Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 23:50




Versant :
 

Narcisse allait sous les éclats des quolibets
Se ressourcer dans le profond de l’antre rare.
Il s’éloignait pour y puiser les cristaux d’art,
Les ramener à la lumière, aux yeux épais.
Ecouter les murmures agitant l'outre-moi,
C'e
st aller rechercher au fond de sa caverne
Les trésors à offrir au grand jour des trop ternes.

La création est solitaire.
Seule et vers l'Autre ; mais sans lui.
Le Tout du monde jamais clos,
Et son infinitude.

Se retirer en soi, loin du fracas social,
Isolé des autres ; réuni au tout.

Narcisse Bouche d’Or fait tonner les cymbales
En silence infini dans l'espace aux sons fous.
Hanter les steppes, en loup banni chassant l'étoile
Et rapporter de ses errances un jeu de voiles
Où danse l'air en sa musique ; vibre et souffle.
Appelé par les cimes, aspiré par les gouffres.

Cet éblouissement, cette bulle de verre
Trop immense, trop gracile pour la terre,
Il lui faut éviter à tout prix qu'elle ne choie.
Il lui faut la porter, tout au bout de ses bras,
La garder, lui parler, la choyer, la chérir,
Il lui faut résister aux pesanteurs du pire.
L'empire ardent de son extase en déraison,
Cette danse du sens où le coeur en fusion
Entrevoit l'étendue absolue de l'immense
Il lui faut l'enchanter sans répit de ses stances.
 

Seul le silence permet d’entendre au fond de soi
Les moindres bruissements des pensées qui déploient
Les ailes frissonnantes en leur papier de soie.
Papillons de survie effrayés en pleins phares,
Fuyant l'intrus, le tintamarre trop criard.

Prosant :
 

La création est concentration. Non point concertation.
On reproche souvent à l’artiste son narcissisme.
On lui reproche parfois de se regarder écrire.
C’est en effet préférable si l’on ne veut pas tracer des lignes trop de travers.
Le narcissisme est détestable quand il rend aveugle au monde.
Mais écouter sa propre voix, cela peut éviter de chanter faux.
Cela ne rend pas sourd aux autres. Au contraire parfois.
Etre sourd à soi-même, c’est souvent être sourd aux autres.
Rien ne ressemble à un cœur comme un autre cœur.
Rien n'en diffère autant. Nier le sien, c’est nier l’autre.

Il suffit que la nuit se cache derrière la fenêtre pour en faire une glace ;
il suffit d’orienter la psyché un peu plus oblique pour en faire un rétroviseur.
Fenêtre ouverte ou bien miroir : les deux parfois ne font qu’un seul.


Partager cet article

Repost 0
Published by Clarinesse - dans Echappées poétiques
commenter cet article

commentaires

Sylvaine Vaucher 06/06/2008 10:53

J'entends bien...s'agit-il d'une page de botanique...les mots raisonnent si fort...que le miroir en Echo...je vous l'octroie, se déforme et se multiplie...une peu et beaucoup de pluie continue la litanie ! Je vous découvre...je vais approfondir !

Clarinesse 06/06/2008 15:44


Je suis heureuse de faire votre connaissance, et d'autant plus après avoir visité votre site où se répondent poèmes et photos. J'aime beaucoup l'atmosphère qui y règne et que je découvre
aussi. Belle rencontre.


luc 05/06/2008 01:44

évidemment! et c'est moi, aussi, qui tire sur des pet's ô fond'la cour!
m'en fous! j'ai pas d'rencard samedi!

joruri 04/06/2008 15:36

La preuve est faite: tu déshabilles une fille, et tu multiplies tes visiteurs... :))
A moins que ce ne soit le miroir ?

Clarinesse 04/06/2008 16:48


L'auteur en prof : Non mais dites donc, vous, là-bas, vous m'écouterez le Vivaldi jusqu'au bout, pour la peine !!! N'ont plus aucun respect, ces jeunes !
Le même en élève : En plus, c'est même pas ma faute. Il est pas à moi, le jouet. C'est Luc qui m'la prêté. Alors vous pouvez toujours le confisquer, m'en fiche ! 


Dominique Boudou 04/06/2008 12:46

Herman Hesse, il y a si longtemps que je ne l'ai pas lu.

Clarinesse 04/06/2008 13:12


Pareil ! Va falloir que je le relise.


Loïs de Murphy 04/06/2008 00:14

@ Clarinesse : c'est vrai m'sieur Pierre, vous dîtes pas ça pour me faire plaisir ?

Clarinesse 04/06/2008 00:29


Ah ? Ben j'allais l'dire ! Quelle coïncidence ! ;o)
Bon, alors, au risque de me répéter, la petite flaque qui reste de la Clare fondue comme glace au soleil te dit : meeerrciiiiiiiiiii !
et prépare un p'tit kekchose de plus concret pour marquer la mesure de sa gratitude.



Cahiers Brouillonnants

  • : L'oeil du vent
  • L'oeil du vent
  • : Méditations métaphoriques et pensées en tous sens : philosophiques, esthétiques, poétiques, écologiques et bricoleuses.
  • Contact

Cahiers de l'aube

1°) Window : nom anglais de la fenêtre. Etymologie : 
de l'ancien saxon Wind Auge,
l'oeil du vent.

2°) Les métaphores, c'est comme les collants. 
Ca file vite si on n'y prend pas garde.

3°) - Métaphore et crie-toi. (d'après Luc)

Recherche

Chat échaudé...

Archives

Clarinesse ?

Pour la quête 
de clarté dans la langue,
de musique dans la voix.