Respirer par les mots ou crever de silence.
Se laisser emporter par les phrases intenses.
Se livrer sans mesure au langage en lumière.
Me prive-t-on un jour de la splendeur du verbe
Et mon âme asphyxiée en sanglote de rage.
C'est ici, dans cette ombre de feu, que l'orage
Assourdi éclata et, tourmente absolue, s'éleva.
Je ne suis qu'une vague frémissant sous les souffles,
Les mots sont des bourrasques. Je les lis et j'étouffe.
Je me cramponne aux mots, mais ils chavirent aussi,
Et nous sombrons, verbe enlacé, dans l'eau des lyres.
Point de vie sans les livres et leurs fougueux délires.
Tout ce qui m'en éloigne, la boue du quotidien,
J'en suis vampirisée, et son poids me retient.
C'est le verbe puissant qui doit transfigurer
Tout le plomb du réel en nuances dorées.
Les mots qui ressuscitent et les mots qui vous tuent,
Parfois ce sont les mêmes. Ici, ils se sont tus.
Maintes fois, de la main, ils furent esquissés,
Sur le clavier d'ébène, puis furent effacés,
Comme la mer aplanit sans répit au rivage
Les blessures légères infligées sur le sable.
Mais toujours, comme un feu qui ne veut pas se vaincre,
Ils réapparaissaient, inondant de lumière l'univers tout entier.
Ce bel îlot brûlant, ce torrent, ce brasier,
Je n'y suis qu'une corde de harpe qui résonne,
De la pointe emmêlée des cheveux qui frissonnent
Jusqu'aux pieds. Du désert au chaos, via la grâce.
L'ordre reviendra-t-il ? Il n'est plus rien à craindre.
Derniers Commentaires