Cahiers de l'aube.

1°) Window : nom anglais de la fenêtre. Etymologie : 
de l'ancien saxon Wind Auge,
l'oeil du vent.

2°) Les métaphores, c'est comme les collants. 
Ca file vite si on n'y prend pas garde;

3°) - Métaphore et crie-toi. (d'après Luc)

Jeudi 10 janvier 2008
Après la pluie, le beau temps. 
Et réciproquement.
Quelques déboires et quelques lignes plus tard,
Et revoilà l'espoir.
Désolée. Ca m'a échappé. 
par Clarinesse publié dans : Echappées poétiques
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Mercredi 9 janvier 2008

Nul n’a le droit de disposer d’autrui sous prétexte de science.
Nul n’a le droit d’imposer sa volonté à un homme vivant et lucide comme à un morceau de viande.
Nul n’a le droit d’attacher un homme libre, innocent, coupable seulement d’être malade.
Quand un homme vous supplie du regard de le détacher et de le laisser partir dans l’au-delà, c’
est de la lâcheté de rester sourd à ce cri muet.
 Ce n’est pas une idée. C’est un être humain. C’est la puissante et impuissante histoire d’un
homme contre la théorie et la toute puissance de la technique.
 C’est le combat d’un humaniste contre un humanitarisme aveugle et sourd.

 Mais notre siècle bardé de science, armé de technique, engoncé d’idéologie ne sait que soulager la souffrance physique.
Il refuse la souffrance morale. Il ignore la volonté de l’individu. Il est si facile de clouer la
bouche de celui qui hurle sa douleur et sa volonté de partir avec des pansements ou un masque à oxygène. On peut crever d’humiliation, quand on se voit réduit à la merci de soins compétents mais qui par leur seule existence bafouent pudeur et dignité et rappellent à quel point on n’a pas plus de pouvoir qu’un nouveau-né, en prison dans son corps.

 La pitié est une vertu. Mais la pitié devient cruauté quand elle n’est pas respect de la dignité. La technique doit servir l’homme, et non pas l’homme malade servir de démonstration à l’efficacité de la technique.
« Voyez, cet homme n’est pas mort dans mon service. Je l’ai réanimé. Mes statistiques sont
sauves. »
 Cela ressemble trop, bonnes intentions mises à part, à ces séances de torture où l’on réanime le
supplicié pour prolonger son calvaire. Nul n’a le droit d’imposer à qui que ce soit un supplice digne des geôles des pires dictateurs. Et qu’importe si le bourreau est ici la maladie et non un gardien de prison.
 Le devoir du médecin est de soulager quand il ne peut guérir. Pas de prolonger le martyre.
Ce n’est sinon qu’une barbarie bienveillante.
 Mort et vieillesse sont tabous pour ce siècle à l’âme de fer, au point de ne plus même oser en
prononcer les noms, comme s’il s’agissait d’obscénités. Il est vrai que « décès et 3e âge » sont tellement plus humains ! Ils disent seulement la lâche peur de ne pas oublier que la vie du corps n’est pas l’éternelle jeunesse des magazines.

Voir à ce sujet le film insoutenable, bien que très sobre, de Dalton Trumbo,
Johnny s'en va-t-en guerre (Johnny got his gun), qu'il a tourné en 1971, à partir de son propre
livre, publié en 1939.

par Clarinesse publié dans : Méditations métaphoriques communauté : La commune des philosophes
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Mercredi 9 janvier 2008
Il ne viendrait à l'idée de nul garde-côte de couler un paquebot sous le prétexte qu'il fait fausse route. Il lui semble tout de même plus raisonnable d'infléchir sa direction par un pilotage avisé, malgré les lourdeurs de son inertie. 
Or le naufrage absolu reste le fantasme de tout révolutionnaire qui s'assume. "Du passé faisons table rase", je ne connais guère de mot d'ordre, de maux-désordres qui ouvrent mieux la porte à toutes les barbaries.
Croit-on une seconde pouvoir guérir la société de ses maux en la détruisant?
Croit-on améliorer ses phrases en déchirant la feuille grise mieux qu'en "remettant cent fois sur le métier son ouvrage"?
Se croient-ils donc les seuls à s'insurger viscéralement contre les "hommes pressés" qui tiennent les cordons de la bourse et exploitent sans âme le fruit du labeur d'autrui ?
Ah ! Réformer sans révolution !
Mais dans un pays qui a changé dix fois de régime en moins d'un siècle (de 1789 à 1871), que peut-on espérer?



par Clarinesse publié dans : Pôle éthique et politique
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Mercredi 9 janvier 2008
Comme son nom l'indique, l'émotion est mouvement. 
Or on voudrait la figer, en faire un état pour la faire durer.
Aussi absurde que de croire conserver vivant un papillon 
épinglé dans les pages d'un herbier.
L'émotion ne s'éprouve que dans ses variations. Tout comme la vitesse.
Si l'inertie la gagne, elle s'annule. 
Si elle ne peut se confronter à un repère pour éprouver sa différence, 
elle se meurt.
Inutile de chercher à conserver intact un sentiment. 
Il ne supporte pas plus l'immobilité qu'un organe dans un bocal de formol.
Mais probablement n'était-ce pas le but recherché.
Pour se garder vivant, il doit sans cesse se cogner à sa négation, comme un insecte à une vitre. Je me heurte à ce qui n'est pas moi. J'ai des limites. J'existe.
Je change, donc je suis.




par Clarinesse publié dans : Humeurs, rumeurs.
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Mardi 8 janvier 2008
On ne peut vaincre une addiction qu'en lui substituant une autre.
Une fois que la place est faite dans un organisme pour une dépendance, 
elle doit être occupée. La nature a horreur du vide. 
Il suffit simplement de choisir une saine aliénation.

L'art plus que la chimie.
La Sécurité Sociale ferait d'incommensurables économies si les médecins prescrivaient aux patients dépressifs de remplacer les psychotropes chimiques et autres neuroleptiques par des cures de lecture de romans ou de séances de cinéma. 
Lire ou écouter des histoires, 
tel est bien le besoin fondamental de tout homme. 
La littérature et le cinéma comme antidépresseurs. Rien de nouveau sous le soleil ou presque depuis Aristote et Montesquieu. 
On imagine mal en effet comment les béquilles chimiques qui se contentent d'anesthésier l'âme avec le mal peuvent la remettre à flot. Il ne lui sont pas de plus grand secours, qu'au voilier en détresse, le calme plat d'une mer d'huile morte qui succède à la tempête. Il faut à l'esprit un nouveau souffle qui le conduise hors des écueils et lui redonne le goût acéré de la vie.

Veiller. Ne pas négliger la surréalité salvatrice de l'art. Prendre garde d'oublier le formidable pouvoir de la littérature de transcender nos pauvres vies engluées dans l'abondance du quotidien, engoncées dans les lourdeurs du temps. Le pouvoir de transfigurer la banalité de l'existence en une épopée fabuleuse où les êtres dansent au lieu de marcher d'un pas lourd dans la glaise. 
L'âme étouffe dans la coïncidence directe avec le réel, comme un visage collé à la matière solide suffoque. Il lui faut de l'air. Il faut de la distance entre les choses et les êtres pour qu'ils respirent. L'homme ne vit pas que de pain et de consommation. Et l'art est son air. L'art des mots surtout. L'art de dire le monde et son être. Son mal ou son bien-être. Faire de ce qui lui arrive une histoire, un mythe. Echapper au flot insignifiant qui le noie. Donner forme au magma de l'événement brut.

Si seulement les drogués en tous genres savaient combien la littérature est plus puissante que les drogues misérables qui enferment dans l'indigence d'un cerveau détruit. Pas de plus saine addiction que la lecture.

Mais n'oublierais-je pas environ la moitié de la littérature, irriguée par ce mal de vivre aux mille noms ?
Qu'importe. Même l'oeuvre la plus spleenétique peut faire office de catharsis.


Variante alimentaire et prosaïque :

Les parfums plus que les saveurs.
Remplacer les confiseries à mâchouiller par des parfums à renifler. 
Voilà comment lutter contre l'obésité.
Mais n'oublierais-je pas la force atomique que possèdent les quelques grammes de la matière convoitée: 
chocolat ou autres substances moins fréquentables ?
Ah, si seulement les formules pouvaient rivaliser avec ces attractions magiques.
par Clarinesse publié dans : Humeurs, rumeurs.
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Mardi 8 janvier 2008
Qui n'aime ni les enfants ni les animaux ne peut pas être foncièrement méchant.
(citation approximative).
par Clarinesse publié dans : Citations fascinées
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Mardi 8 janvier 2008

Il était une fois un petit homme qui s’appelait Pierre.
Il aimait la vie, et tout ce qu’elle offre de joli.
Il aimait chercher la lune dans le ciel,
Et cueillir dans le jardin, la fleur la plus belle.
Et il aimait parler, très tôt, beaucoup.
Il connaissait des mots, de jolis mots tout doux.
Et il disait des phrases, si belles, si grandes,
Que sa maman encore et encore lui en demande….

Mais pour aller dormir, c’était bien différent.
Il ne gagnait son lit qu'épuisé et tout mou,
Quand ses dernières forces le quittaient vraiment.
Il aimait alors que les rideaux fassent la nuit bien bleue.
Et il disait ainsi : « Je ne vois plus mes yeux ».
Maman lui expliquait que lorsqu'on dort,
Le petit lutin qu’on a dans le cerveau,
Range bien les mots appris jusqu’alors.
Pour qu'on retrouve à sa place ce qui la veille était nouveau.

Mais le sommeil est une petite bête fragile et craintive.
Il aime bien les chants et les paroles, mais furtives.
Il ne vient sur ses petites pattes de velours,
Que si le silence enveloppe la pièce de son manteau d'amour.

par Clarinesse publié dans : Enfantillages
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Mardi 8 janvier 2008
L'adjectif est le garde-flou du nom.
Ne jamais laisser un nom se poser sur la feuille sans l'adjectif qui le colore et le distingue de tous les autres.
Comment le retrouver sinon dans le fatras hurlant des bavardages confus ?
par Clarinesse publié dans : Stylismes: Petit art poétique communauté : Biffures chroniques
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Lundi 7 janvier 2008

La colère toujours tape dans l'ombre, même au plus plat de l'accalmie.
Elle surgit, tapie dans l'air, et bondit à la gorge du nuage qui passe.

Faire ses valises "au cas où".
Se tenir prêt à partir à toute heure.
Maîtriser l'ordre de l'espace "au cas où" l'ordre du temps se brise.
Contrôler les choses pour libérer les êtres.
Délimiter les lieux pour accueillir les possibles qui auront lieu

par Clarinesse publié dans : Humeurs, rumeurs.
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Lundi 7 janvier 2008

Les métaphores, c'est comme les collants. 
Ca file vite si on n'y prend pas garde.

par Clarinesse publié dans : Stylismes: Petit art poétique communauté : Biffures chroniques
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