Quelques éclaircissements nécessaires pour dissiper les sombres nuages qui semblent flotter depuis quelque temps sur l'horizon de ces rivages.
J'ai plus d'une fois formulé en ces lieux de virulentes critiques contre les dérives de la démocratie, dans la rubrique pôle éthique et politique.
Mais les réactions qu'elles suscitent chez certains me font prendre conscience de l'ambiguïté de ces colères qui ressemblent par trop parfois à des caprices d'enfant gâté.
Tout d'abord, quel autre régime politique me permettrait l'expression de critiques aussi acerbes à son encontre sans me jeter en prison ?
Ne crachons pas dans la soupe.
Ensuite, mon goût immodéré pour le débat d'idées me pousserait à disputer avec le diable en personne. Ce n'est pas, en effet, servir l'idéal
qu'on défend que de refuser le dialogue avec ses détracteurs, quelle que soit la mouvance sulfureuse à laquelle ils appartiennent. Leur répondre par l'anathème ou le silence est le plus bel
argument qu'on puisse leur offrir.
J'affichais crânement il y a peu la posture fanfaronnante de "la femme sans appartenances", refusant de subordonner ses amitiés à l'inféodation de quiconque à tel ou tel parti, même si la grande
majorité de mes affinités se situe du même côté de la balance politique.
Je préfère la liberté fragile de l'individu aux pesantes chaînes de l'inertie du groupe. Considérer la complexité des choses de ce bas monde avec les outils conceptuels exclusifs d'un seul parti
me semble aussi absurde que de choisir sa jambe droite ou sa jambe gauche pour marcher.
Nul en effet n'a le monopole du coeur, ni celui de l'intelligence. La bêtise comme la richesse intellectuelle, l'ouverture d'esprit comme
le fanatisme se retrouvent de chaque côté.
Mais, de même qu'une secte qui a réussi devient une religion, nommant la secte vaincue hérésie, l'idéologie dominante ne se reconnaît pas dans la dénomination de fanatisme, quelles que soient
parfois son intolérance et sa rigidité.
Ceci dit, on pourrait définir comme critère de fréquentabilité d'un parti l'inoffensivité de ses membres les plus crétins.
Passons ce préambule précautionneux, et (ba-)taillons dans le vif du sujet.
Mais demain.
Fort vrai, mais lorsqu'on soumet ce qu'on pense d'un être au groupe auquel il appartient, c'est là que commencent les oeillères. Et il est rare que la "pensée" d'un groupe arrive la cheville de celle d'un individu.
magnéto Serge!
...
(je déteste le bonhomme, mais il a le sens des petites phrases)
Ah ben ça alors ! C'était un lapsus calami. Je voulais écrire les "pesantes chaînes". Mais si vous trouvez que "pensantes" vaut mieux. Ceci dit, justement, l'idée était que l'esprit, ce n'est pas
dans le groupe qu'on le trouve. Je suis avec Desproges sur ce sujet (comme tant d'autres). Que faire ? Si la phrase est déjà sur le magnéto de Serge, j'vas la laisser. Peut-être.