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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 21:01

Précisons au préalable que le petit exercice de style qui va suivre constitue l’acquittement d’une dette d’honneur et me fut indignement extorqué (non, ceci n’est pas une incohérence, mais un trop subtil paradoxe) par le propriétaire de l’Île Sainte-Absence que j’eus l’audace d’usurper avant-hier ici même. Le pardon était à ce prix… Vous remarquerez tout de même que les mœurs se sont considérablement adoucies depuis le Marchand de Venise.

J’ai toujours eu beaucoup de mal avec les critiques qui ne citent pas quelques extraits des œuvres dont elles rendent compte ; et globalement avec tous ceux qui prétendent penser à ma place.
Sauf quand elles émanent d’une cervelle que je connais et apprécie assez pour me laisser guider par elle les yeux fermés (ou presque). Mais je ne me permettrai pas de solliciter que l’on m’accorde une telle confiance.
On ne va pas au cirque pour écouter Monsieur Loyal bavarder pendant deux heures, mais pour admirer les acrobates.
Montrez-moi donc l’article que je juge sur pièce, vous seriez bien aimable, grand merci.
Critiquer sans citer, c’est un peu comme faire saliver un affamé en lui décrivant par le menu un festin de roi sans lui en accorder une miette.
Un apéritif n’a pas besoin d’être sadique pour ouvrir l'appétit.
De plus, mieux vaut laisser parler un livre que parler de lui.
Une seule phrase d’un auteur en dit souvent bien plus long sur son style que tous les verbeux discours dont on peut essayer de le décrire.
S’il est bon, il se défendra très bien tout seul.
Et je ne me vois pas causer à la place d’un monsieur qui cause bien mieux lui-même.
S’il est mauvais, (ce qui n’est pas le cas ici, et il semblerait que je ne sois pas seule à le penser dans ces parages du blogo-cosme), cela m’évitera la peine de le descendre.

Voici donc un petit florilège de Qui comme Ulysse, recueil de nouvelles publié par Georges Flipo chez Anne Carrière, et qu’on ne présente plus.

Dans la catégorie « petite phrase assassine » :
« Comité (c’est le sobriquet du personnage) avait du savoir-vivre. Tout ce qu’il faisait se faisait. »
                                              Nocturne
Dans le registre « images douces amères » :
« Il remue le tout sans fureur, comme un vieux chagrin. »
                                              Qui comme Ulysse
Sans oublier, dans la même nouvelle, une jolie comparaison entre la recette des empanadas (sortes de friands argentins à la viande) et la confection des nouvelles.
    
Ou encore :

- une poétique réflexion grammaticale sur l’adjectif possessif qui aurait bien besoin d’être remplacé par l’adjectif affectif de temps à autre dans l’Île Sainte-Absence.
(dont vous pouvez aussi écouter de vive voix la lecture par Cunéipage ici)

 - un jeu d’échecs hautement théologique dans La partie des petits saints.
 - un tableau d’une cruauté qui n’a rien à envier à Picasso, Dali ou aux plus belles heures du surréalisme espagnol, dans Et à l’heure de notre mort.
 - une soirée de tango menteur, dans Confiteria Ideal.
 - etc...

PS : Et la fin en queue de poisson de ce petit papier m'inspire la réflexion suivante :
à savoir qu'à la fin d'un récit, soit c'est le texte qui choit, soit c'est le lecteur.
La chute d'une nouvelle, c'est un peu la marche au bout d'une terrasse : s'il n'y en a pas, on se ramasse.
C'était l'aphorisme de fin de soirée. Bonne nuit.

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Published by Clarinesse - dans Citations fascinées
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commentaires

Sylvaine 24/10/2008 09:40

@Jo...ça cla...cal et calleuse je suis dans mon lapsus freudien....y a pas photo ! mais rendons à Caesar ce qui lui appartient...y compris ses pauvres mains !
Clarisse...j'ai lu jusqu'au troisème degré ce pauvre Shylock (en anglais dans le texte) le supplice de Tantale, et ton Banquet de références métamorphosiques...pour moi tu es claire comme la source et ses alluvions...et mes "miennes" références...n'étaient qu'un coctail primaire sans intention réductrice. Ce qui revient à dire que ton analyse...une nouvelle fois était et reste une "mistress piece"

Clarinesse 24/10/2008 22:11


Décodeur : mode "on".
Message : reçu.
Accusé : de réception.
Acquitté : de reconnaissance.


joruri 23/10/2008 21:55

En somme. C'est hors sujet mais c'est quand j'ai lu "le calque aux paumes" de Sylvaine...
Ben quoi, après une bonne journée de grisaille en pleine crise économique (peut-être mortelle celle-là d'ailleurs) on peut péter son p'tit cable...

Clarinesse 24/10/2008 22:06


Mais je t'en prie... tant que le câble ne devient fouet pour personne...


joruri 23/10/2008 21:42

Hé Sylvaine, moi j'aime donner des tartes aux pommes...
(Elle est nulle mais j'adore !! :)
Au fait on dit pas des "cals" ? ;)
Ça file des cals aux mamies... Hi hi hi...

Clarinesse 23/10/2008 21:51


Euh, doit-on comprendre que si l'on se prend une tarte, c'est que l'on est une pomme ?


Sylvaine... 23/10/2008 11:05

Je viens de recevoir ce lien...qui t'aidera à décortiquer les tribulations d'Ambroise et d'Ulysse...je la découvre et elle me fait aussi rire...comme Jo et Mme de K.
http://www.youtube.com/watch?v=AGOOtbqXLO4
J'aime pas te savoir ramer...ça donne des calques aux paumes :-)

Clarinesse 23/10/2008 21:11


Euh, et donc, les paroles d'Axelle Red décortiquées par Muriel Robin qui n'est pas elle-même constituent un indice pouvant m'éclairer sur les rapports qu'entretiennent Ulysse et Ambroise...
Serait-ce à dire que mon aphorisme sur la chute d'une nouvelle est aussi compréhensible que la chanson désossée ?? :)


Sylvaine 23/10/2008 10:33

Cla...moi j'adore tes commentaires...c'est de la chirurgie esthétique, de l'ambroisie...et ça me met de bonne humeur le matin...ça me dilate les pupilles et je suis presque aussi heureuse qu'Ulysse après une longue nuit... ça te va ?

Clarinesse 23/10/2008 20:02


Really ??? Youpi !!! J'sersà kekchose quand même, alors ? :)) Vraiment heureuse de contribuer à "esbaudir tes esprits animaux."


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