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14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 10:18

L'espace comme déploiement. Le temps comme contrainte.
Il suffit qu'une idée devienne projet, qu'un programme devienne obligation pour faire fuir l'élan qui la fit naître.
Comme si ancrer une esquisse à un point fixe du temps la lestait de toute la pesanteur inamovible d'un continent entier à soulever.
Ca m'apprendra à promettre des délais...
Cela fait bien deux semaines maintenant que j'annonçais ici la suite d'une petite réflexion sur la démocratie pour le lendemain.
A tout bien peser, il n'y a guère pourtant que quelques lettres
qui distinguent demain de DEux seMAINes.

Sans compter que nul ne peut savoir de quoi demain sera fait,
et qu'il est certains demains dont on aimerait qu'ils durent toujours.
Mais nulle heure propice n'a jamais suspendu son cours.

Comme l'aventurier inconscient, agrippé au planeur qui le mène au large, fasciné par les bleus infinis de ses horizons en fusion, je me laisse porter.
La terre est loin maintenant. Ne restent que ciel et mer.
Plus le vertige est long, plus la noyade est sûre.
Le feu ou l'eau. La brûlure des ailes ou l'asphyxie des profondeurs ?
Le sel ou le poivre ?
S'arracher au spectacle de l'abîme.
S'arracher à l'étreinte du trop beau.
Ouvrir les yeux. Ouvrir ses mains. Et plonger.
Lâcher prise pour ressaisir l'insaisissable.
L'heure a passé. Trop tenir, c'est mourir.

S'arrêter, c'est sombrer, car on est seul, toujours, quand on s'arrête.
Le train des jours, jamais, ne rompt son rythme.
Il avance, écrasant sous son poids le figé, pétrifié.
Ajoutant chaque instant au fardeau une pierre nouvelle à tailler.

Marche ou crève. Se sauver ou se laisser ensevelir.

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Published by Clarinesse - dans Humeurs - rumeurs
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commentaires

16/05/2008 15:17

"Dès qu'une chose devient utile elle cesse d'être belle..."
Théophile Gautier...Citation que m'inspire impitoyablement votre troisième phrase, qui exprime une comparable intuition.

Clarinesse 16/05/2008 18:43


Merci ! Tout de suite, ça vous donne à ces lâchetés velléitaires un petit air de noblesse parnassienne des plus seyants.


luc 14/05/2008 15:38

http://www.50degresnord.net/article.php3?id_article=500
(malheureusement mauvaise reproduction qui ne donne que très vaguement l'idée de la chose)
vous avouez votre créneau, je fais de même pour les "enveloppes officielles"
...
...et quand je disais "tapote du pied" c'était sur le sol bien entendu et non sur le fondement, précision nécessaire, je ne me serais pas permis! restons poli soyons courtois.

Clarinesse 14/05/2008 15:48


Merci pour le lien, comme toujours très parlant. J'aime beaucoup cette version rouleau à pâtisserie du rocher de Sisyphe.
Quant au bonhomme trépignant, ressurez-vous, loin de moi l'idée de m'en croire la cible.
Entre gens du monde... Mais comme cela faisait un petit moment que je me disais aussi que j'avais bien besoin de me secouer de mes langueurs exaltées, votre image a rencontré la mienne, voilà tout.
Grands esprits et petits pieds sur terre.


varna 14/05/2008 14:53

Un vice ? En attendant Godot, bien pire peut-être : un style !

Clarinesse 14/05/2008 15:01


Un style ? Moui, d'ordinaire, j'aime tellement peu faire attendre les gens qu'il suffit qu'une voiture pointe son capot derrière moi pour que la hâte me fasse rater mon créneau et que je file
chercher une autre place... Ceci dit, je cours tellement que bien que pas reine pour un sou, je n'ai même pas la politesse des rois : l'exactitude.


Dominique Boudou 14/05/2008 13:03

Il est bon, même souhaitable, de procrastiner quand on écrit.

Clarinesse 14/05/2008 13:35


Vous croyez ? Il ne faudrait pas que ça devienne un vice, tout de même...


Loïs de Murphy 14/05/2008 12:35

"Le train des jours, jamais, ne rompt son rythme.
Il avance, écrasant sous son poids le figé, le pétrifié.
Ajoutant chaque instant au fardeau une pierre nouvelle à tailler."
Mais comment faites-vous ça ?

Clarinesse 14/05/2008 13:40


Euh, comment fais-je quoi ? Cette petite divagation vite faite bâclée ? Ou les rythmes, peut-être ? Même quand je n'alexandrine pas, il suffit de deux groupes de mots égaux, à trois
ou quatre pieds, pour imposer leur scansion à tout le reste de la phrase qui n'a plus qu'à marcher au pas. A propos, je viens de m'apercevoir de la boiterie du pétrifié qui défigure toute la
période ternaire de ses disgracieuses quatre pattes. Je me permettrai donc de l'amputer de son article "qui dépasse".


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