Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 22:24

Prologue :
Lundi matin, l’empereur, sa femme et le p’tit prince
sont venus chez moi pour me serrer la pince (à linge).
Comme j’étais parti, le p’tit prince a dit :
« Puisque c’est ainsi, nous repasserons mardi. »
Ca tombe bien, la corbeille à linge propre est pleine de plis.

Rappel :

Dans notre rubrique à blog « écolonomie et tâches ménagères pour les campanules », et après le succès délirant du blog-buster comparant les vilenies du lave-vaisselle aux bonheurs de l’évier
(session de rattrapage ici :
http://l-oeil-du-vent.over-blog.com/article-17773243.html )
voici donc sous vos yeux consternés d’amis de la poésie, un nouvel avatar des corvées écornées.

Pour toute réclamation, s’adresser au commanditaire de cet opuscule, dont les preuves du forfait furent laissées ici :
  http://l-oeil-du-vent.over-blog.com/article-17773243-6.html#anchorComment

L’hôtesse de ces lieux trop communs décline toute responsabilité quant aux éventuels accidents domestiques causés par le soudain enthousiasme inévitablement éveillé pour cette tâche sans tache par la lecture de ces lignes éblouissantes et par Lamy données.

Consigne :

Il s’agissait donc, pour relever le défi, de coucher :
- sur le papier, un hymne au repassage, préalable indispensable au repas d’sages que fut la Cène : imagine-t-on les douze apôtres siégeant ailleurs que devant une nappe aussi immaculée que le fut la conception de leur Seigneur ?
- sur la planche à repasser, les voiles alanguies des tissus défripés.

Corps du délit :

I°/ Fantaisie sans rime ni raison.

a) Le regard ne s'embue-t-il pas au spectacle des repasseuses éperdues dans les brumes huileuses de Degas ou Toulouse-Lautrec ?
Voir ici : http://www.picturalissime.com/g/lautrec_la_blanchisseuse_l.htm  pour Henri.
 et là : http://art.mygalerie.com/les%20maitres/deg4.html  pour Edgar aux blanches mains.
et là aussi : http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://jacquesmottier.online.fr/pages/degas_repasseuse.jpg&imgrefurl=http://jacquesmottier.online.fr/pages/zola_degas.html&h=211&w=162&sz=14&hl=fr&start=57&um=1&tbnid=6mbNxsO7XC25NM:&tbnh=106&tbnw=81&prev=/images%3Fq%3Drepasseuses%2Bdegas%26start%3D54%26ndsp%3D18%26um%3D1%26hl%3Dfr%26rlz%3D1T4SKPB_frBE215BE225%26sa%3DN 
                                      

b) On oublie trop souvent aussi que c’est en observant sa servante
manier le fer sur les draps étalés sur la planche
que le bon Nicolas Boileau eut l’idée de ces vers
si souvent repassés dans les leçons des écoliers.
« Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage.
Polissez-le sans cesse et le repolissez. »


c) Et le grand Victor eût-il pondu ces vers paradigmatiques
de tout zeugma qui se respecte :
« Cet homme marchait pur loin des sentiers obliques,
Vêtu de probité candide et de lin blanc »,
s’il ne s’était pas endormi comme Booz devant le spectacle hypnotique de sa Juliette achevant d’aplanir les surfaces éclatantes des draps blancs lessivés eux aussi après les rudes nuits infligées par le génie (pro-)créateur à son épistolière préférée ? Génie certes, mais non sans frotter son ardeur romantique aux passions adultères.

d) N’oublions pas non plus que sans repassage, point de cintres.
Car qui prendrait la peine de s’encombrer du
« seul objet qui agresse l’homme par pure cruauté »
si ce n’était pour ne pas chiffonner les tuniques dépliées ?
Rien de plus susceptible pourtant qu’un cintre.
Rien de plus facile à froisser. Un faux mouvement et le voilà
qui s’accroche à l’axe de l’armoire, refusant de libérer
« le pantalon, le gris, avec les pinces devant et le petit revers ».
Et sans cintre, point de « vertige de la penderie béante sur l’alignement militaire des pelures incertaines aux splendeurs naphtalines. »
Ceint Desproges, priez pour nous, pauvres pêcheurs des
« fulgurantes éclaboussures de [votre] gai désespoir ».

e) Le repassage, donc,
ou les heurs et malheurs du fer à cheval sur les faux plis.
Ô Fer et Dame Nation ! Imagine-t-on un drapeau tricolore tout froissé ?
Imagine-t-on le train de vie qui exige de porter chaque jour une chemise neuve, chemin pour fer ?
Porte-t-on assez de considération à ce calorifère à patin
naviguant sur les voiles à vapeur ?
Et bien, au risque de choquer les cuirs sensibles, beaucoup trop !

II°/ Déchiffrage d’étiquettes.
...
La suite demain, si vous le voulez bien.

Partager cet article

Repost 0
Published by Clarinesse - dans Ecolonomie
commenter cet article

commentaires

bac à sable 03/04/2008 20:13

faut le faire, comme dit la repasseuse...
areu areu areu

Clarinesse 03/04/2008 22:13


Pas mal, ce jouet-là aussi. Youpi, c'est chouette tous ces gens qui viennent avec leurs pelles et leurs seaux pour agrandir le château.


fardoise 02/04/2008 10:27

Bel éloge à un si fastidieux ouvrage. Je hais le repassage au point de ne pas repasser sur les lignes écrites et oublier de déplier les mots mal orthographiés. Ranger le fer ailleurs et faire couler la planche. Sérieusement je suis admirative de ton style et je regrette bien de n'être pas littéraire.

Clarinesse 02/04/2008 12:52


"Ranger le fer ailleurs". Excellent ! Puis-je l'intégrer au texte, en cita,t son auteur, bien sûr ?
Sinon, merci pour le compliment. Il me rassure et me touche beaucoup, bien que j'aie du mal à le croire, tant j'ai honte de ces potacheries un peu vaines. Il faut que j'arrête de relire
Desproges.


luc 01/04/2008 00:45

réessayez je vous prie! et laissez les barbares en paix.
z'avez vu ses bras? quelle élégance cet Edgar!

Clarinesse 01/04/2008 23:24


A vos ordres, Lamy-litaire en chef !
Oui, Edgar aux doigts de fée, c'est la grâce même.


luc 31/03/2008 18:14

...et puis il y a aussi ceci;
http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://jacquesmottier.online.fr/pages/degas_repasseuse.jpg&imgrefurl=http://jacquesmottier.online.fr/pages/zola_degas.html&h=211&w=162&sz=14&hl=fr&start=57&um=1&tbnid=6mbNxsO7XC25NM:&tbnh=106&tbnw=81&prev=/images%3Fq%3Drepasseuses%2Bdegas%26start%3D54%26ndsp%3D18%26um%3D1%26hl%3Dfr%26rlz%3D1T4SKPB_frBE215BE225%26sa%3DN
(oui c'est long!)
avec un grand faible pour celle de droite où le repentir dans les bras reste la grande force (le génie!) de Degas, le mouvement en supens, le moment,...l'instantané avant l'heure.

Clarinesse 31/03/2008 23:59


Youpi, encore un petit caillou-tableau qui enrichira la pinacothèque buandière de ces lieux. Merci de ces contributions. Si seulement je possédais le grand art d'insérer à un texte des liens avec
élégance, sans qu'apparaissent ces hiéroglyphes barbares... J'ai bien essayé, mais à chaque fois, cela ne marchait pas.


Papyjeanjean 31/03/2008 13:45

Nous, on a acheté un sèche linge "à condensation". Ca repasse tout seul.
On a essayé d'y mettre le chat, ça n'a pas fait un pli...

Clarinesse 31/03/2008 23:57


Oui, il paraît que ça défroisse le tissu. Mais pour sécher les chats, il paraît que le micro-ondes est plus rapide.
PS : Si je peux me permettre une remarque désobligeante, en bonne écolo-intégriste et moralisatrice, je trouve qu'il est préférable, si l'on peut, de se passer de cette grosse bête (le sèche-linge,
pas le chat), très gourmande elle aussi en énergie.
J'espère que vous me pardonnerez cette remarque qui n'entame en rien la gratitude que votre passage ici suscite.


Cahiers Brouillonnants

  • : L'oeil du vent
  • L'oeil du vent
  • : Méditations métaphoriques et pensées en tous sens : philosophiques, esthétiques, poétiques, écologiques et bricoleuses.
  • Contact

Cahiers de l'aube

1°) Window : nom anglais de la fenêtre. Etymologie : 
de l'ancien saxon Wind Auge,
l'oeil du vent.

2°) Les métaphores, c'est comme les collants. 
Ca file vite si on n'y prend pas garde.

3°) - Métaphore et crie-toi. (d'après Luc)

Recherche

Chat échaudé...

Archives

Clarinesse ?

Pour la quête 
de clarté dans la langue,
de musique dans la voix.