Procédons par ordre.
a) Définition :
Pour figurer dans cette liste éminemment honorifique,
chacun de ces films a dû être vu entre trois et ...trente fois, peut-être,
dans les périodes de cure anti-dépressive intensive.
b) Cette liste est programmatique.
On essaiera par la suite, au fil du temps et des articles, de faire un sort à chacun de ces chefs d'oeuvre, magistraux ou intimistes.
c) Classification :
Comme dans une armoire à pharmacie où il vaut mieux éviter de ranger les cachets contre l'Alzheimer du grand-père avec les pastilles au fluor du dernier né, nous nous efforcerons sagement de classer ces merveilleux antidépresseurs par catégories : par genres, par époques ou par pays, par réalisateurs ou acteurs fétiches,...
Parmi eux, de grands classiques aimés de tous, mais l'originalité n'est pas pour moi une vertu cardinale.
Mais aussi des films légers et mineurs dénigrés par tout intellectuel qui se respecte. Où l'on est bien obligé de reconnaître que je n'entre pas dans cette prestigieuse catégorie.
1°) Commençons par ce cher James Stewart.
Absolutely irresistible chez Capra :
Mr Smith goes to Washington (Monsieur Smith au Sénat)
It's a wonderful life (La vie est belle).
Chez Lubitsch :
The shop around the corner (dont Vous avez un message, avec Meg Ryan et Tom Hanks est un fade quoique tout à fait comestible remake truffé de références à son délectable aïeul)
Chez Franck Borzage :
The mortal storm, film moins connu mais touchant comme tout sur les débuts de la guerre en Allemagne
Chez Cukor :
Philadelphia story (Indiscrétions),
avec Katherine Hepburn et Cary Grant.
Dialogues brillantissimes et numéros d'acteurs à l'alchimie unique.
2°) David Lean :
Pour son art de sublimer le regard à travers ceux de ses acteurs et pour sa façon de donner vie aux paysages, d'animer les moindres détails d'une feuille qui tremble ou d'une tache sur un papier peint.
Outre les archi-connus et justement multidiffusés
Le docteur Jivago et Lawrence d'Arabie,
il a tourné une transposition irlandaise de Madame Bovary,
La fille de Ryan, qui transfigure paysages et visages. Il ne craint pas d'y sublimer un romantisme incandescent à une époque (le début des années 1970 ) dominée par les déconstructions intellectualistes en tous genres. Les critiques, oeil myope et coeur sec, ont éreinté le film, et assez blessé David Lean pour lui faire cesser le cinéma pendant de longues années.
Comme lui, je ne m'en suis pas encore remise.
3°) (Michel Deville et) Nina Companez.
pour l'infinie grâce de leur esthétique littéraire et musicale :
Raphaël ou le débauché, dont la lente tragédie qui se lit dans les yeux de Françoise Fabian est sans fond.
L'Ours et la poupée, plus léger mais dont le charme aérien ne me lasse pas.
Il faut dire que sans l'apesanteur rythmée de la musique de Rossini, ce marivaudage plein de mots d'esprit perdrait beaucoup.
L'Allée du roi, ou la vie de Mme de Maintenon racontée par les voix ouatées de sagesse et nimbées de regrets de Dominique Blanc et Didier Sandre.
4°) Kenneth Branagh et Emma Thompson.
Much ado about nothing. (Beaucoup de bruit pour rien),
solaire adaptation shakespearienne.
Dead again, fable fantastico-sentimentale pas toujours réussie, mais attachante.



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