Partager l'article ! Un massacre en intermède, ça vous dit ?: (Où l'on constate que l'introduction ne vise qu'à tromper la confiance de l'innocent lecteur et ...
(Où l'on constate que l'introduction ne vise qu'à tromper la confiance de l'innocent lecteur et à
perfidement l'égarer sur une piste qui n'a rien à voir avec le sujet.)
L'athlétisme a toujours entretenu avec ma modérément bonne volonté des rapports aussi distants que circonspects. A l'âge où, comme tout le reste du bataillon, il me fallait consacrer deux
heures hebdomadaires de mon précieux temps à cette infâme et suante activité qu'est le sport en salle ou en stade, je contournais les haies au lieu de les sauter, et j'attendais que les autres
soient arrivés avant d'entamer le 100 m.* Se ruer en même temps que tout le monde, quelle faute de goût, tout de même ! Ce qui n'a rien à voir avec la solitude fort appréciée du coureur de fond
ou du marcheur au loin que je ne boudais point.
(* On voudra bien pardonner une légère distorsion hyperbolique des faits destinée à mieux servir les besoins de la démonstration. Image même de la docilité la plus policée, jamais je n'ai fait
tourner en bourrique aucun professeur, sauf en songe.)
Car l'athlétisme, comme la cuisine et un certain
nombre d'activités que requiert habituellement l'exercice commun de ce qu'on a coutume d'appeler commodément "la vie", impose un certain rapport au temps, qui consiste à courir plus vite que lui, ce qui n'est pas toujours des plus plaisants.
Je préfère nettement le temps passé, qui, lui, a l'obligeance de bien vouloir ne plus bouger et se prêter à une paisible observation de ses agitations désormais révolues.
On aura ainsi déjà remarqué que je goûte fort l'Histoire et les dates dont l'humanité eut la bonne idée de parsemer son parcours pour que les générations suivantes ne perdent pas trop sa
trace. Mais je trouve toujours le moyen, pour en parler, d'observer un léger décalage afin de ne point mêler ma singulière voix au tumulte de la foule.
C'est donc toujours une fois que tout le monde a fini de causer, une fois même que tout le monde a déserté les lieux que je l'ouvre enfin. De préférence quand plus personne n'écoute, car déjà
occupé à vaquer à d'autres affaires courantes.
Car rappelez-vous : après avoir évoqué le 2 décembre le 3, nous allons maintenant parler du 14 février le 15. Et même
le 16, eu égard à l'heure tardive de la mise en ligne de cette page.
Juste pour rappeler que la Saint Valentin de 1349 fut aux Juifs ashkénazes de Strasbourg ce que la Saint Barthélemy de 1572 fut aux Huguenots parisiens : un sympathique massacre où furent brûlés
vifs des milliers de ces empoisonneurs de puits responsables de la terrible épidémie de peste noire qui ravagea l'Europe à l'époque. Laquelle toucha la ville plusieurs semaines après la
purge, preuve indéniable que les coupables avaient été judicieusement choisis et justement châtiés.
La seule différence entre ces deux massacres demeure que le second fut assez isolé dans l'histoire des protestants pour qu'il en devienne un indélébile emblème, alors que les seconds n'ont que
l'embarras du choix pour célébrer ce genre de festivités :
- entre les Croisades (point n'est besoin d'attendre la Terre Sainte pour chasser l'infidèle, puisqu'on en trouve installés au beau milieu de l'Europe rhénane et qu'il n'est pas inutile de
se dégourdir l'épée en chemin.)
- les crises économiques (encore elles) où le plus sûr moyen de se débarrasser de ses dettes consiste à supprimer ses créanciers.
- les meurtres d'enfants non élucidés et forcément attribués aux tortionnaires du Christ
- et les épidémies où se mettre d'accord sur un bouc émissaire commun évitait avantageusement à la vindicte populaire de se disperser dans une pagaille des plus menaçantes pour l'ordre
public.
C'est, entre autres détails pittoresques, ce qu'on pouvait apprendre dimanche dernier sur Arte, après le revisionnage
d'Ivanhoé (on ne s'en lasse pas), dans une belle mise en perspective de l'histoire médiévale des habitants du "Schum", les trois grandes villes de la vallée du Rhin où
prospérèrent, entre deux saignées, les communautés de Spire, Worms et Mayence.
Et "carouiller", c'est un mot du Sud Ouest ? Le connaissais pas non plus.
Loïs >> ça veut dire quoi "carouille" ? (j'ose même pas imaginer...)
M'enfin pas toujours, heureusement...
à me consacrer au temps...de ces divertissments.
En tous les cas tu as de saines préoccupations nocturnes.
Le passé n'est pas que du passé, il est aussi mémoire qui se remplit ou se vide comme une passoire.
Remonter dans le tien c'est à "oxymorer" : du style pleurer de rire, ou, elle est bien morte vivante.
"Wanted" Robin des Bois...désespérément.
AH QUE CERTES OUI ! et même oh que diantre oui ! pour tout ! "l'infame et suante activité" sportive , le non franchissement des "haies" imposées " etc etc ...
mais aussi cette proposition : ne faudrait-il pas être athéiquement athée - même de tout athéisme - ?
(croyances et athéïsme ne sont -ils pas de ces sortes de "haies" imposées qu'on a envie de "contourner"
et aussi cette deuxieme proposition : tous les grands massacreurs (et les petits itous) (et , remarque non inessentielle , les "traders"and allii) ne sont ils pas tous obsédés par ces dites haies?
Grand merci de pointer du doigt cette proximité.
Comme quoi mes circonvolutions antisportives du début pour amener aux guerres de religion n'étaient point si insensées qu'elles ne semblaient.
L'athlétisme comme religion athée, ferveur post religionem.
Le stade comme successeur des cathédrales, ça s'est dit et ça se tient.
Enfin, tant qu'à mésuser de sa cervelle, mieux vaut courir après une baballe que de se trucider au nom de ce que votre ami Dieu vous a expliqué au creux de l'oreille à vous et pas à ceux du clan d'en face.
Alors comme ça, derrière la zentille fête des namoureux se cacherait un massacre que l’histoire a oublié ? Comme probablement derrière toutes les célébrations, car l’humanité (avec un tout petit « h ») a commis bien plus de 365 grandes tueries…Ainsi, sous chaque anniversaire, évènement ou autre joyeuseté, se cache un goût de cendres froides, de pogrom ou de sang qu'on n'évoque pas souvent...
Merci donc à Dame Clarinesse de réhabiliter ce fragment de mémoire, cette part d’ombre et de souffrance enfouie dans cette belle région d’Alsace. Décidément dans vos heureuses pirouettes syllabiques, il y a bien plus que de la littérature, de l’esprit et du coeur.
Dorénavant, quand j’offrirais des roses, j’aurais aussi une pensée pour les sépultures qu’elles auraient pu fleurir. Carpe diem.
J'aime beaucoup votre dernière formule, avant le carpe diem. On ne saurait résumer avec plus de concision le paradoxe. Merci.
Quant aux femmes si femmes elles le sont (Cla je sais...y a pas de doute) bien.. qu'elles enlèvent leur particule...Il y en a qui pour moins sont passées à la guillotinne.
Quant aux plus anciennes et nobles visiteuses assidues de ce site, c'est vrai ça : je n'avions point remarqué qu'elles étaient à particule toutes deux !
Bah, ça vous a une petite classe surannée point du tout de mauvais aloi.
Pourquoi voudrais-tu donc qu'elle s'en débarrassent ?
A propos, saviez-vous qu ' "aloi" signifie "à l'ouïe" et qu'une monnaie de bon aloi est une pièce qui sonne bien à l'oreille quand on la fait choir sur la pierre et qui a donc des chances d'être en métal précieux.
Voilà, c'était la minute nécessaire et néanmoins encyclopédique, en hommage à l'une de ces gentes dames particulées.
Sans oublier les disparitions d'enfants qui donnaient l'occasion d'une bonne razzia, jusqu'à la rumeur d'Orléans. Quant aux pogroms en terre russe, une histoire à la fois autre mais aussi la même. Enfin, moi j'aime bien la Saint Valentin et sa petite tarte à la pâte d'amande en forme de coeur, recouverte de gelée à la framboise rouge rubis.
Je l'ai oubliée dans ma liste, et m'en vais la rajouter.
As-tu vu les documentaires aussi ?
2°) C'est chouette, ce que racontent les grands-mères.
3°) Pour la Saint Valentin, nul gâteau ne se refuse. (voir réponses suivantes si affinités...)
Bon, ben en tout cas, moi j'aime bien la st Valentin avec ses coeurs rouge sang, ses roses rouges sang, et tout l'attirail (commercial, oui, oui) des amoureux qui se pâment d'aise, confits dans leurs amours guimauve. Mais l'important "gît dans le détail", le trébuchement d'un homme avec un bouquet de fleurs à la main ou un ptit paquet de rien, un livre tout aussi bien emballé pour la circonstance, un "truc" qui se déplie comme un ruban de tendresse. Dire ça, je conçois que ça fait pas bon genre et suranné peut-être, en ces temps des mots nomades. Les hommes ont des histoires, à vivre aussi dans le repli de leurs émotions, des ptites beautés déclinées... Bon facile tout ça, d'accord ! Une peau de banane où me ramasser vite fait ! Mais flûte, moi j'aime bien qu'on me dise qu'on m'aime.
"-Je t'aime, lui dit-il l'air énamouré, et toi ?
- Oui, moi aussi, je m'aime ! répondit-elle tout aussitôt." C'est drôle, non ?
Ce que tu dis de l'effort sur soi que requiert le fait d'aller vers l'autre avec un cadeau et ces fameux trois mots qui semblent à tant si impossibles à prononcer, oui, c'est touchant, très,
et il y a bien un peu de snobisme à snober toute fête. C'est le convenu, le commercial, le "je fais semblant aujourd'hui parce qu'il le faut bien alors que les autres jours, rien", qui insupportent. Mais parer un jour de la beauté vibrante d'un sentiment, yes.
Quant à la chute, il y a de ça, oui. Quel amour peut se dire parfaitement exempt d'une once de narcissisme ? D'ailleurs, quelqu'un qui ne s'estime pas aimable, qui ne s'aime pas du tout est impossible à aimer. L'ai mainte fois vérifié.
Me rappelle aussi cette anecdote de Desproges rapportant qu'un jour, il reçut un coup de fil de Brassens pour qui il avait bien sûr une admiration fort respectueuse et qui l'honorait de cet immense compliment :
"J'aime beaucoup ce que vous faites.
- Ah ? Merci, oui, moi aussi, j'aime beaucoup ce que je fais."
La St Valentin : un massacre pour ceux qui ne sont pas amoureux.
Comme Noël, pour ceux qui n’ont pas de Père Noël.
Comme chaque anniversaire, quand on a passé l’âge.
Toute fête est massacre quand on n’y est pas (plus) invité.
Tu parles d'or, Arthémisia Chrysostome.
Toute fête est massacre quand on n’y est pas (plus) invité.
Ah bon ? Meilleur que Guillaume Tell et Roin des Bois ?
N'y aurais pas risqué ma pomme, toutefois.
Vous avouerai-je que je n'ai même pas lu le roman de Walter Scott, et qu'Ivanohé,
en dehors des yeux de Robert et d'Elizabeth, je n'y connais pas grand chose d'autre que la vulgate en technicolor. C'est mal, je sais.
Les massacres roses, ceux qu'on fomentent avec des bouquets...sont les pires, parce que les plus sucrés.
Aïe, il y avait des épines sur les roses !
Ces supplices-là en font partie. Mais je crois que je les préfère quand même aux bûchers et aux tenailles des geôles de pierre.
me too!
Voui, je ne serais pas bien vaillante au milieu d'objets tranchants, brûlants ou écartelants.
Pas de l'étoffe des héros.
Mais il est des tas de contre exemples, et ce que tu dis des passeurs est juste.
J'ai envoyé un commentaire -hyper intelligent!!!-et l'est parti dans la blogosphère. Tant pis, ce n'est pas grave !
Arthémisia, c'est vrai que ces rituels sont idiots et peuvent même faire mal, c'est dire si c'est idiot. Ne te laisse surtout pas submerger par ces encombrements, glisse sur eux comme la peau d'un toboggan...
Lenteur passagère. Je confirme : hyper intelligent, le commentaire.
Ah ben non, le message-hyper intelligent- est arrivé ! Enfin, hyper intelligent, c'était juste pour dire quelque chose !!!
Mais ne tout cas, ne pas se blesser à des épines de roses, ni à rien du tout d'ailleurs. Encore que Blanche-Neige en a récolté quelques nains sympatoches et un prince improbable. Est-ce que c'était Blanche-Neige d'ailleurs ? Petit Pierre va m'éclairer là-dessus... Comment va-t-il d'ailleurs, ce petit prince ?
http://instant-present.over-blog.com/article-27956782.html
Mais comme tu dis, gardons circonspection.
j'avais réellement lu "athéisme" !!!! l'effort sportif m'est mentalement si étranger que je ne suis même pas capable de lire correctement les mots qui s'y rapportent !!!
quand il est écrit "foot ball" je lis Fou Debö Leu" et je pense immédiatement que c'est un de ces chers vieux poètes Tang !
et "rugby" devient illico "Ruby" , my dear évidemment !
On pardonnera l'mpropriété de "calami". A cette heure, on ne refuse pas les jeux de mots qui se présentent, même boiteux.
Sinon pour l'athlétisme, pareil. Devant les haies mes genoux à moi m'ont toujours jouer des tours de cochons.
Vi, vrai que des yeux comme ça, ça vous embrase plus sûrement que le bûcher, et que l'autre, à côté, bof, bof.
Mais l'était pas insensible. Seulement pouvait pas trahir son amour d'enfance et d'absence, quand même. M'enfin, c'que j'en dis...
Mais ce qui m'émeuhh le plus dans c't'histoire, c'est l'amitié qui unit les deux femmes malgré leur rivalité, et la grâce avec laquelle Liz s'efface après sa "défaite", sans rancune et sans lutte. C'est beau. "Et ça me fend le coeur". (avé l'assent de Raimu).