Dans le petit théâtre de guignol, dès que leur épouvantail à Rolex favori bouge un petit doigt ou un ministre, ça
grenouille dans le bénitier des marionnettes d’en face.
Mais j’ai toujours pensé que ceux qui applaudissent ou huent sur commande aux singeries des pantins sont aussi mécaniques qu’eux. Mais lâchez-lui les talonnettes, cornegidouille !
Il n'est pas là, le problème ! Il est ailleurs, le problème. C'est de la diversion, tout ça !
« La maison brûle, et on regarde ailleurs. » Ben oui, il y a de bonnes (et de mauvaises) idées partout.
C’est ça la diversité.
Mais non, bien à l’abri dans leur maison de campagne ou dans leur quartier chic ou bobo, ils n’en finissent plus
de taper sur leur dictateur d’opérette, avec le petit frisson du rebelle qu’a pas peur du danger et qui sait penser par lui-même, sans réflexe de chapelle.
Ce qui est assez divertissant, avec les apôtres autoproclamés de la diversité, c’est que les coutures du tissu de contradictions dont ils drapent leur doxa s’effilochent tellement qu'un seul
petit doigt suffit à les défaire.
Ils parlent du respect de la diversité comme on se bat contre la disparition des pandas : sans en avoir jamais vu un exemplaire ailleurs que dans le grand zoo médiatique. Vous en invitez souvent
à boire le thé chez vous, des amies à burqa ? Vous en connaissez une seule ? Avez-vous des amis parmi ceux qui habitent dans ce qu'on appelle faute de mieux les "cités" ?
Ils affichent un souverain mépris pour les goûts de la classe sociale qu’ils prétendent défendre. Ils sont magnifiquement ouverts d’esprit, mais seulement avec ceux qui pensent comme eux.
S’ils apprenaient qu’un de leurs amis ne votait pas pareil, ils cesseraient aussi sec de lui adresser la parole. C’est Jane Austen qui s’amuserait bien ! Relisez, dans Orgueil et
Préjugé, le conseil charitable que donne le Révérend Collins aux parents de la jeune fille enfuie avec son prétendant avant le mariage :
« En bons chrétiens, vous devez lui pardonner, mais en aucun cas ne l’accepter en votre présence ». C’est ça, la diversité bon teint d’aujourd’hui.
Certains d’avoir le monopole du cœur et des Lumières, ils n’envisageraient jamais de fréquenter l’ennemi, le camp d’en face, le côté Obscurantiste de la farce : quiconque ne pense pas comme eux
est au mieux réac, au pire facho, et en tous les cas aussi indigne du dialogue que les intouchables de l’Inde. Les seuls mots dont on les honore éventuellement relèvent de l’anathème.
Résultat : ils se radicalisent, et on fabrique des extrémismes avec autant de facilité que de la farine animale avec des poussins mâles. Le Pen faisait un score dérisoire avant Mitterrand et
rechute après la fin de son règne. Sans parler de Dieudonné dont les excès sont proportionnels à l’opprobre qui le frappe.
Ils nagent en plein manichéisme, voient l’échiquier politique en noir et blanc, mais revendiquent l’arc en ciel de la diversité. Ca existe, les burqas rayées mauve et fuschia ?
Anticléricaux convaincus et soi-disant laïcs, ils grognent des « croâ, croâ » enragés à la seule évocation d’une
soutane, mais accueillent à bras ouverts les burqas.
C’est quand même amusant de voir les bouffeurs de curés se défroquer devant les fanatiques religieux des autres rives. Il faut dire que ceux-là ne rigolent pas avec leurs détracteurs, et que si
insulter le premier catho qui passe suscite chez les gens de bonne famille des sourires de sympathique connivence, il est fortement conseillé de se prosterner devant la diversité culturelle des
geôliers d'épouses. Il est vrai que se récupérer une fatwa, ça vous fait passer l’envie de ricaner assez vite.
Vous conviendrez toutefois qu’il est difficile de comprendre pourquoi, quels que soient les excès de l’institution qui a bâti les églises, on rejette avec la haine la plus viscérale l’habit que
vêtit par exemple un scientifique éclairé comme Teilhard de Chardin (qui n’est pas, non, l’exception qui confirme la règle, les exemples se ramassent à la pelle), des prêtres militant pour leur
droit au mariage ou leur homosexualité, alors qu’on revendique comme une liberté (??!!) un cercueil de tissu ! Mais z’enfin, c’est leur droit de renoncer à tous les droits. C’est vrai, ça,
après tout. On autorise bien les cloîtres de carmélites. Alors pourquoi pas les burqas ?
Eh bien, voyez-vous, parce que plus personne aujourd’hui n’oblige une fille née dans une famille catholique à entrer au couvent, alors qu’il n’est pas certain que les filles de salafistes aient
le choix, même si le conditionnement est tel qu’elles revendiquent leur prison comme un privilège.
Consentiriez-vous à le revêtir vous-même, ce symbole de l’oppression ? A en accepter pour vous-même tout ce qu’il implique en termes de soumission, d’esclavage (sexuel, familial, intellectuel) ?
Vous croyez que l’alphabétisation des femmes sous burqa est la priorité de ceux qui la leur imposent ?
Mais non, vive la diversité ! Il en faut pour tous les goûts : des « qui savent lire » et des « qui savent pas », des « avec clitoris » et des « sans ». Des « qui crèvent de chaleur et de
solitude, étouffées sans regard et sans air », et des « qui ont le droit de se promener où elles veulent » ! C’est ça, la diversité bienveillante !
Car bien sûr, la diversité, c’est ce que revendiquent les imposeurs de burqa !
C’est le mot qu’ils emploient pour séduire les bougies ramollies et fondues qui ont ramassé le flambeau affaibli des Lumières ! Mais bien sûr, le melting pot de la diversité, ils en rêvent !
Bien sûr, ils acceptent que leurs filles épousent des non musulmans.
Que n’entendrait-on pas comme cris d’orfraie si un journal s’avisait de dénicher dans l’hexagone le cas statistiquement anecdotique d’un catho traditionaliste qui imposerait à son futur gendre ou
à sa future belle-fille de se convertir avant d’épouser son rejeton.
Mais non, au pays de la diversité, on cultive aussi la diversité des poids et des mesures. Fini le système métrique universel ! Haro sur le curé, bravo à la burqa !
Car ces femmes ne sont pas dignes qu’on les aide à prendre conscience de leur servitude !
Les slogans du MLF, c’était bon pour nous, mais pas pour elles, ah ben non !
« Un enfant si je veux quand je veux », la pilule, elles y ont droit, vous croyez, sous leur tchador ? Elles ont le droit de parler à qui elles veulent ? Vous croyez ?
Il y a des femmes qui, en Afghanistan, se battent et manifestent contre les talibans, malgré la peur des lapidations et des coups, pour se libérer de ce joug aliénateur, mais les bonnes âmes
d’ici les confortent dans leur servitude !
La burqa est un espace de non-droit sur le sol français.
Ce n’est que l’accessoire émergé de la panoplie, qu’on ne s’y trompe pas.
Car qu’y a-t-il sous les burqas ? Des cerveaux formatés, qui croient entre autres au créationnisme.
Car il faudrait tout de même prendre conscience d’un fait. A l’Est de l’Atlantique, les créationnistes, ce ne sont pas les
évangélistes américains les plus extrémistes : ce sont leurs pires ennemis. Sur ce plan-là comme sur beaucoup d’autres, les fanatiques de tous bords se rejoignent, dans un discret pacte
germano-soviétique (islamo-évangéliste, en l’occurrence) des dictatures religieuses.
Vous savez ce qui se passe, quand on essaie d’aborder, au détour d’un texte, dans un cours de collège, la question
de l’évolution des espèces et de l’histoire de la terre ?
Vous vous heurtez d’emblée aux élèves créationnistes, qui revendiquent leur liberté de pensée, offusqués et bien droits dans leurs certitudes religieuses et leur orthodoxie aussi souple
que des bottes de militaires pas cirées depuis dix ans ! Car c’est leur droit de croire que le monde a été créé en 7 jours, et que la science, c’est rien que des bêtises et c’est pour les
autres.
Bien, bien ! Vive la diversité !
D’ailleurs je propose que pour respecter la diversité, on crée, au sein du collège « unique » (on n’est plus à une contradiction près, hein) différents cours d’histoire (avec ou sans Darwin),
différents cours de biologie (avec ou sans chapitres sur la reproduction, remplacés par des modules sur la cuisine : après tout, la cuisson des courgettes, c’est aussi de la biologie), sans
parler des cours de sport, (inutile d’apprendre à courir pour échapper au mâle, la femelle sous burqa étant par définition toujours consentante. Et puis, de toutes façons, c’est casse-gueule, de
sauter des haies avec un drap sur la figure).
Ce sont les emplois du temps qui vont être faciles à gérer !
Et puis, c’est vrai, ça : les profs n’ont pas encore assez à faire avec la guerre des gangs et les petits caïds, les sms et les téléphones portables en classe. Il faudrait aussi se farcir des
élèves invisibles, sans pouvoir vérifier si ce n’est pas un chahuteur d’une classe d’à côté qui s’est travesti. Et puis, pour les hold-up, c’est pratique ! Même plus besoin de cagoule, dites donc
!
Non mais vous y réfléchissez deux minutes, aux conséquences de vos bons sentiments ?
Mais non ! Au pays de la République des droits de l’homme, de ce fabuleux modèle d’assimilation qu’on piétine allègrement aujourd’hui et qui a fait, pendant des siècles, d’illustres citoyens
avec des millions d’immigrants de tous horizons, dans la civilisation du MLF, on contemple ce communautarisme aliénateur en souriant, avec une indulgence paternaliste.
Acceptons la charia sous les vastes ailes multicolores de la diversité dodelinante !
Mais bon sang, ouvrez les yeux !!! C’est le sectarisme qu’on défend au nom de la diversité !
Non, la burqa n’est pas plus culturelle que l’excision, la corrida ou le martyre des lévriers afghans dans certaines régions d'Espagne. Ce qui génère de la souffrance, c’est une coutume, pas une
culture.
La culture, c’est ce qui élève l’âme ! Pas ce qui l’écrase !
J'espère aussi qu'ils ne sont pas si nombreux, mais tout de même, on entend et lit pas mal ici et là qu'il faut respecter la diversité culturelle, qu'il est impérialiste de vouloir l'interdire. On demande au nom de quoi imposer l''uniforme occidental". On met en avant des femmes voilées (non intégralement, quand même) qui ont réussi socialement en Occident et qui affirment que chacune a le droit de s'habiller comme elle le veut (voir un "C dans l'air "d'Yves Calvi...) On objecte qu'interdire la burqa, c'est condamner ces femmes à rester chez elles et aggraver leur cas, etc...
Ce qui me semble aussi pernicieux qu'incohérent.
Sans parler du réflexe identitaire qui se cristallise chez beaucoup de jeunes autour de la question.
Voilà.
Bon, mais certes, j'ai dû emporter des bouts de murs en m'emportant ainsi !
Hum ! A y est, plus en colère ! :)
Oui, et puis, quand j'entends, "dans la vraie vie", des propos comme ceux contre lesquels je me suis insurgée dans ce texte, je continue la discussion sur le blog et garde le silence en situation, car je sais que l'appareil idéologique est tellement verrouillé que toute contradiction est inaudible, et qu'il ne sert à rien de créer du conflit qui ne convaincra personne de toutes façons.
http://audiolivres.wordpress.com/2009/03/25/olympe-de-gouges-declaration-des-droits-de-la-femme-et-de-la-citoyenne/
Olympe et ses chevauchées rhétoriques...
Toute la difficulté est d'accepter la colère tout en rejetant la haine sans l'ombre d'une ambiguïté.
Car interdire la colère et l'étouffer dans la tiédeur de la pensée unique, c'est le meilleur moyen de fabriquer des extrémismes, comme je le disions, chez tous ceux qui ne sont pas assez construits conceptuellement pour ne pas tomber dans le piège.
Tu ne peux pas assimiler sphère privée et école publique et laïque de la République. Tu peux interdire à des filles de venir voilées à l'école, mais tu ne peux pas interdire le port de la burqa. Tu peux agir pour l'éducation des filles, pour la pénalisation des mauvais traitements, pour l'éducation scientifique à l'école. Mais tu ne peux pas imposer tes idées aux autres ! au nom de quoi ? ça me rappelle les indiens d'Amérique du sud ou les africains convertis de force. (ouh le mauvais exemple que j'ai choisi là !... je sens que je suis en train de souffler sur les braises ;-)
Interdire n'est pas une solution.
Tu n'es sans doute pas confrontée au problème maintenant, mais imagine ton fils dans 10 ans. Vas-tu lui dire "je t'interdis de fumer !" ou vas-tu lui dire "fumer est mauvais pour la santé, c'est une aliénation, d'ailleurs regarde, moi je ne fume pas". Laquelle des 2 approches est la plus efficaces à ton avis ?
Eh bien, figure-toi que je ne suis pas "pas d'accord" avec toi, (ce qui signifie bien sûr que je suis d'accord, au moins en partie) ! :)
Et désolée pour la réponse à rallonge, encore une fois.
Je ne suis pas pour l'interdiction, et encore moins par une nouvelle loi.
Je ne crois pas avoir écrit le mot « interdire » ou « légiférer » dans mon texte.
On ne compte plus les lois minuscules (les "lexicules", serais-je tentée de dire) qui s'accumulent comme des gadgets dans le buffet poussiéreux de la République et qui ne sont pas appliquées (comme cette loi sur l'interdiction du port du pantalon par les femmes qui date du tout début du XXe, je crois, et qui n'est toujours pas abrogée !!).
Condamner et argumenter, ce n'est pas interdire.
Il y a une nuance de taille.
Il faut convaincre, expliquer, et non interdire, ce qui aboutit effectivement à la radicalisation, dans tous les domaines de la pensée.
J'en profite aussi pour dissiper un éventuel malentendu en précisant que j'ai pour amies, pour véritables amies, (pas seulement copines ou vagues connaissances), des musulmanes très modérées (deux pour être exacte, ce qui, vu le nombre restreint de mes amis très proches est considérable, ajoute la -relativement- solitaire).
Et si l'on me laissait le choix entre me promener dans la rue en string ou voilée, je choisirais sans l'ombre d'une hésitation le voile. Sans compter que ça protège des moustiques.
Plus sérieusement, le voile simple est un accessoire tout à fait compatible avec l'exercice normal de la vie et de la liberté, sans compter que ça peut être très joli parfois.
Mais la burqa, c'est tout de même autre chose (et cela reste aussi marginal dans le monde musulman qu'en France : l'Afghanistan et sa burqa, l'Iran et son tchador ne sont pas des pays arabes, rappelons-le.)
Et justement, le string et la burqa ont en commun de réduire la femme à un objet.
Dénuder la femmes dans la pub ou la cloîtrer, c’est la considérer dans les deux cas comme un bien de consommation, un objet de convoitise qu’on se garde jalousement ou qu’on exhibe au contraire pour se faire valoir : là encore, comme toujours ou presque, les extrêmes se rejoignent.
D'une certaine manière, d'ailleurs, le buzz médiatique autour de cela est aussi une manoeuvre de diversion, et je m'en veux un peu d'y être allée aussi de mon bafouillis.
Pour ne rien te cacher, mon intention n'était pas du tout, dans ce texte, de parler de la burqa, mais d'un climat idéologique beaucoup plus général.
Mais il s'est avéré que cet accessoire s'est révélé être un exemple assez criant des renoncements de la République dont je voulais parler, et je me suis laissée aller à le monter en épingle comme tout le monde. Pas très fière. :(
Pour conclure, ce n'est pas parce qu'il serait néfaste, inutile et absurde de verbaliser ce genre de pratique qu'il faut l'accepter.
Ce n’est pas parce qu’il est important de comprendre qu’il faut renoncer à faire comprendre (ce qui était à peu près le titre initial du texte) en quoi cette pratique est incompatible avec la citoyenneté française.
Oui, mille fois d’accord, il est aussi absurde de convertir de force une population que de lui imposer la démocratie par la guerre. Cf le fiasco de l’Irak ou l’Iran.
Une conviction, ça se construit de l’intérieur, ça ne s’impose pas.
Mais il ne faut pas pour autant détourner les yeux et renoncer à expliquer, à faire évoluer.
Le relativisme absolu me semble mortifère pour la pensée.
Autant qu’un universalisme excessif.
Non, tout ne se vaut pas. Il n’y a plus aujourd’hui de sacrifices humains dans aucune civilisation (à l’exception peut-être de quelques rares cas), et c’est un progrès.
Comme sera un progrès le jour où l’on ne lapidera plus les femmes, où l’esclavage de toutes sortes cessera, etc…
Quelle que soit la finesse artistique et la beauté d’une culture, il ne s’ensuit pas qu’il faille accepter ses pratiques les plus dégradantes.
Que faire alors ? Expliquer, sans crainte et sans répit.
Expliquer à ces personnes que si elles ont trouvé la France assez attrayante pour y venir, il faut qu’elles comprennent que c’est un « pack ». Un pays, ce n’est pas un supermarché où l’on choisit un article et repose le reste. S’il y a des acquis sociaux (je préfère le terme de « progrès sociaux », car il y a dans le terme d’ « acquis » un immobilisme qui se refuse à toute pensée et qui me semble gênant), s’il y a des droits comme presque nulle part ailleurs sur la planète, ce n’est pas un hasard. Cela relève d’une longue construction politique et philosophique qui implique qu’on en prenne connaissance. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre, les droits sans les devoirs, l’intégration et le communautarisme.
Quand je vais quelque part, j’en accepte les règles. On ne se promène pas en maillot de bain à l'Opéra. On ne se comporte pas de la même façon dans son salon ou dans une salle de classe, dans un musée ou dans un stade de foot, dans une mosquée ou sur une plage naturiste, en France ou en Afghanistan. C’est tout.
Si je veux jouer au rugby, je vais sur un terrain de rugby, pas dans la cour carrée du Louvre.
Eh ben là, c’est pareil. Accepteraient-ils que je me balade en short et sans voile chez eux ? Non, bien sûr, et c'est bien compréhensible. La moindre des politesses serait de rendre la réciproque.
Car les communautarismes, quels qu’ils soient, sont dangereux pour la république, et ceux qui les flattent le savent fort bien : c’est le tissu social ou le tissu de la burqa.
PS : A la relecture, c'est le bazar dans ma réponse.
Il y a deux niveaux de réflexion :
1°) le niveau humaniste universaliste, qui s'insurge contre tout asservissement, quel qu'il soit.
2°) le niveau comportementaliste, qui consiste à respecter l'usage de là où l'on se trouve, à partir du moment où personne ne vous a forcé à y aller.
Je trouverais humiliant de beugler des slogans à la noix, de me peindre le visage et de boire de la bière jusqu'à en vomir : fort bien, dans ce cas, je ne me rends pas dans un stade de foot.
Et quand tu dis qu'il y a une distinction entre sphère publique et privée, je te rejoins complètement.
Mais il se trouve que la rue fait partie de la sphère publique au même titre que l'école, et qu'il y a des règles pour la rue.
Après, si elles tiennent absolument à porter un abat-jour sur la tête chez elles, pourquoi pas. Comme disait Rousseau, pour qu'un esclave veuille se libérer, il faut qu'il se sache esclave, et il ne sert à rien de lui imposer la liberté s'il n'en a pas conscience : il saura aussi peu quoi en faire qu'une poule avec un couteau.
La véritable intégration n’a jamais aussi mal fonctionné que depuis qu’on nous rabâche les mérites de la « diversité » et du « vivre ensemble », les mots magiques des politiques sans vision.
L’intolérance de mon père vis-à-vis de mes mauvaises notes, de ma tenue ou de mon comportement éventuel en classe était le plus salutaire moyen d’intégration, sans parler du respect absolu du corps enseignant, lequel ne « fraternisait » pas avec ses élèves et ne cherchait pas à ce qu’on l’aime mais à ce qu’on le respecte : et que chacun soit à sa place, de part et d’autre de l’estrade, s’entend.
a) avec lequel je suis pleinement d'accord. La tolérance aveugle est dans certains contextes la plus méprisante des indifférences.
b) qui me rassure, car quand on pond ce genre de brûlot coléreux, on tremble toujours un peu pour son matricule. Comme quand on a dégoupillé une grenade et qu'on ne sait pas quand elle va exploser. Surtout que ce n'est que l'intro rajoutée au dernier moment de ce truc qui macère depuis des semaines maintenant et qui lui préexistait.
Je ne dirai qu'un mot : bisou !
(Quoi ? Les farines animales sont faites de poussins mâles ? :o))
Et oui, les poussins mâles ne pondront jamais d'oeufs, donc, dès leur naissance, on les sépare de leurs soeurs, et on les entasse à la pelle sur des tapis roulants qui les précipitent tout vivants et piaillants dans des broyeuses qui les réduisent en poudre, bec, pattes et plumes compris. C'est sympa, non ?
Mais il doit y avoir certainement bien d'autres espèces et ingrédients qui entrent dans la composition des farines animales.
J'avais aussi entendu que la bouillie de poussins contribuait à la fabrication des petites saucisses pour apéritifs et autres charcuteries non identifées. A vérifier pour le coup.
Je ne suis pas fana des animaux, et n'ai jamais envisagé de faire de mon appart une arche de Noé, mais franchement, la barbarie avec laquelle on traite les bestioles dont on se nourrit est, sans abus de langage, proprement concentrationnaire.
Il faut voir ces reportages sur les élevages intensifs : c'est ignoble !
Il ne s'agit pas de devenir végétarien et de refuser qu'on les tue. On meurt tous.
Mais au moins, qu'ils aient une vie décente, conforme au milieu pour lequel ils sont nés, avant qu'ils cessent de respirer.
Vive le Naturisme !
Mais cela suppose de s'accepter et d'accepter les autres comme ils sont...
N'empêche que si les nageurs étaient à poil, on ne nous casserait plus les pieds avec leurs combinaisons miracle !
Hé, hé ! :))
Certes, certes, mais je suis personnellement beaucoup trop coquette pour me passer des colifichets et autres chiffons que permet la nécessité de s'habiller en la plupart des circonstances de la vie courante.
Quelle tristesse de devoir renoncer aux milliers de possibles fantaisies de nos divers accoutrements ! Sans compter que la perfection est rarement de ce monde en ce domaine...
Car finalement, il n'y a pas plus austère que le dépouillement du naturisme.
Et bé et bé, du concept de "la diversité" à l'opposition coutumes / culture, les dessous de la burqa sont repassés pour l'hiver.
A quelques nuances près, j'adhère à l'ensemble de l'article ; la question restant posée : et maintenant qu'est-ce qu'on fait ? qu'est-ce qu'une république laïque fait des symboles incompatibles avec ses valeurs fondamentales ?
Dans son espace publique, elle cherche des compromis. Et pour rester dans le sujet, ce serait oui au foulard, non à la burqa ; oui à la mini jupe, non au string ; oui au doute, non à l'obscurantisme ; oui aux églises, non à l'asservissement, etc ... et on est bien d'accord.
La recherche permanente de cet équilibre entre le besoin d'air individuel et la respiration collective.
Bien souvent le groupe s'inquiète de ce qui ne lui ressemble pas. A des degrés divers selon le registre, certes, mais en matière de (re)présentation, de (re)connaissance, certains signes portent au malaise, voire à l'aversion. La burqa a ceci d'extrême qu'elle montre le haut d'un iceberg totalement étanche (le comble pour un iceberg) à notre mode de pensée et de comportement.
Une république ne pouvant pas, théoriquement, enfermer les créationnistes (par exemple) faute de pouvoir leur interdire d'exister, il ne lui reste que sa capacité à convaincre par ses institutions et l'école notamment.
Or l'école n'est pas obligatoire, l'instruction si. A priori la républicaine. Un père peut donc ne pas envoyer sa fille à l'école ... si elle ne peut pas porter sa burqa. Mais quelle instruction recevra-t-elle en échange ? Celle, unique, de son père. Quelle chance lui donne alors la république de s'ouvrir à un autre monde que le sien (puisque cette ouverture est notre valeur à nous) ? Quelle chance nous donnons-nous qu'un jour cette devenue jeune femme puisse avoir l'idée, la force, le courage, de choisir ? Ou bien ses enfants ? ou ses petits enfants ?
Notre siècle des Lumières ne s'est éclairé qu'au 18ème. Même si Galilée, Leibniz, Newton, avaient allumé la mèche.
De quoi avons-nous peur ?
PS : bien sûr Clari, ayant pu éviter d'être prof (euh ... humour), je ne suis pas confronté à la complexité de certaines classes d'aujourd'hui. Mais je ne dis pas non plus que le modèle actuel y soit adapté.
J'adhère aussi à chacune de vos objections, notamment les limites à apporter à la philosophie des Lumières, et la question de savoir quelle instruction elles recevront si l'école les exclut.
Mais le problème de cette logique est qu'elle pousse à tous les renoncements, et pourrait conduire à une surenchère de revendications.
Une âme ne tient pas toute enière dans un bout de tissu, et l'on peut quitter celui-ci sans perdre celle-là. C'est aussi du devoir de la république de chercher à expliquer cela.
Quant aux différences qui font peur, oui, il serait malhonnête de nier qu'il peut y avoir une part de cela. Mais le cas de la burqa est tout de même particulier.
Comme l'évoquait Brigitte Giraud avec le témoignage qu'elle rapportait dans son commentaire, se rend-on comptre que
ces femmes, jamais, n'ont senti sur leur visage le souffle de l'air frais ou la caresse du soleil, ni même vu le ciel ? Imagine-t-on ce que cela signifie ? Les claustrophobes n'y survivraient pas.
Il s'agit de cas d'emprisonnements, ni plus ni moins.
Comment peut-on penser une seconde, pour se placer dans leur logique, qu'Allah ait créé des êtres vivants indignes de voir sa lumière et de respirer son air ?
Ce serait le prendre pour un créateur bien inconséquent !
Et pour finir avec le modèle actuel de l'éducation qui n'y est pas adapté, oh que oui, hélas, mille fois oui, et s'il n'était inadapté qu'à cela, ce serait le paradis !
Il est en faillite totale, et son explosion n'est plus qu'une question de temps.
Je me permets de reprendre un bref instant la parole pour réfuter deux choses :
1) "Sans compter que la perfection est rarement de ce monde". J'avais répondu par avance : "Cela suppose de savoir s'accepter et d'accepter les autres comme ils sont".
2) "Il n'y a pas plus austère que le dépouillement du Naturisme".
Y a pas, les naturistes sont des gens considérés :
– soit comme des obsédés sexuels,
– soit comme des bonnets de nuit.
Ils ne sont ni l'un ni l'autre, ce sont des gens comme vous et moi (surtout moi, depuis 39 ans !).
Comme me disait un ami, amputé d'une jambe : "Il n'y a que chez vous que l'on ne me regarde pas sur la plage comme une bête curieuse".
Il y a souvent en France une tendance à considérer le corps comme quelque chose de mal foutu qu'il faut cacher sous des vêtements qui le dissimulent ou tentent de l'améliorer (Voir les soutifs push up, que c'est moche !) et ne parlons pas de la façon dont on traite les handicapés. Si quelques menus progrès ont été faits dans les équipements, il n'y a guère d'évolution dans les têtes.
Quand j'étais gamin (j'ai 67 ans), nous regardions les suédoises en rêvant à leur supposé libertinage. J'ai dû attendre d'aller en Suède pour me rendre compte à quel point nous étions cons.
Rassurez-vous, ma réponse sur l'austérité du naturisme n'était qu'une simple boutade, une pirouette en forme de paradoxe comme je m'amuse parfois à en faire, juste pour le plaisir de la dialectique, sans aucun fondement conceptuel.
Son absurdité même en prouve le manque total de sérieux.
Je n'avais pas saisi que le sujet vous touchait autant, et que je risquais de froisser votre sensibilité. C'est amusant de voir comme les sujets qu'on aborde avec légèreté et qui conduisent pourtant à se passionner varient selon les individus.
Vous, c'est le naturisme. Moi, c'est Schiller, Molière ou les accords du pluriel... :)
J'avais au contraire saisi avec reconnaissance la perche que vous me tendiez (et n'y voyez rien d'autre que ce que je dis) pour plaisanter afin de détendre l'atmosphère de ce texte par trop tendu. (oups, et en plus, j'aggrave mon cas).
Mais soyons bien clair : il n'y a aucun jugement moral de ma part sur cette pratique que je trouve au contraire tout à fait sympathique, et sur le fond théorique tout à fait justifiée.
Seulement, je ne me vois pas, personnellement, (et cela n'engage que moi et nul autre) la pratiquer, tout simplement parce que quand on a passé son adolescence à faire son éducation sentimentale dans les romans de Jane Austen, des soeurs Bronte, de Balzac ou d'Hugo, on s'imagine plus en belle robe vaporeuse que dans la tenue d'Eve, c'est tout !
Pis j'suis ben trop timide. :)
Et moi, mon enfance et mon adolescence furent baignées de l'Odyssée, de Giraudoux, de Sartre, Anouilh... Comme quoi !
Moi ce sont les é, er, ait, ais etc... au petit bonheur la chance qui me rendent malade ! Ah les "ils manges", les "les arbrent"... ...J'aimais bien pourtant l'accord du participe passé, mais je ne suis qu'un vieux croûton.
Allez hop ! en principe la mer dans 4 jours !
PS : j'étais prof de techno.
"... opinion tellement courante" C'est vrai ? Je ne pensais pas que l'austérité était associée à cette pratique plutôt synonyme d'épicurisme, dans l'esprit des gens, non ?
(épicurisme plus au sens courant du terme, d'amateur des plaisirs de la vie, quels qu'ils soient, qu'au sens philosophique renvoyant aux préceptes d'Epicure, pour le coup beaucoup plus rigoriste, puisqu'il prônait le refus du luxe et le goût pour les plaisirs les plus simples et frugaux de l'existence.)
Quant aux horreurs orthographiques que vous citez, elles me hérissent le poil bien autant que vous, et j'en peux plus de les voir !
Et pour les lectures, oui, celles-ci aussi furent les miennes.
J'ai adoré le théâtre de cette époque, Giraudoux, Anouilh, mais aussi d'autres.
Cela convenait tout à fait à mon goût pour les bavardages argumentatifs et les causeries en tous genres.
Bref, bonnes vacances et profitez bien de la plage ! :)
http://zolucider.blogspot.com/2009/06/le-vent-des-blogs-18-lettre-sur-le.html
Enfin, surtout quand les visiteurs sont aussi charmants que ceux d'ici, n'est-ce pas ? :))
(Le texte, c'est les yeux exorbités et les cheveux en bataille, mais les coms, c'est la fleur à la boutonnière, au fusil, dans les cheveux, entre les dents ou où vous voulez. Euh, bon, pour le texte, j'exagère un peu, là, quand même, hein, faudrait voir à pas tout prendre au pied de la lettre !)
Quant à la citation du texte chez Zoé, rhôô dites donc !
Je ne sais trop qu'en penser : elle n'a pas tort du tout de critiquer le buzz autour de ça, et elle illustre bien ce que je vous disais ici même l'autre jour encore (vous reprendrez bien une tasse de thé) à savoir que je m'en voulais d'avoir participé à ce battage médiatique très surfait, alors qu'au départ, ce n'est pas du tout de cela que je voulais parler.
Le texte en question dont il n'est qu'une introduction cause de l'éducation en général, et commence à faire une dizaine de pages bien tassées. Alors je vais le publier par morceaux, mais il faut qu'il soit fini avant, pour que les découpages soient cohérents, et parce que chaque nouvelle phrase contraint à réorganiser le tout.
Pfff !
ce truc de la burqa est "agaçant quelque peu " (j'adore me la péter "vieil anglais" euphémistique)
le big (very big) blême c'est que des "burquas" y en a plein !
la burqa phone portable
la burqa i pod
la burqa rollex ray ban
la burqua bénard qui tombe à mi genoux
la burqua à ras la foufoune
la burqua "sauvons la planète vue d'en haut"
etc etc
okay d'ac : on interdit toutes les burqas !
Hozan Qu'est beau (Nan, c'est pas l'étymologie ? Juste la phonétique ? 'clairez-moi ! )
M e r c i !
Vous me sauvez du bêlement !
Mais oui mais c'est bien sûr, ce n'est pas de cet épiphénomène marginal que je voulais parler ! La burqa, c'est juste une m é t a p h o r e !
Et tout à fait d'accord pour les autres avatars de la surdité intellectuelle que vous citez :
pas plus obtus qu'un ado en minishort ou maxipantalon, maquillage de voiture volée ou kilo de gel, ipod, mobile et Nike, etc...
En revanche, il y aurait à nuancer le dernier exemple.
Personnellement, cela fait des années qu'un score d'élections ne m'a pas autant réjouie (chez nous, hein, parce qu'à celle d'Obama, alors là, c'était carrément la grosse émotion)
même si je me doute bien que ce n'est en partie qu'une baudruche médiatique.
Mais tout de même, cette prise de conscience que la maison brûle, ça commençait à devenir urgent que les gens s'en rendent compte. Ce qui ne signifie pas qu'ils vont tous se comporter en écocitoyens raisonnables du our au lendemain, mais bon...
Et pour une fois que les écolos arrivent à rassembler au lieu de se mordre le nez dans leur microparti !
Et quant à la mode YannAB, certes, elle peut agacer, on peut faire la fine bouche devant ses accointances avec les industriels (mais après tout, l'enfer est pavé de bonnes intentions : pourquoi le paradis ne le serait-il pas de mauvaises : que ça leur fasse de la pub, qu'importe, si c'est pour la bonne cause ?)
Et puis, il se trouve qu'en démocratie, il faut toucher le grand public pour faire avancer les choses : et ce qui meut le grand public, c'est le grand spectacle ! Alors, allons-y, et après tout, même si son lyrisme est un peu ras les pâquerettes, à la différence de son hélico, ce n'est pas si laid, ce qu'il fait, et je suis assez d'accord avec son discours, globalement.
Mais ce que je fais là est crétin, car je suis en train de déflorer un de mes prochains papiers, que vous aurez du coup l'impression d'avoir déjà lu ! C'est malin.
Mais faites-moi taire !
PS : Quant au débit de ce blog aussi irrégulier qu'un torrent de montagne à sec l'été et en crue à la fonte des glaces, il me désole et je conviens qu'il doit être assez déconcertant pour les lecteurs.
Dans mes rêves les plus fous et les plus réalistes, je me limiterais à 5 articles par mois, bien régulièrement ! Pfff, infoutue de me discipliner un tant soit peu ! Lamentable !
Et voilà! On m'a volé ma réplique!
(cf commentaires précédents) (et pas mal d'accord avec Madame de K sur la nécessité d'éviter d'interdire rapport à la rébellion qui s'ensuit)
Qu'est-ce que je vais pouvoir dire désormais?!
Eh bien, que je suis et resterai toujours très admirative des personnes sachant si bien manier le verbe et exprimer avec limpidité leurs convictions profondes...
Bravo pour ceci!
Et par ailleurs, c'est quoi cette histoire de poussins broyés? (c'est aaaaaaaffreux!) (cf earthling)
Je vous rejoins ainsi que Mme de K sur la non interdiction. Ce qui n'empêche pas de gueuler un bon coup que stop, faut pas pousser non plus.
Avouez que refuser d'ôter sa burqa pour faire une photo d'identité sur passeport et insulter le fonctionnaire de votre pays d'accueil, c'est tout de même d'une insondable bêtise ! Mais on ne peut pas légiférer sur la bêtise.
Ce serait couvrir de ridicule la loi française que de légiférer sur un tel détail.
Comme disait De Gaulle qui répondait à un slogan de 68 :
"Mort aux cons ? Vaste programme ! " Il avait beaucoup d'esprit, cet homme là, quoi qu'on en dise.
Quant aux poussins broyés, oui, ce n'est pas une "légende urbaine", ou industrielle, ou rurale, ou ce qu'on veut.
Je l'avais déjà entendu ou lu, et je l'ai vu pas plus tard que la semaine dernière dans un documentaire sur Arte ou la 5e, je ne sais plus.
Voir aussi ces élevages de bovins dans certaines exploitations aux USA ou en Russie (méfaits du gigantisme) où les bêtes sont entassées dans la boue sans un cm carré d'herbe, comme des porcs ou des poulets dans un hangar ici, nourries que de granulés.
C'est vraiment important de n'acheter que de la viande ou des oeufs d'animaux élevés en plein air et en semi liberté, ce qui, en France, est heureusement encore le cas pour les bovins.
Leur faut de l'herbe, à ces pôv'bêtes !
J'aime bien cette citation de De Gaulle. :P
Quant à la burqa, l'interdiction, la liberté, l'intégration, eh bien, j'ai oublié de préciser que j'étais aussi d'accord avec toi... :)
alors qu'un seul litre de bon vin rouge suffit à transformer ce même kilo de boeuf en succulentissime daube !
conclusion : 1L de bourgogne est plus efficient que 100000 litres d'eau !
CQFD
C'est bizarre, ça. J'allais opiner du bonnet aux prémisses de la démonstration, mais curieusement, je n'aboutis pas aux mêmes conclusions. :)
Oui, l'élevage bovin (qui en outre produit plus de méthane, facteur de réchauffement bien pire que le CO2 que bcp d'industries (à vérifier pour les chiffres)) est effectivement très gourmand en eau, mais aussi en céréales : il suffirait de détourner cee qu'on cultive pour leur alimentation rien qu'aux USA pour nourrir tous les humains qui meurent de faim sur cette planète. Les boeufs sont mieux nourris que les hommes.
Ca fait réfléchir, quand même !
Pour que nous puissions planter nos crocs dans notre steack, y en a qui crèvent de faim à l'autre bout de la planète. Bon, évidemment, il y a un nombre certain d'autres facteurs de pauvreté qui entrent en jeu, du côté des lobbies économiques et autres intérêts financiers, mais une cause n'empêche pas l'autre.
C'est vrai, ça, en plus, même pour la santé, ce n'est pas bon de manger trop de viande rouge : une (ou deux, à la rigueur) fois par semaine, ça suffit amplement.
De mon côté, je n'en mange jamais, sauf si invitée, et n'en achète parfois que pour faire plaisir aux mâles carnivores de la maison.
C'est très masculin, cet instinct carnassier du chasseur qui sommeille.
Il y a bcp plus de femmes végétariennes que d'hommes, d'ailleurs.
PS : J'avais déjà entendu cette info, aussi mentionnée par YAB. Et tant pis si c'est le dernier "vilain pas beau" à la mode à ne pas citer chez les snobobos. C'est fou, ça : dès que la "plèbe" s'approprie une bonne idée portée jusqu'alors par l' "élite", elle devient détestable aux yeux de ceux-là même qui la défendaient. Toujours une mode d'avance pour préserver sa supériorité, en haute couture comme en politique.)
Tombé sur là-dessus, il y a deux jours, et cela a été écrit 3500 ans avant YBA : Si tu vois l'âne de ton ennemi succomber sous son fardeau ; garde toi de l'ignorer, au contraire, aide-lui à l'en décharger.
Voyons voir... qu'est-ce donc qui a pu être écrit il y a à peu près 3500 ans et qui contient à la fois des chroniques historiques et familiales, le récit de guerres entre tribus, des poèmes philosophiques et métaphysiques, l'expression d'une morale oscillant entre un humanisme altruiste et une liste de préceptes très circonstanciés, etc, etc... To biblon ?
Il suffit de lire les commentaires ici pour réaliser qu'en fin de compte on ne fera RIEN. Que l'intégrisme autnat spirituel qu'intellectuel progresse, et que je soupçonne les hautes sphères de laisser la situation aller vers l'explosif. Parce qu'au fond ça les arrangeraient bien qu'on se mette sur la courge autnat les uns que les autres.
Parfois je me dis que la générosité de la mère République finira par la perdre. Les intégristes de tous poils, les sectes, et tout ce qui vise à restreindre, contraindre, soumettre, ne profitent-ils pas justement de notre volonté de progrès, de tolérance, de nos "bons et beaux sentiments"?. Est-ce que tout ces gens mal-intentionnés ne mine pas l'édifice? Laisser faire n'est-il pas suicidaire?
C'est qu'il y en avait, de jolis textes ! Bon, m'en vais changer ton lien, et te rendre visite dans tes nouveaux pénates.
2°) Quant au fond, même si la polémique est effectivement affaire de diversion pour détourner de la crise, je suis ravie, vraiment, de ton accord. Et comme décidément, je m'en voulais d'avoir braillé sur le sujet sans vraiment le connaître, j'ai demandé ce qu'elle en pensait à l'une de mes meilleures amies, musulmane on ne peut plus modérée, et brillantissime ancienne élève qui écrivait déjà à 13 ans comme Rimbaud.
Du coup, j'vas en rajouter une couche et reproduire ici quelques éléments de son mail, avec sa permission.
PS : Brigitte Giraud a ouvert un blog en lien sur le mien.
Et PS : Ouii ! A y est, le paradis bancal est en lien ici aussi !
Clari, j'ai commencé un blog et je t'ai mis en lien. Ca ne te dérange pas ? Tu sais je tâtonne dans l'univers du virtuel et c'est gélial...
Et ben voilà une idée qu'elle est bonne ! :)
Comme je disions à Dominique, je t'ai mise en lien aussi, et je suis très honorée, vraiment, de figurer chez toi.
Suis déjà allée y faire un tour, et m'en vas de ce pas y retourner.
Le mien, si tu veux y jeter un oeil c'est paradisbancale.over-bolg.com
"Paradis bancal". Une apesanteur en déséquilibre : un titre tout de grâce et de fragilité.
"Le Désespoir amoureux", que j'ai commencé, et dont je te dirai tout plein très bientôt.
L'autre, "L'amour est très surestimé", doit être de ton homonyme. Pô grave, je le lirai aussi avec curiosité.
Quant à la vidéo, oui, elle laisse sans voix : plane le recueillement de la diction et de l'image.
Pour les deux vidéos.
Bonne soirée. Nous sommes dans un beau lien, à présent.
Et bonnes heures (jour ou soir) à toi aussi !
Merci de ces lectures croisées.
Bon j'ai lu un peu avant les commentaires, pour ce qui est de la corrida, il y a chez moi un texte qui résume assez bien ce que j'en pense. Et d'une manière génèrale de toutes les tortures infligées à ceux, hommes et bêtes, qui ne peuvent pas se défendre. C'est moche et ça ne grandit pas les Hommes. Il y a des gens qui me lisent qui se moquent si on ose écrire un papier sur le sujet. Ils te traitent de "zamidézanimos" et te clouent au pilori à coups de tomates vertes. J'ai du mal à comprendre des personnes qui sont par ailleurs très intelligentes et cultivées, mais semblent totalement dénuées d'empathie envers tout ce qui est animal. Mon père, chasseur honni et barbare à ses heures, disait pourtant que l'on devait respecter l'animal qui nous nourrit en le tuant proprement. Je me souviens d'un passage de Massada, vers la fin avant le suicide collectif de la communauté juive, ou il est fait mention des recommandations de leur livre, on y dit que l'agneau doit être sacrifié sans souffrance et que pour cela le couteau doit être soigneusement aiguisé. Ce que je veux dire c'est que sans devenir végétarien, faire souffrir inutilement n'est vraiment pas une nécessité, et que si on se laisse aller à ce genre de comportement on perds une grande part de notre humanité. Peut-être la plus belle, la plus noble.
J'ai visité les abattoirs de ma ville il y a longtemps, on y use d'un trocart la mort est instantanée. Alors quand je tombe sur le net sur cette photo d'un taureau ensanglanté, à la chair du dos arrachée par les banderilles (ce sont de vrais harpons!) à genoux la tête posée sur le sable de l'arène dans une attitude de renoncement et d'épuisement je ressens une profonde colère envers mes semblables. Le fait d'avoir ou pas des animaux domestiques ne change rien à l'histoire: la torture sur les animaux est laide, indigne. Et ce qui n'est pas juste et bon me révolte. La corrida c'est moche, les poussins réduit en bouillie vivante c'est moche aussi, les vaches débarquées des bateaux attachées par les cornes c'est moche, la vivisection c'est moche. Et ce moche-là nous dégrade nous.
Procédons par ordre :
1°) En ce qui concerne les "zamidezanimos", pareil.
Pour résumer, on pourrait dire que je supporte aussi peu la souffrance des bêtes que leur proximité. (A l'exception des douleurs existentielles des insectes, tout de même, faut pas pousser. Quoique j'essaie d'écraser les mouches aussi rapidement que possible). Je ne suis pas du genre à devenir gaga devant un chienchien ou un hamster. Et je ne me vois pas soutenir une conversation passionnante avec un fan de 30 millions d'amis. Les ménageries, très peu pour moi. Changerais presque plutôt de trottoir pour éviter les toutous baveurs ou mordeurs.
Mais ne pas aimer le contact avec les démonstrations d'affection des bébêtes n'empêche en rien d'être sensible à leur souffrance, de chercher à la réduire autant que possible et de s'indigner lorsqu'elle est infligée gratuitement.
2°) Quant au blog évanoui, à l'impossibilité de trop en dire et aux burqas protéiformes,...
eh ben ! C'est ben vrai, ça ! Sororité en ça aussi : quelques variantes ...
Sur le ton, oui, je conçois qu'on puisse le dire violent. (j'acquiesce donc à vos propos.)
Mais je peux vous assurer que la violence, la vraie, celle qui blesse, les professeurs qui enseignent en Zep notamment savent ce que c'est et l'encaissent sans broncher, braves petits soldats qui n'ont que le droit de la fermer, langue de bois et "pas de vagues" oblige.
Et que la souffrance que cette violence engendre n'est pas négligeable du tout.
Juste un titre de livre écrit par une prof pour vous donner une idée :
"Ces profs qu'on assassine".
Et un film, "La Journée de la Jupe", avec Adjani : très exact dans sa peinture de l'atmosphère ordinaire de bien des collèges, si l'on fait abstraction de l'intrigue "anecdotique" de la prise d'otage. Et oui, la violence quotidienne ne vient pas de là qoù vous la voyez : ce sont les fonctionnaires de l'état, profs, urgentistes, conducteurs de bus qui se la prennent tous les jours en pleine poire. Mais il paraît qu'il ne faut pas le dire.
Film boycotté en douce, sorti seulement dans qq salles de la région parisienne, car on y posait quelques vraies questions, alors qu'on fit un pont d'or au tragiquement démagogique "Entre les murs", alors qu'on entend le prof dire à ses élèves : "Tu connais pas l'Autriche ? T'as raison, un petit pays sans importance qu'on peut oublier." Ben oui, hein, juste la patrie de Mozart, Freud, Klimt, Wittgenstein, Zweig, de Landsteiner (découvreur des groupes sanguins), etc...
Alors je préfère exprimer la violence encaissée par des propos énergiques qui ne portent atteinte à la dignité de nul individu en particulier, dans un débat d'idées abstrait de tout contexte personnel.
PS : quand vous dites que l'on ne fait rien passer sur ce ton : oui et non. (là encore je ne rejette pas en bloc ce que vous dites.)
Si, détrompez-vous, la tiédeur ne fait guère passer d'idées. Cette violence argumentative, cela s'appelle le style oratoire dont usent les parlementaires à l'Assemblée, depuis Démosthène ou Cicéron jusqu'à Jaurès ou Badinter. (Là, par contre, j'aurais franchement pu vous épargner mon "cela s'appelle" agacé et condescendant dont je ne suis pas fière du tout. Toutes mes excuses.)
C'est aussi le ton sur lequel s'effectuent les plaidoiries des avocats ou les réquisitoires : or s'il y a bien un lieu où il est vital de convaincre, c'est bien le tribunal. Si c'était si inefficace que cela, ça se saurait.
Mais non aussi, vous avez raison, ce ton ne convainc que les convaincus ou les indécis : il ne peut que braquer les adversaires.
J'ai ici exprimé des convictions sans destinataire particulier, réfléchissant en même temps qu'écrivant. Il va de soi que si j'avais eu en face de moi des salafistes à convaincre, je n'aurais employé ni le même ton, ni les mêmes arguments, car il importe toujours se placer au même niveau que son interlocuteur, et partir de son propre système de pensée pour le faire évoluer : seuls des arguments religieux de l'ordre de l'exégèse auraient pu être entendus, et le Coran est comme la Bible assez riche et divers pour y prouver tout et son contraire en matière d'us et coutumes notamment.
Et petite pique pour finir (désolée, ça m'a échappé) :
j'ai du mal à concevoir la profondeur d'une âme dont la valeur tient toute entière dans un bout de tissu : encore plus superficiel que la peau ! Quel sacrilège de penser qu'Allah soit si bête qu'il ne sache pas reconnaître une femme de bien d'une personne malveillante, une "bonne" mère d'une "mauvaise" juste parce qu'elle se cache derrière un drap ! N'est-ce pas blasphématoire de jouer ainsi à cache-cache avec la vertu et le Très Haut ?