Moi j’dis, y a pas mieux comme méthode pour apprendre à lire que d’avoir à déchiffrer des mots d’amour.
Et puis, des lettres en petits carrés à assembler une à une, ça fait lego, c’est drôlement moins intimidant que d’affronter d’effrayants grimoires et leurs pages déjà noircies d’une infinité de
signes cabalistiques, et se noyer, piétiné par la danse hypnotique de leurs lignes sinueuses et sournoises.
C’est donc après avoir lu, syllabe après syllabe, ce message qui s’écrivait sous ses yeux, que Pierre petit s’allongea à côté, rompu de tant d’efforts, pour faire un câlin à ce petit mot, doux
comme son mouton de coton.
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Lui transmettre au moins ça : la puissance des mots, leur respiration, leur douceur. La possibilité de se blottir contre eux, de se laisser bercer par le chaud clapotis de leur écume
chantante.
Câliner les mots qui viennent de vous caresser.
Et puis s’abandonner, emporté par la houle, le poitrail irradié frémissant sous les vagues.
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