Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 22:33

... Et pourtant, l’autre soir, le miracle se produisit. La montagne alla à Mahomet et l’économie vint à moi. Les yeux étincelants d’étoiles, le sourire béat du converti ébloui prêt à étreindre son sauveur, j’eus la Révélation. J’ai approché l'un de ceux que les francs-maçons appellent les Illuminati,  « Ceux qui Savent ». (simple métaphore pour désigner un brillant universitaire, je précise, des fois que...)
Néanmoins, quand je m’aventure sur un terrain aussi mouvant et inconnu pour mon faible appareil théorique, je garde mon esprit critique aussi éveillé qu’une lampe torche en pleine randonnée sylvestre nocturne, aussi serré dans un coin de ma cervelle que les cailloux dans le poing du Petit Poucet, guettant dans le public les éventuelles réactions sceptiques de ceux qui me semblent en savoir plus long que moi sur le sujet, et surtout, me fiant un peu à ce que je crois percevoir de l’intelligence et de l’honnêteté du personnage ; de son histoire, aussi, celle d'où est né son point de vue plus général sur la société.

Alors voilà : la vérité est ailleurs. (Et non, je vous prie de croire que je n’ai jamais regardé plus d’un épisode d’ « X Files - Aux Frontières du réel », un soir d’égarement, il y a bien longtemps. La réalité me semble bien assez riche et complexe comme ça sans éprouver le besoin d’aller faire joujou avec des forces occultes quelconques qui amusent les bambins à l’âge d’Harry Potter. Jamais eu aucun goût pour l’ésotérisme et la science fiction. Pour aucun de ces deux termes, en réalité. Préfère l’art et la poésie à la science, et le vrai à la fiction. )
Mais il suffit de changer d’échelle et de référentiel, et tout apparaît sous un jour nouveau. Comme ce fut le cas avec la révolution copernicienne, avec les géométries non-euclidiennes, la théorie de la relativité ou la physique quantique. Et les économistes qui mènent le monde aujourd’hui n’ont pas encore fait leur révolution copernicienne. C’est un brin inquiétant.
Car oui, mes bien chers frères, j’ai rencontré le Copernic de l’économie. Et j’ai même pu causer avec lui, avant et après sa conférence, armée de mon petit bloc notes et de ma toute neuve petite carte de presse, et même dîner dans la brasserie la plus chic de la ville (enfin, je suppose, j’avais encore jamais vu une salade aussi chère !). Ouais !
Et je puis vous le dire, les enjeux sont ailleurs. Il ne s’agit pas d’alimenter les peurs millénaristes dont Hollywood se repaît, de nourrir de risibles psychoses fondées sur de fumeuses théories du complot : la réalité est hélas moins mélodramatique et plus tragique. Il s’agit plus prosaïquement d’incompétence ; d’une impasse théorique dans laquelle s’enlisent nos élites, prisonnières d’une idéologie aussi symétriquement utopique que le marxisme : le libéralisme, la croyance religieuse dans les vertus d’un dieu - marché qui s’autorégulerait par miracle, alors même qu’il est en crise permanente depuis 40 ans.
Ca, tout le monde le sait. Mais une fois qu'on a nommé la maladie, on est tous aussi avancés que les médecins de Molière avec leur latin de cuisine : ouiche, et les remèdes, alors ?
Car il existe pourtant des alternatives économiques fondées sur une bonne compréhension de ces mécanismes fluctuants dans lesquels est pris chaque acteur économique, de l’individu à la banque, des matières premières aux produits financiers. Et il est urgent de les explorer.

Reprenons donc depuis le début.
Le libéralisme est l’application aveugle de ce principe énoncé au XVIIIème siècle par le visionnaire Adam Smith, leur père à tous : «  La somme des intérêts particuliers bien compris aboutit à l’intérêt général. » Et vogue la galère. Le seul menu problème, infime et négligeable détail, c’est que tous ces libéraux néoclassiques qui constituent la quasi-totalité de nos élites oublient la deuxième moitié de la phrase : « La somme des intérêts particuliers bien compris aboutit à l’intérêt général… si et seulement si les différents partenaires sont à niveau de développement égal. » Oups, y aurait pas comme une erreur avec la dérégulation des rapports sociaux, les délocalisations sauvages et la mondialisation débridée ?

... To be continued

Partager cet article

Repost 0
Published by Clarinesse - dans Ecolonomie
commenter cet article

commentaires

Sylvaine 04/02/2009 12:22

Encore le chiffre... 7 ? C'est le bâton qui fait avancer la carotte...je préfère les sucettes édulcorées. Mama Mia...Tu me fais penser à Pascal " Je n'ai fait celle-ci plus longue que parce que je n'ai pas eu le loisir de la faire plus courte"Sacrée provinciale !

Clarinesse 15/02/2009 22:52


Ah bon, c'est de Pascal ? Je la croyais de Voltaire. Mais peut-être le second l'a-t-il empruntée au premier ? Il est des sujets qui inspirent concision, d'autres qui rendent prolixes...
Mais ne suis provinciale que d'adoption... :)


Ayron 04/02/2009 08:37

Point du tout, Dame Clarinesse. Il s'agit juste de premier degré avec une vraie histoire de pommes arrivée la semaine dernière et qui m'inspira cette petite oraison à la malheurereuse bête qui aurait pu vivre ignorée etc.... Je ne permetrais jamais, comme vous vous en doutez, de critiquer celles qui soulèvent les voiles... fût-ce même de la chose économique. ;-)

Clarinesse 15/02/2009 22:49


Ah, en si c'est qu'une histoire de pommes, alors, la mienne s'en trouve rassurée.
Quant à la morale que j'avais cru pouvoir lire, je la recevais comme un conseil amical, donc fort sereinement... :)


hozan kebo 03/02/2009 19:54

l'économie dévoilée ????AH  ! SHOKIN !  (voire : "schocking!" ) (ou même : "Cho King!) cachez ce sein que je ne saurais voir !ou plutot : masquez ces bourses qui débordent de votre vieux slip à poche dite "kagourou"

Clarinesse 04/02/2009 00:03


Non mais !!! Qu'est-ce que vous avez tous ? Après Madame de K sur "le blogueur qu'a pas tout à fait explosé finalement", vous aussi vous tenez absolument à ce qu'on garde caché ce qu'on ne saurait
voir ?!
Mais j'ai jamais rien montré, moi ! Point ici en tous cas ! 
Bon, après tout, il est bien possible que la série comporte sept épisodes :
elle pourrait donc être rebaptisée "De re economica ou la danse des sept voiles de la chose économique."


Ayron 03/02/2009 16:26

Rien à voir avec l'économie, quoique...          Les pommes et la sourisUn jour, dans une cave une souris arrivaDe la chaleur et un plein cageot de pommes trouvaChaque matin, une pomme entière elle croqua, ni pépin, ni peau, comme si elle n’existait pasC’était le paradis : l’habitant de lieux ne la remarquait pasMais, devenue gourmande, un soir elle en remangeaLaissant un trognon, mieux qu’une trace de pasL’habitant s’en offusquaEt une tapette à souris, il achetaChouette, du fromage ! Ca me changeraDit l’ingénue qui bêtement s’y trompaLe lendemain, dans une poubelle la malheureuse se retrouvaPour n’avoir pas su rester modeste ici-bas

Clarinesse 03/02/2009 23:56


[Grattement de crâne perplexe et petit toussotement]
Le monsieur ne serait-il point en train, par cette fable animalière aux dehors débonnaires, de mettre en garde la scribouillarde contre les dérives d'un périlleux péché d'orgueil ? Non ? Si
?
Ben quoi, fallait bien élever un peu la voix dans l'épisode un pour réclamer le silence et attirer l'attention sur un sujet en soi des plus soporifiques. Non ?
Et puis, quel mal y a-t-il à vouloir percer les voies trop rarement pénétrées de la providence, à vouloir se glisser entre les divinités chiffrées pour comprendre un peu leurs secrets ? Vais pas
toujours rester assise au coin du feu à conter ou écouter fleurette. Vais à la guerre, comme les gnommes.


EvelyneJ 03/02/2009 08:40

Belle découverte chez Krapoarboricole ! Il me reste encore beaucoup d'articles intéressants à lire. Je mets votre site en lien sur mon blog pour me permettre de revenir plus facilement.Au plaisir de vous lireEvelyneJ

Clarinesse 03/02/2009 23:48


Ah ? ben merci, alors ! Le choc thermique entre les opulentes forêts de Krapoarboricole et l'austérité de ces pages ne fut donc point si traumatisant qu'il vous fît vous sauver à toutes jambes ?
Ouf ! Et bienvenue. :)


Cahiers Brouillonnants

  • : L'oeil du vent
  • L'oeil du vent
  • : Méditations métaphoriques et pensées en tous sens : philosophiques, esthétiques, poétiques, écologiques et bricoleuses.
  • Contact

Cahiers de l'aube

1°) Window : nom anglais de la fenêtre. Etymologie : 
de l'ancien saxon Wind Auge,
l'oeil du vent.

2°) Les métaphores, c'est comme les collants. 
Ca file vite si on n'y prend pas garde.

3°) - Métaphore et crie-toi. (d'après Luc)

Recherche

Chat échaudé...

Archives

Clarinesse ?

Pour la quête 
de clarté dans la langue,
de musique dans la voix.