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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 10:45
Ou la mission de l'awesome blogger

Sur les murs, j’exècre les tags autant que les émissions de vessies canines.
Sur les blogs, il peut arriver qu’ils ne soient point déplaisants,
avant tout par l’affection que nous portent ceux qui nous les transmettent.

Voici donc que Brigitte Giraud me décerne, ainsi qu’à d’autres blogueurs amis, l’illustre titre
d’
Toute ma reconnaissance à l’auteur de Paradis Bancal pour cette pensée,
et surtout pour sa précieuse et très sensible fidélité.
Il me faut donc, pour en valider l’attribution officielle,
outre sacrifier à quelques formalités liantes

dont je me suis acquittée dans le rapide préambule qui précède,
 « dire sept choses que mes lecteurs ne savent pas sur moi. »

Voilà qui ne va pas de soi.

a) Parce que, pas plus que je ne sais suivre une recette de cuisine sans la modifier, je n’aime obéir à une consigne sans y mettre mon grain de sel tatillon.
b) Parce que, si les lecteurs ne le savent pas, aussi bienveillants et amicaux soient-ils, c’est précisément parce que j’ai jugé bon qu’ils l’ignorassent, et que ce n’est certes pas à la faveur d’une obédience en chaîne que je trahirai des secrets bien enfouis.
c) Parce qu’enfin, ayant déjà répandu sur ce blog, avec l’impudeur la plus éhontée, mille fois plus que ce qui est connu au sujet de mon humble personne par ceux qui en côtoient chaque jour l’enveloppe charnue, je ne vois plus guère grand-chose à étaler au grand jour.

Nous allons donc, comme à notre indisciplinée habitude, détourner l’exercice et :

α) soit dévoiler ce qui le fut déjà, comme les apôtres portant l’évangile de leur religion déjà révélée (elle aussi) au vaste monde. (Oui, j’aime l’hyperbole, surtout quand elle est déplacée. Pouët !*)

β) soit avouer ce dont nul n’a que faire, comme par exemple la couleur préférée des chaussettes de l’archiduchesse.

Commençons donc.
Comment sont donc incandescents ces brefs aveux ?
(Si je veux, j’alexandrine)

[*Ca s’appelle l'héroïcomique : parler en termes épiques de ce qui est trivial.
Inverse exact du burlesque qui, lui, consiste à parler en termes grossiers de nobles choses.
L’ascenseur fonctionne dans les deux sens.
Voilà deux définitions sommaires et gratuites pour votre gouverne. Aïe ! Pas taper sur les pédants.]



Paradoxe n°1 :
Autant seul le plancher des vaches a le pouvoir d’apaiser ma carcasse paysanne, autant les circonvolutions incompréhensibles de ma matière grise se débrouillent pour toujours susciter le vertige et s’en griser, qui seul les fait respirer à pleines brassées l’air du grand large.

Paradoxe n°2 :
Je suis infichue, mais alors infichue d’organiser quoi que ce soit de cohérent dans un planning, de domestiquer si peu que ce soit cette grande bête indomptable et mystérieuse qu’on appelle le temps.
Alors que je suis une maniaque (contrariée) de l’ordre dans l’espace : j’adore ranger, classer, étiqueter, bien aligner. Un peu comme la maman d’Amélie Poulain qui vide son sac, l’époussette et le range au début du film. Puissamment sensuel, n’est-il pas ? Le rangement, flanqué de ses deux acolytes que sont bricolage et ménage, est, avec l’écriture, ma thérapie privilégiée anti-cafard. Terriblement efficace, foin de traces.

Paradoxe n°3 :
J’ai un besoin viscéral de solitude, au point d’exploser la soupape de ma marmite crânienne, quand, plusieurs jours de suite, ou même un jour entier, je suis privée de ce luxe inouï qui consiste à pouvoir dérouler une idée jusqu’au bout sans qu’elle soit interrompue mille fois par mille interférences extérieures. Hein, t’es rompue ?
En revanche, j’ai la fâcheuse tendance à développer de cruelles dépendances affectives, et à me débarrasser, aussi difficilement qu’un bout de pain de son fromage à fils dans une fondue savoyarde, de ce qui ressemble fort à des addictions, sachant que le bouton de ma télécommande intime qui désactive le mode « attente » est bloqué.

Paradoxe n°4 :
J’ai toujours du mal à comprendre pourquoi on me qualifie souvent de pudique, alors que je me trouve terriblement indécente avec mes déballages à peine travestis.

Paradoxe n°5 :
Durant toute ma scolarité et mes études, j’ai toujours réussi à donner l’image de la parfaite élève modèle, consciencieuse, organisée, scrupuleuse, attentive, (seul épithète à n’être point usurpé), etc, etc, … alors que, dès le collège, j’étais déjà habitée par le démon de la dernière minute, que je ne me souviens pas avoir fait un seul devoir autrement que dans l’urgence la plus périlleuse, et que j’ai toujours eu l’impression de ne pas en fiche une. D'où cette inconfortable impression de ne jamais être celle qu'on croit, d'être ailleurs, toujours, à côté de l'image qu'on donne, imméritée. Je me souviens d'un vers d'alors :
"Je vais avoir vingt ans, je n'ai fait que semblant." Youp lali, youp lala !

Mais je lisais, ceci compense cela.
 

Paradoxe n°6 :
Je suis facilement claustrophobe, n’aime pas les volets fermés, les pièces sans fenêtres, les couvertures sur la figure, etc… mais fort frileuse au demeurant, ne me promène que fort rarement sans une écharpe autour du cou, même en été. En ai tout plein, adore ça : en soie, en coton, en lin, en laine, en velours,…

Paradoxe n°7 :
Ce dernier paradoxe est un oxymore, celui, canonique, du clair-obscur.
Ma couleur préférée est celle des yeux de mon père, un turquoise à tomber, mais en plus foncé : ce qui nous donne le bleu pétrole des ciels d’orage, aux mille nuances de gris entre le bleu et le vert, de cette intensité moirée qui recrée la lumière sous la teinte la plus sombre.




Quant à la dernière partie de la consigne qui consiste à refiler le mistigri à d’autres : comme à mon accoutumée, je me garderai bien de déroger à mon honorable principe qui consiste à ne faire les choses qu’à moitié et à couper les fruits en deux ou plus avant de les manger. Me dispensant donc d’opérer une bien périlleuse sélection, je conserverai le trophée fort égoïstement, ou, ce qui revient au même, l’éparpillerai aux quatre vents de tous les « awesome commenters » de céans, blog ou pas blog.
Car ma curiosité est grande de connaître semblables révélations de mes pairs,
mais plus grande encore ma crainte d’essuyer un refus.

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Published by Clarinesse - dans Epistolaire
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commentaires

Semeuse 20/11/2009 07:26


Je me suis régalée en lisant tous ces aveux honteux...Je vois qu'on partage tous et toutes les mêmes scrupules entre le dire trop et le dire juste, l'addiction à ces moments hors du temps et de
l'espace à partager quelques mots chuchotés au clavier.


Clarinesse 21/11/2009 08:04


Hé, hé.. :)
Vi, l'espace de l'écran est décidément très ambivalent : une attraction - aspiration qui aimante vers la surface toutes sortes de profondeurs mouvantes.


Désirée 19/11/2009 08:44


Bin je te rejoins complètement sur le 3 et le 6. J'ai aussi des tendances claustrophobes que j'essaie avec plus ou moins de succès de dompter. Une couverture sur le museau me fait paniquer, reste
d'un gros trauma d'enfance: j'ai presque mouru proprement étranglée par un cousin en pleine crise de délirium. J'avais un peu plus de sept ans. Ce qui fait que je ne supporte pas d'être entravée
même pour des "jeux entre adultes consentants", que je suis capable de devenir absolument hystérique dès qu'on me bloque les bras ou les mains.

Pareil pour le ménage. Plus j'angoisse et plus je range. Plus les événements m'échappent et plus je range. Ce qui me parait à moi tout à fait logique, une manière de restaurer même illusoirement
l'équilibre. Notion très importante dans mon espace. Quand à la solitude....le lundi je suis TOUTE SEULE. Mes deux ados mangent à la cantoche, mon homme ne rentre pas à midi, et je suis toute
seule. Je fais ce que je veux sans soucis d'avoir un déjeuner prêt à midi, je mange souvent tard, je ne suis plus tenue par le temps et la pendule. En général c'est à ce moment-là que je commence à
écrire, dans ma tête suffisament vide pour voguer comme un bouchon sur l'inspiration. Et puis ça me fait du bien. Comme si d'un coup je n'avais plus aucune responsabilités, et dieu sait que les
miennes pèsent le poids d'un canasson mort sur mes épaules. Alors solitude plus qu'appréciée, et nécessaire, oui.


Clarinesse 19/11/2009 21:34


Quelle chance tu as : toute une journée toute seule ! Waouh ! Quel luxe !
Je ne suis pour ma part jamais seule, excepté une paire d'heures de temps à autre, même pas chaque semaine. Bon, il est des fardeaux plus lourds encore...


hozan kebo 17/11/2009 19:41


(clope au bec) "i'm a poor lone awesome blogger"
(soleil couchant en arrière plan)
(jolly jumper rompt le romantisme de l'instant en pétant bruyamment)



Clarinesse 19/11/2009 21:30


Les grands esprits se rencontrent : j'avais hésité à illustrer le tag par le Luke en question.
Les grands derrières aussi (grands par la gloire, pas par la taille, ça va sans dire) : prout aussi. :)
(Polyglotte sans effort, je réponds toujours dans la même langue que celle dont on use pour me causer.)


papet croûton sans blog 16/11/2009 06:13


Quelle classe, ma chère ! Je me garderai de commenter vos propos...
Je me contenterai d'une anecdote sur la comédie que peuvent jouer les élèves.
J'ai eu en 6° une gamine timide, effacée, presque tassée sur elle-même, ne répondant guère aux sollicitations, et qui me faisait un peu pitié.
 Je l'ai retrouvée en 3°, plus active, et à la fin de l'année, je lui ai parlé de l'évolution de son attitude.
"Je n'étais pas timide du tout, me dit-elle, simplement j'étais flemmarde, j'avais envie de ne rien foutre (sic), je roupillais les yeux ouverts" !


Clarinesse 19/11/2009 21:26


1°) Merci du compliment ! (Petite courbette façon grand siècle)
2°) Pour la timidité de votre élève, je comprends bien son attitude.
La mienne n'était pas feinte, très loin de là, et fort prononcée, aujourd'hui encore, même si être prof fut une thérapie de choc.
Mais, même si je ne fus certes jamais une forcenée du boulot, je m'intéressais et m'appliquais quand même assez, et grâce à ce pour quoi je n'avais aucun mérite, me débrouillais toujours pour ne
pas rester trop terne. Il faut dire que la moindre ombre de reproche me mettait (et au présent, ça vaut encore, non mais quelle misère ! ) dans tous mes états.
Je n'en récoltai donc que fort peu, mais des quelques uns que je reçus, je m'en souviens encore : la plus légère réticence suffisait à me bouleverser autant qu'une baffe musclée pour un individu
normalement constitué.


madame de K 15/11/2009 16:25


chèreSSSS les fraises ;-)


Clarinesse 19/11/2009 21:13


Oui, surtout quand il y en a plusieurs. :)


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