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28 décembre 2008 7 28 /12 /décembre /2008 00:58
Photo : Copyright Sylvaine Vaucher  (Merci)

Partir de la détresse. Colorer peu à peu les ténèbres.
Plutôt que secouer l’éploré, le bercer doucement.
Et murmurer dans ses cheveux du bout des lèvres
Sur son front sinueux, dessiné de tourments.
Ne pas braquer le projecteur d’une énergie vive et braillarde,
D’une joie indécente sur des yeux qui ont vu la camarde
Et depuis leur retraite, imprégnés d'inconscience
Ne connaissent plus que la pénombre et le silence.
Entrouvrir les volets, animer l’air trop gris
De quelques notes à peine audibles, de la douceur de l’empathie.
Et l’effleurer de sa présence, souffle clair et léger.
Etre là, tout regard, toute écoute, mais prêt à s’envoler.
Tout plutôt que peser, tout plutôt qu’envahir. S'effacer.
Et après, seulement, retrouver les rayons éclatants hors l'abîme,
Les accords, là, majeurs, des espaces désertés du sublime.

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Published by Clarinesse - dans Echappées poétiques
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commentaires

Ayron 30/12/2008 18:07

Subtile ode à la délicatesse, mode d’emploi :
A copier et coller en un lieu accessible. En cas d’inondation briser la glace et mettre en application en respectant scrupuleusement les doses prescrites.
Gros nounours en tutu rose éventuellement tolérés ; machos, fiers à bras et messieurs-je-sais-tout s’abstenir.

Clarinesse 31/12/2008 10:39


 :))) Excellent, j'adore les modes d'emploi !


Martin Cadeau 30/12/2008 03:17

Oui, je vous entends, mais vous ne pouvez rien à ce qui se passe quand nous vous lisons, quelle que soit votre perception sur ce que vous nous tendez. Ce que vous nous offrez n'est jamais seulement le dernier de vos billets mais aussi tous ceux dont nous nous sommes déjà régalé; une part à votre façon est la quiche entière, et si nous savons mesurer le goût de chacune notre plaisir est fait d'une dégustation permanente où la table tout entière est d'une exquise qualité globale. Ecririez-vous parfois moins bien que d'ordinaire votre saveur n'en serait jamais affectée, encore une fois vous n'y pouvez rien. Votre talent n'a qu'une faiblesse, celle de n'en avoir pas qui soit ainsi qualifiable.
Doutez donc tant que vous voudrez, nous nous chargeons de nous délecter, même sans vous :)

Clarinesse 30/12/2008 08:01


Comme je n'ai pas trouvé le smiley qui correspond à la bouche bée la plus ahurie qui se puisse trouver, je suis contrainte d'essayer d'exprimer , dans un ordre cahoteux :
a) Ma gratitude, mais ça commence à devenir une vieille habitude.
b) Ma docilité : je sentais bien ce qu'il y avait d'un peu inconvenant à faire la fine bouche devant les mots - cadeaux que vous ou Loïs m'offriez, et ne me risquerai pas à vous contrarier plus
longtemps.
La table est mise, servez-vous, et tant mieux pour moi si votre bienveillance à l'égard de la maîtresse de maison vous dispense de sentir quand c'est parfois un peu trop cuit ou pas assez.
PS : Mais... il est bien tard. N'est-il pas temps d'aller dormir... après un bon repas ?


Arthémisia 29/12/2008 20:52

Puisqu'il faut tout dire, ce texte est extrait d'un des carnets de Hans Hartung, un peintre de l'Abstraction lyrique, dont j'ai vu récemment l'exposition à la fondation Maeght. Etaient présentés quelques pages de ses carnets et cette page m'a intriguée. Elle a été écrite en 1929 et ne sacahnt pas bien la traduire (mon allemand date de mon bac) j'ai appelé Clarinesse à la rescousse.
La seule chose que j'ai faite c'est féminiser la destinatrice du texte (à l'origine Hartung s'adressait à un homme qui aurait maltraité des bohémiens ) ...et pour cause. (Passe chez moi tu comprendras mieux...)
J'ignore dans quel condition Hartung a écrit ce texte si fort....Je cherche vainement des infos.
Bien à toi Désirée et à Cla.
Arthi

Clarinesse 30/12/2008 01:48


Voilà qui est fait ;)


Désirée 29/12/2008 19:47

C'est plus fort que moi. Dès qu'on ose utiliser le mot "chier" dans un poème, j'accours! Je raffolais déjà de Vian qui nous "chie au nez" mais bon dieu ce que cet extrait traduit par la grande Arthi est fort. Je ne connais pas du tout ce Hans mais ça doit être un gars qui n'avait peur ni des mots ni des mouches!

Gougouleee! Au pied!

Clarinesse 30/12/2008 01:48


Je laisse Arthi répondre. :)


martin 29/12/2008 19:09

Votre " tiens, si je faisais une quiche !" dans votre réponse au commentaire de Loïs, même s'il me plie de rire, ne m'empêchera pas de vous féliciter pour votre excellent poème.
Ces deux faces de votre personnalité m'enchantent également, c'est tout vous ça, rien que vous... et c'est magique :)

Clarinesse 30/12/2008 01:47


Martin, merci de cet éloge qui me touche, comme toujours, où vous savez. Mais je n'arrive pas à le trouver mérité, sur ce texte. Parfois, quand on a bien poli une idée, on est content, ça
sonne juste, ça sonne bien, on le sait, on l'entend, et on le donne à lire comme un curé tire sur la corde de sa cloche, sans se poser la question de savoir si son angelus dérangera ou pas le
voisin. Mais là, je ne sais pas, je voulais plus, je voulais mieux. Touchant, peut-être, oui, mais excellent, je ne le vois pas ainsi. Je lis tant de beaux textes ailleurs que parfois, je
ne sais plus bien quelle partition est la mienne, dans cette chorale infiniment mouvante, je ne sais plus où est ma voix, et il me semble que je chante faux, tout en disant juste.


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