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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 10:38


Ce qu'il y a de bien, quand on écrit pour un canard,
c'est qu'on peut permettre à sa plume de sourire en coin.
Non seulement j'm'amuse, mais en plus, on me paie.
Pas beaucoup, certes, mais trois fois rien, c'est déjà quelque chose.
Bon, j'avoue, j'étais toute fière de mon petit jeu de mots, avant de m'apercevoir qu'évidemment, il courait les colonnes de journaux depuis des mois.
Bon, tant pis, on peut pas inventer le fil à couper le beurre tous les jours.



Le G20 d’un côté, les « J’ai faim » de l’autre.
C'est incroyable comme les trônes bien rembourrés de cuir n'amortissent pas que le postérieur, mais aussi les bruits de la vallée de larmes qui n’arrivent plus que fort affaiblis et déformés au sommet des puissants. Ce n'est pas que le siège fasse la classe, on n'est pas dans le train. Mais plus le coussin est mou, plus l'oreille est dure. Cuir sous l’assise, langue de bois et dur de la feuille.
 Tout corps posé sur son despotisme se voit aussitôt affligé d'une surdité aiguë. L'abus de pouvoir est dangereux pour l'audition. Et comme « ventre affamé n’a pas d’oreille » non plus, le dialogue de sourds ne peut manquer de se transformer en joli grabuge.
Car si les grands ont daigné très légèrement égratigner les paradis fiscaux, ces repères de vautours où soustraire aux Etats redistributeurs de billets et blanchir en secret l’argent de la corruption, des parachutes dorés et autres détournements de fonds, ils n’en ont pas moins épargné sans scrupules les paradis sociaux, ces pays d’accueil pour délocalisations sauvages, où l’on choisit entre chômage ou esclavage, où salaire rime avec misère.
« Par ici le paradis ! ». Car un paradis, par définition, c’est un jardin clos sur ses privilèges, exclusif, bien séparé du reste du monde. Et plus le séjour sur le plancher des vaches ressemble pour beaucoup à l’enfer ou au purgatoire, plus les heureux élus s’arc-boutent sur leurs haies épineuses et renforcent leurs clôtures.
La noblesse de 1789 eût été bien inspirée de relire La Fontaine, et de comprendre que le chêne se brise à force de ne rien céder à la tempête, alors qu’il est beaucoup moins facile de tronçonner un roseau qui plie mais ne rompt pas. Ou comment se retrouver en un « couic » de guillotine des Champs Elysées au Tartare. Etre entarté, à côté, c’est du gâteau.

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commentaires

Désirée 16/04/2009 14:56

Je te rassure Cla: je suis contre la violence aussi. Contre la peine de mort. D'ailleurs il y a peu j'ai visionné sur la 5 un reportage-docu sur l'abolition de ladite, qui n'a fait que me conforter dans l'idée que j'avais que c'était monstrueux. C'est juste dommage qu'on soit si peu dans ce cas je trouve non? Je veux dire par rapport à la violence "ordinaire". Quand à la cupidité, l'avidité, tout ces qualificatifs moches de l'humain qui veut tout pour sa poire et crève mon frère, bin ça me fait juste un ulcère et vachement grincer des dents. Mais à part leur reprendre ce qu'ils ont volé, et qui me parait être le minimum, ou les fesser cul nu en place de grèveS, je ne vois pas ce qu'on peut faire étant donné que les puissants c'est bien connu, sont copains comme cochon et s'entre-protègent.

Clarinesse 18/04/2009 11:56


T'inquiète ! Je ne te soupçonnais pas de tendances sanguinaires (quoique, d'après ton post récent, nous aurions semble-t-il lcertaines idées en commun...) :)


Désirée 15/04/2009 18:47

Aaaah! Enfin! J'ai craint le pire, ravie que tu ne nous ai pas quitté! :)Pour ce qui est de la crise, je me demande si les médias n'en rajoutent pas pour faire monter l'angoisse et la psychose. Par exemple, notre petit garagiste qui peu à peu se fait bouffer par les grands, nous expliquait qu'il a vendu deux ouatures. Une en décembre, l'autre en février. Les acheteurs ont dû attendre trois mois voire plus, motif: il n'y en avait pas en stock. Or ne nous montre t'on pas à la téloche des parkings remplis de véhicules soi-disant invendus?? Ne nous mainpulerait-on pas un tantinet, histoire de stresser le petit peuple et de faire passer diverses pilules? genre le travail le dimanche? pour ce qui est du "volontariat" quelle fumisterie! Il suffit de discuter deux minutes avec les vendeuses et autres caissières pour comprendre que leurs directions ne leur laisse pas le choix. C'est travailler le dimanche ou la porte. Et j'avoue que je ne regarde plus la matinale en avalant mon petit-déj' parce que je vais me faire un ulcère à force de m'énerver. Parce que quand même, il y a des baffes qui se perdent. Mais ce qui m'effraie ce sont ces changements que l'on fait en douce, et qui vont profondément modifier notre société françoise. Liquidation des juges d'instruction et à terme justice à l'américaine où on se souciera moins de justice que des qualités oratoires d'un avocat forcément très cher. Les riches seront blanchis comme leur pognon, les pauvres seront d'office condamnés, c'est ce que l'on constate dans les prisons américaines: elles sont surtout garnies de gens qui n'avaient pas les moyens d'avoir un ténor dans le prétoire. L'hôpital public qui a ordre de devnir "rentable" , notre précieux système de santé mis à mal etc etc. En fait si tu observes froidement la situation, tout se mets en place pour un retour en arrière, et où la fameuse bourgeoisie de 1789 reprendra tout ce qu'elle a dû céder sous la force de la rue depuis.Mais que les nantis n'oublient pas qu'il existe de l'anti-rouille pour les guillotines...

Clarinesse 15/04/2009 21:54


1°) D'abord, ravie de te retrouver. Oui, ça faisait longtemps. Vais faire un 'tit tour par chez toi.
2°) Pour le "volontariat" du travail le dimanche, bien d'accord : purement factice, l'organisation du boulot dans une PME ne doit laisser que très peu de latitude au choix des employés.
3°) Pour ce qui est de la réalité de la crise, en revanche, je crains qu'elle ne soit effectivement grave (voir la suite de la fameuse série que j'ai lâchement laissé tomber un temps, mais
sur laquelle je suis en train de retravailler.)
4°) Mais cela n'empêche que tous les moyens sont bons, prétextes fallacieux ou conjoncture réelle, pour plumer davantage ceux qui ne peuvent pas échapper à la basse cour.
5°) Pour ce qui est de l'exécution des nantis, que ce soit à la guillotine ou en "pendant le dernier banquier avec les tripes du dernier patron", je trouve cette violence-là aussi abjecte que la
violence et l'injustice sociale qu'elle prétend résoudre : c'est un exutoire à la haine et à la colère. Pas une solution, pas une justice. Je comprends cette haine, je comprends cette colère
(cf ma réponse à Dom. Boudou), mais y céder n'a jamais rien résolu : juste confirmer les survivants qui possèdent encore qqch d'élever, dès que le calme est revenu, des barrières encore plus
hautes, et de maintenir des inégalités encore plus larges pour assurer leurs arrières et tenir à distance cette plèbe synonyme de chaos. Un cercle vicieux.


Slevtar 14/04/2009 14:57

C'est vrai que depuis quelques temps, on ne guillotine plus. Mais les coupes sombres, elles ... aujourd'hui, c'est le phrygien bonnet qui tombe au fond du caddy.
Brave Marianne, tête nue s'en retourne au piquet, tandis que de l'estrade 20 pipos lui  susurrent "elle a des oreilles d'âne, elle a des oreilles d'âne ".

Clarinesse 14/04/2009 19:55



Ah, vous aussi vous trouvez que les mythes hellènes n'en finissent pas de réinventer l'actualité ?
Z'avaient tout compris, ces Grecs !
Très percutante, votre petite saynette.
PS : Votre commentaire est le 1415ème de ce site. 1415, Azincourt. Normal que votre flèche fasse mouche.



Hozan kebo 13/04/2009 20:03

tronçonner un roseau !!!yeaap ! j'adore cette expression , et le geste dans ce qu'il a de vraiment excessif ! mais c'est très très politikekoligikement incorrect ça ! halte au massacre des bébés roseaux ! gardarem lou roseaux ! un seul roseau nous manque et tout etc ....

Clarinesse 14/04/2009 00:42


Arfff ! :)) C'est fou ce qu'on peut faire dire à un roseau.
Et ce n'est pas le malheureux Midas qui nous contredira, lui qui l'apprit à ses dépens.


brigitte giraud 13/04/2009 12:10

Touchée au coeur, Clari !Merci à toiet à Ayron

Clarinesse 14/04/2009 00:41


Y a pas d'quoi ! "My pleasure", comme disent les britanniques désuets. :)


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