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20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 05:59

 Vivre : alterner sans répit souillure et purification, en tous domaines.
 Vivant : lieu d'échange permanent.
Je donne et je prends, j'emprunte et je rends.
Empreintes, légères ou grossières, sur cette terre d'emprunt.

Epure. "Eppur si muove
".
Et pourtant, se mouvoir, il le faut.
Et pourtant je ne m'y soustrais pas,
à cette plongée quotidienne dans l'antre de la misère humaine,
dans l'enfer où s'enferrent les sauvageons.
Le prof n'est guère qu'un mineur de fond.
Il ressort noir du poison qui ronge les coeurs
en ces contrées décomposées, décivilisées.

Ne pas se leurrer : 
la société des hommes meurt de cet abandon 
où ne survit que celui qui sait cogner, qui sait souiller.
Le sait-on bien, là où l'on lit, où l'on écrit,

combien l'insulte y est le seul, y est l'unique langage connu ?
Sait-on bien les ravages profonds qu'elle brandit comme une victoire ?
Sait-on que l'obscurantisme le plus médiéval 
gagne chaque jour sur les Lumières ? 
Que les mères sont niquées à chaque minute en mille bouches,
Que les ta race sont maudites chaque seconde,
Que chaque mot de plus de trois syllabes est jeté aux orties
comme une écharpe de grande folle par une horde de néo-nazis ?
A-t-on mesuré l'étendue de cette marée noire, de ces cerveaux mazoutés ?
A-t-on pesé la violence inouïe dont s'enivrent les meutes (l'émeute) ?
A-t-on saisi le prix payé par les missionnés de l'Etat Minor 
sur le front de ces ténèbres ensanglantées, 
pour cacher aux beaux quartiers
la guerre qui gronde à ses portes ?

Comment après avoir subi tant de chaos, rentrer serein en son foyer ?

Le corps se lave dans l'eau,
L'esprit s'épure en mots.

Ecrire est mon salut, mon radeau sur cet océan de fiel,
mon flambeau dans cette nuit sans fin.
Sans le couteau du verbe écrit, du mot choisi, les saletés de la vie
restent collées à mon angoisse comme des moules à leur rocher.
Il me faut me baigner toute entière dans les flots du poète 
pour ôter à ma peau ces relents d'insultes trop poisseuses,
où croupissent en eaux troubles tant de jeunes en friche,
tant d'esprits en jachère.

Ecrire et lire, l'eau claire du mot incandescent qui jaillit
sans scories de qui sait regarder et dire ce qu'il a vu.

Un évier comme lave-vaisselle
(on l'saura)
Un clavier comme lave séquelles.

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Published by Clarinesse - dans Humeurs - rumeurs
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commentaires

Inès 27/03/2008 04:54

Je m'imprègne de ton univers qui est d'une richesse infinie. J'ai beaucoup à apprendre auprès de vous. Je sens la perspicacité de vos esprits. Je sens combien je n'ai plus vraiment les pieds sur terre.
Il est très tard ou très tôt et je te feuillette.
Bien à toi

Clarinesse 27/03/2008 06:45



Ce rayon de lumière que tu me laisses dans la nuit irradie mon aurore pluvieuse d'un soleil intérieur. Merci du fond de mon coeur éclairci.



Proald 22/03/2008 19:24

Bravo pour ce poème.

Clarinesse 22/03/2008 21:45


Thanks !


Fardoise 22/03/2008 11:39

On oublie trop souvent que les enseignants sont en première ligne et essuient des injures si ce n'est pas des crachats. J'ai tâté de l'enseignement, avant de passer les concours administratifs et en quartier difficile. Ensuite j'ai travaillé en établissement scolaire et je connais donc cette haine ordinaire. Je ne m'y frotte plus tous les jours et c'est vrai que je l'ai un peu évacuée, c'est bon de rappeler que certains n'ont pas le choix. De la valeur de l'exemple, lorsque l'injure se pratique en haut lieu, comment lutter ?

Clarinesse 22/03/2008 17:38


Oui, on n'imagine pas ce que cet incident majeur a eu comme conséquences dans les salles de classe. Comme si les profs avaient besoin qu'on leur ôte encore un moyen d'argumenter !


Loïs de Murphy 20/03/2008 09:14

Lephauste, Jonavin et Jovialovitch, je ne comprends pas pourquoi ils ne sont pas publiés !

Clarinesse 20/03/2008 12:06

Pareil !

Loïs de Murphy 20/03/2008 07:55

Je suis infichue d'écrire un poème, et encore moins en vers. Tu m'épates ! Connais-tu Sof' ?
http://lestoujoursouvrables.over-blog.com/

Clarinesse 20/03/2008 08:43

Oui, oui, je connais la Soph. Excellent, je la visite tous les jours. Elle sait prendre ces misères d'ensaignant avec beaucoup plus d'humour, de distance et d'élégance que moi. D'ailleurs, j'ai pensé aussi à elle en pondant ça. Bon, c'est pas tout ça, mais faut que j'coure en cours. Les monstres m'attendent. Quatre heures dans l'arène. Youpi ya !Sinon, j'ai vraiment du mal à croire que je t'épate, tant ces quelques coulures d'encre sont encore mal dégrossies face à certaines de tes Biffures (la réminiscence aux agrumes, par exemple) ou aux géants virtuoses qui nous entourent (Lephauste, Jonavin, Jovialovitch et consorts). Mais on sait bien qu'on ne joue pas dans la même cour.

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