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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 10:09

 

Ayant tout de même un minimum de commisération pour les esprits égarés qui ont parfois l'étrange idée de venir se perdre en ces pages, je me permets de sortir des caractères lilliputiens des commentaires l’indigeste réponse que m’inspira ce matin l’intervention du poète aux semelles (et aux blogs) de vent.

« Vous avez devant vous un des détracteurs les plus sauvages, les plus virulents, les plus acharnés de la vision cyclique de l'univers. Je pense que ce concept est le plus néfaste du monde. Les cycles Hindous ou Grecs me rendent malades... C'est une longue histoire, une très longue histoire qui met en jeu le sort éternel des individus, selon l'attitude qu'ils choisiront d'adopter quant à ce concept. Excusez du peu... »


« Vous avez devant vous un des détracteurs les plus sauvages… » Oh my God, rien que ça !
J’en tremble. Le combat s’annonce titanesque.  :)
Mais c’est bête, je n’ai aucune, mais aucune envie de me battre avec quiconque. J’ai déjà bien assez à faire avec mes démons intérieurs : vous savez (ou peut-être pas, puisque vous n’aimez pas la lecture de ce genre de récit, ce dont vous avez bien le droit, vu les étincelles qui sortent de votre plume), un peu comme dans la Métamorphose de  Kafka, où le narrateur se réveille un matin transformé en cloporte à taille humaine. Ben moi, c’est un peu pareil, sauf que le cafard, un bien costaud, bien retors, je le côtoie chaque seconde dans la prison qu’est ma caboche. Et le tenir en respect n’est pas une mince affaire, car il se réveille à chaque frémissement de certain palpitant. Passons.
Une contrée en pleine guerre civile ne s’aventure pas à affronter de nouveaux ennemis extérieurs.
Mais sur le fond quand même, rassurez-vous. Même si j’ai employé un peu vite l’expression de « cycle fermé », emportée par l’élan de ma repartie et l’impérieux appel de Morphée qui commençait à se faire si pressant que seul un œil et un demi-neurone restaient ouverts, je ne suis pas une tenante de la conception cyclique de la marche de l’univers et de l’humanité. Pas d’un point de vue théologique et dogmatique en tous cas. Certes, l’histoire présente de troublantes réminiscences, dans la succession des civilisations qui enchaînent consciencieusement apogées et catastrophes, mais les questions de métaphysique pure, cela fait un moment que je les ai désertées. En ce domaine, seul le doute m’habite, comme dirait Desproges. Quoi que l’on croie, je ne vois pas comment les bestioles que nous sommes pourraient un jour détenir le « Pourquoi » de ce qui existe. Creuser le « Comment » des choses, là oui, les scientifiques s’y emploient brillamment, mais aussi loin qu’ils remonteront, l’ultime origine, celle du sens des choses, demeurera à jamais du domaine de la croyance, et résistera au savoir. Voilà ce que je pense, et tous les dogmes se défendent très bien tout seuls sans moi, chacun ayant levé des armées entières de croyants. Je ne vois pas en quoi il serait utile que je prenne part aux guerres de religion, fussent-elles théoriques.
Et puis, on n’a rien inventé de mieux que la roue et le cycle pour avancer, que je sache.
Un cycle n’a jamais empêché de progresser. Demandez à Bernard Hinault.
En outre, puis-je vous rappeler qu’il n’était en rien question dans le petit texte précédent de création : seulement de construction et de responsabilité.
L’homme construit, c’est un bâtisseur, et ses œuvres sont aussi grandes que ses forfaits, loué et maudit soit-il tout à la fois, amène aux fils leur pain de ce jour. Et je ne me risquerai pas à blasphémer plus explicitement face au « détracteur le plus etc… » Loin de moi l’idée de réduire l’humanité à une engeance grouillante et vaine. Non, non, ses chefs d’œuvre atteignent parfois au sublime.
Seulement, votre commentaire rappelait l’humilité de ne pas se prendre pour un créateur, dans la dimension démiurgique du terme, capable de faire du beau ex nihilo, ce à quoi j’acquiesçai  de tout l’enthousiasme saugrenu de mes enzymes à mandibules.
Point de Création, donc, mais de la construction, de la transformation, et c’est là toute la gloire de l’homme, grand transformateur devant l’Eternel de ce qui est.
Et transformer, dans ce bas monde foisonnant de formes, ce n’est pas rien. Hors des formes, que de l’atome. Le néant, en somme, le chaos. Et ce n’est pas Aristote qui me contredira, non mais.
Le cycle fermé dont Lavoisier et moi-même parlions ici, (oui, nous nous sommes croisés hier encore) c’est celui de la matière, pas de l’Histoire. Il paraît que l’univers est en expansion, mais toutes ces découvertes astronomiques dépassent largement mon humble entendement de terrienne. Sur ce caillou qu’est notre petite planète, c’est bien la finitude d’une sphère close qui règne.
Bon sens de base, c’est tout. Après, libre à chacun de construire tous les châteaux qu’il veut avec les grains de sable d’ici-bas.

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commentaires

Inès 06/11/2008 16:34

Je n'aspire qu'à sortir du cycle infernal de ma vie.
Ton écrit me donne matière à méditer.
Bien à toi

Clarinesse 09/11/2008 23:16


Sors en par le haut, tu en as les moyens. Il y a tant de routes à parcourir avant le terminus. Motivons-nous mutuellement.


Inès 06/11/2008 16:32

Je n'aspire qu'à sortir du cycle infernal de ma vie.
Bien à toi

Clarinesse 09/11/2008 23:15


Sors en par le haut, tu en as les moyens. Il y a tant de routes à parcourir. Motivons-nous mutuellement.


B. 28/10/2008 01:54

Aujourd’hui le ciel a des trous. L’invisible est décidemment lourd de ses rhétoriques abscons. Ta répartie enchante mes yeux. Merci de ta fougue.

Clarinesse 28/10/2008 20:50


Et merci de ta visite !


joruri 25/10/2008 16:53

Solo fidès aussi...
Moi, c'est de Lui que je Le tiens ! Ce que les autres "papistes" en font, c'est leur problème. Il y a beau temps que je suis excommunié... (Un peu comme les forums ou les blogs dont on te bannit dès que tu ne fais pas couleur local... pas vrai varna ? ;)
Tu es mon ami, très cher, et j'aime (essayer) de débattre avec toi.
Justement, pris dans sa pureté, le Message, il est vert...

joruri 25/10/2008 16:39

J'aime ta réponse. Mais tu mélanges le religieux, les blancs le petrole les terres et la culture de Judas le banquier, et la spiritualité. Il n'est pas venu nous SORTIR du monde , mais nous le rendre (foi à la résurrection DES CORPS !) Et puis Desmond Tutu est chrétien. Imagine que je réduise tout philosophe à la faction la plus haïssable de la philosophie, ou la politique à sa frange la plus meurtrière, ou la musique à Marilyn Manson et son diablotin... je serais totalement hors du propos et de parti pris. Ta propre obliquité te voil ce que je veux dire, tu es empêche d'entendre par ce que tu projettes.
j'étais un certain homme, avec une certaine vie, dans une certaine merde et c'est peu de le dire, puis brusquement, je suis devenu un autre homme, à la suite, justement de l'expérience que tu sous-entends, et ma vie a été autre, ainsi que ma merde qui est devenue vivable. j'ai donc vu, moi, les deux cotés de la médaille...
Et ce que tu cherches, je l'ai trouvé.
hélas, il est plus facile dans un monde de doute et de soupçons de faire entendre le doute et le soupçon que la certitude désintéressée et le désir de fraterniser autour d'une même joie. Surtout quand on a ton talent...

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