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25 décembre 2008 4 25 /12 /décembre /2008 17:45


(NB - titre : latin d’arrière cuisine garanti sans Gaffiot. Avis aux correcteurs…)


Les chats s'amusent et le fils vous apporte une bûche pour que s'embrasent vos foyers (leurs cheminées, seulement, hein, suis pas pyromane...)

Recevant la moissonneuse batteuse qui hante ses rêves et ponctue ses discours quotidiens depuis des mois, petit Peter s’écrie :
 « Je suis si heureux que je pleure de joie. Mais mes larmes sont tellement petites qu’on ne les voit pas. »
Eh oui, ayant entendu dans Le Petit chaperon rouge que la maman pleurait de joie en retrouvant ses descendante et ascendante dans les entrailles de la bête, et ayant aperçu une fois ou l’autre semblable manifestation chez la sienne, d’ascendante directe, Pierre Lapin exprime désormais souvent ainsi le summum de son bonheur et de ses espérances : « Si vous me donnez ce (cochez la case) [ ballon, chocolat, camion, déguisement,… ], je serai teeellement heureux que je pleuuurerai de joie. » Déjà expert en hyperboles, le bonhomme. On fait plus terrible, comme chantage, non ?
Rassurons-nous pourtant, les larmes ne coulent chez lui, comme chez tous les petits n’enfants, que lors des menus ou gros bobos du corps ou du cœur.
Néanmoins, même si je le laisse dire en souriant, j’ai tout de même tenté de lui expliquer que seuls les adultes pouvaient pleurer de joie, ce qui d’ailleurs me plongea dans une certaine perplexité.
C’est vrai, ça, à partir de quel âge est-on capable de pleurer de joie ?
Je n’arrive pas à me rappeler cette première fois-là, me concernant.
Je suppose qu’il faut pour cela s’être déjà mangé un nombre certain de baffes dans la figure, avoir déjà vu plus souvent qu’à son tour son lot de bonheur s’évanouir sous son nez, pour que chaque plaisir un peu intense vous remue les tripes jusqu’à faire déborder le fin fond de tristesse intrinsèque qui y demeure. Une joie pour mille regrets. « Ne me secouez pas, je suis rempli de larmes. » (Henri Calet ; si juste bien que si usée)

Mais nul doute que le nombre d’années auquel on acquiert cette capacité doit être bien plus précoce chez tous ceux qui ont eu le malheur de naître au milieu du chaos ou du dénuement.
Non, décidément, les
Jouailleux Nouillels ont du mal à passer. Trop d’absents.

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Published by Clarinesse - dans Enfantillages
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commentaires

Sylvaine 28/12/2008 19:31

...Dans oui on(t) aurait du fossiliser...une fôte à moi.
J'ai pas d'effroi suis déjà en haut de beffroi...après les cieux et c'est tant mieux.

Clarinesse 29/12/2008 08:59


Joli ! :)


Désirée 28/12/2008 17:13

Bin j'allais écrire quelque chose mais Arthi m'a devancé. Personnellement, je suis affligée d'une émotivité intense complètement incontrôlable, parles-en à mes gamins qui ne veulent plus me voir assister à leurs trucs et machins parce que je pleure comme un veau devant tout le monde, "maman, c'est trop la honte!". Bin oui, qu'est-ce que j'y peux si j'ai une hypertrophie du coeur et des glandes lacrymales?!

Et ton marmot en vérité, montre une belle sensibilité ;)

Clarinesse 28/12/2008 18:24


Pareil !
Quant au marmot, on m'a dit que les chiens ne faisaient pas d'chats, répondit-elle, modeste ... :)


Arthémisia 28/12/2008 16:49

Pleurer que ce soit de joie ou de tristesse, c’est un transport, un voyage à travers l’émotion , quelque chose de l’ordre de l’intense qui ne se contrôle absolument pas.
Je ne crois pas que pour pleurer de joie il faille avoir connu le chaos, ou se projeter dans un futur éventuellement malheureux. C’est une question de réceptivité, totalement innée, une question de profondeur d’âme et bien sûr de liberté car nombreux sont ceux qui par pudeur, éducation, retenue, peur du quant dira-t-on, machisme…n’ose pas pleurer, ne libèrent (le verbe a son importance) pas aussi bien en public que seul.
Pour conclure, ce little Peter, me semble bien parti !

Clarinesse 28/12/2008 18:15


Oui, tu as probablement raison, c'est plus une affaire de sensitivité, de perméabilité, de réceptivité. On est plus ou moins empathique, plus ou moins ouvert, et l'acceptation de sa vulnérabilité
est un courage, quand la crispation du trop costaud est, souvent, une peur.
Mais ce que je dis est trop dogmatique et univoque pour être vrai.
Quant à savoir si little Peter est bien parti, hum, parfois, je lui souhaiterais un entourage plus serein... Mais on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a.


Sylvaine 28/12/2008 11:46

Non je n'enregistre rien. J'écris directement dans le rectangle...tu seras ma postérité. Au fait ...il y a un "thé" en trop dans on...Je vais répondre à Kant !

Clarinesse 28/12/2008 18:04


C'est pas prudent, ça, ma bonne dame !
Mais quand je pense à tous ces trésors de commentaires et de textes à la merci d'un méga bug d'overblog, ça me fait frissonner d'effroi.

ET... un thé de trop dans on ? Où ça ?


madame de K 28/12/2008 09:30

Je crois que pour pleurer, en particulier pleurer de joie, il faut être heureux et avoir peur de devenir malheureux. Les gens qui sont au milieu du chaos et du dénuement ne pleurent pas. Les squelettes vivants des camps de concentration ne pleuraient pas. Un enfant africain au ventre ballonné qui meurt de faim ne pleure pas. Un sdf engourdi par le froid ne pleure pas.
Et comme les petits enfants ne peuvent pas anticiper, anticiper leurs malheurs potentiels, ils ne pleurent pas de joie. Sauf le petit Pierre qui est un petit garçon vraiment spécial (mais il a une mère vraiment spéciale aussi ;-)

Clarinesse 28/12/2008 18:01


1°) Je te rassure, Pierre ne pleure pas de joie. Il rit au contraire de toutes ses dents en disant cela ! Mais depuis qu'il sait parler (à 21 mois il faisait déjà des subordonnées, si, si, et ma
fierté maternelle ne peut se dispenser de le rappeler) il a toujours eu la drôle d'habitude de commenter ce qu'il fait, un peu comme s'il faisait la voix off du film qu'il joue ou s'il était le
narrateur de sa propre histoire. Du style : "C'est très amusant de sauter sur le lit et je ris", tout en sautant sur le lit et en riant aux éclats. Ou alors. "Je mange ces bananes et elles sont
tellement délicieuses que ma bouche se régale." Je t'assure, il cause un peu bizarre, ce fils.
Un esprit de contradiction à toute épreuve : "Non, je n'ai pas soif, répond-il quand on lui tend un verre et qu'il est manifestement assoiffé. Mais ma gorge a soif" se reprend-il avant de l'avaler
d'un trait. Pas contrariant pour deux sous ! Ca peut d'ailleurs aussi être perçu comme un regard narcissique sur lui-même assez insupportable.
Faudra veiller à ça. Mais comme il est aussi très attentif à ce que ressentent les autres, demandant à sa grand-mère "Ca va, tu n'es pas trop fatiguée, là ?", rien de grave.
Et j'arrête de causer de ma progéniture, sinon on va se croire dans un square.
2°) Quant aux pleurs, sûr que c'est un luxe, une dépense d'énergie de nanti que ne peuvent se permettre ceux qui luttent pour leur survie, bien au-delà des émotions, dans la sidération de
l'au-delà du concevable.


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