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16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 22:30
Quand une foule de mots se bouscule pour exprimer une seule idée, inutile de repousser les murs de la phrase, d'élargir la porte étroite pour les laisser entrer. Il s'agit de les loger tous, mais de fuir la promiscuité.  
Il faut leur faire de la place, mais non les entasser. Comment sinon pourront-ils, chacun, déployer la plénitude de leur musique sans risquer la cacophonie ? Comment pourront-ils se mouvoir et danser avec grâce dans l'esprit du lecteur ? 

Mieux vaut multiplier les phrases que les laisser enfler, si l'on veut offrir un peu d'amplitude aux mots qu'on a l'audace d'emprunter au lexique. Il faut que, sitôt sortis des pages tassées du dictionnaire, ils puissent librement s'étirer et s'ébattre, folâtrer de pensée en pensée, butiner les idées pour mieux les féconder.


J'agis avec les mots comme avec les objets. Le tout-puissant instinct de conservation m'empêche d'en condamner le moindre, d'en rejeter le plus petit au gâchis du néant. Quand je tiens l'idée et que les mots défilent, qui tourbillonnent autour d'elle et s'accumulent dans ma tête jusqu'à déclencher l'avalanche qui les couchera sur le papier, il me semble que l'idée gagne en vie, en précisions et résonances à la fois, si ce n'est pas le trait d'un seul mot qui l'exprime mais le relief d'une nébuleuse.

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commentaires

Zeus endormi 17/01/2008 22:14

La cacophonie ne peut-elle pas se transformer en symphonie si les notes sont bien arrangées ? Il y a sûrement des phrases où les mots côte à côte sonnent et résonnent et ricochent et s'épanchent les uns sur les autres pour s'épanouir dans un écho plein de sens. Non ? Ou bien c'est que je n'ai pas compris ton propos.

Clarinesse 17/01/2008 23:15

Non, non, bien sûr, je n'ai rien contre les amples périodes qui promènent leur rythme majestueux et déferlent sans fin jusqu'au point. Et il n'y a pas que Proust pour en maîtriser l'art. La petite maxime valait surtout pour les débutants ( et accessoirement pour moi). Leur éviter de se prendre les pieds dans un vêtement trop grand pour eux. Aux virtuoses, tout est permis.

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