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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 23:10

Prologue :

Euh (timide regard lancé sur la salle à travers un petit pan de rideau rouge vaguement soulevé)
Y a encore quelqu'un ?
Ah ben oui ! En fait, c'est sur la scène qu'y a plus personne, mais il reste encore quelques fauteuils occupés. Tenir un siège malgré une telle disette, cela requiert un héroïsme à saluer, une fidélité à confondre l’incrédule !  Permettez que je m’incline.

C’est vrai, quand même, s’en aller en douce, s’arrêter de causer sans même prévenir que le spectacle est fini, et vous laisser en plan comme ça, c’est vraiment pas des manières !
Je vous prie donc humblement d’accepter les plus plates excuses qui se puissent trouver sous le sabot d’un percheron.
Sans vouloir vous importuner, auriez-vous encore deux minutes à me prêter (je vous les rends tout de suite) pour entendre les raisons de cette désertion impie ?


Bulle 1 :
Bon, et d’une, comme le disait Mâme de K,
« me suis perdue dans une faille de l’espace-temps ».
Y a un peu d’ça. Peux pas tout faire.
Cinq papiers sur papier, justement, chaque semaine, ça en fait autant de moins sur écran.
Sans compter qu'il ne faut négliger personne.
Si je possédais ce divin don de ne pouvoir dormir que quatre heures par nuit, tout irait bien. Mais là, ça suit pas.


Bulle 2 :
Et puis, j'voulions tout fermer (pas effacer, juste arrêter). Mais pô possible. Vous m'manquez trop.
Mais quand on ne contient plus qu’une substance aussi amère que chicorée, mieux vaut la fermer que de risquer de la répandre dès qu’on l’ouvre. Et de deux.
Pourtant, j’avais suivi les conseils avisés de tout le monde : quand de vilaines idées illisibles vous travaillent sans l’autorisation de votre bon sens, vous les couchez bien gentiment sur le clavier, (comme ça, voilà, bordées dans les draps frais de la page blanche), et puis vous les laissez reposer dans un tiroir en attendant que ça s’endorme. Tu parles ! Ca fait des mois que ça gigote au fond de ce casier, que ça s’agite, que ça cogite, que ça grignote. Que ça empêche d'écrire autre chose (écrire vraiment, pas gratouiller sur commande). Comme si mettre en conserve une idée noire pouvait lui permettre de s’évaporer ! On ne vous a jamais expliqué que la conserve conserve tout ? Même le goût de l’amertume, même les vitamines de la déprime ? Ben non, pour que ça s’évente, faut aérer, faut publier. Mais c’était pas possible comme ça ! Ben trop noir, ben trop âpre ! J’ai tout essayé pourtant : le laisser exposé aux premiers rayons du soleil printanier pour l’éclaircir un peu ; le passer à la Javel, le dire à personne. Non, rien à faire, pas moyen que les ténèbres dégorgent un peu. Alors voilà, ne pouvant ôter le noir, j’ai un peu retaillé, histoire d’enlever là où l’obscur faisait vraiment trop tache : ce qui nous donne la fiction suivante, que vous êtes priés de lire sans vous énerver contre l'ouvreuse. [...demain, pour vous laisser le temps de saisir que l'entracte est fini]


Bulle 3 :
Meuh non, c’était une farce. Tout va bien.
C’est juste que dans la famille, on a toujours aimé faire des blagues, pour le premier avril.
Quels boute-en-train, tout de même ! Tenez, par exemple, il y a cinq ans, le père de votre dévouée servante, chéri comme il se doit par sa fille adorée, eh ben le 1er avril, hop, enterré, qu’il fut ! Qu’est-ce qu’on a ri, mais qu’est-ce qu’on a ri ! Bon, c’est sûr, il y eut une légère erreur de timing : trois mois et demi avant la naissance de son premier et seul petit-fils, c’était pas franchement le moment rêvé, mais ça n’a pas empêché de le saluer avec les honneurs recueillis que personne ne songeait à lui contester.

Post scriptum :
Et non, je n’oublie pas la suite de la série économique. Mots promis, mots dus.
Mais fallait d’abord assainir le réseau avant de rétablir la connexion.

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Published by Clarinesse - dans Epistolaire
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commentaires

madame de K 03/04/2009 10:10

http://www.deezer.com/track/1591121

Clarinesse 04/04/2009 17:39


Yess ! Merci, j'adooore ce morceau !


Arthémisia 02/04/2009 17:22

Chacun fait comme il peut pour affronter les farces de la vie...http://corpsetame.over-blog.com/article-29198898.htmlDrôle de comédie....

Clarinesse 02/04/2009 21:48


Oui, drôle de comédie. "Le diable en rit encore", comme dirait l'autre.


hozan kebo 02/04/2009 10:39

ah la belle fin  ! calencher un 1er avril quel magnifique pied de nez à la mort et quelle magnifique preuve d'affection pour ceux qui restent : sont obligés de quand même rire un peu (même en pleurant) .

Clarinesse 02/04/2009 21:47



"La belle fin" ? Non, je ne dirais pas vraiment ça. Peu lui aura été épargné. Il ne s'en est pas vraiment allé comme il l'aurait rêvé.  Et quand on part à l'improviste
comme ça, moins de 4 mois avant de découvrir le petit fiston tant attendu, alors qu'on aurait fait le plus adorable des grands-pères, j'avoue que la plaisanterie ne déclencha guère l'hilarité.



augenblick 02/04/2009 10:28

Au risque d'être saisie (par le froid ? :), je venais parfois glisser un œil dans ton courant d'air. Je suis également contente de ton retour : en avril, tiens le fil !De très bonnes nouvelles pour moi qui viennent clore presque trois années extrêmement difficiles, alors je te souffle un filet d'air chaud.

Clarinesse 02/04/2009 21:34


Ah, c'est vrai aussi ? Touchée, beaucoup. 'solée, vraiment, de ce silence bien impoli.
Et ravie, surtout, d'apprendre que de lumineuses nouvelles te fleurissent le chemin.
Bonne année en perspective, donc. Cheers !


Ayron 02/04/2009 09:55

Merci Dame Clarinesse de nous donner de vos nouvelles, même si vous nous faites des frayeurs, des pitreries et des poissons d'avril sur ce ton doux-amer pour lequel on vous aime. Belle journée ensoléillée sur votre table de travail !

Clarinesse 02/04/2009 21:30


Merci à vous, Sieur Ayron. Le doux devrait reprendre le pas sur l'amer. Suffit de retrouver pied (et plume). Oui, ce fut une belle journée ensoleillée, et il y en aura d'autres.


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