Mercredi 5 mars 2008

J'ai passé l'âge de ne pas assumer mon penchant consternant pour les univers anachroniques et les belles histoires d'amour qui finissent mal.
Par exemple, je ne sais combien de fois j'ai revu 
Les Grandes Manoeuvres, de René Clair, où Gérard Philipe s'amuse à séduire Michèle Morgan dans une légèreté d'opérette avant que tout cela ne finisse en tragédie racinienne.
C'est ce mélange là qui laisse sans défense : un état de grâce enchanté par la frivolité des jeux d'esprit, foudroyé sans prévenir par le coup de faux de la fatalité. Le désespoir n'a pas le temps de s'engluer dans le pathos. Avec la fulgurance d'une sublimation, l'âme vacille, de la joie à la mort du coeur, sans passer par la case pourrissement.

par Clarinesse publié dans : Panthéon filmique
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Commentaires

Un peu désuet comme univers, mais toutes les perversités sont dans la nature.
commentaire n° : 1 posté par : Bidule le: 10/03/2008 13:22:52
Bah oui, l'âme peut bien se promener à l'époque qu'elle veut.
réponse de : Clarinesse (site web) le: 10/03/2008 18:26:54
Ah une fan de Gérard Philipe! J'avais une telle passion pour lui, vers 14-15 ans que j'en ai découvert en vrac Shakespeare, Brecht, Kleist, et même Henri Pichette, c'est dire la force de ma passion!!!
commentaire n° : 2 posté par : PauleM (site web) le: 13/03/2008 17:29:53

Henri Pichette, j'avoue ne pas connaître et suppose donc que sa gloire inoubliable est un bon étalon pour mesurer l'amour indéfectible que tu portais à Gérard Philipe. Je l'ai aussi beaucoup aimé chez Stendhal.

réponse de : Clarinesse (site web) le: 13/03/2008 17:46:03

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