Non aux fusions. Oui aux rayons.
De deux choses l’une, dit-on en chœur :
Soit l’âme est seule, soit l’âme est sœur.
Eh bien non, tout ceci n’est qu’un leurre
Se récrie l’insurgé(e) sans terreur.
Ce n’est pas être seul de n’être pas en paire.
Se fondre, c’est se perdre : je préfère les éclairs.
Se réchauffer aux rayons des esprits souriants qui surgissent,
Trouée de lumière dans le plafond bas des jours gris qui glissent
Clairière de regards. Les rayons sans les ombres.
Se livrer cœur et larme à autrui,
Se soumettre, docile, sans un cri,
C’est un sort enviable peut-être.
Encor faut-il le reconnaître,
Que lorsqu’on fait de deux âmes une,
Il arrive souvent qu’une meure
Pour que l’autre survive sans heurt.
Il est bien temps alors de hurler à la lune.
Les cœurs siamois, je n’y crois pas.
La charrette est moins lourde à tirer
Quand on est deux à s’efforcer.
Mais s’atteler au même licol,
Et partager la même carriole,
Ce n’est pas s’attacher tout entier.
La fusion de deux êtres n’est qu’une illusion.
L’unité absolue n’est qu’une confusion.
Non aux fusions. Oui aux rayons.
L'âme s'étiole si la lumière n'entre que par une meurtrière.
Tu as raison, la fusion existe, mais éphémère. De là à conclure qu'elle ne repose que sur un mirage... Et il faut savoir survivre à son extinction sans soupirer.
Oui, oui, l'oasis, beaucoup plus juste que le mirage. Il faut bien avouer une certaine dose de mauvaise foi dans le parti pris que la complainte affiche.
Si les rayons se réverbèrent dans les deux sens, tant mieux !
Y a pas à dire. J'aurai beau croiser un régiment entier, je resterai toujours une indécrottable oie blanche. Et tant pis pour les multiples contradictions contenues dans les termes de la proposition précédente. Eh oui, ce n'est qu'après coup (c'est le cas de le dire) que je me suis aperçue des multiples acceptions du terme de fusion. Les âmes, les âmes, oui, mais les corps aussi. Merci pour la leçon de physique.
L'idéal marital !