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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 11:13

1°) Passage éclair avant départ dans le fin fond
D'une nature aux pierres sèches où les rebonds
D'une eau trop rare y carillonnent en cristalline.
Vais
chasser des nuages dans les flaques ondines,

En humer les parfums ; écouter le silence,

Ne penser plus à rien, se ressourcer les sens.

Se remplir d’horizon et retrouver ses yeux.

Fleurs sauvages en parfum tout au creux de l’oreille.

De lumière et de vent se saouler de son mieux,

Souvenirs en écrin, et présent en merveilles.

 

2°) Voulais aussi jouer au programme télé

et vous signaler que jeudi 24 juillet, sur France 3, à 20h50,

passe La fille de Ryan, de David Lean, dont je vous avais déjà vanté les mérites ici.
Serais contente d’avoir vos avis.

Of course, on peut très objectivement n’y voir qu’un tissu de clichés.

Voir propos ad hoc sur « Topos, poncif et Cie » ici.

Mais le talent et le courage de ce bonhomme consistent justement

à assumer cet universel, à l’esthétiser, à le sublimer, sans éprouver
le besoin
de le tourner en dérision dans un rictus de bon entendeur.

Ceci dit, on aime ou on n’aime pas. Restons libres.

Permis de rire ou de pleurer. Selon.


 3°) Et puis enfin, (re)partir en reconnaissance.
Merci, beaucoup, de votre attachement, de tous ces commentaires.

(Pas trop flippants, les commentaires, quand même… Merci d’avance…
Restons dans le bienséant… Pas faire trembler le pilote. Emotif, le pilote. Pas bon pour les passagers, ça.)

Sinon, la réparation de l’appareil est en cours (et en vol).

Il devrait réatterrir fin août, les ailes chargées, pleines de projets.
Projetée dans les airs, éjectée dans les ronces ; s'asperger d'avenir.

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Published by Clarinesse - dans Panthéon filmique
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commentaires

varna 10/08/2008 11:10

Doublement ravi ! De votre solution proposée à propos du titre (magnifique interprétation !) et de vous avoir inspirée ! Socrate avait raison : "Mieux vaut aider quelqu'un à accoucher de lui-même que de lui asséner quelque vérité !"
(Euh, enfin .. c'est moi qui lui fait dire, là ;-)

Inspirez à fond, voici déjà la suivante, si vous voulez bien !, dans la lignée de votre susdite interprétation :

Michel le laid (et plus) sert tout le long du film à Rose de repoussoir (voir la scène, lors de la noce, où elle recule devant lui, voulant à son tour l'embrasser, féliciter la mariée). Or, une fois la rose fanée (humiliée, meurtrie) et le beau une fois envolé (commandant explosé) à la fin du film, Rose (toujours belle, c'est important !) se précipite sur Michel pour lui dire au revoir, l'embrasser ...

La fleur du mal découvre-t-elle pour la première fois le beau caché sous le laid ? C'est là le signe prometteur dont je parlais plus haut. L'indice de la chance possible.

Bientôt sur votre écran : "Thelma et Louise" ? Ah zut, y a pas de romantisme ... ;-)

Clarinesse 10/08/2008 14:10



1°) Ravie que ma menue "exégèse" vous agrée.
2°) Ensuite, la puriste (ou la snobe, chacun choisira...) qui sommeille en moi voudrait apporter une 'tite précision sur le romantisme brandi ci-dessus :
le plus souvent, "larvatus prodeo" sur le sujet, parce que je trouve un poil désolant de voir combien le mot est depuis longtemps confisqué par toute une imagerie niaiseuse et sirupeuse qui n'a
rien a voir avec le véritable romantisme, avec la sombre puissance du Sturm und Drang : difficile de faire moins mièvre que la tignasse hirsute de Beethoven ou le gilet rouge de Théophile
Gautier à la bataille d'Hernani. Le "vrai" romantisme, celui des débuts, fin XVIIIe-début XIXe, n'a pas grand chose de commun avec la panoplie sucrée des floutés ralentis fleur bleue qu'on y
associe aujourd'hui.
3°) Quant au dégoût de Rose pour Michel, il est effectivement complexe et problématique.
Le rejet qu'elle oppose à chacune de ses gentillesses fait peine à voir, (surtout lors de cette scène de la noce que vous évoquez, alors qu'il est tellement moins bestial que tous les
autres.)
Mais probablement était-il nécessaire pour éviter de faire de Rose une "sainte" trop lisse. Sans cette aspérité, le film basculerait sans doute dans le manichéisme pour de bon. Et puis, Rose fut
quand même inspirée par Mme Bovary. Son imaginaire est modelé par des romans sentimentaux et superficiels pas toujours de bon goût, pour le coup (cf The King mistress qu'elle balance dans la mer.
Shoking !). La beauté à laquelle elle aspire est idéale et forgée sur des clichés: physique et moral indissociables. Elle en a soupé, de la laideur, de la saleté, de la bassesse de son bout du
monde où les paysages les plus sublimes (Ah, la presqu'île de Dingle, ma Doué...) entourent la bêtise la plus crasse. Ryan n'est-il pas le Homais de Flaubert ?
Il lui fallut faire l'expérience de la vraie tragédie (le "commandant explosé", comme vous dites, et le passage à tabac et à tonsure) pour accéder au niveau supérieur, à la quintessence du beau,
à ce qui reste quand tout est consumé.
(Même veine mystique que dans "Breaking the waves" de Lars von Trier.)
4°) Quant à Thelma et Louise, pas romantique, c'est sûr, mais bon film quand même.
Apprécié quand vu.



varna 10/08/2008 09:23

Il n'y a pas que des désenchanteurs ! Ah, combien de romantiques repenties parmi les femmes d'aujourd'hui ! A croire que leur devise, manifeste sur leurs blogs ici ou là, est de se rabattre : "L'amour à mort ! vive l'érotisme !" ;-)

Clarinesse 10/08/2008 10:37


C'est pas faux.
En tous cas, le jour où j'abdiquerai le romantisme, je cesserai de respirer.
J'ai déjà essayé. Et j'étais sur le point de réussir une parfaite asphyxie en bonne et due forme, quand soudain l'oxygène est revenu...
Mais c'est pas facile à apprivoiser, un nuage aussi volatile...


varna 10/08/2008 09:09

Bah, ceux qui désenchantent (le roman ou le monde) le font par pure ambition de savoir. C'est-à-dire pour avoir le dessus sur tout enthousiasme. Tristes sires ? Dans toute flamme, ils ne voient que le côté qui brûle et, selon eux, seul éclaire ; ils ne voient pas que la lumière émise réchauffe aussi les coeurs ! (ça va, je les agace assez, là, selon vous ? ;-)

Bref, le titre du film interroge aussi : pourquoi "La fille de Ryan", pourquoi cette référence au père de l'héroïne du film (à moins que le héros soit Michel, ce qui aggraverait la diversion faite ...), alors que son rôle dans le film n'est pas même le 2ème ni le 3ème dans l'ordre d'importance ?

Voyez, on s'amuse !

Clarinesse 10/08/2008 10:32


Parfait, parfait : agacés pile-poil à point, les tristes sires...
Quant au titre, j'y verrais bien une 'tite réminiscence baudelairienne.
"La fille de Ryan", c'est "la fleur du mal", la grâce la plus épurée fille de la pire veulerie.
La capacité de la beauté à se nicher dans les bouges les plus sordides, dans les foules les plus abjectes. Ce qui rejoint ce génie de Lean d'animer les objets les plus prosaïques d'un doigt
d'enchanteur.
Mais j'avoue que c'est votre question qui a fait surgir cette réponse impromptue.
Je ne m'étais pas encore assez interrogée sur le sujet pour y trouver une réponse.



varna 09/08/2008 17:35

Votre NB m'interroge. Une histoire d'amour c'est ce que chacun de nous cherche ou a cherché ; une femme exaltée, chacun de nous l'a rencontrée ; quant au mari trompé ... on n'en compte plus le nombre ;-)

Alors, des êtres fictifs, ces personnages ? Pas si sûr !

Bah, je crois sentir chez vous une gêne à poursuivre. Alors je finis ce "débat", en ce qui me concerne, par l'esthétique d'une des toutes premières images (ça va, là, l'esthétique, pour la galerie ?;)) : cette scène réunissant le claudiquant, le prêtre en soutane et la jeune femme exaltée à l'ombrelle, sur cette plage et avec cette musique en fond - est un ravissement !

Mais bravo, le cadeau, fut-il empoisonné, est en effet peut-être une chance pour le mari aussi !

Clarinesse 09/08/2008 18:31


Non, non, ce débat ne me gêne aucunement. Au contraire, il m'intéresse au plus haut point. Je ne faisais que répondre à la "galerie" (le terme est bien trouvé) des critiques virtuelles que
n'auraient pas manqué de formuler (certains de) mes ex profs et collègues de khâgne avec un regard exaspéré. Mais cet intellectualisme qui me complexa longtemps ne m'impressionne plus, et c'est
avec plaisir que je poursuis la discussion sur ces personnages qui n'ont rien d'arbitraire.
Justement, je trouve que la critique structuraliste mal comprise et mal dégrossie que l'on appliqua au rouleau compresseur à l'ensemble de la littérature depuis les années 60 à peu près a
désenchanté, au sens le plus fort et le plus sinistre du terme, le puissant charme du roman.
Quant à l'esthétique de la scène du trio sur la plage, oui, un ravissement, comme chacune des images de ce film. Rares sont ceux qui ont autant que Lean le regard aiguisé et lyrique à la fois,
saisissant avec autant d'exactitude le grandiose le plus échevelé que le détail le plus infime.


varna 09/08/2008 14:26

Bien sûr que le doute offert en cadeau par le prêtre est une offre d'avenir ! Mais voilà, ce doute forme - et OUVRE donc - un bénéfice possible pour Rose (qui se traduit par : lui donner une chance), et c'est en cela que le cadeau constitue pour le mari une sorte de piège (lui qui avait décidé de s'en séparer), car comment ne voudrait-il pas donner une chance à Rose s'il subsiste la plus petite chance (pendant du doute) qu'elle "change" !

Resteront-ils ensemble ? Sur cet avenir qui dépend de chacun d'eux (Rose et son mari), le film donne quelques indices, il me semble.

Clarinesse 09/08/2008 14:43


Bien sûr, vous avez raison, ma précision était superflue.
Mais est-ce un piège pour le mari, ou au contraire une chance pour lui aussi ?
Le bénéfice d'une telle issue pourrait ne pas profiter qu'à Rose, mais à Charles aussi, qui lui demeure attaché malgré tout. Probablement la séparation ne surviendrait-elle que pour "sauver
les apparences", obéir aux conventions sociales (que la 1ère Guerre Mondiale est d'ailleurs en train de faire éclater partout en Europe) souci bien dérisoire et vain qui arracha un éclat de fou
rire à celle qui se réchauffait après le lynchage. Et d'ailleurs, Shaughnessy n'a-t-il pas déjà choisi de ne pas la quitter en traversant la haine sifflante et glacée de tout le village à son
bras, dans une marche lente qui n'est pas le moment le plus faible du film ?

NB : J'entends d'ici les ricanements, devant ce débat, de tous ceux qui jettent aux orties toute analyse psychologisante des comportements des personnages qui demeur(erai)ent des êtres fictifs
sans autre existence que l'arbitraire total de leur créateur. Mais probablement intéresserait-on un peu plus le commun des élèves à la littérature en leur parlant des tourments d'Andromaque qu'en
décortiquant le schéma narratif de toute intrigue.
M'enfin j'dis ça, j'dis rien. Entre technicisme désenchanteur et naïveté de roman de gare, il y a place pour une esthétique de l'humain, personnages et auteurs confondus.


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