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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 00:29

Vous êtes là. Vous contemplez les fractures de ce qui vous est le plus cher.
Ce que vous avez brisé. C’était votre feu : votre feu le plus dense, le plus clair.
Le cœur exact de ce qui vous tenait chaud, de ce qui vous tenait droit.
Ce qui vous déliait le geste.
Vous voulez le bercer, en parcourir chaque infime parcelle
de votre souffle le plus doux, le plus tiède. Le panser, le soigner.
Vous vouliez le choyer. Vous l’avez laissé choir.
Vous le serriez, tout contre vous. Un peu trop fort : il vous échappe.
Toujours ruser avec le vide.

Leur vie est un trapèze, la tête dans un scaphandre.
Se lancer de très loin, dans une nuit aux angles morts.
Un mouvement de trop, et le sol devient tombe.
La corde à laquelle ils s’agrippent est un tube creux.
Il faut très vite se lâcher, ne pas peser : un pas de doigts mal maîtrisé,
et le mince tuyau par lequel l’air arrive s’enchevêtre : l’oxygène s’enfuit.
Le caisson obscurci d’asphyxie paralyse la main :
le verre éclate, la terre écrase, et l’œil s’écoule avec le reste.



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Published by Clarinesse - dans Echappées poétiques
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commentaires

Cyrod 14/11/2009 00:33


Vous vouliez le choyer - vous l'avez laissé choir.Au-delà du joli jeu de sons, c'est un concentré de poignance
Qui de plus me parle de près.
Ému, merci !

Le trapèze de verre est fragile
Mais la lumière, la lumière !!!
Rien n'est plus beau. 


Clarinesse 14/11/2009 11:27


Grand merci !
C'est un beau cadeau, de recevoir la preuve que la poignance exprimée est fidèle au poignard ressenti.


augenblick 11/11/2009 12:17


L'écoulement de tes yeux dans tes propres souterrains ne saurait éteindre le feu de ton regard.

Allez quoi, ça fait 500 000 ans que les humains se repassent les braises et maîtrisent le feu ; Prométhée-moi que vous en feu-rez l'effort !

Courage ! 


Clarinesse 11/11/2009 22:33


Waouh itou ! Sais pas quoi dire, dis donc !
C'est magnifiquement touchant !
Vite, qu'on mande mes gens, qu'on aille quérir mon éventail pour cacher ce rouge que l'on ne saurait voir !

"Prométhée-moi" : nom d'un chien de nom d'un chien ! Mais comment se fait-ce que je n'y avions jamais pensé?! 'xcellent !
Vi, je promets, té ! Presque fait.

Sais pas comment remercier, du coup. Une révérence s'impose.



noese cogite 11/11/2009 09:30


Superbement écrit.
On sent le sang qui bat dans les veines.


Clarinesse 11/11/2009 22:20


Waouh ! Merci, beaucoup !


Clarinesse 09/11/2009 23:12


A TOUS :
Excusez-moi, pas le temps de vous répondre ce soir comme il le faudrait.
Mille mercis de vos attentions.
Me rattraperai demain.


Clarinesse 11/11/2009 00:19


Ben qu'est-ce que tu fais encore là, toi ? Va coucher, allez, vite, à la niche. Tu vas encore être crevée demain !


Agnès 09/11/2009 22:23


J' arrive. Je découvre. J' aime...
Ce texte est très fort


Clarinesse 11/11/2009 00:18


Je suis touchée de votre visite et très flattée que ces lignes vous plaisent, tant je suis admirative de la troublante puissance émotionnelle de votre écriture. Merci donc et bienvenue.


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