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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 09:58




Les pyromanes ne sont pas les mineurs qui remontent du fond de la terre, le cœur et les poumons pleins de charbon, et qui racontent ce qu’ils ont vu.
Ce sont les porions et les contremaîtres qui les attendent en haut du puits, menaces aux lèvres et gifle en attente dans la poche, et qui leur intiment de se taire.


* Réalophobie : néologisme fait maison pour désigner ceux qui ont peur de la réalité, ceux qui croient que le mot est pire que la chose. Les fabricants de tabous et de périphrases euphémistiques. Ceux qui croient qu’en cachant ce qui gêne, on le supprime.

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commentaires

hozan kebo 17/07/2009 20:12

un département particulièrement sensible aux connotations ?????ah vindiou de crévindiou !!! je revise illico ma geo portative !

Clarinesse 07/09/2009 22:39


Ben oui, je crois savoir aussi qu'il y en a, des départements où la douceur de vivre est peut-être un peu moins évidente qu'ailleurs, et la situation un peu plus explosive, non ?


Slevtar 16/07/2009 14:31

Réalophobie. J'aime bien. Cela fait écho à un passage de votre dernier com' réponse dans "L'Aurore accuse",
"(...) ce qui est laid, c'est la réalité, pas le mot pour le dire. L'angélisme, qu'il soit naïf ou hypocrite, est criminel".
Vivant depuis longtemps dans un département particulièrement sensible aux connotations, où le moindre sème peut récolter la tempête, je souscris totalement à votre formule. Et pour la "marteler" aussi pédagogiquement que possible (que ce soit dans une entreprise ou une réunion parents/profs -dans le rôle du parent), je reste persuadé que le ton y fait avant le sens, tout comme le respect est un regard avant d'être un mot.
Mais lorsque c'est aux signes même que deux sujets sont ou deviennent étrangers, le semblant, vrai ou faux, qui s'installe alors, un jour ou l'autre explose.
 
(Raison pour laquelle le débat - dont j'espère qu'il ne fait que commencer-  sur le port de la burqa en France est absolument vital, intellectuellement, et socialement).

Clarinesse 07/09/2009 22:32



"(...)
ce qui est laid, c'est la réalité, pas le mot pour le dire. L'angélisme, qu'il soit naïf ou hypocrite, est criminel".
Oui, exactement, c'était l'idée développée.
Dans "concessions", il y a "cessions" , n'est-ce pas... 
Céder, se vendre, et pas avec brio.
Courtiser la barbarie pour préserver une paix de façade

"Le respect est un regard avant d'être un mot."
Absolutely, et il est bien dommage que son étymologie si éclairante soit si souvent oubliée.


hozan kebo 15/07/2009 19:11

"la" limite du "supportable" ???ces notions  de "limite" et de "supportable" sont très très relatives !la Peste Noire était insupportable au XIVeme siecleêtre juif en Allemagne et ailleurs en Europe  l'était dans les années 40être hutu tutsi serbe croate kosovar etc l'était récemment être irakien (en gros , sans rentrer dans les détails) est assez insuportable en 2009être palestinien l'est  beaucoup aussietc etc etc

Clarinesse 07/09/2009 22:23



Oui, bien sûr, tout est relatif.
Bien sûr, un prof, ou même un chômeur ou un SDF ou un réfugié à Sangatte n'ont pas à se plaindre par rapport à un damné d'Auschwitz, une gueule cassée de Verdun ou un affamé du Darfour.
 Est-ce pour cela qu'il faut supporter tout ce à quoi on survit ?
Accepter de survivre et renoncer à vivre ?

Je comparais, il y a quelques années, dans un texte ici présent
( http://l-oeil-du-vent.over-blog.com/article-15208055.html )
le retour d'une journée dans des classes difficiles avec un séjour dans les tranchées.
Et d'aucuns s'indignaient (et c'est bien compréhensible) de l'indécence du parallèle.
Mais j'ai trouvé exactement la même métaphore dans un courrier de lecteur de Télérama, il y a quelques mois. Je ne suis pas toujours d'accord avec ce qui s'y dit, mais là, en l'occurrence,
retrouver l'expression m'a réconfortée.


Et je maintiens : "à la limite de l'insupportable" est un euphémisme de courtoisie.
"Au-delà de l'insoutenable" eût été plus exact.
Nous parlions l'autre mois de "La Journée de la Jupe". Ce qu'y vit la prof, et qui n'est pas si éloigné de la réalité,
nous en étions d'accord, je crois, est-il en-deça de la limite du supportable?
Pardon pour le pathos, ce n'est pas de bon goût, mais quand l'impuissance d'enseigner en conduit au bord du suicide,
est-ce supportable?



Brigitte Giraud 15/07/2009 13:31

J'ai grandi dans un paysage minier où les hauts-fourneaux projetaient leurs lueurs grandioses dans le ciel la nuit. J'y trouvais des poésies, oui. Puis tout a été dévasté. Et la violence sociale a touché d'autres secteurs et a tout pris dans ses filets. La précarité augmente, les pauvres sont plus pauvres encore et en plus grand nombre. Et on nous fait croire à des réformes pour un presque nouveau monde. Sarko serait réélu si une élection avait lieu aujourd'hui. Le monde hurle, et pourtant... Où donc sera la limite du supportable ?

Clarinesse 07/09/2009 22:06


 "...les hauts-fourneaux projetaient leurs lueurs grandioses dans le ciel la nuit."
Oui, ce devait être grandiose !
Quant à la fin d'un monde... du fond des mines au bout des champs et des ateliers.
Indéniable.


augenblick 14/07/2009 10:28

Pour ma part, je suis effarée de vivre dans un monde qu'on dirait sorti des SF des années 1970.... ce qui signifie pour ma génération (née dans ces années-là) que nous n'avons rien fait, ou que nous fumes socialement inconséquents, puisque rien n'a bougé....Je réagis, plus que je ne commente ;)

Clarinesse 14/07/2009 11:58


Oui ça fait trente ans qu'on fait fausse route, mais au lieu de remettre à plat, sereinement, carte et boussole, on se contente de réclamer à grands cris plus de carburant, de hurler des slogans et
des anathèmes pour faire taire les arguments, histoire d'être bien sûr de se fracasser encore un peu plus vite sur les écueils.

A qui profite le crime ?

A court terme, aux capitaux, patrons de multinationales dont crèvent autant les ouvriers que les petits entrepreneurs et les patrons de PME ;  aux intérêts financiers des actionnaires.
A long terme, aux révolutionnaires purs et durs qui rêvent d'en découdre dans la violence, car ils savent que tant que les gens auront encore trop à perdre pour tout casser, malgré la crise, ils
n'accepteront pas de mettre le pays à feu et à sang.


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