J'ai toujours préféré la clarté aux ténèbres enfumées.
Je n'ai jamais endossé la panoplie de l'intellectuel prescrite par le microcosme des penseurs mondains.
Mais force est de constater que la nuit reste souvent, hélas, le seul espace-temps où se réfugier hors des sollicitations quotidiennes.
Quel dommage que le sommeil réclame ses droits si impérieusement, et ne tolère guère que l'on courtise l'Empire de la nuit sans lui présenter ses hommages. Il se venge alors en étendant au jour un
voile d'ombre et de somnolence pour obliger bien vite à réintégrer l'ordre immuable de l'alternance pendulaire.
Mais on peut ruser. Plutôt que de courir comme Cendrillon après la limite fatidique de minuit dont la transgression fera, le lendemain impitoyable, de la princesse alerte une citrouille empesée,
volons au jour sa naissance.
Ne laissons pas le soleil se lever sans nous.
Et glissons nous sans bruit à travers la maisonnée assoupie vers le papier docile ou le clavier tentateur pour y faire quelques gammes de lettres avant que l'aurore aux doigts de rose, ses lois
n'impose. On sait à qui les lève-tôt croient que le monde appartient.
Et quand le premier, le tout premier oiseau du jardin voisin offre ses vocalises matutinales à la seule oreille, peut-être, éveillée du quartier, comment ne pas s'abandonner à la plénitude de
cet instant de grâce pure où le jour se lève avec le monde qui renaît.
"The early bird catches the worm.
The early mind wakes up the storm."
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