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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 00:00

 


On sous-estime trop souvent le rôle de l’odorat dans l’écriture.
C’est d’ailleurs insensé le nombre d’activités dans lesquelles notre appendice nasal, minuscule ou péninsule, est requis à notre insu : outre ses fonctions primaires de respiration et d’odorat, on ne peut, sans nez, ni savourer, ni cuisiner, ni causer correctebent ; encore moins chanter, sans parler de tout ce qui réclame un minimum d’implication physique sincère.

Essayez donc de bien doser le sel de vos mots quand vous ne pouvez les goûter.
Essayez donc d’écrire quelque chose de sensé si vous ne pouvez rien sentir, si vous ne pouvez pas identifier le parfum de l’air qui vous entoure.
C’est terriblement frustrant ! Peut-être avez-vous oublié de changer la caisse du chat et vous n’en savez rien ?
Et dans l’abominable angoisse de cette incertitude existentielle, comment faire preuve de bon sens ?

Rhume et plume ne font pas bon ménage.
Si pas un souffle d’air ne filtre à travers vos méninges, je ne vois pas bien comment ladite plume pourrait s’envoler. Alors elle reste à terre, pitoyablement engluée dans la poussière, gisant sur le sol à la merci du premier pied malvenu qui lui aplatirait son duvet frissonnant.

Et puis, la phrase ne peut pas respirer correctement si celui qui l’a fabriquée a gardé pendant tout le temps de sa confection cet air tragiquement benêt que lui confère l’obligation de rester la bouche ouverte pour oxygéner laborieusement ce qui lui reste de cerveau, lequel essaie sans grand succès de surnager au-dessus de sinus délétèrement marécageux.

Le phrasé comme le nez doit avoir du souffle. Quand l’un en est privé, l’autre suffoque, crachote, toussote, cahote. Pffeu, pffeu. D’ailleurs, esprit et souffle ne font qu’un depuis la nuit des temps étymologiques. Et il n’était guère besoin de toutes ces circonvolutions pour achopper sur cette équation linguistique d’une évidence antédiluvienne. Quand je vous disais qu’on en perd le sens de l’orientation, et que sans nez, on s’emmêle dans les hautes herbes d’un verbe opaque et déroutant.
CQFD.

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commentaires

Flopso 15/12/2008 16:01

Merci pour toutes ces suggestions, je vais réviser mes classiques.
Si vous voulez étendre vos lectures sur le thème que j'ai proposé, vous pouvez allez voir les commentaires qui m'ont été laissés sur mon blog:y'a quelques bouquins qui ont l'air intéressants, de nombreux poèmes de bloggeurs...
Pour vous épargner la lecture de tous les commentaires que j'ai eu:
Monologue:Lise-Marie BARRé:"Il est des lointains si proches"
Mireille SORGUE:"lettres à l'amante"
poèmes de Poe:"Le corbeau" et "Annabel lee"
"Tristes pontiques", traduit du latin par Darrieusecq
"L'amour extrême" d'André VELTER
J'attends ce soir des textes, poèmes marocains avec impatience du blog:http://www.iles-des-poetes-over-blog.com/
Je n'ai pas encore lu les livres car il a fallu que je les commande.
Dans le mille pour le pseudo "flopso", personne ne ma l'avait encore jamais demandé. J'ai 29 ans,il y avait des livres de Beatrix Potter à la maison...flopso est un des surnoms que me donnait ma maman quand j'étais petite.
Votre commentaire me donne plus qu'envie de fouiller la maison de mon enfance pour voir si je retrouve ces livres!
Je n'en aurait pas eu l'idée si vous n'aviez pas osé ce commentaire...un grand merci pour ça aussi.
Bonne fêtes de fin d'année.

Clarinesse 16/12/2008 07:43



Comme quoi, Beatrix Potter, ça ne s'oublie pas. Si ça vous amuse, une série de DVD est sortie il y a une paire d'années où ils ont animé les propres dessins de Potter, et leur ont ajouté une
intro filmée mettant en scène la narratrice. C'est mignon comme tout.
"Trotsaut, Flopso, Queue de Coton et Pierre..."
Ravie d'avoir réveillé cette réminiscence.



Flopso 14/12/2008 11:26

Merci beaucoup de prendre le temps de répondre, de chercher ou faire chercher par vos lecteurs.
Si vous n'avez que des réminiscences d'oeuvres complètes, c'est intéressant aussi.
J'ai envie de lire sur ce thème quelque soit la forme.
Encore merci.

Clarinesse 15/12/2008 14:03


Bon, si des oeuvres vous vont aussi... :) Mais je vous préviens, rien de bien original, que du très, très classique, que vous avez peut-être déjà lu et que j'ai presque honte de conseiller. Je
serais d'ailleurs ravie de découvrir de nouvelles pistes dans le domaine.
Chez nous, il y aurait Le Lys dans la vallée de Balzac, Adolphe, de B.Constant, ou Ruy Blas, d'Hugo. C'est curieux, je pensais qu'il m'en viendrait bien plus à l'esprit,
mais en cherchant spontanément, ce sont plus des histoires d'amour impossible que des absences "pures" qui reviennent en mémoire. Outre Manche, il y a les Brontë, et notamment Jane Eyre,
et puis les Jane Austen : en particulier Raison et Sentiments, Mansfield Park ou le dernier surtout, moins connu, plus en demi teinte, Persuasion. Sans compter les
correspondances : Héloïse et Abélard, ou celle de Paul Valéry avec Catherine Pozzi, parue à la Nrf sous le titre : La flamme et la cendre. Sinon, il y a aussi des textes très forts à ce
sujet sur certains blogs.
Bonne lecture. Rien de tel que mettre ses peines en mots, que ce soient les siens ou ceux des autres, pour les apprivoiser et vivre avec...
PS : Un peu confuse de poser la question, mais... votre pseudo est-il inspiré du nom d'un des frères de Pierre Lapin, de Beatrix Potter ?


Flopso 14/12/2008 01:25

Je ne suis que de passage car je cherche quelque chose de bien particulier mais je repasserai..ce blog m'attire..
je cherche un poème ou texte de théâtre célèbre dans tous les blogs de la catégorie poésie,qui exprime la souffrance que l'on ressent quand la personne que l'on aime est loin. Pas quelque chose de "gnan gnan" mais avec des mots assez forts, qui expriment le déchirement, la "décomposition intérieure" que l'on peut ressentir par manque de l'autre. Merci

Clarinesse 14/12/2008 10:18



Ben c'est pas ça qui manque, les absences des amant(e)s en poèmes ou en prose. Mais curieusement, ce sont des oeuvres et non des extraits particuliers qui me reviennent à l'instant. En cas de
réminiscence, je vous en ferai part. Mais avis aux lecteurs de par ici qui seront, c'est sûr, plus inspirés que moi.



Sylvaine 12/12/2008 18:41

Le miel de bourdon,pas plus que du miel de frelon, comme ça n'existe pas, ça allait avec l'absence d'odorat...:-) pour les abeilles...elles deviennent de plus en plus rares. Remets-toi bien !

Clarinesse 13/12/2008 08:33


Bon, j'ai encore perdu une occasion de me taire, semblerait-il. Mais on ne sait jamais, m'étais-je dit. Il y a parfois des espèces étranges, et la génétique n'est pas avare de bizarreries.


Ayron 11/12/2008 21:01

Le meilleur remède contre le rhûbe, c'est celui du chapeau : se coucher avec une bouteille de cognac et un chapeau. Allonger les jambes et poser le chapeau sur les pieds. Commencer à boire et regarder tout en regardant le chapeau.
Quand on voit deux chapeaux, le rhûbe est vaincu.
Si à ce moment vous composez de beaux poèmes, c'est que vous bénéficiez du deuxième effet chapeau.

Clarinesse 11/12/2008 23:03


Ayron, vous avez un don. Celui de sortir des commentaires tellement inattendus qu'ils arrivent à me faire glousser en pleine rechute. Très fort, vraiment !
J'avoue que le truc du chapeau, je ne connaissais pas.
Ca devrait pouvoir se faire. Y en a plein les placards, des couvre-chef.
Mais pour le cognac, je ne garantis rien. Y en a pas à la maison. Ca marche aussi avec du sirop ? - ... - Non, je suppose que non.
Mais si, au lieu de chapeau, je mets des chaussons, sur les pieds ? Comme y en a déjà deux,  ça peut compenser ? Non plus ?
Bon, j'vas m'coucher, bonne qu'à ça.


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