Lundi 11 février 2008
1°) Rappel de base :
Avant de cultiver le second degré, il importe de construire le premier. 
Ne pas abuser de la dérision avec les jeunes enfants.
2°) Le second degré ne nourrit pas son âme.
Il est des moments pour le rire, cette "politesse du désespoir",
et d'autres pour avoir le courage d'exprimer ses émotions, sans pathos si possible, mais sans non plus se masquer constamment derrière le rictus crispé de la moquerie hautaine.
3°) Le second degré nécessite de la virtuosité.
Desproges le délectable savait avec génie manier toutes les résonances de la langue pour suggérer, derrière l'élégante mise à distance, que le coeur ne se cachait que par pudeur.

Bref, il s'agit de ne pas utiliser le langage que pour signaler un manque, mais aussi pour exprimer un satisfecit, qui va trop souvent sans dire.
Notre société moderne imbue de ses droits oublie un peu trop souvent ce que signifie le mot "gratitude", exigeant tout comme un dû, ne recevant rien comme un don. Reconnaîre une dette, ce n'est pourtant pas se lier pieds et poings liés à un marchand de Venise exigeant le prix du sang. C'est avoir le courage de dire ce qui est bel et bon avant de critiquer le détail imparfait.
De dire quand la soupe est bonne, et pas seulement quand elle manque de sel.



par Clarinesse publié dans : Aphorismes informels
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Commentaires

Heu... Oui, et alors ? Quand j'entends Stéphane Guillon je doute de la pertinence de ton article :o)
(Desproges j'ai tous ses textes chez Points dans ma bibli !)
commentaire n° : 1 posté par : Loïs de Murphy (site web) le: 11/02/2008 11:58:47

Quand je parle du premier degré, je ne parle pas de l'humour.
Je parle de l'expression nue des sentiments qui n'ont pas honte d'eux-mêmes.
De la capacité à s'affranchir d'une distance permanente qui assèche le coeur et l'empêche de se dire.
Loin de moi l'idée de faire l'apologie de Stéphane Guyon et de la plupart des humoristes actuels que je fuis d'ailleurs dès que je les entends, dont les pauvres tentatives, vraiment pathétiques, ne m'ont jamais arraché un sourire. Depuis Desproges, je ne vois pas, non. Et j'ai ses oeuvres complètes aussi.

réponse de : Clarinesse (site web) le: 11/02/2008 12:05:53
Wow ! Je viens de relire ton article et je m'aperçois que je l'ai compris de travers... Hmm ! Hmm ! :o)
commentaire n° : 2 posté par : Loïs de Murphy (site web) le: 11/02/2008 13:54:10
Certes oui, un peu, mais un texte qui se prête aux malentendus doit s'en prendre à lui-même avant tout. Probablement faisais-je du "second degré" un usage un peu abusif. Voilà qui est rectifié.
réponse de : Clarinesse (site web) le: 11/02/2008 15:48:19

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