Jeudi 3 avril 2008
Pour clore cette trilogie linguistique non préméditée,
le choix est embarras.

Valérie Cruzin ?
Cette institutrice qui s'est suicidée à la suite de calomnies.
Voir les détails dans ces deux articles du blog de Dominique Boudou :
http://www.cetaitdemain.org/article-18237510.html et
http://www.cetaitdemain.org/article-17914070.html

Ingrid Betancourt ?
Certes, la mobilisation sur son unique nom peut révolter,
ignorant la multitude des autres malheurs du monde et bâtie sur
la richesse de son empire industriel et politique.
Mais reste intacte sa souffrance de n'avoir pas vu grandir ses enfants.
Et reste aussi sa valeur de symbole.


par Clarinesse publié dans : Pôle éthique et politique
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Commentaires

Il n'y a pas de compassion entre les humains qui ne sont jamais plus atteints que par leur propre misère !
Une femme bêtement calomniée et très sensible se suicide tandis qu'une autre va chercher la mort pour défendre la Liberté. Deux héroïnes modernes, liées par leur authenticité et chacune poussée aux limites d'elle même...Nous leur devons de pressentir ce que vaut une vie.
commentaire n° : 1 posté par : catel (site web) le: 03/04/2008 20:40:16

Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il n'y a pas de compassion, mais plutôt qu'elle ne se situe pas toujours là où elle serait la plus utile.

réponse de : Clarinesse (site web) le: 03/04/2008 22:15:36
Merci pour le lien qui permettra à plus de gens de savoir.
Quant à Ingrid, le sentiment qu'Alvaro Uribe ne veut pas agir prévaut dans l'opinion colombienne.
commentaire n° : 2 posté par : dominique boudou (site web) le: 03/04/2008 20:44:05

C'est consternant ! Que des rivalités politiques puissent aller jusqu'à cautionner la mort à petit feu de son adversaire...

réponse de : Clarinesse (site web) le: 03/04/2008 22:19:02
Effectivement...Tout ce tapage médiatique sur le sort d'Ingrid a quelque chose de dérangeant. Mais force est d'admettre son courage et sa volonté. Surtout quand on visionne ce reportage où face à Raoul Reyes, elle répète inlassablement "plus d'enlèvements" et que le guerillo la regarde droit dans les yeux sachant déjà qu'elle serait sa prochaine victime...C'est assez saisissant...
Par ailleurs, j'ai lu aussi le billet sur Valérie Cruzin chez Dominique Boudou...Une tragédie qui soulève encore une multitude de questions...
commentaire n° : 3 posté par : Jonavin (site web) le: 04/04/2008 11:27:58

Je ne connaissais pas cette scène. Je vais chercher à me documenter davantage.


réponse de : Clarinesse (site web) le: 05/04/2008 11:41:06
L'opinion publique (pour ne pas dire la foule, et pourquoi pas la populâsse ?!) a besoin de symboles, bien sûr, et de certitudes : de choses simples qui ne dépasse pas son entendement. C'est mon avis. Or, Bétancourt, c'est pas compliqué : une femme qui se fait enlever par une bande de dégénérés marxistes perdus dans le jungle depuis 50 ans, avec en France deux gosses malaheureux qui ont peur de perdre leur mère. Boum.

La foule, ça la prend aux trippes cette histoire. Et elle ignore toutes les autres, même plus graves (ces miliers de journalistes dont tout le monde se branle ou même des guerre, des épidémies et encore des famines monstrueuses). C'est là que c'est révoltant. Et ça l'est d'autant plus à mon goût de réactionnaire expériementé, que les enfants de Bétancourt poussent à l'extrême la fixation qu'on fait sur leur mère, en devellopant larmoyants, un discours qui m'exspère tant il est bourré de petits "maman", très déplacés en vue de ce qu'est le monde aujourd'hui...

Mais je n'en dirai pas plus, et vous la souhaite bien bonne, chère poètesse !

A bientôt...

Jovialovitch...
commentaire n° : 4 posté par : Jovialovitch (site web) le: 08/04/2008 17:42:56

Le pathos : pouvoir mouvoir la foule.
Quant aux enfants, il est vrai que l'expression si policée et pitoyable de leur déchirement n'éveille guère que le malaise.

réponse de : Clarinesse (site web) le: 19/04/2008 01:43:00
Très intéressant. Si vous n'y voyez pas d'incovéniant, pouvez-vous me donner un panel de 10 femmes, vivantes ou mortes, contemporaine ou passées, les premiers noms qui vous passent par l'esprit.

Je suis curieux de voir quels peuvent être les modèles d'une personne qui est mon négatif (au sens photographique du terme)
commentaire n° : 5 posté par : Enzo (site web) le: 24/04/2008 18:29:08

a) Je ne vois pas bien sur quels critères fonder cette liste. Des femmes sans espérance, des milliards de noms n'y suffiraient pas, puisque depuis la nuit des temps, et aujourd'hui encore dans bien des parties du monde hélas, elles n'ont guère eu le droit que de fermer leur bouche et d'ouvrir leur ventre, taillables et corvéables à merci.
Eh oui, vous ne m'attendiez pas sur le front du MLF (dont je ne cautionne pas toutes les positions non plus, loin de là).
Femme sans allégeances, ce n'est pas un mot en l'air, je l'espère.
b) Et nous en venons au petit b. Si vous me pardonnez ce manque de courtoisie, je me permets de ne me considérer comme le "négatif", fût-il photographique, de personne.
Libre de chacune de mes positions, d'accord ici, refusant là. Jamais je ne prendrai la carte d'un parti, jamais (ou presque) je ne signe de pétitions. Ce que je signe, je l'écris.
Jamais je ne me laisserai embrigader dans une armée, quelle que soit sa couleur, et brune moins encore qu'arc en-ciel.

réponse de : Clarinesse (site web) le: 24/04/2008 19:58:44
... ce qui fut la condition de nombreux hommes également. Il y avait des hommes de pouvoir et des femmes de pouvoir, ces dernières utilisants leurs armes, c'est vieux comme Judith et Salomé...
commentaire n° : 6 posté par : Enzo (site web) le: 24/04/2008 21:23:16

Ce n'est pas faux, mais le rapport de forces est loin d'être égal,  les uns tirant leur position avantageuse de leur seule naissance, les autres ne conquérant leur pouvoir qu'à la force d'un
caractère exceptionnellement bien trempé.


réponse de : Clarinesse (site web) le: 24/04/2008 21:36:10
Vision que je juge caricaturale. Le pouvoir, c'est comme l'économie parallèle : il y a ce qu'on voit officiellement, et ce qui est caché. Les femmes ont eu beaucoup plus de pouvoir qu'elles ne l'ont prétendu, sans avoir à forcer leur talent, puisqu'il s'agit des atout que Dame Nature (pas Sire Nature...) leur a donné.
commentaire n° : 7 posté par : Enzo (site web) le: 24/04/2008 21:59:17

Je doute que ce discours soit vrai en Inde (voire en Chine) où l'infanticide des petites filles est massif, où les épouses se vendent et s'achètent, où la sâti fut pratiquée pendant longtemps... Dans l'Afghanistan des talibans et des bourkas. Dans les régions d'Afrique où l'on pratique l'excision, dans les réseaux de prostitution,...
Certes, dans bien des foyers, la femme assurant l'intendance, elle contrôle et règne sur l'espace domestique, tandis que le pouvoir des hommes est relégué à l'extérieur, dans les attributs et les apparats de la cité. 
Mais quant aux "avantages" de Dame Nature, si l'on met de côté l'éventuel pouvoir que donne la séduction, doit-on rappeler ce que la fabrication d'un enfant "coûte" de plaisir à Monsieur et de douleurs à Madame ?
Et dans un registre plus futile, avez-vous essayé de marcher avec des talons aiguilles ? (ce dont, soit dit en passant, je me dispense bien, n'ayant aucun goût pour les signes extérieurs d'esclavage. Autant se balader avec un boulet aux pieds.)
Avez-vous mesuré les multiples déclinaisons de ce qu' "il faut souffrir pour être belle" ?
Le statut d'éternelle mineure n'est pas un mythe.
Le droit de vote octroyé au milieu du siècle.
La possibilité d'ouvrir un compte en banque sans l'accord de son mari accordée encore plus tard. La pilule et l'IVG qui enfin, leur donnent un minimum de maîtrise sur elles-mêmes et les soustraient à l'épuisement imposé.
Je ne voudrais pas larmoyer et victimiser, ni sombrer dans le manichéisme et renvoyer à la préhistoire tout ce qui précède, mais tout de même.

réponse de : Clarinesse (site web) le: 24/04/2008 22:29:54
Certes, certes, sans aller aussi loin que le pauvre canadien Bouchard, l'un des pionniers du masculinisme si traumatisé par un divorce l'ayant ruiné qu'il considéra comme le plus beau jour de sa vie celui où son fils lui annonça son homosexualité, je dirais que la condition masculine n'est pas si rose.

La Gaule antique était couverte à 75 % de forêt. Cela veut dire que chaque fois qu'on prend sa voiture pour aller d'un point à un autre, c'est grâce à celui qui s'est tué à défricher la forêt, à tracer la route, à la goudronner, à construire la voiture à l'usine. Et tous étaient des hommes.

Pour les talons-aiguilles, je ne me prononce pas : aucune femme que je connais n'en porte, aussi bien les Françaises que celles de mon peuple.

Et chez moi comme dans toutes les familles que je connais, le plus petit des enfants sait que le premier levé, le dernier couché, c'est papa. Pendant que maman dort (et elle le mérite), le bureau de papa est déjà allumé et papa travaille. Et quand, le soir, maman dort, le bureau de papa est souvent encore allumé et papa travaille...

L'homme, celui qui se tue au travail, que l'on envoie se faire tuer à la guerre... et encore, l'homme français n'est pas à pleindre à côté du canadien, vertiable bourdon qui peur du jour au lendemain se faire voler le travail de toute une vie par une simple demande sur papier. Il n'est pas à pleindre à côté du petit garçon afgyhan ou sierra-léonais à qui on tranche les mains pour qu'il ne puisse pas prendre les armes ou que l'on fait courrir sur les mines.

Tout cela pour dire que la victimisation, je suis vacciné...
commentaire n° : 8 posté par : Enzo (site web) le: 25/04/2008 07:29:55
Je vous rejoins sur ce point :
nul n'a le monopole du coeur, nul n'a le monopole de la souffrance non plus.
Ceci dit, dans la plupart des foyers (et dans le mien en tout cas), le premier levé, c'est la première levée.
réponse de : Clarinesse (site web) le: 25/04/2008 07:40:07
Comme quoi, les choses sont différentes selon les cultures.
commentaire n° : 9 posté par : Enzo (site web) le: 25/04/2008 08:14:00

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