"La grande amour que vous m'aviez donnée
Le vent des jours a rompu ses rayons
Où fut la flamme, où fut la destinée
Où nous étions, où par la main serrés
Nous nous tenions.
Mais le futur que vous attendez vivre
Est moins présent que le bien disparu
Toute vendange à la fin qu'il vous livre
Vous la boirez sans pouvoir être qu'ivre
Du vin perdu."
Sa biographie bouleversante, on peut la trouver ici :
http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/pozzi/pozzi.html
Extrait :
"Les fées de la richesse lui avaient mis le bandeau de la facilité sur les yeux, elle l'aura arrachée par son ardeur de faire un
trou au plafond du ciel, pour voir l'azur, pour voir Dieu. Elle se sera émancipée, elle sera devenue indépendante et cultivée dans un milieu de potiches et de préjugés.
Libre, libre elle voulait être. Libre de se consumer tout entière.
Elle ne prenait pas les voilettes de la mélancolie, les affectations des
drames.
Non, cette voix était ruisseau, tension vers le haut. Ses paroles d'amour humains très religieuses, ses paroles d'amour divin très sensuelles."
Oh, c'est pas bien ! Valéry se trouve à deux articles de là, ici-même ! Tu y reconnaîtras sans peine les mêmes accents que ceux de ton texte.
Quant aux muses, elles sont hélas trop souvent oubliées des biographes. Ce n'est pas une mince affaire de supporter un génie au quotidien. Même si tous n'ont pas forcément un sale caractère (cf
la désormais trop fameuse panoplie...), ils sont tellement absorbés par leur oeuvre que ce doit être difficile de s'y faire une place.
Pour la flamme, l'éclairage semble aisé : tout ce qui peut embraser l'âme d'un feu mystique, qu'il soit d'ordre terrestre ou non, je suppose.
Pour la nuit, c'est plus obscur... Probablement la réponse est-elle aussi à aller chercher du côté des mystiques : Thérèse d'Avila, St Jean de la Croix, Pascal ... le point d'accomplissement
absolu de la flamme étant l'abandon à la nuit, la confiance totale qui ne réclame pas même une lueur en retour. Le renoncement au don de la vue.
Mais la nuit est si vaste qu'il y a probablement bien d'autres voies qui y mènent...
PS : A propos des liens, peut-être mon ordinateur a-t-il buggé autant que son utilisatrice...?
Voui, voui, va falloir s'y remettre. C'est gentil de ne pas m'oublier.
j'espère que vous n'avez pas lu mon com ! (???)
Ben si, justement, et c'est grâce à lui que je l'ai découverte. Merci mille fois. Je viens d'ailleurs de relire le long article du Robert sur Valéry : ils n'en parlent même pas ! Une honte !
Comment voulez-vous faire confiance aux dicos après ça ? J'en avais pourtant lu un bout, de Valéry et sur lui...