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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 21:38

 

 Quelques réflexions issues d’un spectacle intitulé Unter Eis, Sous la glace (du système), de Falk Richter.

 

Moins de glace au sommet du Kilimandjaro, mais de plus en plus sur les flancs des entreprises,  selon un curieux principe de vases communicants.

Après les Trente Glorieuses, revoici l’âge de glace d’une société enlisée dans des mécanismes qui l’étouffent.

Où l’on retrouve cet éternel aspect du pouvoir : le savoir, mais un faux savoir, un savoir de bateleur de foire, destiné à impressionner, à entretenir le même mystère imposant, effrayant que celui dont s’entouraient les scribes de l’Egypte pharaonique. L’élaboration et l’usage d’un langage à la complexité soigneusement étudiée pour éloigner le plus grand nombre de la maîtrise du système dont il n’est qu’un maillon. Faible, forcément.

Un peu comme si l’engrenage infernal qui happait Chaplin dans Les Temps Modernes était devenu abstrait, impalpable, insidieux : des rouages de phrases cassantes, des dents de mots ronflants.

 

C’est l’anglais des écoles de commerce et de management qui a remplacé le latin de cuisine des médecins de Molière, mais le but est le même : masquer la peur de ne pas dominer l’autre par un jargon incompréhensible, une langue de bois et d’airain destinée à hypnotiser le plus faible, à l’étourdir sous des concepts abscons, et à masquer sa propre ignorance d’un système économique devenu fou. Un monde d’apprentis sorciers en somme, qui psalmodient, terrifiés et terrifiants, des formules magiques erronées pour enrayer la faillite d’un système qu’ils verrouillent avec une violence proportionnelle à leur impuissance fondamentale.

 

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commentaires

Sylvaine 28/11/2008 12:35

On Molière's debt to Scarron for Sganarelle, c’est Le Cocu Imaginaire.
Type anglais, tu find françois, et dixit…et ruit in vetitum damni secura libido,
Tu trouves l’ankylose de la sclérose. Et très vite le désir du réality chaud devient impunément un trou dans la glace. L’art Rome et sa louve perd ses têtons dans du faux bête-t-on.

Clarinesse 28/11/2008 15:12



Le Cocu imaginaire ou le Coucou bien réel. Très fort pour pomper sur les autres, le Jean-Baptiste. Ce en quoi, entre autres, il m'a souvent bien agacée. Mais bon...


Oui, le problème, c'est que tout faux que soit ce béton là, il demeure armé et difficile à percer.



Loïs de Murphy 28/11/2008 10:08

Moi ce qui me fait mal aux dents c'est leur rapport à l'orthographe :o)

Clarinesse 28/11/2008 15:09


Voui, moi non plus j'aime pas qu'on la martyrise, cette pôv'petite bête si maltraitée partout. Fondons la SPO (Société Protectrice de l'Orthographe). Inscriptions ici-même. Les chèques
pour les droits d'inscription sont à libeller à l'ordre de ... vous fatiguez pas, je complèterai. 


beardy roro 28/11/2008 10:07

à ces psalmodies de la Sottise terrifiante ne reste qu'à opposer des cris qui puissent les "couvrir" :les grandes odes de Pessoa par exemple , ou celui que poussa Ginsberg jadis et qui reste puissamment efficient :
"Quel sphinx de ciment et d'aluminium a défoncé leurs crânes et dévoré leurs cervelles et leurs imaginations?
....Moloch dont la pensée est mécanique pure!Moloch dont le sang est l'argent qui coule!moloch dont les doigts sont dix armées!Moloch dont la poitrine est une dynamo cannibale!Moloch dont l'oreille est une tombe fumante!"

Clarinesse 28/11/2008 15:06



Des cris pour couvrir les leurs ? Que nenni ! Du discours, du vrai, du logos et du poéticos, pour leur démonter leur parodie ; de la finesse contre leur brutalité. On ne répond pas à la
barbarie par de la barbarie.


Ceci dit, merci pour la citation de Ginsberg dont la puissance se pose là, magnifique et irascible.



Lephauste 28/11/2008 01:35

Tout est dit dans le dit mais rien n'est dans le mot. nous jouons avec des cartes vierges en nous offusquant du fait que les dés soient un peu pipés. Ne serions nous que suceures, ma soeur?

Clarinesse 28/11/2008 15:02


Hélas, mon frère !


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