Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 20:24


Respirer par les mots ou crever de silence.
Se laisser emporter par les phrases intenses.
Se livrer sans mesure au langage en lumière.
Me prive-t-on un jour de la splendeur du verbe
Et mon âme asphyxiée en sanglote de rage.

C'est ici, dans cette ombre de feu, que l'orage
Assourdi éclata et, tourmente absolue, s'éleva.
Je ne suis qu'une vague frémissant sous les souffles,
Les mots sont des bourrasques. Je les lis et j'étouffe.
Je me cramponne aux mots, mais ils chavirent aussi,
Et nous sombrons, verbe enlacé, dans l'eau des lyres.
Point de vie sans les livres et leurs fougueux délires.
Tout ce qui m'en éloigne, la boue du quotidien,
J'en suis vampirisée, et son poids me retient.
C'est le verbe puissant qui doit transfigurer
Tout le plomb du réel en nuances dorées.
Les mots qui ressuscitent et les mots qui vous tuent,
Parfois ce sont les mêmes. Ici, ils se sont tus.
Maintes fois, de la main, ils furent esquissés,
Sur le clavier d'ébène, puis furent effacés,
Comme la mer aplanit sans répit au rivage
Les blessures légères infligées sur le sable.
Mais toujours, comme un feu qui ne veut pas se vaincre,
Ils réapparaissaient, inondant de lumière l'univers tout entier.
Ce bel îlot brûlant, ce torrent, ce brasier,
Je n'y suis qu'une corde de harpe qui résonne,
De la pointe emmêlée des cheveux qui frissonnent
Jusqu'aux pieds. Du désert au chaos, via la grâce.
L'ordre reviendra-t-il ? Il n'est plus rien à craindre.


Partager cet article

Repost 0
Published by Clarinesse - dans Echappées poétiques
commenter cet article

commentaires

Sylvaine Vaucher 09/06/2008 10:28

Lu et écouté...avec le Stabat Mater...dolorosa...il n'y a pas de mot et encore moins de maux plus lyriques et violents que la plainte d'une vierge...qui ne l'était pas.
A relire, lire, écouter...que vous dire je reste accrochée sur toutes les clés d'Ut première à Sol.
Difficile d'écrire une émotion ! même en image !

Clarinesse 09/06/2008 13:07


Touchée de vous avoir touchée ! Il faut dire qu'avec l'aide de Vivaldi, c'est plus facile...


Loïs de Murphy 10/05/2008 13:06

Luc ça suffit maintenant d'être balèze comme ça !

Clarinesse 10/05/2008 14:05


Tu trouves aussi ?


Loïs de Murphy 10/05/2008 13:02

Les cénobites tranquilles ! Toi aussi tu fais ce jeu de mots à deux balles qu j'adore ?
J'aime vraiment tes textes, décidément. Je suis d'accord avec Jouri pour l'inversion de désert et chaos mais c'est subjectif bien sûr :o)

Clarinesse 10/05/2008 14:05


1°) Voui, moi aussi j'aime bien les jeux de mots très nuls. C'est comme les bonbons. Moins ça vaut cher, meilleur c'est.
2°) Ca me touche vraiment que ça te plaise.
3°) Ah bon, personne y n'en veut, du chaos ? Bon, tant pis, comme dirait l'orgue... Lisez comme vous voudrez...


luc 06/05/2008 16:47

vent dans l'oeil, or je l'ai.

Clarinesse 06/05/2008 16:59



Excellent ! Décidément, ne jamais hésiter à confier ses mots aux autres. C'est fou les ressources insoupçonnées qu'ils peuvent en tirer. Merci !



joruri 06/05/2008 13:28

J'ai cru voir entre autre dans votre texte une allusion à la théorie des cordes, supercordes , théories M et F...
Ai été surpris par "du désert au chaos via la grâce" dont j'aurais spontanément inversé l'ordre, "du chaos au désert via la grâce" sans doute pour rendre plus ou moins consciemment hommage aux vieux anachorêtes Coptes...
Je vous met en lien itou, disons "pont" plutôt que "lien". Il y a dans le mot "lien" un je ne sais quoi de contraignant qui malsonne... :))

Clarinesse 06/05/2008 16:54


1°) La théorie des cordes, j'avoue ne pas y avoir pensé en écrivant ceci. Une simple métaphore musicale. Ceci dit, en y réfléchissant, oui, entre relativité universelle et particules élémentaires,
c'est à peu près cela, oui.
2°) Quant au chemin du chaos au désert, je ne me voyais guère en anachorète ou en cénobite tranquille. Plutôt en papillon ( et l'effet qui va avec) déclenchant de ses ailes des ouragans qui
l'appellent au chaos.
Mais un texte est fait pour résonner en chacun de façon différente, comme une baguette sur la peau des tambours. Et si l'inversion du désert et du chaos convient mieux à votre musique personnelle,
je vous en prie : lisez-le ainsi.


Cahiers Brouillonnants

  • : L'oeil du vent
  • L'oeil du vent
  • : Méditations métaphoriques et pensées en tous sens : philosophiques, esthétiques, poétiques, écologiques et bricoleuses.
  • Contact

Cahiers de l'aube

1°) Window : nom anglais de la fenêtre. Etymologie : 
de l'ancien saxon Wind Auge,
l'oeil du vent.

2°) Les métaphores, c'est comme les collants. 
Ca file vite si on n'y prend pas garde.

3°) - Métaphore et crie-toi. (d'après Luc)

Recherche

Chat échaudé...

Archives

Clarinesse ?

Pour la quête 
de clarté dans la langue,
de musique dans la voix.