Guérir.
Gagner un peu d’espace. Entre soi-même et ce qui hante.
Sauver un peu de temps, entre deux assauts noirs de cafard.
Espacer les visites de la mélancolie.
Mettre des cales sur les fenêtres pour qu’un vent trop violent
ne les claque à la face de l’air frais.
Conquérir, à la force du clavier, à l’éclat du papier,
Minute après minute, un peu de paix et de clarté.
Et le répit repose. Mais le dépit dépasse.
Aplanir les effrois ; faire taire les doutes.
Et lisser sur le front de la pulpe du pouce
Toutes peines en plis et tous soucis en rides,
Juste sous le sourcil, où se tend la tristesse.
Il est des îles englouties.
A leur surface l’eau troublée reste trop sombre,
Maelström intranquille qui n'en finira pas
D’enrouler son tourment tout autour de l’absence.
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