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8 janvier 2008 2 08 /01 /janvier /2008 13:35

On ne peut vaincre une addiction qu'en lui substituant une autre.
Une fois que la place est faite dans un organisme pour une dépendance, 
elle doit être occupée. La nature a horreur du vide. 
Il suffit simplement de choisir une saine aliénation.

L'art plus que la chimie.
La Sécurité Sociale ferait d'incommensurables économies si les médecins prescrivaient aux patients dépressifs de remplacer les psychotropes chimiques et autres neuroleptiques par des cures de lecture de romans ou de séances de cinéma. 
Lire ou écouter des histoires, 
tel est bien le besoin fondamental de tout homme. 
La littérature et le cinéma comme antidépresseurs. Rien de nouveau sous le soleil ou presque depuis Aristote et Montesquieu. 
On imagine mal en effet comment les béquilles chimiques qui se contentent d'anesthésier l'âme avec le mal peuvent la remettre à flot. Il ne lui sont pas de plus grand secours, qu'au voilier en détresse, le calme plat d'une mer d'huile morte qui succède à la tempête. Il faut à l'esprit un nouveau souffle qui le conduise hors des écueils et lui redonne le goût acéré de la vie.

Veiller. Ne pas négliger la surréalité salvatrice de l'art. Prendre garde d'oublier le formidable pouvoir de la littérature de transcender nos pauvres vies engluées dans l'abondance du quotidien, engoncées dans les lourdeurs du temps. Le pouvoir de transfigurer la banalité de l'existence en une épopée fabuleuse où les êtres dansent au lieu de marcher d'un pas lourd dans la glaise. 
L'âme étouffe dans la coïncidence directe avec le réel, comme un visage collé à la matière solide suffoque. Il lui faut de l'air. Il faut de la distance entre les choses et les êtres pour qu'ils respirent. L'homme ne vit pas que de pain et de consommation. Et l'art est son air. L'art des mots surtout. L'art de dire le monde et son être. Son mal ou son bien-être. Faire de ce qui lui arrive une histoire, un mythe. Echapper au flot insignifiant qui le noie. Donner forme au magma de l'événement brut.

Si seulement les drogués en tous genres savaient combien la littérature est plus puissante que les drogues misérables qui enferment dans l'indigence d'un cerveau détruit. Pas de plus saine addiction que la lecture.

Mais n'oublierais-je pas environ la moitié de la littérature, irriguée par ce mal de vivre aux mille noms ?
Qu'importe. Même l'oeuvre la plus spleenétique peut faire office de catharsis.


Variante alimentaire et prosaïque :

Les parfums plus que les saveurs.
Remplacer les confiseries à mâchouiller par des parfums à renifler. 
Voilà comment lutter contre l'obésité.
Mais n'oublierais-je pas la force atomique que possèdent les quelques grammes de la matière convoitée: 
chocolat ou autres substances moins fréquentables ?
Ah, si seulement les formules pouvaient rivaliser avec ces attractions magiques.

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Published by Clarinesse - dans Humeurs - rumeurs
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