu'j'les supprime pour les besoins 
d'une ritournelle de tétrarythmes.)
Je l'ai noté sur un papier, un tout p'tit bout
à s'perdre partout, mais rien à faire.
Sans commentaire. Il s'obstinait encore à s'taire.
Alors tant pis, je me suis dit.
Allez viens-t'en sur mon écran.
Tant pis si c'est pour n'y rien dire.
Il faut parfois que les p'tits mots précèdent l'idée.
Voilà, c'est fait. Mais d'idée, point.
Aucune encore ne point en vie.
Il est pourtant tellement joli,
ce très beau mot d'arborescence.
Armor et sens. Arvor essence.
Arbres en planches. Arbre et revanche. 
Ecorcé vif, l'arbre s'efforce, en désaccord,
A corps et cris, encore écrits, de n'êtr' pas mort.

Petit brouillon en direct.
A retaper plus tard. Comme une vieille maison
dont les murs mal tenus menacent de s'effondrer.

par Clarinesse publié dans : Echappées poétiques communauté : Biffures chroniques
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